Le groupe Seb envisage de supprimer « jusqu’à 2 100 postes » dans le monde, dont « potentiellement 500 en France »

Sur le site européen de reconditionnement du groupe Seb, à Is-sur-Tille (Côte-d’Or), le 25 avril 2025.

Jusqu’à 2 100 suppressions de postes dans le monde, dont 500 en France : le groupe d’électroménager Seb (Moulinex, Tefal, Rowenta) lance un plan d’économies draconien, afin de renouer avec la croissance et de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel.

En marge de la présentation de ses résultats pour 2025, Seb a commencé, mercredi 25 février, à présenter aux organisations syndicales un plan qui vise à « retrouver » une « trajectoire de croissance rentable » et à s’adapter à une concurrence, notamment asiatique, « plus rapide et plus intense », a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) son directeur général, Stanislas de Gramont. En ce qui concerne la France, la production « n’est pas concernée » par ces suppressions et « il n’y aura pas de départs contraints », a assuré le directeur général.

Pour l’Europe, jusqu’à 1 400 postes seraient concernés, dont potentiellement 500 en France sur la base ⁠du ‌volontariat, selon un communiqué du groupe.

En France, au niveau de l’emploi, les « activités support », comme « la finance et les ressources humaines », seront principalement touchées, ainsi que la logistique, le marketing, ou le développement produit, selon M. Gramont, qui précise que « l’intelligence artificielle jouera un rôle dans ces rationalisations ». Dans le pays, sept entités juridiques sont potentiellement concernées par ce plan, dont les sites de Pont-Evêque (Isère), Mayenne (Mayenne) ou Rumilly (Haute-Savoie), mais également le siège social à Ecully (Rhône), en périphérie lyonnaise.

Dans le reste de l’Europe, où jusqu’à 900 postes pourraient être concernés, Seb devait également démarrer mercredi matin une discussion avec les partenaires sociaux, notamment en Allemagne, « concernant l’avenir de la production [dans] trois usines », mais également des points de vente.

Les 700 postes susceptibles d’être supprimés hors d’Europe « seront répartis de manière égale », avec quelques pays comme l’Egypte, la Turquie ou le Brésil « qui seront un peu plus impactés », selon le dirigeant.

« Redresser la rentabilité »

« La totalité des plans d’action », qui comprennent également des économies sur les achats, l’amélioration de l’efficacité industrielle et « l’optimisation des frais de structure », « seront réalisés au plus tard en 2027, et 2028 sera la première année où le groupe bénéficiera pleinement de ces 200 millions d’euros » d’économies attendues, a indiqué M. Gramont.

Le Monde Guides d’achat

Gourdes réutilisables

Les meilleures gourdes pour remplacer les bouteilles jetables

Lire

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Newsletter

« La revue du Monde »

Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer

S’inscrire

Le Monde Jeux

Chaque jour de nouvelles grilles de mots croisés, Sudoku et mots trouvés.

Jouer

Newsletter abonnés

« La lettre éco »

Le regard du « Monde » sur l’actualité économique du jour

S’inscrire

Newsletter abonnés

« La lettre des idées »

Votre rendez-vous avec la vie intellectuelle

S’inscrire

Newsletter abonnés

« La lettre éco »

Le regard du « Monde » sur l’actualité économique du jour

S’inscrire

« Notre première priorité, c’est de redresser la rentabilité (…), parce que nous avons connu un accident en 2025 » dans ce domaine, a-t-il expliqué. Le groupe français a vu son chiffre d’affaires reculer en 2025 de 1,2 % à 8,17 milliards d’euros. Le bénéfice net part du groupe augmente de 5,6 % à 245 millions d’euros. Il s’agit d’une progression en trompe-l’œil, Seb ayant écopé en 2024 d’une amende de l’autorité de la concurrence de près de 190 millions d’euros pour entente avec d’autres fabricants d’électroménager, sans laquelle l’évolution en 2025 aurait été moins flatteuse.

Le résultat opérationnel, qui ne prend pas en compte cette sanction, a chuté de 25 % : si une large part de cette chute est due à des difficultés aux Etats-Unis, et à un environnement perturbé par les droits de douane, « au-delà de ça, on voit une transformation forte de la relation entre les marques et les consommateurs. On voit une accélération des cycles d’innovation, le marché accélère », a affirmé le dirigeant, qui souhaite « réduire de 30 % le temps de mise en marché » des innovations du groupe.

Pour cela, Seb souhaite, selon son patron, « rapprocher » ses équipes de recherche et développement des zones de production, alors qu’aujourd’hui, par exemple « 50 % de ce qui est produit en Asie » est développé en France. Le groupe veut également « intensifier » sa relation avec les consommateurs, notamment en « triplant » sa présence sur les réseaux sociaux, un objectif qui passe notamment par « l’intégration progressive de l’intelligence artificielle » dans les métiers du marketing.

Le groupe, qui « anticipe une croissance » de son résultat opérationnel en 2026, espère à moyen terme, avec ce plan, « renouer avec sa trajectoire historique en visant une croissance organique annuelle des ventes de 5 % et une marge opérationnelle de 10 %, pour ensuite tendre vers 11 % », contre 7,4 % en 2025.

Le Monde avec AFP

Après l’annonce de suppressions de postes chez Heineken, le marché de la bière en plein chamboulement

Sur une chaîne de production de la brasserie Heineken, à Jacarei (Etat de Sao Paulo, Brésil), le 12 juin 2018.

De 5 000 à 6 000 suppressions de postes sur les 87 000 que compte l’entreprise : l’annonce faite le 11 février par le groupe néerlandais Heineken, deuxième producteur mondial, pour réaliser des « économies importantes » en raison de « conditions de marché difficiles », secoue tous les acteurs du marché. Le secteur pèse pourtant plus de 880 milliards de dollars (750 milliards d’euros) de chiffre d’affaires au niveau mondial, dont 33 % sont réalisés en Europe, où quelque 11 000 brasseries emploient 2,6 millions de personnes. En France, la filière brassicole enregistrait, en 2024, un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et employait 130 500 personnes.

Pour justifier les coupes dans les effectifs, les dirigeants de Heineken ont invoqué la réduction de la demande pour leurs produits (− 4,1 % en Europe et − 3,5 % aux Etats-Unis en 2025, en chute continue depuis 2019). La consommation baisse, les coûts et les contraintes augmentent, explique l’entreprise. Si la demande diminue effectivement en Europe, comme le démontre l’érosion ininterrompue de la production (38,7 milliards de litres produits en 2024, contre 41,3 milliards en 2019), elle devrait toutefois continuer à croître au niveau mondial compte tenu de la demande, notamment en Chine, en Inde, au Brésil et en Australie. Selon les prévisions du site américain Fortune Business Insights, le chiffre d’affaires du marché mondial atteindrait même 1 276 milliards de dollars, d’ici à 2034.

Il vous reste 75.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Régime de garantie des salaires : la piste d’une réduction des droits

Dans un bureau de l’antenne AGS de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le 25 novembre 2025.

Faut-il revoir à la baisse les protections accordées aux travailleurs employés dans des sociétés en difficulté ? C’est la question épineuse soulevée par la Cour des comptes dans un rapport confidentiel, révélé par Le Canard enchaîné du mercredi 18 février et auquel Le Monde a eu accès. Les magistrats de la Rue Cambon ont passé au crible l’association chargée de gérer le régime de garantie des salaires – l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés, AGS. Verdict : pour assurer la « pérennité financière » du dispositif, des mesures s’imposent qui pourraient impliquer – entre autres – l’instauration de règles moins favorables pour les bénéficiaires.

Créée en 1973 à l’initiative des organisations d’employeurs, l’AGS joue un rôle d’« amortisseur social », selon la formule de la Cour des comptes. Elle avance les rémunérations à des salariés dont l’entreprise n’a plus un sou en caisse et fait l’objet d’une procédure devant les tribunaux de commerce. Les ressources du système proviennent, principalement, d’une cotisation patronale. La gouvernance, elle, est exercée par le conseil d’administration de l’AGS dans lequel siègent plusieurs mouvements représentants les entreprises, dont le Medef, qui a voix prépondérante.

Il vous reste 80.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.