La Cour des comptes étrille la gestion des ressources humaines de Pôle emploi

La Cour des comptes étrille la gestion des ressources humaines de Pôle emploi

La Cour des comptes peut être certaine d’une chose, avec le rapport qu’elle a rendu, jeudi 16 juillet, sur Pôle emploi : il va provoquer des grincements de dents à tous les étages de l’opérateur public – de la direction générale aux salariés, en passant par les élus du personnel. Dans ce document de près de 160 pages, la haute juridiction passe au crible la gestion, entre 2012 et 2018, de cet établissement administratif chargé d’accompagner et d’indemniser les chômeurs. Le bilan qu’elle tire n’est pas univoque, plusieurs satisfecit étant décernés – par exemple sur la « transformation » du service offert aux individus à la recherche d’un poste. Mais les points positifs qui émergent risquent fort d’être occultés par d’autres observations, nettement plus abrasives : « niveau très élevé d’absentéisme », « temps de travail annuel inférieur à la durée légale », « statut particulièrement favorable » pour les plus hauts cadres, « moyens excessifs consacrés au dialogue social »

Pôle emploi est une énorme machine disposant de crédits importants : un peu plus de 5,5 milliards d’euros en 2018, dont 1,5 milliard est attribué par l’Etat et 3,4 milliards émanent de l’Unédic – l’association paritaire chargée de piloter l’assurance-chômage. Quant aux effectifs, ils se situaient autour de 53 000, il y a deux ans. Autant de moyens dévolus à un « public de masse » qui n’a cessé de s’étoffer : le nombre de demandeurs d’emploi, avec ou sans activité, est passé de 4,2 millions, fin 2011, à 5,6 millions au premier trimestre 2019.

L’absentéisme progresse

Pôle emploi y a fait face, en réorganisant l’accueil des personnes et en augmentant sa productivité – en particulier sur les tâches liées au traitement des demandes d’allocation. Ainsi, près de 2 350 postes ont pu être redéployés sur des fonctions d’« accompagnement » des chômeurs et d’« aide au recrutement », entre 2014 et 2018.

Mais des « excès » subsistent « dans la gestion des ressources humaines », relève la Cour des comptes. Parmi les points mis en exergue, les cinq jours de repos supplémentaires qui s’ajoutent à ceux prévus dans le droit commun : cette gratification permet aux agents de Pôle emploi de passer près de quarante heures en moins à leur poste sur une année, comparativement à une personne soumise à la durée légale du travail. En outre, l’absentéisme, tous motifs confondus – y compris pour des raisons médicales –, progresse, représentant vingt-deux jours par an et par salarié en moyenne. Un phénomène que la direction impute, notamment, à la pénibilité accrue des tâches, sous l’effet de la montée du chômage, et au vieillissement des personnels. Mais ces explications ne convainquent pas pleinement les magistrats de la rue Cambon, qui recommandent des mesures correctrices.

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LJD

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