Entre les salariés et leurs employeurs : un nouveau contrat de confiance

« L’entreprise reste un repère de confiance, une valeur refuge », constate Nicolas Narcisse, le vice-président de l’agence de communication Havas Paris, commentant l’étude « Salariés et entreprise : vers un nouveau contrat de confiance », menée par Havas Paris People et publiée le 1er septembre. « Cela est un peu contre-intuitif, reconnaît-il, mais alors qu’on pouvait craindre une fracture, la crise sanitaire semble au contraire avoir renforcé le lien entre les salariés et leur entreprise. Ceux-ci se sont sentis protégés et soutenus, tout en bénéficiant d’une plus grande liberté individuelle. »

« La crise a révélé plus qu’induit l’importance de cette thématique, explique Fabien Blanchot, professeur des universités et codirecteur de la chaire Confiance et management de l’université Paris-Dauphine. Le télétravail ne s’est pas accompagné d’une baisse de productivité. Il n’y a pas eu de dérives. Les entreprises ont fait le constat que les salariés étaient dignes de confiance, or plus on leur fait confiance, plus ils vont s’en montrer dignes. C’est un cercle vertueux. »

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Le sujet est aussi à l’ordre du jour du côté des syndicats. Un Observatoire de la confiance en entreprise (OCE) a ainsi été lancé, le 10 septembre, par deux syndicats : l’UNSA Orange, qui estime la problématique « prioritaire », et la CFDT Orange.

Le déclic du confinement

Le déclic a eu lieu pendant le confinement. « Nous avons vécu une période de forte incertitude. Le télétravail a supposé l’autonomie qui, elle-même, a impliqué la confiance », raconte Pierre Vars, secrétaire général d’UNSA Orange. « Notre objectif n’est pas de mesurer la confiance, précise Jean-Michel Camin, ingénieur de recherche au sein du groupe et président de l’Observatoire, mais de savoir comment les salariés en appréhendent les différentes dimensions : le rapport à la marque, à l’organisation du travail, au management, aux représentants du personnel… La confiance est multidimensionnelle et évolutive. »

L’Observatoire se veut un outil de dialogue. « Nous voulons réaliser un travail collectif avec d’autres syndicats et d’autres entreprises, explique Pierre Vars. Ces échanges nous permettront de mieux comprendre les ressorts de la confiance et ainsi d’agir. » Un premier questionnaire de vingt-cinq questions devrait être adressé aux salariés d’Orange d’ici la fin octobre. L’approche se veut complémentaire des outils mis en place par les directions, par exemple les baromètres de climat social, les enquêtes de satisfaction, d’engagement…

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