« Les conférences scientifiques en ligne offrent un potentiel de diffusion, d’ouverture et de socialisation inouï »

Tribune. La crise du Covid-19 a bousculé le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche. En un temps record, enseignants et chercheurs ont été contraints de télétravailler massivement et à numériser leurs cours, leurs recherches et leurs tâches administratives. Les conférences scientifiques, rendez-vous incontournables de la recherche, n’ont pas été épargnées.
La plupart des conférences du printemps et de l’été 2020 ont été annulées ou reportées à l’automne, malgré le risque d’une seconde vague. Peu d’entre elles ont fait le choix de se tenir « à distance » ; souvent par peur des difficultés techniques et organisationnelles, mais aussi parce qu’une conférence implique une dimension sociale très forte, que les organisateurs ont souvent craint de perdre.
Des conférences ont cependant fait le choix de la numérisation, comme celles du Group for Research on Organizations and the Natural Environment (Gronen), du European Group for Organization Studies (EGOS), ou de l’Association internationale de management stratégique (AIMS). Le défi était de taille. Ces conférences peuvent en effet rassembler des milliers de scientifiques du monde entier pour une courte période de trois à cinq jours. Les journées y sont longues, souvent douze heures d’affilée, et les échanges intensifs.
Repenser les modalités d’échange scientifique
Comment recréer, à distance, ces espaces de discussion et d’échange vitaux pour la confrontation des résultats, et donc pour l’avancement de la connaissance ? A l’AIMS, nous avons choisi d’organiser la conférence 2020 en ligne pour deux raisons principales. Nous tenions d’abord à maintenir coûte que coûte la conversation scientifique ; nous ne voulions pas d’année blanche, notamment pour les jeunes chercheuses et chercheurs, qui ont particulièrement besoin de ces échanges. Ensuite, nous souhaitions conserver une forme de convivialité, qui fait partie de l’identité de cette association et de sa communauté, et permet que les débats de fond se développent sereinement.
Nous avons dû, en moins de deux mois, repenser entièrement les modalités d’échange scientifique ainsi qu’une partie du contenu de la conférence. Nous étions convaincus que, comme dans une conférence présentielle, le succès ne se jouerait pas uniquement sur la possibilité de présenter des articles et d’obtenir des retours. C’est pourquoi nous avons tenu à maintenir des sessions plénières et réfléchi aux moyens d’incarner une forme de convivialité, malgré la lassitude due aux longues heures seul devant l’écran.
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