Réforme des retraites : le gouvernement met en avant des effets de « justice » et de « progrès »

La première ministre, Elisabeth Borne, accompagnée des ministres de l’économie et de la fonction publique, Bruno Le Maire et Stanislas Guerini, lors de la présentation du projet de réforme des retraites, à Paris, mardi 10 janvier 2023.

Quelles sont les incidences de la réforme des retraites ? Cette question est au cœur des critiques adressées au gouvernement face à son projet qui relève à 64 ans l’âge légal de départ tout en accélérant l’application de la « loi Touraine » de janvier 2014 sur l’allongement de la durée de cotisation pour le taux plein. Tous les syndicats ainsi que la gauche, l’extrême droite et plusieurs personnalités de droite dénoncent de tels changements de paramètres du fait de leur caractère « injuste » et « brutal ».

Alors que le texte devait être présenté, lundi 23 janvier en conseil des ministres, l’exécutif publie concomitamment une « étude d’impact » dont l’objectif – comme son nom le suggère – est de soupeser les retombées des dispositions prises. Réalisé par les services de l’Etat, ce document affiche en page de garde les mots « justice, équilibre et progrès », ce qui correspond très exactement aux éléments de langage utilisés par le pouvoir en place pour promouvoir sa démarche. Le contenu même du rapport est très positif sur la réforme, contredisant ainsi tous ceux qui s’y opposent : « la solidarité et l’équité entre les assurés » en sortiront renforcées, est-il écrit, grâce – en particulier – aux mesures dites « d’accompagnement » (ou sociales).

Parmi les constats qui captent l’attention, il y a la hausse du montant de la retraite « à la liquidation » – c’est-à-dire lorsque les personnes demandent le versement de la prestation. La somme versée s’accroîtra en moyenne de 0,3 % pour la génération de 1962, de 0,6 % pour ceux qui sont nés en 1966 et de 1,5 % pour les individus ayant vu le jour en 1972. « Cette amélioration (…) est nettement plus marquée pour les femmes », précise l’étude (+ 1 % pour la génération 1966 et + 2,2 % pour la génération 1972, contre + 0,6 % et + 0,9 % s’agissant des hommes). Ces conséquences « favorables » résultent de la combinaison de deux facteurs : le décalage de l’âge de départ, qui contribue à augmenter les droits (les assurés cotisant plus longtemps, globalement, sur un salaire potentiellement plus important), et le coup de pouce donné au minimum de pension – celui-ci devant atteindre 85 % du smic net (soit environ 1 200 euros brut à la fin de l’été) pour une « carrière complète cotisée à temps plein au smic ».

Fortes disparités

Pour les premières générations concernées par le projet, le rapport met en exergue une progression « significative » de la retraite moyenne au niveau des « quatre premiers déciles » (c’est-à-dire pour les 40 % de personnes touchant les sommes les plus basses). Une telle évolution, liée en grande partie à la majoration de la pension minimale, amène Olivier Dussopt, le ministre du travail, à défendre l’idée, dans un entretien au Journal du dimanche du 22 janvier, que la réforme est « redistributive » : « Ce sont les pensionnés les plus pauvres qui verront leur pension à la liquidation augmenter le plus. »

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