« A la fin, on ne gagne pas plus de 1 000 euros par mois » : dans l’Ariège, la vie à crédit des agriculteurs

Ils sont arrivés dans ces plaines d’Ariège, au pied des Pyrénées, en 2009. Lui, ancien architecte en provenance de Dordogne ; elle, du Centre-Val de Loire, après un passage au centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Pamiers (Ariège). Armand Pein, 48 ans, et sa compagne, Aude-Lise Lemercier, 30 ans, achètent alors 10 hectares de terres près du village de Saint-Félix-de-Rieutord (Ariège), à 10 kilomètres à vol d’oiseau de Foix, la préfecture. « On a eu de la chance de trouver des terres, car quand on n’est pas du coin, c’est pas facile », souligne Armand Pein. Pas d’eau ni électricité pendant sept ans « à cause de blocages administratifs », des circuits de vente à trouver, une place à se faire et une passion pour la production certifiée de légumes bio.

Avec leurs deux enfants, de 3 ans et 1 an, le couple dit aujourd’hui gagner « entre 600 et 900 euros chacun par mois, selon la saison ». En 2021, selon l’Insee, le revenu moyen agricole dans l’Ariège s’élevait à 765 euros. Soit l’un des trois plus faibles de France. Avec ce salaire, quelques aides de la Mutualité sociale agricole, la prime d’activité (220 euros environ pour deux), et 600 euros de la Caisse d’allocations familiales. « Interdiction d’être malade, précise l’agriculteur. On prend parfois une semaine de vacances par an, mais on reste ici. »

Armand Pein et sa compagne Aude-Lise Lemercier, maraîchers bio, sur leur champ d'artichauts, à Saint-Félix-de-Rieutord (Ariège), le 20 février 2026.

Le modèle a été long à trouver : « Au début, on faisait les marchés et l’on vendait à une plateforme de distribution. Mais on a eu beaucoup de mal à trouver des saisonniers ou quelqu’un à plein temps sur l’exploitation », explique Armand Pein. En 2023, le couple réalisait un chiffre d’affaires de 130 000 euros par an. Avec la naissance des enfants, ils ont changé de stratégie : « On a décidé d’abandonner un peu les marchés et de s’orienter vers le demi-gros. »

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SEB, qui va licencier 500 personnes en France, doit délocaliser sa recherche et développement face à la concurrence d’Asie

Sur une ligne de montage de la friteuse Actifry à l’usine SEB d’Is-sur-Tille (Côte-d’Or), le 6 juillet 2021.

Qu’arrive-t-il à SEB ? Le spécialiste du petit électroménager a précisé, mercredi 25 février, les contours de son plan de redressement économique à occasion de ses résultats annuels. Et les annonces sont tombées comme un couperet. Une réduction d’effectif conséquente est dans les tuyaux, pouvant aller jusqu’à 2 100 postes à l’échelle mondiale. En Europe, « jusqu’à 1 400 postes seraient concernés dont potentiellement 500 en France sur la base du volontariat », a fait savoir, dans un communiqué, le groupe qui emploie 32 000 personnes dans le monde, dont 6 200 dans l’Hexagone.

Le groupe qui commercialise plus de 40 marques (Tefal, SEB, Rowenta, Moulinex, Krups, Supor…) dans 150 pays avait, il est vrai, annoncé, le 23 octobre 2025, le lancement d’un plan de « retour à une croissance rentable », incluant « environ 200 millions d’euros d’économies récurrentes à horizon 2027 ». Mais le plan de suppressions de postes annoncé est conséquent. Il a, comme c’est souvent le cas, satisfait les investisseurs, l’action de l’entreprise ayant bondi de 4,9 % mercredi 25 février.

Pourtant, en France, SEB évolue dans un marché qui se porte bien : les ventes de petit électroménager ont progressé de 2,9 % en 2025, à 4,41 milliards d’euros, contrairement au gros électroménager, en chute de 4,5 %. Mais celles de SEB auprès du grand public (88 % de son chiffre d’affaires) ne sont faites qu’à 36 % en Europe occidentale, ce qui le rend très dépendant du reste du monde et des soubresauts géopolitiques. Ainsi, le groupe doit faire face à des conditions économiques bouleversées par les mouvements tectoniques des droits de douane américains, lesquels ont accentué de façon dramatique la concurrence asiatique.

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