Fin janvier, la fermeture annoncée des 273 magasins Carrefour les plus déficitaires par le PDG du groupe, Alexandre Bompard, avait fait grand bruit. Sept mois plus tard, 244 magasins de l’ancien réseau de maxi-discompte Dia employant 2 100 salariés ont baissé le rideau, dans l’indifférence estivale. Les premiers licenciements interviendront en septembre, sauf pour ceux qui se verront proposer une autre activité.
L’échéance pour accepter ou non les offres de reclassement, adressées aux salariés jusqu’à fin juillet, était d’un mois à compter de leur réception. De sources syndicales, au 25 août, les taux de reclassement effectif n’étaient que de 6,11 % pour Paris et de moins de 10 % pour l’ensemble de la France. « On atteindra 300 reclassements au mieux, pronostique Sylvain Macé, délégué syndical CFDT Carrefour Groupe. On est loin des promesses de Bompard. C’est de la casse sociale », assène-t-il. Pourtant, en début d’année, le patron de l’enseigne avait fixé comme «objectif de reclasser au sein du groupe au moins la moitié des 2 100 collaborateurs concernés ».
Au total, ce sont plus de 1 700 salariés qui demeurent en attente de reconversion dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) signé en avril par FO, la CGC et la CFTC. « Le processus est toujours en cours », précise de son côté Carrefour. Force ouvrière dénonce pour sa part des propositions « indignes ». « Il y a de fortes disparités de qualification et des baisses de salaire allant jusqu’à 500 euros sur un salaire brut de 2 100 euros », affirme Bruno Biguet, délégué syndical FO Carrefour Proximité France.
Pour Sylvain Macé, « il y a clairement des offres qui sont faites pour être refusées, avec des postes qui ne correspondent pas aux profils, pas toujours à temps complet, car il n’y a pas assez de capacité de reclassement dans les magasins ». « La direction avait affiché une volonté de reclassement, mais…
Ford, SNCF, Air France, La Grande Récré ou Toys’R’Us… Les dossiers industriels et sociaux s’empilent sur le bureau du gouvernement. « La vie économique étant ce qu’elle est, il y a toujours des entreprises en difficulté, mais on tente de les régler de manière ordonnée. Au premier semestre, nous avons réussi à traiter plusieurs dossiers sans drame », assure-t-on dans l’entourage de Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances.
Ainsi, à Rodez (Aveyron), les syndicats et la direction de l’usine Bosch ont signé le 4 juilletun accord de compétitivité pour pérenniser les 1 600 emplois contre un engagement à investir 14 millions d’euros. Confronté à des problèmes récurrents, le volailler Doux a été repris le 18 maiet ce, sans mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Des solutions ont été trouvées dans d’autres dossiers comme celui de la menuiserie Grégoire, en Dordogne, ou du groupe AR Industries, à Châteauroux (Indre).
Le textile et la distribution en souffrance
Cela ne veut pas dire que tout est réglé. « Au deuxième trimestre, nous avons constaté une légère baisse des créations d’emploi et une petite hausse des suppressions, relève David Cousquer, du cabinet Trendeo. Ces deux indicateurs évoluent dans le mauvais sens, mais le solde net reste très positif. »
« Le nombre de défaillances d’entreprise s’est stabilisé », ajoute Benoît Desteract, le directeur général de la Banque Thémis, dotée d’un observatoire des entreprises en difficulté. Au cours des sept premiers mois de l’année, 844 sociétés réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 1 million d’euros ont connu une procédure collective (redressement judiciaire ou plan de sauvegarde), contre 877 en 2017.
« Les secteurs les plus en souffrance sont le textile et la distribution, qui sont confrontés à une concurrence très forte et à un changement de modèle économique radical avec la croissance de la distribution numérique », précise Cédric Colaert, du cabinet Eight Advisory.Des groupes comme Toys’R’Us ou La Grande Récré sont depuis le premier semestre en redressement judiciaire, avec des milliers de postes menacés, tandis que d’autres comme Happychic (Jules, Brice, etc.) mènent des restructurations susceptibles d’aboutir à la suppression de plusieurs centaines d’emplois.
Menace de grève à Air France
Dans d’autres entreprises, la rentrée est synonyme de mouvement social, comme à Air France, où les syndicats font planer la menace d’une grève. L’intersyndicale de la compagnie, qui s’est réunie lundi 27 août, n’a pas encore annoncé de mouvement. Elle a seulement prévenu qu’une « déclaration unitaire » serait lue jeudi en comité central d’entreprise (CCE), après la nomination de Benjamin Smith au poste de directeur général d’Air France-KLM, dont l’arrivée est attendue pour le 30 septembre.
« Petit à petit, on fait monter la pression. Jeudi, on va donner une date d’ultimatum. Soit la direction lance des signaux forts, soit on repart dans le conflictuel », explique un membre de l’intersyndicale. Les neuf syndicats maintiennent leur revendication d’un « rattrapage de 5,1 % des salaires, dans les plus brefs délais, correspondant à l’inflation 2012-2017 ». C’est cette revendication qui avait provoqué quinze jours de grève en début d’année.Le conflit avait entraîné le départ du PDG, Jean-Marc Janaillac, après le refus d’une proposition d’accord salarial par une majorité de salariés.
Le conflit couve à la SNCF
Faut-il envisager de nouvelles perturbations sociales à la SNCF ? Le mouvement contre la réforme ferroviaire du gouvernement s’est achevé début juillet, après trois mois d’une grève inédite. Malgré l’ire des syndicats cheminots, la réforme a été votée et promulguée dans son intégralité.
Pourtant, le bouillonnement pourrait bien reprendre. Deux organisations au moins – la CGT et SUD – n’ont pas renoncé au combat contre la réforme. « Il n’y a pas eu de trêve estivale de la lutte, assure Bruno Poncet, secrétaire fédéral de SUD-Rail. Ne serait-ce que parce qu’il a fallu s’opposer à la direction, qui menace de licencier deux de nos collègues grévistes à Rennes et à Lyon. »
La CGT, première organisation représentative à la SNCF, a invité ses homologues de l’UNSA, de SUD et de la CFDT à une réunion intersyndicale, jeudi 30 août. « Nous appellerons à faire grève lors de journées ciblées début septembre, a déclaré au Monde Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots. Nous pouvons, si le rapport de forces le permet, abolir le pacte ferroviaire. C’est encore possible ! »
La négociation sur la future convention collective du ferroviaire reprend le mois prochain entre patronat et syndicats, avec deux journées-clés, les 18 et 27 septembre. Les sujets abordés sont explosifs : l’organisation, la rémunération des métiers du rail et les critères de désignation des salariés de la SNCF transférés à la concurrence. Autant d’occasions, pour les cheminots, d’afficher leur détermination. « Maintenant, le statut de cheminot, on le veut pour tous les travailleurs du rail », prévient M. Poncet. « SUD, FO et la CGT veulent en découdre avec le gouvernement, observe un négociateur. Au-delà des sujets purement ferroviaires, cette politisation va nourrir le conflit. »
Et ce, d’autant plus que, dans l’entreprise SNCF, le contexte social est dominé par la perspective des élections professionnelles qui se tiendront en novembre, une période préélectorale qui pèse sur le calendrier et le climat social. « Ce sont des sujets lourds, certes, mais nous ne sommes pas dans une agitation sociale anormale », tempère une source interne à la SNCF, où l’on n’a pas encore reçu, à ce jour, de préavis de grève pour la rentrée.
Ford Aquitaine entre angoisse et espoir
Fébriles, les 840 salariés de l’usine de boîtes de vitesses Ford Aquitaine Industries de Blanquefort (Gironde), dans la banlieue de Bordeaux, ont repris le travail le 20 août. Ils sont sous la menace d’un plan social depuis la mi-juin. Le constructeur américain a décidé que la boîte automatique actuellement produite ne serait pas remplacée. Ford s’est engagé à continuer l’activité et à payer les salaires jusqu’en 2019, mais pas au-delà.
Toutefois, l’espoir existe : le groupe belge Punch, qui avait repris en 2013 une ancienne usine de boîtes de vitesse de General Motors à Strasbourg, serait sérieusement intéressé. « Les négociations sont confidentielles, mais elles avancent », précise un connaisseur du dossier. « Nos contacts à Strasbourg nous confirment cette information, note Philippe Poutou, délégué CGT à Ford Blanquefort. Mais il faut continuer à faire pression. Un rassemblement de toute la gauche est prévu le 4 septembre pour préparer une grande manifestation à Bordeaux le 22. »
Le gouvernement a nommé Céline Poulet au poste de secrétaire générale du comité interministériel du handicap (CIH), selon un arrêté publié vendredi 24 août au Journal officiel.
Mme Poulet, actuellement déléguée nationale aux personnes en situation de handicap à la Croix-Rouge française, succèdera le 1er septembre à Etienne Petitmengin, qui prend sa retraite après avoir occupé la fonction depuis octobre 2015.
Elle « sera chargée de coordonner l’ensemble des actions gouvernementales menées en faveur des personnes handicapées et de suivre la mise en œuvre des décisions prises par le comité interministériel du handicap », a écrit Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, dans un communiqué.
Revenant régulièrement dans le débat public, l’idée d’une allocation-chômage dégressive pour les hauts revenus refait surface. Dans une interview au Parisien parue le 22 août, le député La République en marche (LRM) Aurélien Taché propose de revenir sur le montant des allocations-chômage accordées aux cadres à hauts salaires, en introduisant une dégressivité de leurs indemnités au bout de six mois ou en forfaitisant leur revenu. « La France est le pays où le plafond de l’indemnisation est le plus élevé, à plus de 6 200 euros. Pour ces cadres au chômage qui touchent entre 5 000 et 6 000 euros par mois, il faut ouvrir le débat », fait-il valoir dans les colonnes du Parisien.
Maintes fois mise sur la table, cette proposition n’a jamais été suivie. Elle serait juridiquement faisable bien qu’elle suppose une importante inégalité de traitement entre les cotisants. « Le Conseil constitutionnel considère de manière constante que le principe d’égalité “ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit” », indiqueMe Nicolas Léger, avocat associé du département de droit social du cabinet Proskauer.
Au demeurant, le montant maximum des indemnités que peuvent toucher les allocataires est déjà plafonné, introduisant de fait une rupture d’égalité. Mais ce plafond concerne un nombre très anecdotique de cotisants : il faut avoir gagné plus de 12 000 euros par mois pour l’atteindre !
Critiques de tous bords
La proposition relancée par le député Taché est critiquée par des économistes de tous bords. « Le principe de l’assurance-chômage, c’est que vos droits dépendent des cotisations que vous versez en fonction de votre salaire, fait valoir Henri…
Il aura fallu une négociation marathon, qui s’est achevée jeudi 23 août à 7 heures, mais le conflit social à Ryanair est peut-être sur le point d’être en partie réglé. La première compagnie aérienne d’Europe et le syndicat des pilotes irlandais Forsa ont ainsi trouvé un accord sur les conditions de travail.
Cette entente inédite ne résout pas le contentieux en cours dans plusieurs autres pays d’Europe
Pour l’heure, celui-ci reste fragile. Forsa doit le faireapprouver par les pilotes lors d’un scrutin interne qui va prendre deux semaines à organiser. En attendant, à la demande du médiateur, ses détails demeurent secrets.
De plus, l’entente ne concerne que les pilotes irlandais et ne résout pas le contentieux en cours dans plusieurs autres pays. Il s’agit cependant d’une première pour Ryanair. Jamais, depuis sa création en 1985, la compagnie à bas coûts n’avait passé une convention collective. Jusqu’en décembre 2017, elle se refusait même à reconnaître le moindre syndicat.
Ryanair est agitée depuis l’an dernier par des tensions sociales grandissantes, dont la première manifestation a été l’annulation de milliers de vols à l’automne 2017, à la suite d’une mauvaise gestion des vacances des pilotes. En décembre, les pilotes allemands ont été les premiers de l’histoire de la compagnie à faire grève. Cet été, une série de débrayages en Europe (Irlande, Allemagne, Pays-Bas, Suède et Belgique) a fortement perturbé l’entreprise.
Selon les calculs d’AirHelp (une société spécialisée dans l’aide au recouvrement des compensations pour les passagers), que Le Monde a obtenus, Ryanair doit 78 millions d’euros d’indemnisations pour les grèves de juillet et août. Au total, 270 000 passagers ont été touchés pendant les douze jours d’arrêt de travail de cette période.
Etrange fonctionnement interne
Ce genre de compensation ne semble d’ailleurs pas dans les gènes de la compagnie. Le mois dernier, elle a tenté de faire valoir que la grève était une « circonstance exceptionnelle » et qu’elle n’avait pas à dédommager les passagers, ce qui est contraire aux règles européennes. Elle a aussi envoyé plusieurs dizaines de chèques qui ont été refusés par les banques car ils n’avaient pas été signés.
L’épreuve de force sociale a mis en exergue l’étrange fonctionnement interne de Ryanair. En effet, la plupart des pilotes ne travaillent pas directement pour l’entreprise, mais pour des agences sous-traitantes, voire en tant qu’autoentrepreneurs. Pour de nombreux pilotes établis dans le reste de l’Europe, les contrats relèvent du droit irlandais. Ces personnels revendiquent des contrats locaux, ce qui, pour l’instant, n’a pas été accepté.
Du côté des pilotes irlandais, la colère concernait l’assignation à une base. Bien que vivant en Irlande, ils peuvent aujourd’hui, presque sans préavis, être placés pour quelques jours dans une base ailleurs en Europe – Berlin ou Milan, par exemple. Cette pratique n’est pas exceptionnelle dans l’aviation, mais les critères d’assignation ne sont pas transparents et les décisions, effectuées à la dernière minute.
Les discussions entre le syndicat Forsa et la direction de l’entreprise ont été houleuses. « Ryanair n’avait jamais discuté avec les syndicats et la défiance était profonde », expliquait, début août, Bernard Harbor, de Forsa. Le PDG de la compagnie, Michael O’Leary, n’a jamais dissimulé son aversion pour les négociations sociales. En juillet, son instinct a repris le dessus, quand il a menacé de délocaliser en Pologne les emplois des grévistes irlandais. Son seul langage : les salaires. Il fait remarquer que les pilotes gagnent en moyenne 150 000 euros par an.
Si cet accord se confirmait, Ryanair ferait un pas de plus vers une certaine normalisation. En évitant pendant longtemps les grèves qui secouaient ses concurrents, la compagnie a pu mettre en place un modèle social parallèle qui lui a permis de gagner des parts de marché. Cette ère touche à sa fin.
Ryanair est parvenue à un accord avec le syndicat représentant ses pilotes irlandais, après une réunion marathon de vingt-deux heures entre les employés et les dirigeants de la compagnie aérienne à bas coûts.
« L’accord proposé va désormais être soumis à un vote, Forsa et ses représentants pour les pilotes de Ryanair recommandant de l’accepter », annonce le syndicat dans un communiqué publié jeudi 23 août. Le médiateur chargé de la conduite des négociations a demandé que les différentes parties s’abstiennent de tout commentaire d’ici la conclusion de ce vote.
Les syndicats dénonçaient l’abus de contrats précaires et un dumping social consistant à embaucher le personnel navigant avec des contrats irlandais, très flexibles, même s’ils travaillent dans d’autres pays européens. Ils réclamaient des hausses de salaire, l’intégration des intérimaires et des contrats correspondant au pays de résidence.
L’annonce de cet accord fait grimper l’action Ryanair de 5,59 % dans les premiers échanges à la Bourse de Dublin. Mais, pour les passagers, la grève reste un mauvais souvenir, puisque la compagnie a refusé de verser des indemnités, considérant qu’il s’agissait de « circonstances exceptionnelles ».
Nous espérons que vous avez passé de bonnes vacances, et que vous n’avez pas fait partie des nombreux passagers affectés par la grève des pilotes de Ryanair. Sur le seul mois de juillet, « plus d’un millier de vols » ont été annulés, selon la compagnie irlandaise à bas coût. .. Le 10 août, quelque 400 vols l’ont été, en France, en Allemagne, en Belgique, en Suède et en Irlande. La compagnie a pourtant annoncé qu’elle ne verserait pas aux passagers les indemnités prévues, en cas de retard ou d’annulation, par le règlement 261/2004 et la jurisprudence européenne. . . Grève « interne »
Son PDG, Michael O’Leary, estime qu’il peut s’en dispenser, en vertu de l’article 5 de ce règlement, selon lequel le versement de la compensation n’est pas obligatoire lorsque « l’annulation est due à des circonstances extraordinaires, qui n’auraient pas pu être évitées, même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises ». Le règlement indique, dans son considérant 14, que les grèves peuvent constituer des circonstances extraordinaires, mais il ne précise pas si elles doivent pour cela être externes (aiguilleurs du ciel) ou internes (pilotes, hôtesses, stewards de la compagnie).
Les 19 et 20 juillet, l’Agence espagnole de sécurité et de sûreté de l’aviation et l’Autorité civile de l’aviation du Royaume-uni ont pourtant indiqué que les passagers pouvaient demander une indemnisation à Ryanair. L’Autorité britannique a précisé que, selon la lecture qu’elle fait des textes communautaires, lorsqu’une annulation de vol est due à une grève des employés de la compagnie (grève « interne »), celle-ci doit indemniser les passagers.
En 2014, Air France a indemnisé les passagers dont le vol avait été annulé à cause de la grève des pilotes, en considérant qu’il s’agissait d’une grève « interne », ne pouvant pas relever de ces circonstances extraordinaires. ⊗ Lire la chronique de Sosconso intitulée Vol annulé et circonstances extraordinaires⊗ . . « Circonstance extraordinaire »
La Cour de justice de l’Union européenne a déjà rappelé quelles sont les conditions nécessaires pour qu’un événement puisse être qualifié de « circonstance extraordinaire », dans l’affaire Helga Krüsemann contre TUIfly GmbH.
L’affaire en question opposait des passagers à la compagnie aérienne allemande TUIfly. Le 30 septembre 2016, la direction de TUIfly avait annoncé un plan de restructuration à son personnel, non par l’intermédiaire d’un comité d’entreprise, mais par lettre personnelle à chacun des employés. A partir du 1er octobre 2016, un grand nombre de ces derniers s’étaient mis en congé maladie, ce qui avait provoqué retards et annulations de vols. Le 7 octobre 2016 dans la soirée, la direction avait informé le personnel qu’un accord avait été trouvé avec ses représentants, et le taux d’absence était redescendu à son niveau normal.
TUIfly avait ensuite refusé ensuite d’indemniser ses passagers, au motif qu’elle avait été confrontée à une « circonstance extraordinaire ». La Cour de justice de Luxembourg, appelée à dire si la « grève sauvage », sans préavis, des employés de TUIfly pouvait être considérée comme une circonstance extraordinaire, a rappelé, le 17 avril (2018) qu’il faut deux conditions cumulatives pour qu’un événement puisse être qualifié de « circonstance extraordinaire » : 1) il ne doit pas être, par sa nature ou son origine, inhérent à l’exercice normal de l’activité de la compagnie aérienne et 2) il doit échapper à la maîtrise effective de celle-ci. . . Evénement inhérent à l’exercice de l’activité …
1) Dans l’affaire TUIfly, la Cour a rappelé que « les restructurations et réorganisations font partie des mesures normales de gestion des entreprises ». Et que les compagnies aériennes peuvent être, « de manière ordinaire, confrontées, dans l’exercice de leur activité, à des désaccords, voire à des conflits, avec les membres de leur personnel ou à une partie de ce personnel ». Elle a donc jugé que les risques découlant des conséquences sociales qui accompagnent de telles mesures de restructuration doivent être considérés comme « inhérents » à l’exercice normal de l’activité de la compagnie aérienne concernée.
Si elle était appelée à se prononcer sur le cas Ryanair, elle devrait dire si le risque de grève de pilotes réclamant des contrats de droit local plutôt que des contrats de droit irlandais est inhérent à l’exercice normal de son activité de transporteur aérien à bas coût. . . … et échappant à sa maîtrise
2) Dans l’affaire TUIfly, la Cour a considéré que la « grève sauvage », bien qu’intervenant au mépris des exigences légales (l’obligation de préavis), n’échappait pas à la maîtrise effective de TUIfly. En effet, non seulement elle « trouvait son origine » dans une décision de restructuration de TUIfly, mais en plus elle « avait cessé » à la suite de l’accord que TUIfly avait conclu avec les représentants des travailleurs le 7 octobre 2016.
La Cour devrait dire si les grèves coordonnées des pilotes d’Irlande, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suède et de Belgique échappaient à la maîtrise effective de Ryanair. Pour Flightright, société qui revendique le titre de « leader européen en matière de services dédiés aux droits des passagers aériens », et qui indique avoir engagé une action en justice auprès du Landgericht de Francfort, le 14 août, la réponse est négative: « Ryanair a provoqué cette grève, par de longues années de dumping salarial et par sa tactique d’épuisement progressif dans les négociations avec les syndicats.» . . Action de groupe ?
Compte tenu du nombre important de personnes concernées, et du fait qu’ils subissent tous le même préjudice, il y aurait sans doute matière pour une association de consommateurs à lancer une action de groupe. . . . D’autres articles de Sosconso: Bonnes vacances !
Livre. Le 7 juin 2013, The Guardian et The Washington Post révèlent l’existence d’un programme d’espionnage à grande échelle conduit depuis 2007 par la NSA [National Security Agency, l’agence nationale de sécurité américaine]. Ses agents, ainsi que ceux du FBI, ont accès aux serveurs de neuf géants d’Internet pour y consulter les courriels, vidéos, fichiers informatiques et autres données diffusées par des internautes.
Le 23 octobre 2013, Der Spiegel affirme que le portable d’Angela Merkel est écouté en direct par les « grandes oreilles » étatsuniennes. En juin 2015, le site Wikileaks révèle que c’est aussi le cas de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.
« Avec ces annonces, l’opinion comprend que ces services qu’elle utilise quotidiennement dans sa vie personnelle et professionnelle sont des mémoires exhaustives de ses faits et gestes », constate Nicolas Arpagian dans La Cybersécurité. A chacun le devoir de s’informer sur les enjeux de la sécurité numérique.
Diffuser une culture de la sécurité
Des premiers pirates technologiques qui, à partir des années 1980, affrontèrent les équipes de R&D des plus grands conglomérats industriels à l’opération « Avalanche » en 2016, où des enquêteurs de trente nationalités ont travaillé quatre ans pour identifier des pirates qui avaient infecté des centaines de milliers d’ordinateurs répartis dans cent quatre-vingts pays, le directeur de la stratégie d’Orange Cyberdefense commence par revenir sur la genèse de la cybersécurité.
La réputation est un actif stratégique pour une entreprise : y porter atteinte peut causer des dégâts financiers considérables
En janvier 2013, un seul tweet posté à partir d’un compte ayant usurpé le logo et le nom de la société de Bourse américaine Muddy Waters fait chuter de 25 % le cours de Bourse de la société Audience, cotée au Nasdaq. La réputation est un actif stratégique pour…
Serpent de mer des débats publics, le travail du dimanche refait à nouveau surface. Dans une tribune parue le 19 août dans le JDD, plusieurs députés de La République en marche (LRM) plaident pour un nouvel assouplissement de la législation encadrant le travail dominical.
les établissements dont le fonctionnement est rendu nécessaire par l’activité ou les besoins du public ont le droit d’ouvrir le dimanche
Aujourd’hui, travailler le week-end est loin d’être exceptionnel : 4,2 millions de salariés ont travaillé au moins un dimanche par mois en 2015, selon le service des statistiques du ministère du travail (Dares), soit près d’un salarié sur cinq. Quant aux indépendants : ils sont plus d’un million à travailler au moins un dimanche par mois, soit 37 % de cette catégorie d’actifs.
Il faut dire que la loi permet déjà à de nombreuses entreprises d’exercer leur activité le dimanche, sous conditions. Si le Code du travail précise que « dans l’intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche », il prévoit aussi de nombreuses exceptions. Et les majorations de salaire en cas de travail dominical ne sont pas toujours prévues.
Ainsi, les établissements dont le fonctionnement est rendu nécessaire par l’activité ou les besoins du public ont le droit d’ouvrir le dimanche. La liste est vaste : les restaurants, les hôpitaux, mais aussi les magasins de bricolage ou les entreprises de spectacle sont concernés. Tous ces établissements peuvent déroger de droit à la règle du repos dominical, sans majoration obligatoire de salaire. Même chose pour le commerce de détail alimentaire, où le repos dominical peut être accordé seulement à partir de 13 heures le dimanche. Les salariés « rattrapent » alors leur repos hebdomadaire un autre jour.
Les entreprises industrielles dont les équipes travaillent par roulement peuvent également déroger à la règle du repos hebdomadaire : soit par accord collectif ou d’entreprise,…
« Fail fast, fail often. » Echouez vite, échouez souvent. C’est l’un des mantras les plus répétés dans la Silicon Valley – si bien que son écho rebondit jusque dans nos oreilles. En France aussi, à Bercy, Toulouse ou encore Grenoble, on organise désormais des « failcon », des conférences sur l’échec, calquées sur le modèle californien. Le nom fait sourire, mais force est de constater que cela a quelque chose de réjouissant. Lors de ces conférences, on y apprend non seulement qu’on a droit à l’échec mais qu’on peut même le provoquer, à bon escient.
Bill Gates, Steve Jobs et Mark Zuckerberg, pour ne citer qu’eux, en ont eu marre de l’élite des premiers de la classe et l’ont répété maintes fois : inutile d’être bon à l’école les gars, « you’re too cool for school » (« vous êtes trop cool pour aller à l’école »), renoncez à la fac, « drop out ! » Lors de son discours prononcé le 12 juin 2005 à l’université Stanford, Steve Jobs, alors PDG d’Apple, enjoignait même les étudiants à rester « déraisonnables ». Chic, pourrait-on se dire, c’en est fini de la tyrannie de la réussite, de l’excellence à la française ! On sait qu’on peut toujours compter sur la Silicon Valley pour nous apporter un peu de disruption.
J’ai, pour ma part, un souvenir vivace de l’esprit de compétition qui régnait au lycée, avec ses filières plus prisées que d’autres et les résultats de contrôles annoncés dans l’ordre décroissant. En prépa, en école d’art, où l’on prônait pourtant le droit à l’expérimentation, certains enseignants nous accueillaient en cours avec les cinq meilleurs travaux punaisés au mur. On devait prendre exemple sur ceux qui n’échouaient pas. Les créations les moins abouties, qu’on aurait pu commenter pour permettre de progresser, n’avaient pas droit de cité. On continuait de faire le tri entre les bons élèves et ceux qui seraient « en échec ».
Quittons la cour d’école pour les open spaces. De quels échecs parle-t-on, dans la…
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