Plan de relance : « Un plan de sauvegarde d’emplois et un patchwork de promesses présidentielles »

Chronique. Alors que l’incertitude sanitaire se prolonge, le gouvernement a annoncé son « plan de relance ». Un chiffre claque : 100 milliards d’euros, semblant confirmer la flexibilité de Bruxelles et une inflexion profonde pour une majorité qui n’avait cessé de louer la discipline budgétaire. Mais peut-on vraiment parler de plan de « relance » ?

En premier lieu, les 100 milliards doivent être relativisés. Il s’agit d’une somme pluriannuelle s’étendant au-delà du quinquennat. La lecture détaillée révèle, en outre, une longue liste d’investissements et de dépenses déjà partiellement ou totalement mobilisés, programmés ou inexorables : restauration du château de Villers-Cotterêts, projet-phare du candidat Macron en 2017 ; construction d’une usine de pales d’éolienne au Havre, déjà confirmée en 2019 ; plan protéines végétales, promis en 2019 ; projet de petit réacteur nucléaire Nuward, annoncé en 2019 ; création à Capesterre en Guadeloupe d’une station d’épuration « afin de répondre aux exigences de la réglementation » ; « reprise de désordres importants et visibles sur l’évacuateur de crues » du barrage du Gouffre d’Enfer dans la Loire ; aide à l’embauche d’apprentis « en substitution à l’aide unique »… déjà existante, etc.

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En deuxième lieu, le plan du gouvernement prolonge la stratégie de sauvetage de l’économie française mis en place au début de la crise sanitaire, qui a permis jusqu’à présent d’amortir l’impact de la crise, essentiellement pour les salariés en CDI. L’élément-clé du plan, calibré à plus de six milliards d’euros pour 2021, est l’activité partielle de droit commun ou de longue durée. S’y ajoute le renforcement d’une myriade de dispositifs existants (Garantie jeunes, Sésame vers l’emploi pour le sport et l’animation dans les métiers de l’encadrement…) pour accompagner les jeunes, premières victimes de la dégradation de l’emploi en cette rentrée.

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En troisième lieu, ce plan réalise la promesse faite en octobre 2019 par le président devant un parterre de patrons : une réduction drastique mais progressive des impôts de production. La crise offre une fenêtre d’opportunité pour accélérer la marche en s’affranchissant des résistances des collectivités locales bénéficiaires de ces impôts. Et c’est là que se loge l’effort financier permanent le plus important du plan : 10 milliards d’euros, par an !

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