« Mimosa » : le nouveau plan d’économies qu’élabore EDF

« Mimosa » : le nouveau plan d’économies qu’élabore EDF

EDF se prépare à trois années difficiles. Selon nos informations, le premier producteur d’électricité en Europe a engagé, en interne, un vaste plan d’économies, baptisé « Mimosa », qui vise à combler les pertes causées par la crise sanitaire, qui devraient se situer entre 2 milliards et 3 milliards d’euros. Le groupe étudie plusieurs possibilités : des cessions d’actifs importants, un gel des embauches et des investissements, tout en cherchant des réductions budgétaires à tous les étages.

Selon plusieurs sources internes, la direction a demandé aux différentes branches et filiales de présenter des budgets revus à la baisse. Selon des documents consultés par Le Monde, le groupe souhaite stabiliser ses dépenses d’exploitation pendant les deux prochaines années et réduire fortement ses investissements. « Pour atteindre 2,5 milliards d’euros d’économies, il n’y pas beaucoup de choix, il faudra faire une grosse cession », souligne une source interne. « On nous a demandé de faire remonter toutes les possibilités d’économies », rapporte un responsable d’une filiale importante.

Interrogée par Le Monde, la direction d’EDF confirme l’existence d’un tel plan, sans pour autant en livrer les détails, qui doivent être présentés, fin juillet, au conseil d’administration. « Les arbitrages définitifs ne sont pas encore pris », précise une source interne.

« Attentifs à ce qui n’est pas immédiatement indispensable »

Le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, a lui-même évoqué ce plan dans le journal de l’entreprise, vendredi 3 juillet. « Certains ont entendu parler d’un plan d’économies baptisé “Mimosa”, explique M. Lévy. Tout en réduisant certaines dépenses, nous n’abandonnons aucun de nos grands projets. (…) Nous ne renoncerons à rien d’essentiel, mais, dans quelques cas, nous retarderons certaines dépenses, nous étudierons certains actifs du groupe si c’est nécessaire, et nous serons très attentifs à ce qui n’est pas immédiatement indispensable. »

« On n’a plus grand-chose à vendre qui ne soit pas stratégique », s’inquiète un syndicaliste

L’entreprise sort déjà d’une cure d’économies relativement sévère. En 2016, au moment de sa recapitalisation par l’Etat, elle s’était engagée à économiser 1 milliard d’euros par an et à céder 10 milliards d’euros d’actifs. L’objectif a été tenu. Réaliser 2,5 milliards d’euros d’économies supplémentaires représente un effort très significatif. « D’autant qu’on n’a plus grand-chose à vendre qui ne soit pas stratégique », s’inquiète un syndicaliste.

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LJD

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