La semaine de quatre jours en test aux Etats-Unis

Amy Balliett, la dirigeante de Killer Visual Strategies, a eu l’idée de changer l’organisation de son entreprise quand elle était en France. Et si on passait à quatre jours par semaine plutôt que cinq ? Patronne d’une PME de services en design installée à Seattle (Etat de Washington), elle était entre Paris et Bordeaux, venait de savourer un long repas et se sentait heureuse. « Cela m’a ouvert les yeux, dit-elle aujourd’hui. Nous devons améliorer l’équilibre entre travail et vie en dehors du bureau. Dans notre univers, les clients nous attendent sur le pont tous les jours. Et c’est assez courant de travailler 80 heures par semaine. »
Mais Mme Balliett a constaté que ce que l’employé moyen réalise le lundi, juste après le week-end, se fait en deux fois plus de temps le vendredi. Les équipes sont fatiguées et la productivité s’en ressent. D’où son idée de basculer sur une semaine de quarante heures en quatre jours, avec des journées de dix heures d’affilée.
Pour satisfaire les exigences du client roi, elle a décidé que son entreprise de trente personnes resterait ouverte toute la semaine. La moitié de ses troupes prennent leur vendredi, l’autre moitié le lundi. Les employés qui se sont reposés pendant trois jours ont beaucoup plus d’énergie et la productivité s’en ressent. Elle a fait un bond de 20 % par rapport à l’ancien système.
Aux Etats-Unis, l’initiative paraît assez saugrenue. En pleine crise de Covid-19, on devrait plus penser au besoin ardent de la reprise qu’à la meilleure gestion de son temps. Mais le passage aux quatre jours reste d’actualité. La ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern l’a justement évoqué pour relancer le tourisme. La flexibilité du travail, a-t-elle dit, est « source de productivité ». Et un certain nombre d’entreprises américaines y croient fermement.
Un sondage de la Society for Human Resource Management montre que, en 2017, 13 % des compagnies proposaient à certains de leurs employés la semaine de quatre jours. Deux ans plus tard, c’est 15 %. Et l’offre ne cesse de grandir. Les petites annonces sur Zip Recruiter indiquant un travail sur quatre jours ont grimpé de 51 %, en 2017, à 65 %, en 2018, puis à 67 %, en 2019.
Des ventes par employé en augmentation
Les intéressés eux-mêmes préfèrent la semaine raccourcie. De sondages en enquêtes, la demande de temps libre se fait de plus en plus sentir. Et une expérience récemment tentée par une filiale de Microsoft au Japon tend à montrer que tout le monde en profite, employeurs et employés. Durant le mois d’août, cette entreprise de 2 300 personnes a donné le vendredi à l’ensemble de son personnel.
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