La verrerie Duralex reprise par les salariés

La verrerie Duralex reprise par les salariés

Une chaîne de production à l’usine Duralex, à la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) près d’Orléans, le 1ᵉʳ juillet 2021.

Le soulagement est de taille pour les 228 salariés de la verrerie Duralex de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret). Et peut-être aussi pour les enfants français qui continueront de deviner leur âge au fond du verre iconique, à la cantine. Vendredi 26 juillet, le tribunal de commerce d’Orléans a choisi un repreneur parmi les trois candidats et a, de fait, empêché la liquidation de l’entreprise. C’est l’épilogue d’une dernière crise chez Duralex, depuis son placement en redressement judiciaire, fin avril, et après qu’un délai supplémentaire a été accordé aux repreneurs potentiels.

C’est donc le projet de société coopérative et participative (SCOP) qui a retenu les faveurs du juré. Celui-ci, porté par le directeur de l’usine, François Marciano, a été soutenu par 60 % des salariés. Le projet promet un maintien de la totalité des effectifs, mais aussi « une diversification de l’offre de produits, une extension des marchés, un développement des partenariats ».

Orléans Métropole s’est proposé d’acquérir le foncier, pour une somme évaluée entre 5 et 8 millions d’euros, et la région Centre-Val de Loire de se porter garante financièrement, en plus d’une avance remboursable de 1 million d’euros. Une manière de rassurer les banques appelées également à financer cette reprise. Les salariés ont déjà été sollicités pour une première participation, laquelle servira à financer un peu du rachat des deux lignes de production.

« Le chemin d’une nouvelle économie »

M. Marciano se dit « soulagé pour l’ensemble des salariés qui se sont battus comme des lions depuis deux mois. Maintenant, ils sont plus que motivés. On invite tous les Français à acheter du Duralex ! » D’après la députée européenne écologiste Majdouline Sbai, qui a soutenu le projet de SCOP, « c’est le début d’une aventure géniale qui commence, le chemin d’une nouvelle économie ». Comme pour les ouvriers de l’horlogerie Lip, à Besançon, en 1973, « ici on fabrique, on vend, on se paie ! ».

Le président socialiste de la région, François Bonneau, se dit lui aussi « très soulagé ». « Cela va être une SCOP à part entière, de taille remarquable pour un marché largement international. Il n’était pas envisageable que des produits indispensables comme des verres de table soient fabriqués hors d’Europe. » Et de saluer « le comportement exemplaire malgré les épreuves » des 228 salariés jusqu’à l’issue d’aujourd’hui.

En novembre 2022, les fours avaient été mis en veille pour cinq mois et les employés, placés au chômage partiel, sur décision de la direction, en raison de la hausse du prix de l’énergie. Une aide de 15 millions euros de l’Etat n’a pas empêché, ensuite, le placement en redressement judiciaire.

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LJD

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