Les dessous des fiançailles entre But et Conforama

Bientôt le dénouement ? Les discussions se sont accélérées entre les dirigeants de Conforama et les propriétaires de son rival But en vue de préparer d’éventuelles fiançailles entre les deux enseignes de distribution d’ameublement. Une alliance qui leur permettrait de devenir le numéro un du meuble en France avec un quart du marché, devant le géant suédois Ikea.

Après avoir sollicité le 18 mars sans succès un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 320 millions d’euros, Conforama a été incité par les banques et l’Etat à discuter avec son concurrent But pour envisager un rapprochement, a expliqué Helen Lee-Bouygues, la présidente du conseil d’administration de Conforama Holding, aux syndicats lors d’une réunion, le 29 mai. Le courrier de Mobilux, la maison mère de But, qu’elle leur a lu, stipule que cette « marque d’intérêt » a été faite « à la demande du CIRI », la cellule de Bercy qui vient en aide aux entreprises en difficulté.

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Aucune offre ferme n’a encore, à ce jour, été formulée, mais le schéma mis sur la table a déjà séduit les syndicats. Il permettrait d’éviter un redressement judiciaire et assurerait aux 1 500 salariés qui sont actuellement sur le départ, à la suite de la restructuration de Conforama annoncée en juillet 2019, de bénéficier des conditions financières négociées lors du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

« Ils reprennent tout »

Celui-ci a, en effet, été suspendu dans l’attente d’une solution de financement, provoquant la colère des salariés, certains en étaient même venus à envisager des actions violentes, comme d’incendier des magasins.

Dans ces conditions, les propositions des actionnaires de But – bien que non engageantes à ce stade – ne pouvaient guère être plus rassurantes : « L’offre prendra en compte la marque Conforama, tous les magasins (sauf ceux fermés), la logistique, le SAV, le siège social, tous les salariés de Conforama (à l’exception des victimes du PSE), tous les locaux détenus par Conforama France. (…) Aucune suppression d’emploi autre que celles liées au PSE actuel n’est prévue », énumère le syndicat FO après une réunion, le 17 juin, avec les représentants de Mobilux. « Ils reprennent tout, y compris le PSE et les mesures extralégales », précise Jacques Mossé-Biaggini, délégué syndical central FEC-FO. Les deux enseignes coexisteraient, avec chacune leur autonomie, comme dans le modèle Fnac Darty. Seule « la centrale d’achat SISL n’est pas incluse dans le projet », indique FO.

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