Radio France veut davantage ressembler à la société française

Pour Sibyle Veil, l’occasion est « historique ». Alors que Radio France est engagée dans une rupture conventionnelle collective qui se soldera par 340 départs volontaires à l’horizon 2022, l’« accord emploi 2022 », conclu avec les organisations syndicales en octobre 2020 (seule la CGT n’a pas signé), prévoit de compenser un départ sur deux. La présidente du groupe radiophonique a décidé d’y voir « une opportunité pour diversifier le recrutement », annonce-t-elle au Monde.

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Elaboré et porté par Bruno Laforestrie, directeur du Mouv’ et président du comité « Diversité et égalité », le programme « Egalité 360° » de Radio France vise à inclure dans la maison des profils plus représentatifs de la société française – et donc des auditeurs. Quinze leviers d’actions, qui s’appuient sur 60 mesures, ont été définis, parmi lesquelles figure la poursuite des efforts déjà engagés en matière de parité et de handicap.

En clair, assurer une meilleure diversité des salariés, aujourd’hui trop formatés, ayant suivi souvent les mêmes formations et de mêmes origines sociales.

270 embauches en trois ans

En trois ans, 270 embauches devront être réalisées dans le respect de ce plan : outre les 170 remplacements et la régularisation d’une trentaine de CDD d’usage (les contrats liés aux grilles de programmes, sources de précarité) stipulés dans l’accord, une soixantaine d’emplois dans le développement du numérique sont concernés.

Une goutte d’eau parmi les 4 400 équivalents temps plein que compte Radio France, mais qui est censée irriguer la maison de manière durable. « Quand on entre à Radio France, on y reste parfois vingt ou trente ans », rappelle M. Laforestrie. Le programme contribuera à rétablir certains équilibres : à France Bleu, les 60 à 70 embauches planifiées devront participer du rattrapage en matière de parité. Idem pour les métiers de la technique, majoritairement masculins.

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Les façons d’intégrer le groupe radiophonique sont appelées à se multiplier. Une « académie » ouvrira à l’été, qui dispensera une formation à de futurs animateurs, chroniqueurs, mais aussi producteurs ou assistants de production (jeunes ou non, venus de radios associatives ou repérés sur TikTok), en vue d’une intégration sur les antennes. Une unité de production réservée aux moins de 30 ans, baptisée « RF9³ », sera installée en Seine-Saint-Denis, dans l’espoir d’un recrutement au moins en partie local, qui produira des contenus audios et vidéos destinés aux réseaux sociaux.

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