La famille Gougeon, plombiers de père en fils depuis 1890

Dans le préfabriqué installé sur le chantier de rénovation de la préfecture de l’Eure, à Evreux, c’est au tour de Philippe Gougeon, 63 ans, patron d’une entreprise de plomberie et chauffage, de prendre la parole. Chaque vendredi matin, le maître d’œuvre du client et les artisans font un point sur l’avancée des travaux, en composant avec leurs contraintes respectives. La découverte de mérule, un champignon qui se nourrit de bois, a déjà causé un an et demi de retard au chantier, et le chef de projet est intraitable : un nouveau décalage du calendrier n’est pas négociable. Après plus de trente années à la tête de l’entreprise familiale, durant lesquelles il s’est employé à faire exister son affaire face à la concurrence des grands groupes, Philippe Gougeon est rompu à l’exercice.

Philippe Gougeon, 63 ans, à la fin de la réunion hebdomadaire entre le chef de projet et les artisans, à Evreux, le 11 octobre 2024.

Le métier de plombier-chauffagiste coule dans les veines de la famille Gougeon depuis cinq générations. En 1890, Emile, arrière-grand-père de Philippe, crée une petite entreprise de plomberie et zinguerie à Gaillon (Eure). A l’époque, il étamait aussi les couverts, alors faits de simple acier, pour empêcher leur oxydation. En 1932, au décès d’Emile, son épouse, Louise, qui tenait une quincaillerie, reprend l’entreprise avec Daniel, l’un de leurs fils, âgé d’une vingtaine d’années.

Quand survient la seconde guerre mondiale, Daniel est affecté à Guéret pour travailler dans une usine de construction de bombes. Lorsque les nazis occupent le sud de la France, Daniel remonte à Gaillon et y relance son commerce. Après la guerre, l’entreprise se diversifie pour prendre part à la reconstruction. A cause des bombardements, « il y avait du travail en couverture : ardoise, tuile, zinc, plomb », se souvient Bernard, le fils de Daniel, qui intègre la société à cette époque, à l’âge de 15 ans, en commençant par aider à la comptabilité.

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Le groupe qui détient Yves Rocher met en vente l’enseigne Petit Bateau

La démographie française complique les affaires des enseignes de mode enfantine. Au lendemain de la publication d’une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques démontrant la baisse des naissances en France en 2024, de 2,2 %, à 663 000 naissances, le groupe Rocher a dévoilé son projet de céder Petit Bateau, mercredi 15 janvier. Connue pour ses articles de layette et ses marinières pour enfants, la marque aux 370 points de vente ne fait plus partie des priorités du groupe présidé par Bris Rocher, petit-fils du fondateur de l’enseigne de produits cosmétiques Yves Rocher, et pilier de la société.

Désormais, le groupe Rocher entend se concentrer sur le seul marché des produits de beauté. A ce titre, il entend également céder Stanhome, marque créée en 1931 et spécialisée dans les produits d’entretien vendus à domicile. Yves Rocher l’avait rachetée en 1997.

Petit Bateau est, elle, dans le giron du groupe depuis 1988. Les produits de la marque sont fabriqués dans deux usines détenues par le groupe, à Troyes (Aube) et à Tenmar, près de Marrakech au Maroc, ainsi que par un sous-traitant à Sfax, en Tunisie. L’essentiel de son activité est réalisé en France (55 % de ses ventes), devant le reste de l’Europe (35 %) et le Japon (10 %). Elle emploie 2 300 personnes, dont 1 400 en France. « En 2024, l’ensemble des filiales Petit Bateau sont en croissance », assure le distributeur. Mais, en dépit de ces performances et de sa notoriété, l’enseigne aux 250 millions d’euros de chiffre d’affaires doit désormais sortir du conglomérat.

Accord de gestion des emplois

A l’issue de ces cessions, le groupe Yves Rocher ne détiendrait plus que quatre marques de produits cosmétiques : Yves Rocher, Arbonne, Sabon et Dr. Pierre Ricaud. Ce projet intervient « dix-huit mois après l’évolution de sa gouvernance », lors de la dissociation des postes de président et de directeur général, en juin 2023, et après avoir mené « avec succès (…) la restauration financière » du groupe, précise la société, par communiqué.

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Budget 2025 : François Bayrou renonce aux 4 000 suppressions de postes d’enseignants

Le premier ministre, François Bayrou, au Sénat, à Paris, le 15 janvier 2025.

Le gouvernement de François Bayrou ne défendra pas de baisse du nombre d’enseignants dans le budget 2025. Devant le Sénat, où il avait été interpellé par le président du groupe socialiste, Patrick Kanner, à propos du budget de l’éducation nationale, le premier ministre a annoncé, mercredi 15 janvier, qu’il était « prêt à renoncer aux 4 000 suppressions de postes » de professeurs prévues dans le projet de loi de finances 2025, élaboré par le gouvernement Barnier. « Je veux faire un geste de bonne volonté », a fait valoir le Béarnais, toujours en quête d’un accord de non-censure avec les élus socialistes, qui demandaient une annulation de ces réductions d’effectifs à l’éducation nationale.

Cette déclaration du nouveau locataire de Matignon met fin à vingt-quatre heures de confusion sur un sujet dont il avait fait l’impasse, mardi 14 janvier, dans son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, en dépit d’attentes très fortes sur les bancs de la gauche, comme parmi les acteurs de l’école. « Je veux savoir où nous en sommes de la suppression des 4 000 postes dans l’éducation », l’avait interrogé le président du groupe socialiste, le député des Landes Boris Vallaud, après son discours.

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A côté de Saint-Nazaire, les leçons du fiasco de Yara, numéro un mondial de l’engrais

Par quel bout commencer cette histoire ? Avec la colère des quelques dizaines de manifestants, réunissant riverains et associations de défense de l’environnement, en cette froide journée de début novembre 2024, devant la sous-préfecture de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) ? Thierry Noguet, le maire (sans étiquette) de la petite ville voisine de Montoir-de-Bretagne, s’emporte : « Yara [une usine d’engrais implantée sur sa commune] est une entreprise voyou, qui se fiche complètement des règles environnementales ! » L’élu voit ce site polluer les eaux et l’air au mépris des normes en vigueur, malgré des mises en demeure répétées de l’Etat depuis 2011.

Ou avec l’amertume des salariés, dont 130 postes sur 170 sont sur le point d’être supprimés, les premiers licenciements étant effectifs courant janvier ? « Je n’ai pas à critiquer ces manifestants pour l’environnement, je les comprends, mais beaucoup souhaitaient la fermeture de notre site et, maintenant, on a 130 gars qui perdent leur emploi », s’agace Philippe Nicolas, délégué CGT du personnel.

Ou encore avec la froide logique économique de l’entreprise, numéro un mondial de l’engrais basé en Norvège ? « La vérité est que cette usine n’est pas rentable et qu’il ne serait pas responsable de continuer », explique son directeur général, Svein Tore Holsether. Il préfère étudier un investissement aux Etats-Unis et transformer le site de Montoir en un simple lieu d’importation d’engrais.

De quelque bout qu’on prenne ce dossier, le bilan est catastrophique : une usine française ferme, des emplois, mais aussi la pollution, sont délocalisés, et enfin le stockage des engrais sur place maintient un risque d’explosion que dénoncent les riverains. Pire encore, cette fermeture participe à une perte partielle de souveraineté dans le domaine stratégique de l’agriculture. Depuis le choc des prix sur le gaz en 2022, l’Union européenne (UE) a réduit sa production d’urée, une forme d’engrais, et a doublé ses importations venant… de Russie. « On participe à leur effort de guerre ! », enrage M. Nicolas, le syndicaliste. « L’Etat dit qu’il faut réindustrialiser, mais, à la place, il laisse fermer cette usine, et on importe des engrais, on délocalise », dénonce Manon Castagné, de l’association Les Amis de la Terre. Bienvenue dans les injonctions contradictoires de la politique industrielle française !

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Mark Zuckerberg annonce le licenciement de 5 % du personnel de Meta, la maison mère de Facebook, d’Instagram et de WhatsApp

Mark Zuckerberg, PDG de Meta, à Washington, le 31 janvier 2024.

Meta, la maison mère de Facebook, d’Instagram et de WhatsApp, prévoit de licencier environ 3 600 employés, ceux jugés les moins performants, avant d’embaucher de nouvelles personnes pour remplir leurs fonctions dès cette année, d’après une note interne envoyée à ses salariés et rapportée par Bloomberg mardi 14 janvier.

Le groupe californien a confirmé à l’Agence France-Presse la décision du patron, Mark Zuckerberg, de congédier 5 % du personnel. Meta employait près de 72 400 personnes en septembre. « J’ai décidé de placer la barre plus haut en matière de gestion des performances et d’éliminer plus rapidement les personnes peu performantes », a déclaré le PDG dans la note.

Meta avait déjà remercié plusieurs milliers d’employés en 2023, décrétée « année de l’efficacité » au sortir de la pandémie. Licencier une partie des salariés en fonction des performances est une pratique courante dans les grandes entreprises américaines. Une décision similaire a été annoncée au sein de Microsoft la semaine dernière, d’après Business Insider, concernant moins de 1 % des employés du groupe informatique.

Fin du fact-checking

La décision de Meta s’inscrit cependant dans une série d’annonces visant à transformer le géant des réseaux sociaux à l’ère de Donald Trump et d’Elon Musk. La semaine dernière, Mark Zuckerberg a mis fin à son programme de fact-checking (vérification des faits) aux Etats-Unis, conçu pour lutter contre la désinformation sur ses plateformes, mais considéré par la droite américaine comme une « censure ». Les vérifications ne seront plus effectuées par des organisations indépendantes, mais par certains utilisateurs, qui pourront ajouter du contexte aux publications, comme cela est déjà possible sur X, le réseau d’Elon Musk.

Le dirigeant a aussi mis fin aux programmes conçus pour favoriser la diversité du personnel, et les règles de modération des contenus sur Facebook et Instagram ont été assouplies : davantage d’insultes et d’appels à l’exclusion des femmes et des personnes LGBT+ des institutions sont désormais autorisés.

Ces décisions sont aussi alignées avec les opinions politiques de Donald Trump, de retour à la Maison Blanche lundi 20 janvier, et de son allié Elon Musk. « Je pense qu’une grande partie de notre société est devenue (…) castrée, en quelque sorte, ou émasculée », a déclaré Mark Zuckerberg à Joe Rogan, l’animateur d’un podcast conservateur et très populaire, dans une interview fleuve diffusée vendredi.

Le patron multiplie les avances à l’égard de Donald Trump, comme plusieurs de ses concurrents. Il a dîné avec lui en novembre, fait un don de 1 million de dollars pour sa cérémonie d’investiture, le 20 janvier, et nommé plusieurs de ses alliés à des postes-clés.

Le Monde avec AFP

Chez Volkswagen, le dialogue social se maintient malgré la crise

Lors d’un rassemblement du syndicat IG Metall devant le siège de Volkswagen, pendant une grève à l’usine principale, à Wolfsburg (Allemagne), le 9 décembre 2024.

Carsten Büchling a terminé l’année 2024 par un des plus gros soulagements de sa carrière. Le syndicaliste d’IG Metall, chef du comité des salariés de l’usine de composants Volkswagen (VW) de Baunatal (16 000 salariés), près de Kassel (Hesse), a pu annoncer à ses collègues la fin du conflit au sein du groupe. La direction du constructeur avait brisé un tabou, début septembre 2024, en suspendant la garantie sur les emplois en vigueur depuis trente ans, et en menaçant de fermer des sites de production. Un choc pour les salariés. « L’accord a marqué la fin de trois mois d’incertitude intense. Les derniers jours de négociation avant les congés de fin d’année, auxquels j’ai participé, ont été un marathon. Nous avons obtenu de la direction les garanties que nous souhaitions : ni licenciements secs ni fermetures d’usines », raconte le syndicaliste.

Les concessions restent monumentales : le 20 décembre 2024, la marque Volkswagen, cœur du groupe VW, s’est entendue avec IG Metall sur la suppression, d’ici à 2030, de 35 000 emplois, soit près d’un tiers des effectifs du constructeur outre-Rhin, dans un contexte de baisse durable des ventes de voitures en Europe.

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Pour les entreprises françaises, un début d’année 2025 dans le brouillard

Pour les entreprises, 2025 ne s’ouvre pas sous les meilleurs auspices. Les incertitudes inédites sur le cadre fiscal et budgétaire ouvertes par l’épisode de la dissolution, puis la censure du gouvernement Barnier, ne sont pas dissipées. La demande, autant de la part des entreprises que des ménages, souffre de ce manque de visibilité. La récession allemande jette un froid sur l’activité de ses partenaires européens. L’arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison Blanche est lourde de menaces pour les exportateurs. En somme, « ce qui manque, c’est un choc de confiance », a résumé, jeudi 9 janvier, Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, à l’occasion de la publication de l’enquête de conjoncture semestrielle de la banque publique auprès des TPE-PME.

Les problèmes d’approvisionnement post-Covid-19 ou les difficultés de recrutement des années 2022-2023 sont désormais loin derrière. Selon cette enquête, menée auprès de 5 000 entreprises, la principale inquiétude des chefs d’entreprise porte sur l’activité, particulièrement dans l’industrie, le tourisme ou le commerce, en raison d’une demande en berne.

François Thuilleur, PDG du groupe Paredes-Orapi, qui produit et distribue des produits d’hygiène pour des clients de multiples secteurs, voit les clignotants rouges s’allumer de tous côtés. « Les hôpitaux publics, l’un de nos plus gros clients, n’ont plus de budget du tout et font du déstockage, explique-t-il. Les 2 300 Ehpad que nous fournissons sont en grande difficulté financière. L’industrie agroalimentaire, qui a subi une contraction de ses ventes, a répondu par un gel des embauches et interrompu les contrats d’intérim : c’est autant d’équipements de protection et d’hygiène en moins. Les entreprises de propreté, elles, redoutent le coup de rabot sur les allègements de charges sur les bas salaires, et donc réduisent leurs coûts… »

Projets à la baisse

Confronté à un tassement de la demande de l’ordre de 8 % à 10 %, le groupe Paredes-Orapi a choisi de ne pas remplacer certains départs naturels parmi ses 1 200 salariés en France cette année, et tous les projets d’investissement, sans être reportés ou annulés, ont subi un coup de rabot. Une tendance générale : en 2024, 43 % des entreprises interrogées disent avoir investi, contre 46 % en 2023. Et les projets pour 2025 sont orientés à la baisse.

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Accord sur l’assurance chômage : le gouvernement valide les nouvelles règles dans un arrêté

L’accord trouvé entre le patronat et plusieurs syndicats sur l’assurance chômage a été agréé par le gouvernement, selon un arrêté paru vendredi 20 décembre au Journal officiel.

Cet accord sur les nouvelles règles d’indemnisation des chômeurs, qui doivent s’appliquer à partir de janvier, a été signé par la CFDT, FO et la CFTC, ainsi que par les trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P). La CGT et la CFE-CGC ne l’avaient pas paraphé.

Juste avant la censure, le gouvernement Barnier avait décidé d’agréer cet accord dans le cadre de la gestion des affaires courantes, mais le nouveau premier ministre, François Bayrou, aurait pu en décider autrement.

Une large majorité des partenaires sociaux avaient réussi à s’accorder le 15 novembre dernier, au terme d’une négociation éclair, sur ces nouvelles règles, qui prévoient notamment de relever de deux ans les bornes d’âge à partir desquelles les chômeurs seniors bénéficient d’une durée d’indemnisation plus longue.

L’arrêté du gouvernement, signé par François Bayrou, précise notamment que la mesure qui prévoyait qu’il faudrait avoir travaillé au moins cinq mois, et non six mois, au cours des derniers 24 mois pour s’inscrire à l’assurance chômage, n’entrera pas en vigueur car elle nécessite de légiférer.

Comme annoncé, une mesure de l’accord qui prévoyait de réduire les indemnités des travailleurs frontaliers – calculées sur la base de leurs salaires perçus à l’étranger et souvent bien plus élevés qu’en France -, est aussi exclue de l’agrément, pour des raisons juridiques.

Le Monde avec AFP

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Le nombre de jours d’arrêt maladie stabilisé après une nette accélération depuis 2019

En 2023, le nombre de jours d’arrêt maladie indemnisés par la Sécurité sociale est resté presque stable (– 0,035 % par rapport à 2022) tout en se maintenant à un niveau bien plus élevé que celui qui prévalait avant l’épidémie de Covid-19. C’est l’un des principaux enseignements d’une enquête publiée, vendredi 13 décembre, par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) et la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Cet état des lieux très fouillé tombe à point nommé, dans un contexte où le gouvernement, désormais démissionnaire, avait relancé le débat sur la question en cherchant à durcir les règles de prise en charge. Un projet mis de côté, pour le moment, du fait de la chute de l’équipe de Michel Barnier.

La note diffusée vendredi s’intéresse au cas des salariés du privé et des contractuels de la fonction publique – soit environ 21 millions de personnes. Elle montre que les arrêts maladie constituent la cause essentielle d’une cessation d’activité donnant lieu à indemnisation. S’y ajoutent les arrêts imputables à la maternité, à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, dont le volume est beaucoup plus faible.

Au total, la « Sécu » a versé, en 2023, 17 milliards d’euros à des assurés qui étaient dans l’incapacité physique d’exercer leur métier – dont 10,2 milliards au seul titre des pathologies « ordinaires », sans lien avec le travail ou avec une grossesse. La facture s’est renchérie de 9 milliards en six ans, selon des chiffres fournis par le gouvernement durant les discussions parlementaires sur le budget de la « Sécu », cet automne.

Epaisses zones d’ombre

Cette flambée des coûts est issue de la combinaison de plusieurs facteurs. D’abord, le nombre d’individus en emploi s’est accru depuis 2010, ce qui a eu, mécaniquement, un impact à la hausse sur les arrêts. Les salaires ont, par ailleurs, progressé – en particulier pendant les trois dernières années, pour tenter de suivre l’inflation. Cette dynamique s’est répercutée sur les indemnisations puisqu’elles sont calculées en fonction de la rémunération perçue.

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L’Etat verse un prêt de 750 000 euros à Duralex, devenue en juillet une coopérative

Un verre Duralex à la fin d’une ligne de production à l’usine du fabricant français de verrerie Duralex, à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d’Orléans, dans le Loiret, le 31 juillet 2024.

L’Etat verse un prêt de 750 000 euros à la mythique verrerie française, en difficultés, Duralex, devenue en juillet une coopérative, selon un arrêté publié samedi 14 décembre. L’entreprise, connue dans le monde entier pour sa vaisselle réputée incassable, avait failli disparaître après un énième redressement judiciaire en avril, plongeant les plus de 200 salariés dans le flou autour de leur avenir.

Le 26 juillet, le tribunal de commerce d’Orléans a finalement validé le projet de SCOP (société coopérative et participative) des salariés, soutenu par 60 % du personnel, porté par la direction du site et appuyé par les élus locaux. La région Centre-Val de Loire a, par exemple, promis son soutien sous forme de garantie bancaire, quand la métropole d’Orléans a proposé de racheter le site de la verrerie, pour une somme évaluée entre 5 et 8 millions d’euros.

L’Etat verse, lui, par le biais de Bpifrance, 750 000 euros « sous la forme d’un prêt au profit de la société Duralex SCOP SA » et « au titre du programme du fonds de développement économique et social », selon le texte publié samedi au Journal officiel, daté du 4 décembre. Le prêt a été accordé « cet été dans le cadre de la reprise » en coopérative, a affirmé une porte-parole de Duralex.

Mais les défis restent nombreux pour atteindre l’objectif de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2029. En 2023, les ventes de Duralex sont tombées à 24,6 millions d’euros, contre plus de 31 millions en 2022.

Avant la transformation en SCOP, Duralex, qui fut la fierté de la production industrielle française, qualifiée de « tour Eiffel de la vaisselle », était aux mains de La Maison française du verre, également propriétaire de Pyrex, qui l’avait reprise à la barre du tribunal en 2021 à l’issue d’une procédure de redressement judiciaire.

Duralex, qui connaît des crises récurrentes depuis une vingtaine d’années, a notamment été confrontée à la flambée des prix de l’énergie après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Elle avait alors été sauvée temporairement par un prêt de 15 millions d’euros de l’Etat.

Le Monde avec AFP

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