L’aide à l’embauche des jeunes a amélioré la part des CDI, mais pas le taux d’emploi

« L’aide à l’embauche des jeunes (AEJ) a connu un relatif succès auprès des employeurs. Entre août et décembre 2020, 310 000 demandes ont été adressées et 240 000 aides versées, pour un coût évalué à 803 millions d’euros entre juillet 2020 et le 31 mars 2021. »

Alors que les jeunes doivent franchir le mur de la crise sanitaire pour entrer sur le marché du travail, l’aide à l’embauche des moins de 26 ans leur a-t-elle servi de tremplin ? Rien n’est moins sûr, à en croire la première évaluation conjointe de ce dispositif, menée par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du travail (Dares) et le Conseil d’analyse économique (CAE) et publiée le 12 mai.

Ces deux institutions se sont penchées sur une des mesures-phares du plan 1 jeune, 1 solution, lancé à l’été 2020 par le gouvernement : une compensation de cotisations allant jusqu’à 4 000 euros (1 000 euros par trimestre pendant au maximum un an) pour les employeurs embauchant un jeune de moins de 26 ans en CDI ou en CDD d’au moins trois mois.

L’aide, prolongée jusqu’au 31 mai, a été mise en place alors que « la situation des jeunes sur le marché du travail s’[était] fortement dégradée mi-2020 », constate la Dares. Dès le début de la crise, les jeunes ont eu davantage de difficultés à trouver du travail que les autres catégories d’âge : au deuxième trimestre 2020, le taux d’emploi des moins de 26 ans était de 4 points plus bas qu’un an auparavant (32 %), contre 1 point seulement pour l’ensemble de la population active (64 %).

Au détriment du travail temporaire

L’aide à l’embauche des jeunes (AEJ) a connu un relatif succès auprès des employeurs. Entre août et décembre 2020, 310 000 demandes ont été adressées et 240 000 aides versées, pour un coût évalué à 803 millions d’euros entre juillet 2020 et le 31 mars 2021, selon le ministère du travail, cité par l’AFP. Ce qui s’est traduit en termes d’embauches par quelque 1,3 million de CDI ou CDD de plus de trois mois au bénéfice des moins de 26 ans entre août 2020 et janvier 2021.

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Peut-on parler d’effets d’aubaine ? A première vue, cette aide a eu un impact positif sur l’embauche des moins de 26 ans, s’accordent à dire les auteurs des deux évaluations. « Aux troisième et quatrième trimestres 2020, l’emploi en CDD long ou CDI des jeunes de 22 à 25 ans (éligibles à l’AEJ) aurait été 7 % plus élevé que ce qu’il aurait été sans la mise en place de l’aide », avance la Dares. Ce dispositif aurait permis une hausse de 8 % du nombre d’embauches dans cette catégorie d’âge (+ 9,5 % dans les secteurs les plus touchés par la crise) conclut, de son côté, le CAE.

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