La compagnie aérienne Qantas va supprimer 6 000 emplois

Le directeur général de Qantas, Alan Joyce, lors d’une conférence de presse à Sydney (Australie), jeudi 25 juin 2020.

La compagnie aérienne australienne Qantas a annoncé, jeudi 25 juin, la suppression de 6 000 emplois et le maintien au sol d’une centaine d’appareils, et ce afin d’économiser plus de 9 milliards d’euros et de traverser la crise due au coronavirus. Le directeur général, Alan Joyce, a expliqué que ce plan de restructurations sur trois ans ne visait ni plus ni moins qu’à sauver le fleuron de l’aviation australienne de « la pire crise jamais essuyée par le secteur ».

« Cette année était censée être une année de célébrations pour Qantas, celle du centenaire », a expliqué M. Joyce dans un communiqué. « Clairement, les choses ne se passent pas comme prévu. » La chute de la demande avait déjà forcé Qantas à suspendre jusqu’en octobre 2019 tous ses vols internationaux, en dehors de ceux vers la Nouvelle-Zélande.

Le trafic intérieur est en train de repartir, car la majorité des Etats australiens sont parvenus à contenir l’épidémie. Mais les frontières internationales devraient demeurer fermées à la majorité des passagers étrangers jusqu’à l’année prochaine. Et un regain de cas à Melbourne, deuxième ville du pays, est venu rappeler que la menace du coronavirus demeurait bien réelle.

« Nous devons nous mettre en position pour plusieurs années où le chiffre d’affaires sera bien moindre. Et cela signifie de devenir une plus petite compagnie à court terme », a affirmé M. Joyce en commentant la suppression de près d’un poste sur cinq. La compagnie emploie actuellement 29 000 personnes.

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« Peu de latitude »

En plus des 15 milliards de dollars australiens d’économies, le « plan de reprise post-Covid » prévoit de lever 1,9 milliard de dollars (1,16 milliard d’euros) en actions. Le groupe a annoncé que le contrat de M. Joyce, le directeur général le mieux payé du pays, serait prolongé jusqu’à l’achèvement du plan.

Les suppressions d’emplois concerneront Qantas et sa filiale « low cost » Jetstar. Au total, 15 000 salariés sont au chômage technique depuis mars. Le groupe espère que la moitié d’entre eux auront repris le travail d’ici à la fin de l’année.

M. Joyce a reconnu « l’impact énorme » du plan de reprise « pour des milliers de personnes ». « La perte de milliards de dollars de chiffre d’affaires ne nous laisse pas beaucoup de latitude », a-t-il cependant affirmé.

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Le premier ministre australien, Scott Morrison, dont le gouvernement conservateur a débloqué des milliards de dollars australiens pour tenter de réduire les répercussions économiques de la crise, a qualifié de « déchirantes » les suppressions d’emplois chez Qantas. « Ce sont des journées difficiles pour l’Australie », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Marché national

Le Conseil australien des syndicats (ACTU), principale organisation syndicale du pays, a dénoncé le plan de Qantas en appelant M. Morrison à prolonger le programme d’aide « JobKeeper » qui permet aux entreprises de continuer à verser une partie des salaires en dépit de la baisse d’activité liée au coronavirus. « S’il est possible de maintenir l’emploi d’Alan Joyce, pourquoi ne peut-on pas négocier avec les syndicats le maintien de JobKeeper pour sauver ces emplois ? » s’est interrogée la présidente d’ACTU, Michele O’Neil.

Sur les 150 appareils maintenus au sol par Qantas en mars, 100 le resteront pendant une période allant jusqu’à un an, y compris tous les A380 de la flotte, a annoncé Qantas. La compagnie a également reporté les nouvelles commandes d’Airbus A321neo et de Boeing 787-9 Dreamliners.

Elle s’est dite raisonnablement optimiste pour son avenir. « Près de deux tiers de nos bénéfices d’avant la crise provenaient du marché national, qui a des chances de se remettre le plus rapidement », a souligné M. Joyce. « Nous sommes numéro un sur les liaisons classiques et à bas coût en Australie, où les distances rendent le transport aérien essentiel. »

Son seul concurrent australien, Virgin Australia, s’est mis en cessation de paiements en avril, et discute avec deux repreneurs potentiels, Bain Capital et Cyrus Capital Partners.

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Le Monde avec AFP