Contre les fausses évidences, Thomas Snégaroff et Benjamin Stora signent un précis d’histoire sur l’Algérie française

Livre. Voici un petit livre éminemment salutaire par les temps qui courent. A l’heure où les agoras grondent de fausses évidences, la modeste pédagogie du savoir étayé et accessible au plus grand nombre tient de l’urgence citoyenne. En ce sens, le précis d’histoire signé par Thomas Snégaroff et Benjamin Stora France/Algérie. Anatomie d’une déchirure (Les Arènes/France Inter, 190 pages, 17 euros) est une heureuse surprise.

L’ouvrage ne s’adresse pas aux spécialistes, qui n’y trouveront nulle nouveauté historiographique. Il cible d’abord et avant tout le large public, néophytes avides de repères comme aînés aux souvenirs chancelants, qui disposeront là d’un outil didactique percutant sur ce sujet hautement inflammable, celui d’une relation franco-algérienne en crise perpétuelle, ainsi que le rappelle l’actualité. Au-delà d’un texte ramassé, le propos est servi par une infographie originale – cartes et frises chronologiques – et un appareillage de notes, fiches et verbatim, accroissant le confort de lecture.

« L’Algérie est une blessure, une obsession, un miroir déformant dans lequel la France n’a jamais cessé de se chercher. Et réciproquement. Un miroir à double face. » Radiologues de cette « blessure », Thomas Snégaroff et Benjamin Stora en dessinent les contours en remontant aux origines. Le choc inaugural de 1830 y est utilement documenté, lésion fondatrice dont tout découle.

Lire le décryptage (en 2021) : Article réservé à nos abonnés France-Algérie : la difficile quête d’une réconciliation des mémoires

L’étonnante polémique soulevée en février par les propos du journaliste Jean-Michel Aphatie, comparant la violence coloniale au massacre commis par les nazis en juin 1944 à Oradour-sur-Glane, aura montré combien cette période demeure mal connue du public français, mauvaise foi mise à part. Alors, il faut inlassablement rappeler les faits, fussent-ils dérangeants : les « enfumades » du maréchal Bugeaud (« Fumez-les à outrance, comme des renards ! ») ciblant les résistants algériens, les « colonnes infernales » du général de Saint-Arnaud (« Je vois brûler les villages arabes, j’espère que la leçon sera bonne et leur profitera »), etc.

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Retraites : la réforme de 2023 définitivement enterrée ?

Une manifestation contre la réforme des retraites, à Rennes, le 5 juin 2025.

Un coup d’arrêt synonyme de coup de grâce ? Sauf retournement de situation, l’Assemblée nationale devrait définitivement adopter, mardi 16 décembre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Sous réserve qu’elle soit respectée, la logique voudrait, en effet, que les députés votent dans ce sens, tout comme le 9 décembre en seconde lecture. Après deux mois de tractations au couteau, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, est parvenu à construire une majorité de circonstance sur ce texte en faisant plusieurs concessions de taille, dont l’une a joué un rôle déterminant dans le ralliement du Parti socialiste (PS) : la « suspension » de la réforme des retraites de 2023. Ceux qui, sur la scène politique comme dans le monde du travail, réclamaient cette décision y voient à la fois une victoire et l’amorce d’un processus susceptible, à terme, de jeter aux oubliettes une loi combattue – en particulier – par tous les syndicats et par la gauche, il y a un peu plus de deux ans et demi.

Une personnalité exprime avec netteté cette position : Marylise Léon. Dans un entretien publié, le 4 décembre, par le quotidien Les Echos, la secrétaire générale de la CFDT considère que la loi du 14 avril 2023, sur le report graduel de 62 à 64 ans de l’âge d’ouverture des droits à une pension, « est enterrée, finie ». Le relèvement de cette borne paramétrique, interrompu jusqu’en 2028, doit pourtant recommencer ensuite, en vertu d’un nouveau calendrier inscrit dans le PLFSS.

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Santé mentale et handicap : mieux évaluer les dépenses publiques en calculant les « coûts évités »

Un patient et des membres du personnel médical dans la cour d’un hôpital psychiatrique, à Bondy (Seine-Saint-Denis), le 7 mai 2020.

Une « catastrophe annoncée », des « pertes de chance » et des « coûts indirects » en dizaines de milliards d’euros : tel est le bilan peu reluisant d’une commission d’enquête parlementaire sur « les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap, et les coûts de ces défaillances pour la société », dont le rapport doit être présenté mercredi 17 décembre au terme de dix semaines d’auditions et de visites de terrain.

Lancée par le groupe socialiste de l’Assemblée nationale, cette commission a rapproché ces deux thématiques distinctes car « le constat de carence était convergent dans les difficultés d’accès aux soins et d’accompagnement », explique le rapporteur, Sébastien Saint-Pasteur (Parti socialiste, Gironde). Les besoins de la population augmentent fortement, alors que la prise en charge reste stable ou se dégrade, notamment par manque de personnel, ce qui entraîne un « effet ciseau » avec une baisse de la qualité de soins, des obstacles administratifs ou des droits non respectés.

« Dans les deux secteurs, on a des dispositifs pas toujours lisibles, accessibles ou en lien les uns avec les autres. Parfois, ce sont des expérimentations liées à des appels à projets, pas toujours évaluées ou pérennisées », complète la présidente de la commission d’enquête, Nicole Dubré-Chirat. La députée Renaissance du Maine-et-Loire avait déjà dressé un constat similaire dans un rapport sur les urgences psychiatriques, publié fin 2024. Mais ce nouveau rapport présente un autre prisme : comment mieux gérer les dépenses publiques et mesurer les « coûts évités », c’est-à-dire les économies potentielles générées par une prise en charge efficace, à court ou à long terme ?

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Musée du Louvre : les salariés se réunissent en assemblée générale mercredi matin pour reconduire, ou non, la grève

Les employés du Musée du Louvre en grève, devant l’entrée de la Grande Pyramide, à Paris, le 15 décembre 2025.

Le Musée du Louvre va-t-il rouvrir ses portes mercredi 17 décembre ? Les salariés, qui ont adopté « à l’unanimité » la grève lundi matin, se retrouvent à 9 heures au cours d’une assemblée générale (AG) pour voter la reconduction du mouvement ou non. Puis le musée, qui est dans la tourmente depuis le cambriolage du 19 octobre, est resté clos mardi, son jour de fermeture hebdomadaire.

Les syndicats ont lancé un appel à la grève pour protester contre les problèmes de sous-effectif, la dégradation du bâtiment ou la hausse des tarifs pour les visiteurs non européens. Lundi, une réunion de crise a eu lieu avec les syndicats au ministère de la culture, en première ligne dans ce dossier, pour répondre à la colère des agents, également nourrie par la succession d’avanies depuis le cambriolage (fermeture d’une galerie, ouvrages anciens endommagés par une fuite…).

« Il y a une grande exaspération des agents », a affirmé à l’Agence France-Presse, Christian Galani, délégué CGT, syndicat majoritaire au Louvre. « On ne sait pas ce que ça va donner en AG, mais ce n’est pas en donnant un petit os que ça va se régler. » Outre l’annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre pour 2026, le ministère propose d’ouvrir des recrutements pour l’accueil et la surveillance du musée et une revalorisation indemnitaire que les syndicats voudraient pérenne.

Laurence des Cars auditionnée au Sénat

C’est dans ce contexte social tendu que la présidente du Louvre, Laurence des Cars, sera de nouveau auditionnée mercredi à 16 h 30 par la commission de la culture du Sénat, qui cherche à éclairer les failles sécuritaires du musée.

Le 22 octobre, trois jours après le vol des huit joyaux de la Couronne, Laurence des Cars avait déjà reconnu un « échec » devant les sénateurs mais défendu son action, en assurant notamment avoir « accéléré l’élaboration » du schéma directeur de sûreté. Depuis, des révélations embarrassantes ont toutefois affaibli la dirigeante, arrivée à la tête du musée à la fin de 2021.

Laurence des Cars a dû reconnaître n’avoir eu connaissance d’un audit sécuritaire alarmant de 2019 qu’après le vol et la Cour des comptes a récemment pointé le « report persistant » affectant le schéma directeur de sûreté, dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté. La gestion de la sécurité du musée au cours des dernières années a également été étrillée par l’enquête administrative lancée après le cambriolage.

Sous pression, le Louvre a annoncé au début de novembre des mesures d’urgence, dont l’installation de dispositifs « anti-intrusion ». Mais, signe de désaveu, la ministre de la culture, Rachida Dati, a confié à Philippe Jost, chargé du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour réorganiser le musée au côté de Mme des Cars.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Depuis le cambriolage au Louvre, les musées français sous tension

Le Monde avec AFP

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Musée du Louvre : les salariés votent la reconduction de la grève mercredi matin

Les employés du Musée du Louvre en grève, devant l’entrée de la Grande Pyramide, à Paris, le 15 décembre 2025.

Le Musée du Louvre ne rouvrira pas ses portes mercredi 17 décembre. Les salariés, qui ont adopté « à l’unanimité » la grève lundi matin, ont voté une reconduction de la grève, au cours d’une assemblée générale (AG) réunie dans la matinée mercredi ont annoncé les syndicats de la CGT et de la CFDT. Le musée, qui est dans la tourmente depuis le cambriolage du 19 octobre, est resté clos mardi, son jour de fermeture hebdomadaire.

Les syndicats ont lancé un appel à la grève pour protester contre les problèmes de sous-effectif, la dégradation du bâtiment ou la hausse des tarifs pour les visiteurs non européens. Lundi, une réunion de crise a eu lieu avec les syndicats au ministère de la culture, en première ligne dans ce dossier, pour répondre à la colère des agents, également nourrie par la succession d’avanies depuis le cambriolage (fermeture d’une galerie, ouvrages anciens endommagés par une fuite…).

« Il y a une grande exaspération des agents », a affirmé à l’Agence France-Presse, Christian Galani, délégué CGT, syndicat majoritaire au Louvre, avant la réunion. « Ce n’est pas en donnant un petit os que ça va se régler. » Outre l’annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre pour 2026, le ministère propose d’ouvrir des recrutements pour l’accueil et la surveillance du musée et une revalorisation indemnitaire que les syndicats voudraient pérenne.

Laurence des Cars auditionnée au Sénat

C’est dans ce contexte social tendu que la présidente du Louvre, Laurence des Cars, sera de nouveau auditionnée mercredi à 16 h 30 par la commission de la culture du Sénat, qui cherche à éclairer les failles sécuritaires du musée.

Le 22 octobre, trois jours après le vol des huit joyaux de la Couronne, Laurence des Cars avait déjà reconnu un « échec » devant les sénateurs mais défendu son action, en assurant notamment avoir « accéléré l’élaboration » du schéma directeur de sûreté. Depuis, des révélations embarrassantes ont toutefois affaibli la dirigeante, arrivée à la tête du musée à la fin de 2021.

Laurence des Cars a dû reconnaître n’avoir eu connaissance d’un audit sécuritaire alarmant de 2019 qu’après le vol et la Cour des comptes a récemment pointé le « report persistant » affectant le schéma directeur de sûreté, dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté. La gestion de la sécurité du musée au cours des dernières années a également été étrillée par l’enquête administrative lancée après le cambriolage.

Sous pression, le Louvre a annoncé au début de novembre des mesures d’urgence, dont l’installation de dispositifs « anti-intrusion ». Mais, signe de désaveu, la ministre de la culture, Rachida Dati, a confié à Philippe Jost, chargé du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour réorganiser le musée au côté de Mme des Cars.

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Le Monde avec AFP

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Le gouvernement condamné à faire le ménage dans les autorisations d’absence des fonctionnaires

David Amiel, secrétaire d’Etat à la fonction publique, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 octobre 2025.

La loi est dure mais c’est la loi. Bien connu, l’adage s’applique aussi au gouvernement, vient de rappeler le Conseil d’Etat. Par une décision du 10 décembre, il a enjoint à l’exécutif de prendre enfin, et dans un délai de six mois, un décret pour harmoniser les autorisations d’absence au sein de la fonction publique. Un texte attendu depuis plus de six ans.

L’injonction découle d’un recours déposé par un juriste du ministère de la transition écologique qui s’est vu refuser une autorisation d’absence pour accompagner son épouse à un examen médical obligatoire dans le cadre de sa grossesse. L’administration mettait en avant le manque de précision réglementaire et le fait qu’une telle absence ne pouvait être accordée que pour les actes nécessaires à l’assistance médicale à la procréation.

Attaché à son rôle de futur père, ce fonctionnaire a aussi écouté ses instincts juridiques en renvoyant le gouvernement à son obligation constitutionnelle d’exécution des lois votées par le Parlement. Il réclamait ainsi la publication d’un décret prévu par la loi de transformation de la fonction publique de 2019 qui devait fixer la liste des autorisations spéciales d’absence rémunérées dont peuvent bénéficier les agents publics au titre de la parentalité (grossesse, garde d’enfants…) ou à l’occasion de certains événements familiaux (mariage, décès d’un proche…). Le tout autour d’un référentiel commun à l’ensemble de la fonction publique. Objectif affiché : remédier aux pratiques hétérogènes des administrations, l’octroi de ces autorisations étant en grande partie laissée à leur discrétion.

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« C’est pas cher payé » : des agents de sécurité se mobilisent pour leurs salaires et leurs conditions de travail

Devant le siège de L’Oréal, à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 21 mars 2024.

« On en a assez. » Mains plongées dans les poches de son jean, regard figé derrière ses lunettes rectangulaires, pieds bien ancrés au sol, stable sur ses appuis, Thierry (les personnes dont le nom n’est pas mentionné s’expriment sous le couvert de l’anonymat) ne mâche pas ses mots. Sa posture ne trompe pas, cela fait maintenant vingt-huit ans qu’il est agent de sécurité.

Derrière lui, des affiches de la CGT Seris, prestataire de sécurité privée, revendiquent une augmentation des salaires et des drapeaux bicolores du syndicat arborent le trottoir. Devant le siège de L’Oréal, entreprise cliente de Seris, à Clichy (Hauts-de-Seine), au nord de Paris, ils sont une vingtaine d’agents de sécurité privés à endosser les couleurs de l’organisation syndicale, jeudi 18 décembre. Presque tous les jeudis, depuis début octobre, une mobilisation est prévue devant un grand groupe client de Seris. « Se réunir devant le géant du cosmétique, avant la période de forte affluence des fêtes, est un symbole frappant pour dénoncer l’écart entre leurs gains et nos salaires d’agent de sécurité », clame Laurent Dumontier, secrétaire de la CGT Seris. Chez L’Oréal, on répond que « cette manifestation à proximité de notre siège social concerne des questions propres à la branche sécurité de la CGT qui n’impliquent en aucun cas L’Oréal. Les revendications exprimées sont étrangères à notre entreprise ».

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A Lille, la collecte des déchets perturbée par une semaine de grève, 500 000 personnes impactées en pleine période de fêtes

La collecte des déchets est perturbée dans une large partie de la métropole lilloise par un bras de fer entre le prestataire chargé de cette tâche et ses employés, en grève depuis une semaine pour réclamer de meilleures rémunérations.

Depuis le 22 décembre, la majorité des employés de l’entreprise chargée de la collecte des déchets dans 52 des 95 communes de la Métropole européenne de Lille (MEL) sont en grève illimitée, faute d’un accord avec la direction sur le montant d’une prime de pénibilité. En conséquence, les déchets de près de 500 000 personnes n’ont pas pu être ramassés en pleine période de fêtes, et des poubelles s’amoncellent dans certaines rues, selon la MEL.

« Depuis le début du conflit, seulement 20 % des tournées ont été assurées », a déploré la MEL dans un communiqué lundi 29 décembre soir, appelant à une reprise du service « dans les meilleurs délais ». La collectivité invite les habitants qui le peuvent à garder les emballages volumineux ou à déposer des ordures en déchetterie.

Des revendications salariales

Le 23 décembre, le taux de grévistes s’élevait à 65 %, d’après Deverra, l’entreprise du groupe Pizzorno Environnement qui assure la collecte des déchets d’une large partie de la métropole. La CGT assure que 95 % des salariés étaient grévistes lundi, jour où les protestataires ont bloqué le dépôt à l’aube. Deverra a dénoncé un « blocage illégal » et une « escalade inacceptable ».

Selon la CGT, les grévistes déplorent une détérioration de leurs conditions de travail et réclament une augmentation de salaire de 3 % et une prime de 600 euros, alors que Deverra n’a consenti qu’à 100 euros.

Le dialogue social s’est tendu et ils reprochent désormais à leur employeur d’avoir fait appel à des salariés venus d’autres régions pour les remplacer. Une « organisation temporaire, mise en place uniquement pour limiter les perturbations pour les usagers » et qui est « parfaitement légale », assure Deverra dans un communiqué.

Le Monde avec AFP

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D’Auchan à Alinea, l’empire Mulliez fragilisé par les déboires du commerce

Au centre, de gauche à droite : Patrick Mulliez, fondateur de Kiabi, Barthélémy Guislain, président de l’Association familiale Mulliez, et Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan, à Neuville-en-Ferrain (Nord), le 17 octobre 2017.

Pour vivre heureux, vivons cachés. S’il y a bien une famille entrepreneuriale française qui applique ce précepte à la lettre, ce sont les Mulliez. Ces derniers mois, la célèbre dynastie du Nord, propriétaire de Leroy Merlin, de Boulanger, de Kiabi, d’Electro Dépôt ou encore de Decathlon, s’est toutefois retrouvée, malgré elle, sous le feu des projecteurs à cause d’une série de déboires.

Le 25 novembre 2025, Auchan, le porte-avions de la flotte Mulliez, a annoncé sa volonté de transférer près de 300 supermarchés français sous bannière Intermarché et Netto. Cette mise en franchise sonne comme un aveu d’échec pour le distributeur, après des années de pertes et d’érosion de ses parts de marché, tout en laissant en suspens l’avenir de ses hypermarchés. D’autres vaisseaux essuient la tempête, comme l’enseigne d’ameublement Alinea, dont le placement en redressement judiciaire le 21 novembre, le deuxième en cinq ans, menace 1 200 emplois. Quant à Foundever (ex-Sitel), le géant des centres d’appels, qui emploie 150 000 collaborateurs dans le monde, il doit affronter, selon nos informations, une restructuration de sa dette aux Etats-Unis, l’équivalent d’une opération de chirurgie lourde.

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Construction immobilière : après deux années de chute historique, de timides signaux de reprise apparaissent

Sur le chantier de construction de nouveaux immeubles résidentiels à Bordeaux, le 14 janvier 2025.

Mi-novembre 2025, en plein débat budgétaire. « Cette année est l’une des moins bonnes depuis qu’il y a des statistiques. On vend moins, beaucoup moins, aux investisseurs. (…) On est passé sous la barre des 10 000 mises en vente au troisième trimestre, c’est du jamais-vu depuis quinze ans », assure Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), lors d’un point presse en ligne. « Rien ne nous pousse à lancer de nouvelles opérations », déplore-t-il.

« Le logement, ça n’est ni de gauche ni de droite, ça rapporte à Bercy, il faut y aller », insiste-t-il, alors que les députés doivent se prononcer sur le statut du bailleur privé, une mesure d’exonération fiscale qui, selon les fédérations professionnelles, relancerait la construction. « Je compte sur vous pour relayer le message », glisse le patron de la FPI aux journalistes.

Un mois plus tard, le 16 décembre 2025, le statut du bailleur privé a été adopté dans une version en deçà des attentes du secteur − lesquelles seraient trop coûteuses, avance Bercy − mais le projet de budget de l’Etat devait encore passer en commission mixte paritaire (laquelle n’a pas abouti). Logement, « le mal-aimé de la République ! », titre la Fédération française du bâtiment, pour sa dernière conférence de presse de 2025. « Un titre très direct, grave », assume son président, Olivier Salleron, car « la crise du logement s’amplifie, et elle va sûrement, un jour, faire descendre les concitoyens dans la rue ». Les Français ont de l’épargne. Avec un « réel » statut du bailleur privé et non « cet ersatz », il y aurait, selon lui, « un déblocage d’opérations, à partir des permis déjà accordés, et une hausse rapide des mises en chantier ».

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