Election présidentielle 2022 : le sujet des salaires encore peu audible dans la campagne

Valérie Pécresse, candidate LR à l’élection présidentielle, à Besançon, le 13 janvier 2022.

Est-ce parce que le gouvernement a préempté le sujet tout au long du quinquennat, avec son mantra selon lequel « il faut que le travail paye » ? Ou parce que, contre toute attente, la crise sanitaire a débouché sur une baisse du chômage et des créations record d’emplois salariés ? Sondage après sondage, le thème de l’emploi et des salaires peine à émerger dans la campagne présidentielle. A trois mois du scrutin, et sur fond de hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, les Français se disent nettement plus préoccupés par les questions de pouvoir d’achat que d’emploi et de chômage. Un sujet qui les tétanisait il y a cinq ans.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Salaires : derrière les promesses d’augmentations, le risque de la déception

« C’est une situation typique quand l’emploi va mieux : le chômage devient un sujet moins important. Mais c’est inquiétant : cela signifie qu’on se contente d’un taux de chômage à 8 %, alors que la question du pleinemploi et de l’emploi des jeunes devrait rester un sujet central dans l’optique du prochain quinquennat », estime Philippe Martin, le patron du Conseil d’analyse économique (CAE), un think tank rattaché à ­Matignon.

Du côté des candidats à l’Elysée, même si les programmes ne sont pas tous formalisés et si la question du financement est loin d’être réglée, les propositions se dessinent. « La première dignité, c’est celle de pouvoir vivre de son travail », affirme Valérie Pécresse (LR). Elle souhaite augmenter de 10 %, au cours du quinquennat, les salaires nets jusqu’à 2,2 smic (2 800 euros net), ce qui bénéficierait à quelque 12 millions de personnes. Pour cela, la présidente de la région Ile-de-France compte baisser les cotisations vieillesse payées par les salariés. La mesure coûterait 25 milliards d’euros, dont 7 milliards dès la première année pour doper de 3 % les salaires. L’Etat financerait entièrement en 2022, assure son équipe, « en faisant des économies sur les dépenses publiques ».

Limiter l’écart entre les salaires au sein des entreprises

Marine Le Pen, elle, veut « cibl[er] les plus modestes, bien sûr, mais aussi les classes moyennes, éternelles oubliées ». En novembre 2021, dans une tribune aux Echos, elle a proposé d’exonérer de cotisations patronales les entreprises qui augmenteront de 10 % les salariés gagnant jusqu’à trois fois le smic. De son côté, Eric Zemmour compte « réduire les cotisations pour rendre chaque année un 13e mois aux salariés qui touchent le smic ». Soit 100 euros de plus par mois, pour que les « salariés cessent de s’appauvrir », déclarait-il lors de son meeting, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), en décembre 2021.

Il vous reste 53.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.