Le personnel du quotidien « L’Equipe » entre dans son cinquième jour de grève

Dans d’autres circonstances, les lecteurs de L’Equipe auraient ouvert leur quotidien sportif, ce mercredi 13 janvier, avec la certitude d’y faire le plein d’infos au sujet de l’affiche du soir, la finale du Trophée des champions qui oppose, en football, le Paris-Saint-Germain à l’Olympique de Marseille. Au lieu de quoi ils constateront que, pour la cinquième journée consécutive, leur journal n’est pas sorti. Lancée vendredi 8 janvier à l’appel de l’intersyndicale (SNJ, SNJ-CGT, UFICT-CGT, SGLCE-CGT) et reconduite chaque jour à 16 heures depuis lors, une grève se poursuit, sans qu’il soit encore possible d’entrevoir son issue.

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Les salariés (plus des trois quarts parmi les effectifs permanents hors hiérarchie ont cessé le travail, selon les syndicats) protestent contre le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) lancé cet automne au sein de la SAS L’Equipe, la société par actions simplifiée qui rassemble L’Equipe, L’Equipe Magazine, Lequipe.fr, France Football, Vélo Magazine – mais pas la chaîne de télévision L’Equipe. Entre 50 et 60 emplois sont menacés, tandis qu’une douzaine de postes devraient être créés afin d’accélérer le recrutement d’abonnés payants.

La direction estime que « l’impact social net » se limitera ainsi à 35 postes de journalistes en CDI et 8 postes administratifs (sur un effectif total d’environ 350 personnes), mais les syndicats rappellent que les cinq permanents du supplément Sport & Style (qui relève d’une autre entité juridique), condamné à la disparition, vont également être licenciés, et que des dizaines de pigistes seront touchés.

« Mesurettes »

Au total, ce PSE est censé susciter entre 5 et 6 millions d’euros d’économies et pallier une situation financière dégradée par les circonstances de l’année 2020. « Si rien ne devait être fait, rappelle ainsi la direction, les projections de pertes pour les quatre années à venir seraient de 6 millions d’euros pour 2021, 7 millions pour 2022, et à plus de 10 millions pour 2023 et 2024. » Des prévisions qui tiennent compte du calendrier d’événements sportifs des années à venir, réputé favorable, souligne-t-elle.

Le plan de relance éditorial qui accompagne ce PSE ne convainc pas davantage les salariés. Ils l’ont fait savoir la semaine dernière par le biais de lettres envoyées, service par service, à leur hiérarchie. A leurs yeux, l’ambition affichée se résume à « faire mieux avec moins ». « Les gens lisent L’Equipe parce qu’ils y trouvent des articles de spécialistes, estime Francis Magois, délégué syndical SNJ. Si on écrabouille la force de production, et si on supprime les petits sports, c’est la mort ! »

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