Le studio de jeu vidéo Quantic Dream condamné pour des photomontages injurieux

Le créateur de jeu vidéo français David Cage, fondateur du studio Quantic Dream.
Le créateur de jeu vidéo français David Cage, fondateur du studio Quantic Dream. William Audureau / Le Monde

Le fleuron français du secteur est resté « passif » devant des photomontages « homophobes, misogynes, racistes, ou encore profondément vulgaires », a jugé le conseil de prud’hommes de Paris lors d’une audience de départage, le 21 novembre. Ils ont condamné l’inaction de la direction, qui les a laissé circuler durant des années en ayant connaissance de leur teneur. « En restant passif face à cette pratique plus que contestable, qui ne peut se justifier par l’esprit “humoristique” dont se prévaut la société, l’employeur a commis une violation de l’obligation de sécurité [vis-à-vis de ses employés] », ont-ils estimé.

Le studio Quantic Dream a été condamné à verser 5 000 euros à un employé victime d’un photomontage le présentant en nazi. En revanche, les prud’hommes n’ont pas suivi sa demande de requalification de sa prise d’acte – une forme de démission fondée sur l’impossibilité estimée de poursuivre son travail – comme un licenciement. Elle a jugé, entre autres, que l’entreprise a fait cesser la diffusion de ces photomontages dès lors qu’il s’en est plaint (son principal auteur a reçu un avertissement). Quantic Dream peut encore faire appel de cette condamnation.

Le 6 mars 2017, quatre employés du service informatique de la société avaient quitté l’entreprise par prise d’acte en raison de ces photomontages. Deux d’entre eux ont été déboutés le 20 novembre 2017 de leur demande de requalification de leur départ en licenciement, le tribunal ayant jugé que leur rupture de contrat avait été trop tardive pour prouver la gravité du préjudice commis. Le 22 août 2018, un troisième a obtenu gain de cause pour la même requête, le tribunal ayant cette fois estimé que la direction avait laissé « sciemment prospérer » les photomontages.

Le studio de jeu vidéo parisien avait fait l’objet d’une enquête du Monde, de Mediapart et de Canard PC en janvier 2018, mettant au jour une ambiance toxique et un management oppressant. L’entreprise a porté plainte en diffamation contre Le Monde et Mediapart.

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