La fermeture du zoo de Beauval fragilise l’insertion des jeunes de la région

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Publié aujourd’hui à 15h00

« On dirait qu’ils dansent, n’est-ce pas ? » Samedi 13 février, le directeur du zoo de Beauval, Rodolphe Delord, apparaît bien pensif devant la valse silencieuse des lamantins, attraction majeure d’un « dôme équatorial » désertique. Cette structure colossale, qui a nécessité 40 millions d’euros d’investissement, a été inaugurée en février 2020… un mois avant le premier confinement.

Fermé de nouveau au public depuis le 30 octobre 2020, Beauval fait encore travailler 200 salariés, essentiellement des soigneurs et des logisticiens ; 400 autres sont au chômage partiel et 450, hors stagiaires, espèrent être recrutés dès que le zoo rouvrira. Mais quand ? Beauval mise sur le 6 avril.

Rodolpe Delord, directeur général du zoo de Beauval, dans le dôme équatorial, le 13 février.
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« L’an dernier, en seulement quatre mois d’ouverture, nous avons accueilli 1,2 million de visiteurs ; 200 000 ont dormi dans nos hôtels, d’innombrables repas ont été servis et on n’a eu que cinq cas positifs [au Covid-19], asymptomatiques, parmi nos 1 050 salariés, énumère M. Delord. D’ici à avril, beaucoup de Français seront vaccinés, une certaine auto-immunité se sera aussi mise en place… Je pense qu’il faut relancer notre économie. »

Même si Saint-Aignan (Loir-et-Cher), cité médiévale de 2 800 habitants, dispose de 150 gîtes et de six hôtels, son zoo est, selon Bernadette Mandard, directrice de la Maison de l’emploi communale, « une ville dans la ville, avec ses restaurants, ses hébergements, une crèche pour les salariés ». Et un vivier de jobs pour les jeunes, dans une région, la vallée du Cher, qui perd des emplois depuis dix ans, selon l’Observatoire de l’économie et des territoires de Loir-et-Cher. Une tendance qui devrait continuer avec les départs de Boiron de Montrichard et de Daher de Saint-Julien-de-Chédon.

« Ils se retrouvent femme de chambre ou valet de chambre »

Malgré une formation de soigneur animalier dispensée au centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de Vendôme, à 75 km plus au nord, l’essentiel des postes proposés par Beauval aux jeunes Saint-Aignanais ont peu de liens avec les animaux. « Ils se retrouvent femme de chambre ou valet de chambre, serveur, agent d’entretien ou de billetterie », détaille Mme Mandard. Mais qu’importe. Beauval fascine.

« La difficulté, c’est de devoir rester à tout moment disponible pour le zoo, sans connaître la date du redémarrage. Impossible de s’engager dans une mission à côté » Eléa Jouanneau, en BTS gestion et protection de la nature

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