Chez LR, le retour du « travailler plus pour gagner plus »

Les « Guignols de l’info » ont disparu depuis bien longtemps, mais tout le monde se souvient de la marionnette d’Ernest-Antoine Seillière, patron du Medef à la fin des années 1990, braillant : « Les 35 heures sont une aberration ! » Plus de vingt ans après, et à la suite de moult détricotages de la réforme portée par Martine Aubry en 1998, la question de l’augmentation du temps de travail des Français est encore posée régulièrement.

A l’aube d’une crise économique potentiellement dévastatrice et d’une récession sans précédent (− 11 % de PIB en 2020, selon les estimations), nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’opportunité de faire travailler les salariés davantage au nom de la reprise.

De façon beaucoup moins caricaturale que ne le présentait le baron Seillière, inlassable pourfendeur de la semaine à 35 heures, la question s’est ainsi invitée, au milieu d’autres, dans le plan de relance de l’économie présenté par le parti Les Républicains (LR), mardi 2 juin. Dans un projet en cinq volets visant à restaurer « l’équilibre entre la justice sociale et la liberté économique », la formation de droite propose de « permettre, par la négociation de l’entreprise, d’augmenter le temps de travail et d’augmenter ainsi les salaires ». Un passage nécessaire, selon le parti, pour sauver « les entreprises et les emplois ».

Dans son document, LR plaide pour une annualisation du temps de travail et une adaptation négociée directement au sein des entreprises. « Il ne faut pas le faire au niveau national, ça ne marcherait pas », analyse Christian Jacob, le président du parti. Les Français qui travaillent autour de 1 600 heures par an pourraient passer à 1 800, selon lui, en fonction d’accords permettant d’être proches des « réalités du terrain et de l’évolution du carnet de commandes », explique le député de Seine-et-Marne. Ainsi, les salariés pourraient travailler davantage lorsque c’est nécessaire, mais aussi ralentir en période creuse, poursuit l’élu.

Illusion

Au-delà de la réponse à la crise, les Français doivent, selon Eric Woerth, député de l’Oise et ancien ministre du budget, rattraper leurs voisins allemands, mais aussi britanniques en termes de temps de travail. « Le volume d’heures travaillées est trop faible en France. C’est là qu’il faut aller chercher les points de PIB qui nous manquent », avance l’ancien membre du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Les Français rentrent trop tard sur le marché du travail et en sortent trop tôt, regrette-t-il.

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