Manifestation pour sauver le site de Renault-Choisy, fin de grève sur le site de Maubeuge

Les salariés de Choisy, 262 au total, se sont mis en grève mercredi dès 6 heures pour protester contre la fermeture annoncée de leur site, spécialisé dans la rénovation et le reconditionnement des moteurs et boîtes de vitesse.
Les salariés de Choisy, 262 au total, se sont mis en grève mercredi dès 6 heures pour protester contre la fermeture annoncée de leur site, spécialisé dans la rénovation et le reconditionnement des moteurs et boîtes de vitesse. BERTRAND GUAY / AFP

Une manifestation spontanée rassemblant les salariés en grève du site de Renault à Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne, s’est déroulée mercredi 3 juin dans la ville. Environ « 300 personnes » – les salariés du site en grève depuis la veille, soutenus par les délégués centraux des quatre organisations syndicales (CFE-CGC, CFDT, CGT, FO), ainsi que des « délégations venant de toute la France » et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT – « se sont mises en marche spontanément à travers la ville en direction de la gare pour manifester leur mécontentement », a précisé Franck Daoût, délégué central CFDT. « La direction reste douloureusement silencieuse ; nous l’avons sollicitée en vain afin de susciter au moins un dialogue et de calmer les esprits », a-t-il ajouté.

Lire aussi Les salariés de Renault Choisy en grève contre la fermeture du site

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, « a su se mobiliser pour Maubeuge, Caudan, Dieppe mais pas pour Choisy », a-t-il regretté, en annonçant la tenue d’une « nouvelle manifestation samedi [à Choisy-le-Roi] en présence des élus de la ville ».

Les 262 salariés se sont mis en grève mardi dès 6 heures pour protester contre la fermeture annoncée de leur site, spécialisé dans la rénovation et le reconditionnement des moteurs et boîtes de vitesse. C’est le seul des 14 sites que compte le groupe en France dont la fermeture définitive a été annoncée à ce stade à l’horizon 2022, dans le cadre du plan d’économies prévu par le constructeur automobile. Son activité doit être transférée au site de Flins (Yvelines), ce qui suscite « une incompréhension totale », selon M. Daoût.

Lire l’édito du « Monde » : L’avenir incertain de Renault

« Nouvelles rassurantes » à Maubeuge

En revanche, à Maubeuge (Nord), les salariés de l’usine Renault en grève depuis vendredi ont repris le travail mercredi. « Nous avons eu des nouvelles rassurantes dont on a fait part aux salariés, même si on reste méfiants. Nous avons gagné la bataille, mais nous n’avons pas gagné la guerre », a déclaré Yannick Charlesege (CFTC). « Suite aux engagements de Renault et du gouvernement, les salariés ont décidé de reprendre l’activité sur le site de Maubeuge », a confirmé Jérôme Delvaux (CGT).

Samedi, des milliers de personnes – 8 000 selon la CGT – avaient manifesté à Maubeuge contre le plan d’économies de Renault. L’usine était à l’arrêt depuis vendredi matin pour s’opposer au projet de transfert de la production des utilitaires électriques Kangoo à Douai, à environ 70 km de là.

En difficulté financière et victime de l’effondrement du marché automobile, Renault a annoncé vendredi la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France, soit près de 10 % des effectifs du groupe dans l’Hexagone, avec des départs volontaires et sans licenciements, dans le cadre d’un plan d’économie de plus de 2 milliards d’euros, jusqu’en 2023.

Le constructeur va bénéficier d’un prêt de 5 milliards d’euros garanti par l’Etat. Mardi, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’est félicité d’avoir obtenu, en contrepartie, la préservation de l’emploi et des capacités industrielles sur le site de Maubeuge.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Un retour de l’industrie automobile de masse en France est-il possible ?

Le Monde avec AFP