Aux Etats-Unis, le Buy American Act pour préserver l’emploi

Des drapeaux américains au pied du Washington Monument, le 17 novembre 2025.

En matière de libéralisme et de capitalisme, les Etats-Unis sont la référence dans le monde entier, mais ils le sont aussi en matière de protectionnisme. Au moment où les Européens s’interrogent sur la mise en place de règles de préférence communautaire dans les commandes publiques ou l’attribution d’aides publiques, les regards se tournent inévitablement de l’autre côté de l’Atlantique.

Voté par le Congrès américain en 1933, alors que la Grande Dépression faisait rage, le Buy American Act (« la loi pour acheter américain ») régit les contrats conclus par l’Etat fédéral. Le texte a été ratifié par Herbert Hoover, le président républicain, le dernier jour de sa présidence, avant d’être appliqué par son successeur démocrate Franklin Delano Roosevelt. Il a été codifié plus précisément sous Dwight Eisenhower. Barack Obama, Donald Trump et Joe Biden l’ont tous trois renforcé lors de leurs présidences successives. Au pays du libéralisme, le protectionnisme est la valeur la mieux partagée entre démocrates et républicains.

Le principe d’origine du Buy American Act est relativement simple. Le gouvernement fédéral doit accorder la priorité dans ses achats à des produits fabriqués aux Etats-Unis, le but étant de préserver l’emploi local, d’éviter les délocalisations d’industries et de réduire la dépendance aux importations dans certains secteurs stratégiques.

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Pour sauver l’industrie européenne, la Commission propose le « made in Europe »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors du Sommet européen de l’industrie, à Anvers (Belgique), le 11 février 2026.

Après en avoir repoussé la présentation à plusieurs reprises, la Commission européenne a, enfin, mercredi 4 mars, dévoilé le contenu du projet de loi sur l’accélération industrielle (IAA, pour Industrial Accelerator Act). Alors que l’Union européenne (UE) est en plein décrochage économique par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, alors que Washington comme Pékin n’hésitent plus à instrumentaliser ses dépendances, ce texte doit lui donner les moyens de commencer à reprendre l’initiative. Avec l’objectif de voir l’industrie remonter à 20 % du produit intérieur brut de l’UE d’ici à 2035 (contre 14 % aujourd’hui), un niveau comparable à celui du début des années 1990. « Sans base industrielle forte, pas de modèle social européen, pas de transition climatique, pas d’autonomie stratégique », résume Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission.

Mais parce qu’il introduit de la préférence européenne dans l’attribution des marchés publics comme dans le déploiement des aides sous toutes les formes des Etats membres et qu’il renforce le contrôle des investissements étrangers, l’IAA a déclenché une bataille intense à Bruxelles. Sous pression du monde économique et de pays tiers, comme les Etats-Unis, le Japon, le Canada ou le Royaume-Uni, qui défendent leurs intérêts, elle a eu lieu aussi bien au sein de la Commission qu’entre les Etats membres. Ces débats vont se poursuivre, dès lors que les Vingt-Sept et le Parlement européen doivent désormais trouver un compromis.

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« C’est difficile d’admettre qu’il ne se fera bientôt plus de papier ici » : en Dorgogne, les Papeteries de Condat reprises par le groupe français SPB

Une manifestation devant les Papeteries de Condat, au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), le 4 février 2026.

A l’entrée des Papeteries de Condat, au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), l’agent de sécurité est toujours à son poste, mais il n’a plus souvent l’occasion d’en relever les barrières de sécurité. Les dernières bobines de papier glassine, qui servaient à fabriquer les étiquettes adhésives, ont quitté l’usine le 27 février, quelques heures avant que le tribunal de commerce de Bordeaux n’acte la reprise du site, pour 1 million d’euros, par la Société de participation de la Braye (SPB). Le groupe basé à Evreux a une activité qui s’apparente à celle d’un courtier en immobilier industriel.

Deux entreprises étaient en lice pour reprendre les Papeteries de Condat, mises en vente le 13 octobre 2025 par Lecta, un groupe papetier européen, dont le siège est à Barcelone, en Espagne : SPB, donc, et le groupe international Finesta. Cette holding tchèque, spécialisée dans le développement d’activités industrielles et énergétiques, avait été approchée par Condat Papers, la société coopérative d’intérêt collectif lancée par la CGT trois jours après l’annonce de Lecta. Elle envisageait de maintenir la production de papier glassine sur le site et de reprendre les 200 salariés qui y travaillaient. Et évoquait même la possibilité de relancer la ligne 4, sur laquelle était fabriqué le papier couché jusqu’à sa fermeture en décembre 2023.

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Transparence salariale : le gouvernement dévoile son projet

Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, lors d’une conférence sur le travail et les retraites, au ministère du travail, à Paris, le 4 novembre 2025.

La France est en retard, mais le gouvernement avance enfin sur la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale. Deux jours avant la Journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars, pour laquelle la CGT a appelé à manifester, le ministère du travail a envoyé une première version du projet de loi aux partenaires sociaux et aux parlementaires. Le texte fera encore l’objet d’une dernière réunion de concertation avec les organisations patronales et celles de salariés le 19 mars.

Afin de lutter contre les inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes, une directive européenne pour la transparence salariale a été adoptée en mai 2023. Les pays de l’Union européenne (UE) ont jusqu’au 7 juin pour la transposer. Il est d’ores et déjà acquis que la France ne pourra pas tenir les délais. Compte tenu de la pause liée aux élections municipales de mars et d’un calendrier parlementaire particulièrement embouteillé, aucune date n’a encore été communiquée pour le début de l’examen du projet de loi au Parlement. « On essaie de trouver un créneau pour être au plus proche des échéances de transposition de la directive », rapporte l’entourage du ministre du travail et des solidarités, Jean-Pierre Farandou.

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Avec plusieurs dizaines de milliers d’emplois détruits, la santé de l’économie américaine inquiète

UN cabinet de recrutement Workforce Solutions, à Plano (Texas), le 30 octobre 2025.

Donald Trump a beau focaliser toute son attention sur la guerre contre l’Iran, l’économie américaine ne cesse de le rattraper par la manche. Le Bureau des statistiques du travail (Bureau of Labor Statistics, BLS) a publié, vendredi 6 mars, de très mauvais chiffres de l’emploi pour le mois de février : 92 000 « jobs » ont été détruits par rapport à janvier, quand les analystes tablaient sur 50 000, et le taux de chômage a légèrement progressé, pour atteindre 4,4 %. La nouvelle est inquiétante pour l’administration américaine, alors que l’inflation, aujourd’hui de 2,4 %, pourrait remonter dans les semaines à venir, avec l’augmentation du baril de pétrole liée au conflit.

Ce plongeon de l’emploi en février suit un net rebond en janvier, qui avait été salué par la Maison Blanche comme une reprise annoncée du marché du travail, après une année 2025 plus que morose. Le président et son entourage ne se sont pas précipités vendredi pour commenter ce contrecoup. D’autant plus que les données des deux mois précédents sont revues nettement à la baisse. De 48 000 créations d’emplois en décembre, on passe désormais à 17 000 destructions de postes (soit une correction de 65 000 postes). L’excellent mois de janvier est revu plus modestement à la baisse, passant de 130 000 à 126 000 créations d’emplois (– 4 000).

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