L’OCDE prévient que la reprise de l’économie mondiale sera lente

Au port de Yokohama, au sud de Tokyo, le 17 juin.

Les incertitudes liées à la propagation de la pandémie de Covid-19 vont peser durablement sur la croissance mondiale et compliquer la reprise. Dans ses prévisions publiées mercredi 16 septembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) revoit certes légèrement à la hausse ses prévisions pour 2020, mais s’inquiète des « coûts à long terme de la pandémie » et ne prévoit pas de retour à la normale au moins avant la fin 2021. Le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait se contracter de 4,5 % en 2020, avant de rebondir de 5 % en 2021.

Après un redémarrage rapide suivant les périodes de confinement du début de l’année, « le rythme de la reprise mondiale a perdu de son élan pendant l’été », constate l’institution située à Paris, qui fonde son analyse sur plusieurs indicateurs, dont la production industrielle, les commandes passées aux entreprises ou le nombre d’heures travaillées. Les achats de services reprennent plus lentement en raison des mesures de restriction à la mobilité, à l’instar du tourisme ou du transport aérien, que ceux des biens. Aux Etats-Unis et au Japon, les dépenses de consommation sont encore inférieures d’environ 4 % à 5 % par rapport à leur niveau d’avant la pandémie. Les incertitudes autour du SARS-CoV-2 entament la confiance des ménages et incitent les entreprises à différer leurs investissements.

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La reprise prend des trajectoires différentes, selon les pays. Par rapport aux prévisions de juin, l’activité a été revue à la hausse en Chine, aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe. La Chine devrait être le seul pays de l’OCDE à enregistrer une croissance positive (1,8 %) en 2020, grâce au dynamisme de ses exportations et aux investissements publics. La pandémie s’y est aussi déclarée plus tôt, les mesures de restriction et de confinement ont été prises rapidement, et les plans de relance du gouvernement ont été massifs. La chute du PIB devrait être en revanche plus brutale qu’anticipée en Inde, en Afrique du Sud ou au Mexique, dépassant les 10 % en 2020.

« Les politiques de soutien des Etats doivent se poursuivre »

Les économies dépendantes du tourisme ou des services, à l’arrêt à cause des règles de distanciation physique, ou qui ont connu des confinements très stricts sont parmi les plus durement touchées. Sans les plans d’aide des gouvernements d’une ampleur sans précédent, l’OCDE affirme que la chute du PIB aurait été bien pire. Dans les pays développés, la dette publique pourrait bondir de 15 points de pourcentage.

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