Les candidats se bousculent pour se former à la réparation de vélos

Les effectifs de la formation « opérateur cycle » du CNPC, dans la Seine-Saint-Denis, ont quasiment doublé entre 2019 et 2021.

C’est ce qu’on appelle un profil atypique. Moniteur poids lourd dans une auto-école, Nicolas Hémard, 33 ans, se forme en parallèle aux bases de la réparation de vélos. « On a tendance à opposer les automobilistes aux cyclistes, comme si on devait choisir son camp », regrette-t-il. Cet hiver, Nicolas Hémard est inscrit à la formation « opérateur cycle » labellisée par l’Académie des métiers du vélo. Un cursus proposé sur douze sites en France, qu’il suit au CNPC, une école de commerce du sport qui possède un campus à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), l’une des institutions aptes à délivrer ce diplôme.

Ce nouveau programme de vingt jours, lancé avec le soutien de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), vise à répondre à une demande croissante de réparations. L’objectif est de former 1 250 personnes d’ici à 2023. Et les candidats ne manquent pas : dès l’ouverture des inscriptions en ligne, chaque campus du CNPC a enregistré une demande quatre fois plus importante que la capacité d’accueil – soit en moyenne 50 candidatures pour 12 places disponibles par session.

La formation coûte 2 633 euros, et son financement est dégressif : les personnes inscrites à la première vague de formation, entre novembre 2020 et octobre 2021, ont bénéficié d’une prise en charge à 100 %. Les vagues successives, qui vont jusqu’en juin 2023, seront prises en charge à hauteur de 75 %, puis de 40 %, et enfin de 15 %.

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Dans la salle, le tableau blanc jouxte des tiroirs remplis de pinces, clés, manivelles et démonte-pneu. Des cycles sont accrochés sur des supports muraux. « On les appelle les vélos martyrs : ils ont été mis en panne et réparés des dizaines de fois », précise François Weiser, le formateur, professeur d’histoire-géographie en disponibilité de l’éducation nationale.

Aucune bécane franchissant le seuil de l’école ne repart sans s’être fait une beauté. Celle de la journaliste ne fait pas exception, et se retrouve suspendue à un grand pied d’atelier. « On commence toujours par la roue avant, on vérifie le serrage, l’état du moyeu, la pression des pneus, les rayons. Ah, le freinage n’est pas symétrique, il y aura un réglage sur le frein avant », débite le formateur. Ses mains, déjà noircies par le cambouis, parcourent la petite reine et s’arrêtent sur le jeu de direction : « Il s’entretient tous les cinq ans. Celui-ci n’a pas vu de graisse depuis une bonne décennie. »

Les questions fusent parmi les douze élèves : et si la cliente préfère acheter un vélo neuf qui lui coûtera autant que l’intervention ? « Ce n’est pas écologique, encore moins économique : le vélo n’est pas un objet jetable. Bien entretenu, il a une durée de vie de soixante-dix ans », souligne François Weiser. « Personne n’est ici par opportunisme, il s’agit de passionnés », assure-t-il.

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