Emploi : vers la mise en place d’une « garantie jeunes universelle »

La ministre du travail, Elisabeth Borne, à l’Elysee, à Paris, le 6 janvier.

Pour soutenir les moins de 25 ans en situation de grande précarité, il faut donner plus d’envergure aux dispositifs qui donnent des résultats. C’est au nom de ce principe que la ministre du travail, Elisabeth Borne, a réaffirmé, vendredi 8 janvier dans un communiqué, son intention de bâtir la « garantie jeunes universelle ». Des propos tenus vingt-quatre heures après qu’elle a reçu un rapport sur le sujet, de la part du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ). Le gouvernement cherche ainsi à promouvoir une solution qu’il juge préférable à la création d’un revenu de solidarité active (RSA) pour cette catégorie de la population.

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Lancée à la fin 2013, la garantie jeunes est destinée aux 16-25 ans qui ne sont ni scolarisés, ni en formation, ni au travail – les « NEET », en anglais (« neither in employment nor in education or training »). Mise en œuvre par les missions locales, cette mesure se déploie sous plusieurs formes : octroi d’une allocation (pouvant aller jusqu’à près de 500 euros par mois), priorité donnée aux immersions professionnelles, etc. Son bilan s’avère plutôt encourageant : le taux d’emploi des personnes concernées s’est accru de dix points onze mois après le début de leur prise en charge, selon une étude du ministère du travail publiée en 2019.

Aller plus loin

Pour faire face aux conséquences de la crise, qui frappe durement les NEET, le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, le 26 novembre 2020, que le nombre de bénéficiaires de la garantie jeunes sera porté à « au moins 200 000 » en 2021, au lieu des 100 000 prévus initialement. Autre décision prise à l’époque : l’instauration d’aides financières dans le cadre des autres procédures consacrées à l’insertion professionnelle de cette tranche d’âge (notamment celles proposées par Pôle emploi et par l’Association pour l’emploi des cadres).

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Aujourd’hui, l’exécutif entend aller plus loin, à travers une « garantie jeunes universelle », dont les contours restent à préciser. Selon l’entourage de Mme Borne, l’un des objectifs est d’« unifier » plusieurs dispositifs, en veillant à ce qu’ils assurent un accompagnement vers un métier et le versement d’un pécule, en cas de besoin. « C’est mieux que le RSA jeunes », a indiqué la ministre, vendredi, se plaçant dans le droit-fil de récentes déclarations d’Emmanuel Macron : le 4 décembre 2020, lors de son interview par le média en ligne Brut, le chef de l’Etat a dit qu’il n’était « pas un grand fan » de l’extension du RSA aux moins de 25 ans, réclamée depuis des années par de nombreuses associations.

Dès la mi-janvier, une réflexion sera lancée avec les acteurs du monde de la jeunesse, les parlementaires et les élus locaux. Elle s’appuiera, entre autres, sur les 29 préconisations du rapport remis, jeudi 7 janvier, par le COJ. Antoine Dulin, l’un des membres de cette instance consultative, pense que la démarche « peut aller dans le bon sens ». Déléguée générale de l’Union nationale des missions locales, Sandrine Aboubadra-Pauly explique que son organisation comprend « la volonté de mise en cohérence et de simplification » portée par le gouvernement, tout en étant attentive à ce que la garantie jeunes « reste bien identifiée ».

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Emploi : le portail en ligne « 1 jeune, 1 solution » encore en chantier

Lors d’un point presse organisé par la préfecture des Bouches-du-Rhône dans une agence Pôle emploi dans le cadre de l’opération « 1 jeune, 1 solution ».

C’est l’outil censé sauver l’emploi des jeunes : lancé en novembre 2020, le portail en ligne « 1 jeune, 1 solution » vise à faciliter la recherche d’emploi des moins de 26 ans, dans le cadre du plan gouvernemental du même nom. Le 19 novembre, la plate-forme présentait quelque 21 000 offres. Au 8 janvier, on en dénombre 62 000, proposées par 1 000 entreprises, alors que 35 dirigeants ont affiché, dans Le Journal du dimanche du 3 janvier, l’objectif de porter ce chiffre à 100 000 d’ici à la fin janvier.

Une lueur d’espoir pour les jeunes en quête d’un emploi ? Quelque 520 000 d’entre eux s’y sont déjà connectés, selon Benjamin Ducousso, fondateur et PDG de la start-up Wizbii, qui a créé ce portail. Sa mission est partiellement atteinte : la plate-forme agrège en fait des annonces d’autres sites d’emploi (souvent Pôle emploi, mais aussi Direct Emploi, Aladom…). Un candidat à l’offre de CDI de chaudronnier à Paris est ainsi envoyé sur CareerBuilder, qui lui-même diffuse une annonce publiée par le spécialiste en intérim Intek travail temporaire. Il faut alors créer un compte sur le site, saisir une description complète de son profil… avant de pouvoir enfin transmettre son CV à l’entreprise.

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Parmi les milliers d’offres mises en ligne, certains secteurs sont particulièrement bien représentés : services à la personne (17 000 postes environ), santé (11 000), commerce et vente (8 000)… Et seulement 58 dans l’artisanat. Sur les 62 000 postes, environ 45 000 acceptent les débutants, mais les inégalités entre les régions sont grandes ; 10 000 CDI sont à Paris même, contre 1 600 en Centre-Val de Loire ou 73 en Corse.

Des offres incomplètes voire expirées

Certaines offres sont aussi mal référencées : parfois, la nature du contrat ou le temps de travail ne sont pas indiqués. On dénombre environ 20 000 temps pleins et 7 000 temps partiels, ce qui signifie que plus de la moitié des fiches de poste sont incomplètes.

Autre souci, beaucoup d’offres émanant de plates-formes autres que Pôle emploi, en particulier Jobintree, ne sont plus d’actualité. Certaines ne sont plus valables dès leur publication : ajoutée le 7 janvier, une annonce de lead développeur en CDI apparaît le même jour expirée sur son site d’origine… Frustrant.

Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’emploi, invite à l’indulgence. « On a dû répondre à l’urgence. Mon obsession est qu’on ait une interface pour aider le jeune à trouver des opportunités. »

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Le portail ne veut pas se limiter aux offres et propose d’autres options, comme des événements avec des employeurs, des annonces de service civique, de l’information sur tous les dispositifs d’aide à l’emploi existants… M. Ducousso insiste sur cet éventail : « L’idée est que le jeune accède à toutes les solutions disponibles, qu’il fasse quelque chose, même si ce n’est pas un job. » Sauf que pour remplir leur frigo et éviter la précarité, c’est bien un emploi qu’ils cherchent.

Dopé par les aides, l’apprentissage se positionne comme solution « anticrise »

Au centre, le premier ministre, Jean Castex, en visite dans un centre de formation d’apprentis, à Besançon, le 23 juillet.

Avoir une chance de faire ses preuves. C’est tout ce que demande Idris Ben Daali. Depuis novembre 2020, cet élève en BTS électrotechnique à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) contacte une vingtaine d’entreprises par jour pour décrocher un contrat d’apprentissage. « J’ai jusqu’à fin février pour trouver, sinon je serai obligé d’arrêter ma formation », confie le jeune homme de 18 ans, démoralisé.

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En cette année de crise, les jeunes inscrits dans une formation en apprentissage bénéficient d’un délai de six mois, au lieu de trois mois habituellement, pour trouver une place en entreprise. Une mesure annoncée en juin 2020 par le gouvernement, dans le cadre d’un plan de soutien à l’apprentissage.

Ce système mêlant études et activité professionnelle, réservé aux 15-26 ans, assure au jeune une rémunération, et est considéré comme un tremplin vers l’emploi. Ce plan s’accompagne surtout d’une aide à destination des entreprises, pour tout jeune embauché en apprentissage entre juillet 2020 et février 2021 (5 000 euros pour les mineurs, 8 000 euros pour les majeurs). La ministre du travail, Elisabeth Borne, a indiqué vouloir prolonger cette aide, sans donner d’échéance.

Fortes différences

Le dispositif semble porter ses fruits : 440 000 contrats, du CAP au master, ont été signés en 2020, contre 353 000 en 2019. Un « record historique », s’est enthousiasmé la ministre. Trois centres de formation d’apprentis (CFA) sur quatre ont vu leur nombre d’apprentis augmenter par rapport à 2019, pour une hausse totale de 11 % en moyenne, indique une enquête de France Compétences réalisée en octobre 2020 auprès de 600 CFA enregistrés à l’éducation nationale. Cette hausse, plus forte chez les apprentis de l’enseignement supérieur, est également attribuée à la loi « avenir professionnel » du 5 septembre 2018, qui a libéralisé le dispositif d’offre de formations.

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« Sans la prime aux employeurs, on projetait une baisse de 30 à 50 % de nouveaux contrats d’apprentissage pour la rentrée 2020. Aujourd’hui, nous enregistrons une hausse de 19 % par rapport à 2019 », se réjouit David Derré, directeur emploi et formation de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Dans le même temps, le nombre de contrats de professionnalisation, autre dispositif d’études en alternance mais qui ne bénéficie pas de prime versée dans le cadre du plan de soutien, a diminué.

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Covid-19 : la sortie du chômage partiel, un défi pour l’Europe

Un restaurant fermé, à Paris, le 5 janvier.

Au début de la pandémie de Covid-19, les pays européens se sont lancés dans une vaste expérimentation économique pour protéger l’emploi : tous ont mis en place des programmes de chômage partiel d’une ampleur sans précédent, permettant aux entreprises de conserver leurs employés à coût très réduit. En avril, 32 millions d’Européens ont ainsi bénéficié de ce système, trois fois plus que le nombre de chômeurs officiels. La France est le pays qui a le plus utilisé ce système, avec 34 % de ses employés au chômage partiel à son pic, devant l’Italie (30 %), l’Espagne (21 %) et l’Allemagne (15 %). En comparaison, après la crise financière de 2008, le chômage partiel concernait entre 1 % et 3 % des employés.

Une étude de la Banque centrale européenne, publiée le 6 janvier, essaie d’évaluer l’efficacité de cette approche. Cela a-t-il permis de préserver l’emploi, les chômeurs partiels retrouvant leur travail une fois la crise passée ? Ou est-on en train de créer des emplois subventionnés qui n’ont plus de raison d’être économique ?

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L’étude ne tranche pas, mais se veut plutôt encourageante. En octobre 2020, avec la reprise progressive de l’activité, 8 millions de personnes étaient encore au chômage partiel. Soit quatre fois moins qu’en avril. Pendant ce temps, le taux de chômage est resté relativement stable : en zone euro, il a progressé de 7,2 % avant la pandémie à 8,3 % en novembre 2020.

Travail « réalloué »

Où sont passés ceux qui étaient chômeurs partiels au deuxième trimestre ? Une large partie a retrouvé leur emploi. Mais une autre a non seulement perdu leur travail, mais a abandonné l’idée même d’en chercher un nouveau : ceux-là sont allés joindre les rangs des « inactifs ». Les chercheurs calculent que le taux de participation au marché du travail a baissé de 2 points au premier semestre 2020.

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En l’état actuel des statistiques, la répartition exacte entre ces deux catégories n’est pas connue. « Il n’est pas clair de savoir combien de ces travailleurs retrouveront leur travail (…) et combien risquent de le perdre », écrivent les chercheurs dans leurs conclusions.

Néanmoins, plus le temps passe, et plus la raison d’être de certains postes risque de disparaître. Les consommateurs achètent de plus en plus en ligne et pourraient ne pas retourner aussi souvent dans les magasins après la pandémie. Les entreprises numérisent leurs activités, transformant les emplois. Progressivement, le travail va être « réalloué ». « Cette réallocation (…) va dépendre de la durée de la crise et des possibles changements structurels de la demande. Plus le choc durera, plus ce sera nécessaire. »

Le chômage partiel pourrait masquer ce processus. Les chercheurs suggèrent de rendre le système progressivement moins généreux et d’y attacher des conditions (par exemple, obliger l’entreprise à prendre en charge une partie plus importante du salaire). Ils proposent aussi que d’importants programmes de formation soient déployés, pour remettre à niveau ceux qui perdraient leur emploi.

Covid-19 : aux Etats-Unis, l’emploi est en baisse pour la première fois depuis avril 2020

Devant un centre pour l’emploi, à Frankfort, dans le Kentucky, le 18 juin 2020.

Joe Biden, le nouveau président américain, va prendre les rênes d’un pays dont l’économie est en pleine rechute. En décembre 2020, pour la première fois depuis le mois d’avril, le solde de créations et de destructions d’emplois a été négatif, selon les données publiées, vendredi 8 janvier, par le Bureau américain des statistiques du travail. Au total, 140 000 emplois ont été détruits, dans la fourchette basse de ce que prévoyaient les économistes. Le taux de chômage est néanmoins stable, à 6,7 %.

Ce recul est la conséquence logique de la reprise de la pandémie de Covid-19 et des reconfinements plus ou moins durs imposés à travers les Etats-Unis en fin d’année. En décembre 2020, 498 000 emplois ont été perdus dans le secteur des loisirs, de la restauration et de l’hôtellerie. Les restaurants et les bars sont particulièrement touchés, suivis des casinos et des magasins de paris.

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« Ces chiffres apportent la plus claire indication que la vague actuelle de Covid-19 a mis fin à la reprise de l’économie américaine, estime Pablo Shah, économiste au Centre for Economics and Business Research. Alors que le nombre de morts du Covid-19 est désormais nettement au-dessus de son pic d’avril 2020, le marché du travail va continuer à souffrir pendant les semaines et les mois qui viennent. » Les Etats-Unis enregistrent actuellement autour de 2 800 décès par jour à cause de la pandémie, contre 2 200 en avril.

Un travail de reconstruction colossal

A travers les Etats-Unis, les mesures de confinement se sont progressivement durcies. A New York, les bars et restaurants sont fermés depuis la mi-décembre 2020, sauf pour la vente à emporter. En Californie, à l’exception de quatre comtés, les habitants ont ordre de rester chez eux, et les écoles sont fermées. A Washington DC, la situation est similaire depuis le 23 décembre.

Contrairement à l’Europe, qui a choisi le modèle du chômage partiel pour limiter les licenciements, les Etats-Unis ont préféré offrir une indemnisation plus généreuse que d’habitude aux sans-emploi. Cette approche a provoqué une explosion du taux de chômage entre février et avril 2020, qui est passé de 3,5 % à 14,8 %, suivie d’un fort retour des embauches dès que les conditions sanitaires l’ont permis. Le taux de chômage a été réduit de moitié, repassant sous la barre des 7 % en octobre. Décembre marque la fin de cette amélioration.

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Le travail de reconstruction économique s’annonce colossal. Sur l’ensemble de 2020, 9,8 millions de personnes ont perdu leur emploi. Un peu plus de la moitié sont allés pointer au chômage, l’autre est sortie de la population active, perdant l’espoir de retrouver un travail rapidement. Désormais, plus de 19 millions d’Américains touchent une allocation-chômage.

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Emploi des jeunes : le gouvernement tente de limiter la casse

Des bénéficiaires du « plan jeunes », à l’Ecole hôtelière de Paris-CFA Médéric, le 19 novembre.

Tout faire pour éviter une « génération sacrifiée ». Dans la droite ligne du « quoi qu’il en coûte », le gouvernement ne ménage ni sa peine ni ses deniers, pour tenter de redonner aux 20-30 ans des perspectives, malgré la crise historique que traverse le pays. « C’est à notre jeunesse qu’on a demandé le plus gros effort », avait déclaré le président de la République Emmanuel Macron lors de son allocution du 14 juillet 2020. Sur le plan de l’emploi et du chômage, au moins, l’affirmation est exacte.

Les jeunes ont, jusqu’à présent, payé un plus lourd tribut à la crise économique que leurs aînés. En un an, entre le troisième trimestre 2019 et la même période de 2020, le nombre de chômeurs de moins de 24 ans a bondi de 16 %. Quant au taux d’emploi, il a quatre fois plus reculé dans cette catégorie que pour l’ensemble de la population.

« Les jeunes, qui sont aux marges du marché du travail, subissent plus que les autres les fluctuations conjoncturelles, explique Vladimir Passeron, chef du département de l’emploi et des revenus d’activité à l’Insee, un peu sur le principe du dernier entré, premier sorti. » Dès le début de la crise sanitaire, en effet, les entreprises ont supprimé massivement les missions d’intérim, réduit ou choisi de ne pas renouveler les CDD, où les jeunes sont surreprésentés.

La dimension sectorielle de la crise qui frappe le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, le monde du sport et de la culture, les pénalise également, puisqu’ils sont proportionnellement plus nombreux à travailler dans ces secteurs, ne serait-ce qu’au travers de petits jobs destinés à financer leurs études.

Aides aux employeurs

« Les sorties de crise précédentes nous montrent que lorsque la reprise arrivera, les embauches des jeunes reprendront sur un rythme plus soutenu. C’est ce qu’on a déjà vu à l’issue du premier confinement, lorsque le taux d’emploi des jeunes avait repris 2,1 points en un trimestre », rappelle M. Passeron. En attendant, « prioriser les jeunes dans les plans de soutien n’est pas aberrant », souligne-t-il.

Dès la fin du mois de juillet 2020, peu après l’allocution de M. Macron et alors que le contingent annuel de quelque 750 000 jeunes, leurs études terminées, s’apprêtait à entrer sur le marché du travail, l’exécutif a lancé le plan baptisé « un jeune, une solution ».

Fin juillet 2020, alors que le contingent annuel de 750 000 jeunes s’apprêtait à entrer sur le marché du travail, l’exécutif a lancé le plan « un jeune, une solution »

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Un mouvement de grève perturbe « L’Equipe »

A Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), devant les bureaux de « L’Equipe », en juin 2015.

Un appel à la grève a été lancé ce vendredi 8 janvier, à partir de 16 heures, par les syndicats du quotidien L’Equipe. L’intersyndicale (SNJ, SNJ-CGT, UFICT-CGT, SGLCE-CGT) demande « le retrait des plans de sauvegarde de l’emploi [PSE] », qui touchent le quotidien et ses magazines (L’Equipe Magazine, France Football, Sport & Style…) et qui pourraient se solder par 50 à 60 départs. Fin octobre 2020, les syndicats avaient repoussé l’accord de performance collective qui avait été proposé avant l’été ; la très grande majorité des salariés estimait alors être victime d’un « chantage à l’emploi ».

Aujourd’hui, ils s’inquiètent de « l’avenir de leurs métiers et de leurs conditions de travail », explique l’un d’eux. Les syndicats entendent, en outre, protester contre « le refus de la direction de modifier son projet et les conditions de départs des PSE », qu’ils estiment insuffisantes, notamment au regard des plans de départs conclus les années précédentes. « On a compris que la direction ne bougerait pas d’un iota », explique un délégué syndical, qui parle d’une « très grande colère » des salariés.

Des « variables d’ajustement »

Celle-ci s’est exprimée cette semaine dans de longs courriers envoyés à Jean-Louis Pelé, le directeur général du groupe, et Jérôme Cazadieu, le directeur de la rédaction. Des salariés des services de l’édition, de l’iconographie ou de la correction y détaillent les raisons de leur opposition au projet de réorganisation, qui se ferait « au détriment de [leur] excellence journalistique », estiment ainsi les éditeurs du pôle football. Jeudi 7 janvier, c’était au tour de « 115 reporters de L’Equipe, de L’Equipe Mag et de France Football » (17 des leurs pourraient quitter l’entreprise) d’interpeller leurs dirigeants, afin d’exprimer leurs « sérieux doutes sur le cap choisi ».

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Alors que des échéances olympiques se profilent (2021 et 2024), ils refusent de « négliger » le traitement des « petits sports », ou de voir le rugby moins bien suivi, alors qu’une Coupe du monde sera organisée, en France, en 2023. « Quelle est la cohérence de votre projet, où il est question de faire mieux, mais avec moins de monde ? », résument-ils, s’estimant considérés comme des « variables d’ajustement que l’on déplace et que l’on vire au gré des lignes de comptes à équilibrer ». En tout, 180 salariés auraient signé ces manifestations d’inquiétude, sur environ 220 signataires possibles.

Ce mouvement de vingt-quatre heures, qui pourrait se traduire par une non-parution du quotidien (qui, le samedi, est vendu avec l’hebdomadaire), est reconductible. Preuve que la protestation pourrait se durcir, une caisse de solidarité est en cours de création, indique l’intersyndicale. Sollicitée, la direction du groupe n’a pas souhaité réagir.

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Le gouvernement allemand présente son projet pour féminiser les conseils d’administration

La ministre de la famille, la sociale-démocrate Franziska Giffey, est l’une des instigatrices du projet de loi visant à imposer des femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises du pays.

L’Allemagne prévoit d’imposer la présence de femmes dans les conseils d’administration de grandes entreprises cotées en Bourse, selon un projet de loi présenté mercredi 6 janvier. La première économie du continent accuse un net retard sur la question.

D’après une récente étude de la fondation germano-suédoise Allbright, les femmes ne représentent en effet que 12,8 % des membres des conseils d’administration des trente sociétés cotées du DAX, l’indice-vedette de la Bourse de Francfort. Cette proportion est de 28,6 % aux Etats-Unis, 24,9 % en Suède, 24,5 % en Grande-Bretagne et 22,2 % en France, selon cette même étude.

Au moins une femme au conseil

Selon le projet de loi, qui doit encore être adopté par les députés d’ici à la fin de la mandature, en septembre, au moins une femme devra siéger dans les instances dirigeantes des entreprises allemandes comptant plus de trois administrateurs. Soixante-treize entreprises seraient concernées par le changement de règle, dont trente-deux n’ont actuellement pas de femme dans leur conseil d’administration.

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La nomination de femmes sera également obligatoire dans les conseils d’administration de sociétés où l’Etat est actionnaire et dans plusieurs organismes publics.

« Nous pouvons montrer que l’Allemagne est sur la voie pour devenir une société moderne, porteuse d’avenir », a déclaré la ministre de la famille, la sociale-démocrate Franziska Giffey, qui a porté le texte avec sa collègue de la justice, la sociale-démocrate Christine Lambrecht. Cette dernière a salué un « signal important pour les femmes hautement qualifiées », appelant les entreprises à « utiliser la chance » offerte par ce quota pour accroître la féminisation des postes de direction.

Fortes résistances du patronat

Malgré l’appui de la chancelière, Angela Merkel, le texte suscite de nombreuses résistances au sein de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui gouverne avec les sociaux-démocrates du SPD. « Nous ferons tout pour empêcher les quotas féminins », a lancé Hans Michelbach, député de la CSU, proche des milieux économiques. Le projet est aussi critiqué par une partie du patronat qui dénonce une ingérence dans la gouvernance des entreprises et argue d’une « pénurie de candidates » à ces postes.

Ces fortes résistances ont conduit quarante femmes à lancer une campagne pour sensibiliser l’opinion publique du pays en novembre, car, comme l’estime l’Institut de recherche économique allemand (DIW), la participation des femmes aux instances dirigeantes des groupes du pays évolue à un « rythme d’escargot ».

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Le Monde avec AFP

« Nous sommes choqués, sonnés » : Michelin réduit encore ses effectifs en France

L'usine Michelin de Cataroux, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en 2012.

Drôles de vœux de début d’année 2021. Michelin a annoncé mercredi 6 janvier le lancement d’un plan de restructuration de ses quinze sites français l’amenant à supprimer « jusqu’à 2 300 postes » dans l’Hexagone d’ici trois ans, sur les 21 000 que compte Michelin en France.

Ce « projet de simplification et de compétitivité » prévoit une amélioration de la compétitivité de Michelin « pouvant aller jusqu’à 5 % par an » précise le communiqué de l’entreprise. Les suppressions de postes toucheront aussi bien les activités tertiaires (1 100 emplois supprimés), des activités essentiellement à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) mais aussi à Paris pour le célèbre Guide rouge. Les activités industrielles seront aussi affectées à hauteur de 1 200 emplois.

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C’est ce mercredi 6 janvier que les représentants des salariés ont été informés de ce plan. Une négociation va être ouverte pour mettre en place un accord de méthode visant à lancer trois ruptures conventionnelles collectives, pour 2021, 2022 et 2023. « Les départs se feront dans le cadre du plein volontariat, précise une porte-parole de Michelin. Nous estimons que 60 % de ces départs se feront sous la forme de préretraites. »

« Evolutions stratégiques »

« Michelin s’engage à recréer autant d’emplois qu’il y en aura de supprimés », a déclaré à l’AFP Florent Menegaux, le président du groupe clermontois. Le nombre de départs site par site sera précisé dans les prochains mois : la direction du groupe souhaite ouvrir « rapidement » des négociations avec les organisations syndicales autour d’un « accord-cadre d’une durée de 3 ans ».

Le groupe est « confronté depuis une dizaine d’années à de profondes transformations structurelles du marché mondial du pneumatique, marqué notamment par l’arrivée massive de produits à bas coûts », poursuit M. Menegaux. Il doit donc « accompagner les évolutions stratégiques de ses activités pour préparer l’avenir. C’est le cas notamment en France où la vitalité de ses positions passe par un renforcement significatif de sa compétitivité », souligne-t-il. « Michelin n’abandonne pas la France » et « va réinvestir une partie des économies réalisées dans le développement de nouvelles activités. »

L’entreprise a déjà supprimé près de 1 500 postes depuis 2017 dans le cadre de sa réorganisation

Du côté des salariés, c’est le choc et l’incompréhension alors que le groupe soumis à la concurrence des pneus à prix cassés a déjà supprimé près de 1 500 postes depuis 2017 dans le cadre de sa réorganisation, notamment à son siège historique de Clermont-Ferrand. Il a également fermé les sites de La Roche-sur-Yon (Vendée) et Bamberg en Allemagne.

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Bridgestone, Continental, Michelin, Schaeffler, Mahle… : les équipementiers et manufacturiers automobiles européens souffrent

Devant l’usine Bosch d’Onet-le-Château (Aveyron), en janvier 2018.

Bridgestone, Continental, Michelin, Schaeffler, Mahle… Depuis l’été 2020, les équipementiers et manufacturiers automobiles multiplient les plans de restructuration en Europe, supprimant des dizaines de milliers d’emplois et fermant des usines sur le Vieux Continent. Et le Covid-19 n’explique pas tout.

Alors que les ventes d’automobiles ont chuté lourdement en 2020, du fait de la pandémie et des confinements (− 27 % en France), forçant les groupes à réduire drastiquement leurs coûts par le biais de plans d’économies, l’industrie connaît, en parallèle, une transformation radicale, avec une transition des véhicules thermiques vers l’électrique.

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Les équipementiers spécialisés sur les pièces pour moteurs diesel sont particulièrement en difficultés, à l’image des allemands Mahle, Schaeffler ou Bosch. En Aveyron, l’avenir de l’usine d’Onet-le-Château de Bosch, qui emploie quelque 1 200 personnes, serait menacé, du fait de la chute des commandes d’injecteurs. D’autres équipementiers, comme le français Valeo, ont préféré négocier avec leurs salariés un gel des rémunérations pour sauvegarder l’emploi.

Concurrence asiatique

Contrairement à ces équipementiers, les manufacturiers ne connaissent pas les mêmes tourments. Même électriques, les véhicules auront toujours besoin de quatre pneus. Les fermetures de site de production de Michelin de La Roche-sur-Yon (619 salariés) en 2019, de Bridgestone de Béthune (863), dans le Pas-de-Calais, ou de Continental d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne (1 800 salariés), annoncées à l’automne 2020, s’expliquent à la fois par la baisse du marché, conjoncturelle, et l’arrivée massive des pneus asiatiques à bas coûts.

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« Nous avons trop de capacités dans la production de pneus », alors que le « marché baisse », expliquait, en septembre 2020, un porte-parole de Continental. Bridgestone, Michelin, Continental ou Goodyear font face, depuis dix ans, à la montée en puissance des producteurs chinois – le pays compte une centaine de fabricants –, indiens ou sud-coréens, qui inondent le marché. Selon Florent Menegaux, le président de Michelin, alors que les manufacturiers occidentaux ou japonais détenaient les deux tiers du marché mondial, leur part a chuté sous 50 % en 2020.

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Dans le même temps, les marques chinoises ont capté un quart des ventes mondiales, contre 6 % au début des années 2000, selon les chiffres de Bridgestone. Cela a entraîné une forte pression sur les prix, poussant les Occidentaux à réduire le nombre de leurs sites, pour regrouper leur production dans des usines géantes, souvent déployées en Europe centrale, où les coûts de main-d’œuvre restent plus faibles qu’en France ou en Allemagne.