Les TPE se sont ruées sur le chômage partiel pour conserver leurs salariés

Petites structures à la trésorerie fragilisée par la conjoncture, les très petites entreprises (TPE) ont largement eu recours au chômage partiel : pendant le confinement, les salariés d’entreprises de moins de vingt salariés représentaient à eux seuls un tiers des demandes d’activité partielle, selon les statistiques du ministère du travail. « Les chefs d’entreprises à la tête de TPE se sont bien sûr emparés de cette mesure, ils sont proches de leurs collaborateurs et n’ont pas envie de les perdre », fait valoir Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants (SDI), qui rassemble 25 000 dirigeants d’entreprises de moins de vingt salariés, commerçants, artisans et professions libérales.

Restaurateur, Michel Foraud salue la bouée de secours qu’a représenté pour lui et son équipe le dispositif d’activité partielle. La crise sanitaire et la désertion des touristes ont vidé la salle du Baan Boran, son restaurant thaïlandais situé en face du Théâtre du Palais-Royal, à Paris. Mais le patron a pu conserver ses six salariés à temps plein, en les mettant au chômage partiel. « En Pologne, où je m’étais rendu juste avant le début du confinement, j’en ai discuté avec un restaurateur, se souvient Michel Foraud. Eux ne bénéficient pas d’une telle mesure et doivent licencier. »

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Même son de cloche du côté de Christophe Jouvhomme, à la tête de la plate-forme d’organisation de voyages Booktrip.fr. Le chef d’entreprise a mis au chômage partiel total son unique collaboratrice salariée dès que cela a été possible. Employée depuis 2017 dans son entreprise, elle est devenue un pilier de cette TPE : « Il était hors de question de la licencier. On a pu la conserver grâce au chômage partiel. »

Si l’existence de ce filet de sécurité est accueillie avec gratitude, la période d’inactivité forcée est vécue avec ambivalence, aussi bien par le chef d’entreprise que par ses salariés. Au fil des mois, l’ennui pointe chez la collaboratrice de Christophe Jouvhomme : « Au début, cette situation lui permettait de faire l’école à la maison pour ses enfants, mais maintenant, elle est impatiente de reprendre le travail, constate le chef d’entreprise. Cette situation est démoralisante pour tout le monde. »

Transparence

« Si certains salariés n’étaient pas mécontents de rester chez eux, d’autres ont trouvé le temps long », relève Yohann Lavialle, directeur général de Natarom, une entreprise spécialisée en marketing olfactif dans l’événementiel. Dans sa TPE de neuf salariés, dont le chiffre d’affaires a été divisé par trois par la crise sanitaire, l’annonce de la mise au chômage partiel a été diversement accueillie par les collaborateurs.

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