Nouvelle fronde chez Plon contre les méthodes de management de Lise Boëll

Le comité social et économique (CSE) de Place des éditeurs, entité d’Editis (Vivendi) s’est saisi, mardi 15 novembre, de son droit d’alerte en cas d’atteinte aux droits des personnes après le placement en arrêt de travail de deux salariés, confirmant une information parue mardi 22 novembre dans La Lettre A. Cette procédure vise une nouvelle fois les méthodes de management de Lise Boëll, la codirectrice de Plon.

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Voici tout juste un an, la nomination de cette éditrice d’Eric Zemmour et de Philippe de Villiers, venue d’Albin Michel à la direction de Plon avait provoqué un sérieux malaise dans les équipes de la maison d’édition. Elle avait, chose rare, imposé deux de ses adjoints – Estelle Cerutti et Mickaël Palvin – eux aussi venus d’Albin Michel. L’ancienne directrice générale de Plon, Céline Thoulouze, qui ne souhaitait pas travailler avec elle, s’était mise en retrait et, en attendant de prendre les rênes de Nil, une autre filiale d’Editis, avait été rétrogradée au poste de directrice générale adjointe chargée de la fiction de Plon.

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Les méthodes de management de Lise Boëll et de ses adjoints tout comme leur défense d’auteurs d’extrême droite ont suscité de forts clivages. Auto-édité, le dernier ouvrage d’Eric Zemmour qui a bénéficié d’un extraordinaire tremplin médiatique grâce aux chaînes de télévision de Vincent Bolloré, a été distribué par Editis. Pour la majorité des salariés de Plon qui, par le passé a publié Claude Lévi-Strauss ou Jean Malaurie, la greffe n’a pas pris. Une première enquête indépendante a alors été diligentée par le CSE d’Editis sur le management dans l’entreprise. Lise Boëll et Estelle Cerutti ont alors été priées de télétravailler pendant la durée de cette enquête. Ses conclusions révélées par oral aux salariés ont évoqué des dysfonctionnements, une perte de confiance des salariés, une direction humiliante et agressive. A tel point qu’il a été demandé à Lise Boëll et Estelle Cerutti de ne plus travailler avec les anciennes équipes.

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Bicéphale

Dans le même temps, Mickaël Palvin, directeur général adjoint de Plon a été mis à pied avant d’être licencié lorsque la direction d’Editis a découvert qu’il avait été remercié de son précédent poste chez Albin Michel pour harcèlement moral, en février 2021 (Le Monde du 10 décembre 2021).

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Parallèlement, Michèle Benbunan, directrice générale d’Editis, a réinvesti Céline Thoulouze dans ses anciennes fonctions de directrice générale de Plon. Cette maison d’édition est depuis la seule de la place parisienne à être bicéphale. Une détestation non feinte oppose les deux équipes. Celles de Lise Boëll sont installées dans le 6e arrondissement de Paris, celles de Céline Thoulouze au siège d’Editis dans le 13e. Chacune travaille avec ses auteurs, ses équipes d’une douzaine de salariés et prévoit ses propres rentrées littéraires. Une guerre inédite dans l’édition qui se joue par exemple dans la déprogrammation des posts sur Instagram de « Plon B » et de « Plon Historique ».

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