L’OCDE appelle les Etats à soutenir l’emploi des jeunes

L’OCDE appelle les Etats à soutenir l’emploi des jeunes

A Los Angeles, le 29 juin.

On les appelle déjà la « génération Covid ». Dans le sillage de la récession liée à la pandémie, les actifs de moins de 25 ans seront parmi ceux qui paieront l’un des plus lourds tributs. « La crise ne doit pas aboutir à une génération perdue de jeunes dont les carrières seront durablement affectées à cause des perturbations sur le marché du travail », prévient Angel Gurria, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en introduction des « Perspectives de l’emploi 2020 ».

Publiées mardi 7 juillet, celles-ci dressent un tableau plutôt sombre pour les prochains mois sur le front de l’emploi. Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, le taux de chômage, qui s’établissait à 5,2 % en février, a grimpé à 8,4 % en mai et devrait s’établir à 9,4 % fin 2020. En France, il est passé de 7,6 % en février à 8,7 % en avril. S’il a un peu baissé en mai (8,1 %), lors de la réouverture de l’économie, il devrait néanmoins bondir à 12,3 % fin 2020, en dépit du chômage partiel. Et à condition qu’il n’y ait pas de deuxième vague épidémique. Si celle-ci devait se produire, il grimperait plutôt à 13,7 %, prévoit l’organisation.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Mon avenir, je n’y pense pas, sinon j’explose » : l’inquiétude et la colère de la « génération Covid » face à la crise économique

Sans surprise, certains travailleurs – indépendants, personnes en CDD, à bas salaires, jeunes et femmes – sont plus sévèrement touchés par la baisse de l’activité. « Cette situation est susceptible d’exacerber les inégalités sur le marché du travail », prévient l’OCDE. Les économistes rappellent, par ailleurs, que seuls 17 % des travailleurs les plus pauvres ont pu télétravailler en France, contre 38,5 % des plus riches.

« Il n’y a aucune minute à perdre »

Ces prochains mois, soutenir les profils les plus fragiles sera donc déterminant. « Après la crise de 2008, les gouvernements avaient agi trop tard et trop peu pour traiter les difficultés des jeunes sur le marché du travail, au prix de séquelles de long terme, encore visibles avant que l’épidémie ne démarre, rappelle Stefano Scarpetta, directeur de la direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE. Il n’y a aucune minute à perdre pour mettre en place un ensemble de mesures assurant qu’aucun jeune actif ne sera laissé de côté. »

Selon lui, il convient d’encourager les entreprises à embaucher les jeunes diplômés ou à leur offrir une première expérience par un stage, en les accompagnant par un soutien financier de l’Etat. L’organisation appelle également à renforcer l’apprentissage et la formation professionnelle, mais aussi à muscler la couverture chômage des travailleurs les plus précaires.

Il vous reste 12.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Avatar
LJD

Les commentaires sont fermés.