Harcèlement moral : la direction de Weight Watchers mise en cause

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« Je n’aurais pas pu faire autre chose que de travailler pour le bien-être des salariés. » Après avoir vécu une expérience qu’elle qualifie de « destructrice » dans une entreprise, Anne-Véronique Herter, ex-responsable marketing, a voulu « être utile » aux victimes de souffrance au travail. Depuis le 3 septembre, elle se consacre à son nouveau métier : consultante en prévention des risques psychosociaux (RPS), dans un cabinet spécialisé.

Dans son livre Le Cri du corps, paru le 3 mai (Editions Michalon), Mme Herter, auteur de deux autres ouvrages, témoigne du harcèlement moral dont elle dit avoir fait l’objet à son travail. Lors de son embauche, en 2008 dans cette nouvelle entreprise, après une dizaine d’années en agence de communication, elle avait cru entrer dans « la boîte de (sa) vie ». Elle va connaître au bout de quelques années une descente aux enfers, faite d’humiliations et de dénigrement de la part de plusieurs directrices. Elle ne voit alors d’issue que dans la mort. Elle n’ira pas jusque-là, mais séjournera en clinique psychiatrique, ce qui lui permettra de se reconstruire. Et, enfin, de quitter cette entreprise en octobre 2017.

Cette dernière, dont Mme Herter ne cite pas le nom, est, selon nos informations, Weight Watchers, la filiale de la compagnie américaine qui a changé de nom le 24 septembre pour se rebaptiser WW pour se retrouver en phase avec son nouveau slogan « Wellness that works », soit « le bien-être qui marche ». L’entreprise propose, notamment, des programmes de perte de poids, diffusés en ligne ou lors de réunions animées par des « coachs ».

« L’entreprise que (Mme Herter) décrit n’est pas la nôtre, réagit Joël Thivet, directeur marketing et communication chez Weight Watchers France. C’est une histoire qu’elle s’est racontée. Peut-être pour lancer sa carrière d’écrivain. » Pourtant, après un entretien…

Dégressivité du chômage pour les cadres : la CFE-CGC dénonce le « populisme » du gouvernement

Le président de la Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres (CFE-CGC), François Hommeril, estime qu’en évoquant la piste d’une possible dégressivité des allocations de chômage pour les hauts salaires, jeudi 27 septembre, le premier ministre, Edouard Philippe, « tombe dans la stigmatisation des cadres ».

« Je suis déçu car le gouvernement se lance dans une opération de communication populiste », déclare M. Hommeril dans une interview publiée samedi par Libération. « Le plus grave, ajoute-t-il, c’est de faire croire que la dégressivité des allocations chômage va faire baisser le chômage. C’est faux, toutes les études l’ont démontré. »

Le premier ministre a déclaré jeudi sur France 2 que « dans certains cas », cette dégressivité pouvait être « envisagée », et « peut avoir du sens » pour ceux qui ont « une très forte employabilité, pour ceux qui ont des salaires très élevés ».

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Nouvelle négociation sur l’assurance-chômage

Selon le président de la CFE-CGC, les cotisations des cadres « représentent 42 % des ressources » de l’assurance-chômage, alors que les allocations qu’ils perçoivent n’en représentent que « 15 % ».

« Que les cadres participent à la solidarité, c’est très bien ! Mais il est inadmissible de les en exclure », s’indigne M. Hommeril, qui juge « stupéfiant » de voir le premier ministre « tomber dans la stigmatisation des cadres ».

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D’autant que « la réalité », selon lui, « c’est que nombre de cadres qui perdent leur place entre 45 et 65 ans ont du mal à retrouver un emploi équivalent ». Pour le président de la CFE-CGC, ce qui coûte cher à l’assurance-chômage, « ce sont les contrats courts : cela représente quatre à six milliards d’euros », dit-il.

Les partenaires sociaux doivent s’engager dans une nouvelle négociation sur l’assurance-chômage, voulue par le gouvernement, qui leur demande notamment de faire de 3 à 3,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans.

La diminution de l’emploi intérimaire se confirme en août

Le travail intérimaire, considéré comme un compteur avancé de la situation générale de l’emploi, a vu la immobilisation de sa croissance se confirmer en août, avec une augmentation limitée à 0,1% contre 0,3% en juillet, selon le barème mensuel Prism’emploi publié jeudi.

« Le marché reste néanmoins à un niveau historiquement élevé », souligne Prism’emploi, qui associe plus de 600 entreprises de recrutement et d’intérim.

L’emploi intérimaire a évolué dans la majorité des secteurs en août.

Les services ont enregistré le mois dernier une hausse de 9,6% de leurs effectifs par rapport à août 2017 et l’évolution a également été positive dans le BTP (+1,7%) et les transports (+0,8%).

En revanche l’intérim a reculé de 0,9% dans le commerce et de 3,3% dans l’industrie.

L’amélioration des effectifs intérimaires s’applique selon les catégories professionnelles et reste orientée à la hausse pour les plus qualifiés tandis qu’elle recule pour les moins qualifiés.

L’emploi des cadres et professions intermédiaires progresse ainsi de 4,8% et celui des employés s’inscrit en hausse de 3,3%.

Impactées par le recul dans l’industrie et le ralentissement dans le BTP, les catégories des ouvriers voient leurs effectifs intérimaires reculer de 1,6% (-0,9% pour les ouvriers qualifiés et -2,2% pour les

Contre les fonds activistes « une défense efficace est possible »

Entreprises. Il y a peu, Danone et Vivendi ont subi les attaques de fonds activistes (hedge funds en anglais). Jusque-là rares en France, les actions de ce type sont au nombre de trois cents chaque année aux Etats-Unis. Mais qu’est-ce qu’un fonds activiste ? Comment peut-il déstabiliser une entreprise avec un petit nombre d’actions ? Et que peut faire une entreprise pour se défendre ?

le fonds activiste va tenter d’imposer une stratégie qui maximise la valeur des actions

Un article récent, qui décrit de manière clinique l’attaque du fonds américain JANA Partners et la résistance d’Agrium, géant canadien de la chimie agricole (« Activisme de fonds de couverture et stratégie de défense des entreprises », Sylvie Berthelot et Vanessa Serret, Revue française de gestion n° 272, 2018), montre qu’une défense efficace est possible.

Les fonds activistes ne sont pas des redresseurs d’entreprises en difficulté. Ils s’attaquent à des entreprises qui font beaucoup de R&D (recherche et développement) ou maintiennent des activités raisonnablement rentables mais qui, qu’elles soient en bonne santé ou connaissent une baisse conjoncturelle de leurs bénéfices, distribuent des dividendes modérés. A l’inverse, le fonds va tenter d’imposer une stratégie qui maximise la valeur des actions.

Une manœuvre d’abord « pacifique »

Fin 2011, le canadien Agrium, leader des engrais agricoles, est une cible parfaite. Après un développement remarquable, il est 25e sur 244 à l’indice boursier de Toronto, mais subit une baisse du prix de la potasse et du rendement global de ses actions. C’est le bon moment pour le fonds JANA Partners, qui annonce en mai 2012 avoir acquis plus de 5 % des titres de l’entreprise.

La manœuvre est d’abord « pacifique » : le fonds demande à la direction de céder sa filiale de commerce de détail, jugée insuffisamment rentable. Agrium comprend la menace : il double ses dividendes et procède à un…

Compagnies aériennes régulières et à bas coûts rapprochent leurs pratiques

Un Airbus A320-200 de Vueling, à l’approche de l’aéroport de Roissy, près de Paris, en juillet 2017.

Les compagnies régulières et celles à bas coûts vont-elles finir par se ressembler ? Plus les années passent, plus les différences s’estompent entre les grandes rivales du transport aérien. Une nouvelle preuve de ce rapprochement a été apportée par la low cost Vueling.

La filiale espagnole du groupe britannique IAG, maison mère de British Airways, a annoncé, jeudi 27 septembre, une nouvelle organisation de son offre tarifaire. A l’instar des compagnies régulières comme Air France, British Airways et consorts, Vueling propose désormais des options – avec tarifs et offre de sièges adaptés – conçues spécialement pour les familles et les voyageurs d’affaires.

Cette démarche rompt avec le credo de départ des compagnies à bas coûts, qui avaient opté pour un tarif unique. Au fil des ans, ce prix de base s’est enrichi d’une kyrielle d’options payantes comme le choix du siège, l’embarquement rapide ou l’enregistrement de bagages en soute. Vueling explique la diversification de son offre tarifaire par la volonté de « s’adapter au mieux aux besoins de ses clients ».

En effet, la filiale espagnole d’IAG a constaté que seuls « 70 % de ses passagers l’ont choisie pour le prix » de ses billets, signale son directeur commercial, David Garcia Blancas. Parmi les 21,5 millions de passagers transportés entre janvier et août, « 30 % sont des clients affaires », notamment des patrons ou des cadres de PME. Ces clients sont « très intéressés par les prix » bas de Vueling, constate M. Garcia Blancas, mais ils souhaitent aussi des billets modulables pour s’adapter à leurs contraintes professionnelles.

Conflits sociaux

Chez Vueling, les familles doivent débourser 20 euros de plus par siège pour voyager côte à côte, tandis qu’il en coûte 35 euros supplémentaires aux passagers business pour acquérir un billet modifiable et un embarquement prioritaire. Ces options font la fortune des low cost. EasyJet a ainsi dévoilé,…

Unédic : le premier ministre s’invite dans le débat sur la dégressivité

Edouard Philippe, lors de « L’Emission politique » sur France 2, le 27 septembre.

Edouard Philippe s’est invité dans les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage avant même qu’elles ne débutent. Au cours de « L’Emission politique » sur France 2, le premier ministre a déclaré, jeudi 27 septembre, que la dégressivité des allocations, versées aux demandeurs d’emploi, peut être « dans certains cas (…) envisagée ». Une intervention qui fait froncer les sourcils de leaders syndicaux et patronaux, déjà bien peu disposés à se lancer dans des discussions destinées à revoir les conditions d’indemnisation des chômeurs.

Pour le chef du gouvernement, instaurer « une forme de dégressivité peut avoir du sens », s’agissant des personnes en quête d’un poste, qui ont « une très forte employabilité (…), qui ont des salaires très élevés ». Cette option-là n’est pas inscrite dans le document de cadrage que l’exécutif a adressé aux partenaires sociaux afin de tracer les grandes orientations de la réforme. Mais elle y figure en filigrane, puisqu’il est question de refondre un dispositif qui ne tient pas compte des « différences de capacité à retrouver un emploi ».

Autrement dit, les chômeurs hautement qualifiés, qui sont censés pouvoir rebondir rapidement sur le marché du travail, se verraient appliquer des règles plus strictes. « Nous mettons sur la table un certain nombre de pistes qui nous semblent raisonnables (…), dont les partenaires sociaux vont discuter », a complété M. Philippe. Pas d’injonction, donc, mais son propos est un peu plus directif que celui de Muriel Pénicaud : la ministre du travail a, plusieurs fois, indiqué que le gouvernement n’avait pas à dicter de solutions.

« Dualité du marché du travail »

Le secrétaire général de FO, Pascal Pavageau, fulmine contre la sortie de M. Philippe : « Si c’est une tentative de nous mettre la pression au moment où l’on va peut-être ouvrir la négociation, ça va ! Nous ne sommes pas des sous-traitants du gouvernement….

Les vols de plus de 40 000 passagers Ryanair affectés par la grève

La compagnie aérienne à bas coûts Ryanair promettait d’assurer la plupart de ses vols vendredi 28 septembre, malgré un appel à la grève dans plusieurs pays européens du personnel de cabine et des pilotes, qui réclament de meilleures conditions de travail.

Le transporteur irlandais prévoit l’annulation de 250 vols sur les 2 400 programmés en Europe, expliquant que la majorité de ses salariés travailleront normalement.

Le transporteur précise que tous les clients concernés ont été prévenus par courrier électronique et SMS depuis mardi. « Nous trouvons cette grève déraisonnable et quelque peu en décalage avec les progrès que nous pensions avoir réalisés », a affirmé jeudi Peter Bellew, le directeur opérationnel de Ryanair. « En n’annulant pas assez de vols en vue de la grève, Ryanair adopte un comportement irresponsable qui pourrait créer tensions et insécurité pour tout le personnel de l’aéroport, de Ryanair et les passagers concernés », a pour sa part prévenu le syndicat belge CNE, affilié à la Confédération des syndicats chrétiens.

Contrats par pays

L’appel à la grève concerne les personnels navigants en Espagne, au Portugal, en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie et en Allemagne, rejoints par les pilotes dans certains de ces pays.

Les syndicats réclament de meilleures conditions de travail et l’emploi de chaque salarié via un contrat relevant de son pays de résidence, contrairement à la pratique historique de Ryanair d’employer une bonne part de son personnel via des contrats de droit irlandais.

La commissaire européenne aux affaires sociales, Marianne Thyssen, est intervenue mercredi pour rappeler Ryanair à l’ordre, après sa rencontre avec le directeur général de la compagnie, Michael O’Leary. « Le respect du droit communautaire n’est pas quelque chose sur lequel les travailleurs devraient avoir à négocier, ni quelque chose qui peut être fait différemment d’un pays à l’autre », a-t-elle prévenu. « Le marché intérieur n’est pas une jungle : il comporte des règles claires sur la mobilité équitable du travail et la protection des travailleurs », a ajouté la commissaire belge.

« Annulez cette grève ! »

Pour la Commission européenne, « ce n’est pas le pavillon de l’avion qui détermine la loi applicable. C’est l’endroit d’où les travailleurs partent le matin et reviennent le soir, sans que l’employeur ait à couvrir les frais ».

M. O’Leary a pour sa part appelé à « annuler la grève » lors d’une conférence de presse mercredi à Diegem, près de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, selon des propos rapportés par l’agence Belga. « On accepte de négocier et il y a quand même une grève », a-t-il fait valoir, avant de lancer : « Annulez cette grève qui n’est pas soutenue par la très grande majorité des travailleurs de Ryanair ! »

La compagnie irlandaise connaît une grogne sociale endémique depuis un an, qui a débuté avec le mécontentement de ses pilotes. La compagnie a tenté d’éteindre la contestation en signant dernièrement plusieurs accords avec des syndicats, notamment au Royaume-Uni, en Irlande et en Italie, dans lesquels la direction accepte des augmentations de salaire et des améliorations des conditions de travail.

La grève de vendredi marque la poursuite d’un mouvement social qui a déjà frappé la compagnie aérienne cet été avec deux vastes mouvements coordonnés dans plusieurs pays européens : chez le personnel de cabine fin juillet (600 vols annulés et 100 000 passagers touchés) puis chez les pilotes au cœur du mois d’août (400 vols annulés et 55 000 passagers touchés). Ryanair avait aussi dû annuler 150 vols en Allemagne le 12 septembre en raison d’une grève des pilotes et du personnel.

L’entreprise irlandaise compte 86 bases en Europe, selon son site Internet, qui lui permettent de stationner ses avions et de domicilier son personnel. Elle a annoncé jeudi l’ouverture de deux nouvelles bases en France, à Bordeaux et Marseille, où elle n’était plus présente depuis 2011.

A Sciences Po, l’opération séduction du patron du renseignement intérieur

C’est à un exercice relativement atypique que s’est prêté, mercredi 26 septembre, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Laurent Nunez. Celui d’une conférence de deux heures, dont une longue séance de questions-réponses, à Sciences Po Paris, devant un parterre de quelque 600 étudiants, dans l’emblématique amphithéâtre Boutmy.

Le prétexte de cette rencontre organisée par l’association Défense et stratégie de l’école parisienne était intitulé : « Prévenir les crises, l’enjeu du renseignement intérieur ». L’occasion était belle, pour ces étudiants manifestement fascinés, d’accéder à un dialogue direct avec l’un des principaux patrons du renseignement français. Un jeu facilité par le principal intéressé qui, depuis sa prise de fonctions en juin 2017, a fait le choix d’une parole publique relativement active.

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Une posture radicalement opposée à celle de son prédécesseur à la tête de la DGSI, Patrick Calvar, qui avait fait du silence absolu sa clé de voûte, au risque de manquer de ressorts pour riposter aux critiques médiatiques ayant germé dans la foulée des attentats de 2015-2016. M. Calvar n’a rompu ce silence qu’après son départ avec, notamment, un cours à l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po, où il a joué les professeurs entre janvier et avril.

Pour M. Nunez, l’exercice était double. Afficher une nouvelle ouverture, mais aussi profiter de l’occasion pour vanter les atouts d’une maison DGSI en plein boom de recrutements. « Nous sommes à la recherche de talents, dont des profils qui se trouvent très majoritairement dans cette salle », a clairement déclaré le patron du renseignement intérieur, listant les besoins en analystes, linguistes et techniciens.

« Exactement le “Bureau des légendes” »

Cette explosion des créations de postes est portée par la hausse des menaces terroriste et cyber. L’ensemble de la communauté du renseignement est aujourd’hui concerné. Un enjeu bien compris par Sciences Po qui, depuis 2017, a renforcé ses enseignements en la matière. En juin, l’école parisienne avait déjà réuni à la même table de conférence un large panel de patrons du renseignement.

Métier « passionnant », « exaltant », « stressant », deux heures durant, M. Nunez a donc tenté de convaincre des intérêts d’une branche qui, bien qu’elle fascine, bute aujourd’hui sur certaines difficultés : concurrence avec le privé, turn-over des contractuels, lourd processus d’habilitation. « On perd entre 30 et 40 % » des postulants en cours de sélection, a reconnu le patron de la DGSI tout en passant en revue les larges compétences de la DGSI : terrorisme, contre-espionnage, lutte contre la prolifération, etc.

« La menace est toujours très élevée », même si les attaques de commandos venant de théâtres extérieurs sont « moins probables » actuellement, a-t-il rappelé. « Ce que nous faisons, c’est exactement le “Bureau des légendes” », a-t-il ajouté, bravache, à l’issue de la conférence, face au petit comité d’étudiants organisateurs, allusion à la série télévisée de Canal+ qui s’inspire du travail de la Direction générale de la sécurité extérieure.

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L’Etat s’attaque au temps de travail des fonctionnaires des collectivités locales

C’était une demande de nombreux élus locaux. L’Etat va le faire. Les collectivités locales seront tenues de revoir leur accord sur le temps de travail pour imposer à leurs agents le minimum légal de 1 607 heures par an. Une disposition qui entrera en vigueur avec le projet de loi sur la fonction publique qui devrait être présenté avant la fin de l’année.

Le gouvernement n’a jamais caché que le temps de travail des fonctionnaires des collectivités locales était « un problème ». De nombreux rapports ont été publiés sur le sujet. En octobre 2016, la Cour des comptes avait notamment indiqué que « dans seulement 20 % des collectivités, [la durée de travail est] alignée sur la durée réglementaire de 1 607 heures par an ». La moyenne du temps annuel effectué est de 1 562 heures, selon ses chiffres.

« Il est normal que l’on travaille moins que le minimum légal dans les collectivités locales, rappelle Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT fonctions publiques. Cela correspond à une compensation pour les astreintes liées au service public. Les agents sont, par exemple, tenus d’assurer l’ouverture des bibliothèques le samedi ou le dimanche, des installations sportives le soir. C’est compensé en temps. » Reste, confie-t-on au sein de l’exécutif, que « l’on ne sera jamais à 1607 heures. Certains fonctionnaires, en effet, sont soumis à des suggestions spéciales du fait de leur activité et bénéficient donc d’une compensation horaire ».

Peur de discussions explosives

L’enjeu n’est pas mince pour le gouvernement. Si tous les fonctionnaires territoriaux travaillaient autant qu’ils le devraient, cela permettrait d’économiser « 32 000 postes », estime une source gouvernementale. Or, si le président de la République s’est engagé à supprimer 50 000 emplois dans la fonction publique d’Etat sur le quinquennat, il a aussi promis de réduire l’effectif des collectivités locales de 70 000 postes.

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Pour avancer sur cette question, l’Etat a identifié plusieurs pistes. L’une d’elles entrera donc en vigueur en 2019. Dans le projet de loi sur la fonction publique, le gouvernement va imposer aux collectivités locales de réviser leur protocole d’accord sur le temps de travail, décrit à l’article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984. Objectif : y intégrer la durée légale de 1 607 heures. Certains d’entre eux, en effet, prévoient des temps de travail inférieurs et les élus n’osent pas toujours les modifier de peur de s’engager dans des discussions explosives avec leurs personnels. C’est donc désormais l’Etat qui le leur imposera.

Deuxième piste, encore à l’étude : mettre en place un « barème national » qui fixera le nombre de jours qu’un agent pourra prendre s’il se marie, déménage ou perd un membre de sa famille. Sur ce sujet, il existe actuellement de grandes différences selon les collectivités locales.

Une troisième piste a, elle, été écartée. La suppression des « congés spéciaux », tel « le jour du maire », a été jugée trop compliquée. Ces vacances exceptionnelles accordées par les élus permettent parfois, en effet, de commémorer des événements locaux (comme la « fête nationale » corse) ou des hommages nationaux qui revêtent, sur certains territoires, un impact particulier. C’est par exemple le cas, dans les Antilles, de la journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition. « C’est un débat que l’on ne sait pas mener », reconnaît une source gouvernementale.

Plusieurs détails ne sont pas encore arrêtés. Le délai dans lequel les collectivités devront s’acquitter de cette nouvelle obligation n’est ainsi pas encore fixé.

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L’économie sociale et solidaire se mobilise à New York

« Le café équitable se vend plus cher, les agriculteurs gagnent mieux leur vie et la terre se régénère. »

Monique Barbut dégaine les statistiques qui font mal. La représentante de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification frappe fort : 52 % des terres agricoles dans le monde sont dégradées, 820 millions de personnes se couchent en ayant toujours faim. Et en Afrique, faute de production agricole suffisante, 60 millions de jeunes devront migrer vers l’Amérique ou l’Europe pour survivre d’ici à 2045.

C’est ce qu’est venue raconter Mme Barbut, à New York, à la réunion du groupe pilote international de l’Economie sociale et solidaire (ESS) présidé par la France. Un petit groupe formé par une dizaine de pays, qui a profité de la grand messe de l’Assemblée générale des Nations unies pour se retrouver et parler du potentiel de créations d’emploi du secteur ESS.

« Nous devons semer pour un nouveau jour », conclut Mme Barbut, en échangeant un regard complice avec Julien Lampron, directeur de Fondaction, un fonds de 2 milliards de dollars canadiens, qui gère les pensions de retraites des syndicats québécois. Fondaction et quelques autres institutions privées ont promis 100 millions de dollars pour financer plusieurs projets de lutte contre la déforestation au Pérou, en Côte d’Ivoire et ailleurs.

« Nain politique »

Ainsi, le dossier des cafés Selva Norte au Pérou concerne quatre coopératives agricoles et deux mille paysans. Ces derniers abandonnent la technique du « couper-brûler » pour produire un meilleur café et, dans la foulée, réduire de 1,6 million de tonnes leurs émissions de CO2. Le café équitable se vend plus cher, les agriculteurs gagnent mieux leur vie et la terre se régénère. Les intervenants de Grèce, Bulgarie, Sénégal, Slovénie, Maroc… adorent se raconter cette histoire. Car Selva Norte illustre parfaitement les retombées positives de l’économie sociale et solidaire.

Le secteur de 200 000 entreprises, associations, coopératives, mutuelles… représente 10 % du PIB français…