L’argot de bureau : pourquoi tant de « N » ?

« Le nouveau management tente de brouiller cette hiérarchie, et se passerait bien de cette expression rétrograde. »

M.Z = X (N – 10) = > 500K/Y. Comprenez : monsieur Z, qui est le facteur X de votre entreprise puisque les salariés lambda (les N – 10) dépendent de son leadership, mérite de gagner 500 000 (500 K) euros par an (« per year », Y) pour ses prouesses. L’alphabet est riche dans le monde de l’entreprise, au point qu’il peut donner naissance à de charmantes équations.

A mi-chemin entre les formules de la suite de Fibonacci et du binôme de Newton, sur le Web, on trouve des conseils de management. « Comment obtenir le meilleur de son N – 1 ? », « Comment attirer l’attention de votre N + 2 ? » Le « n », dans une suite mathématique, c’est le rang, le niveau d’un terme : le n + 1 désigne le rang supérieur. En entreprise, c’est pareil : dans la chaîne de travail, si je suis N, mon supérieur immédiat est mon N + 1 et ainsi de suite. Les personnes qui se rapportent à moi sont mes N – 1, mes « subordonnés ».

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Cette lettre, dont l’usage en entreprise est typiquement français, signe donc l’algébrisation d’un être humain en fonction de sa position, et non en fonction de ce qu’il fait. Si l’entreprise est une pyramide, on en gravit les échelons en montant de la base au sommet, niveau par niveau. Cette vision nous vient de la révolution industrielle et de sa division du travail instaurée par Frederick Taylor, que l’on nomme l’« organisation scientifique du travail ». Encore de la science, des chiffres et des lettres.

Avec les N, on mesure la distance, même s’il est peu agréable d’être considéré comme un N –5, voire un N – 10 corvéable à merci. Et ce niveau vous octroie un certain nombre de droits, tel un label gravé dans le marbre : je peux me permettre de tutoyer mon N + 1 ; allez, soyons fous, mon N + 2 aussi ! En revanche, le N + 3, qui a son propre bureau… Nous ne jouons pas dans la même cour, je le vouvoierai et il me tutoiera. De même que je tutoierai mes N – 1. Quel enfer !

Un animateur

Les N + 1 et N-1 permettent donc de fixer les règles, et de vous rappeler que Virginie, avant d’être votre partenaire de cafétéria, est tout simplement votre boss, et qu’elle est susceptible à tout moment de vous demander de faire 500 photocopies. En général, le N + 1 est donc celui qui vous donne du travail et vous fixe des objectifs, mais aussi celui qui vous surveille et vous évalue : « Un chef, c’est fait pour cheffer », après tout.

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Appel à témoignages : le couvre-feu, le télétravail et les conditions sanitaires pèsent durement sur votre moral ? Racontez-nous

Depuis le premier confinement, en mars, vous avez dû vous mettre au télétravail avec les moyens du bord ou bien avez été contraint·e au chômage partiel. Etudiant·e, vous avez dû vous résoudre à suivre les cours à distance. Chef d’entreprise, commerçant·e, indépendant·e, vous avez vu votre activité se réduire en raison des conditions sanitaires.

La crise économique, l’épidémie, la limitation des contacts sociaux ou encore le manque de perspectives minent votre moral et vous dépriment. Qu’est-ce qui vous pèse le plus ? Comment cela se traduit-il dans votre quotidien, personnel et professionnel ? Comment tenez-vous ? Racontez-nous.

Votre témoignage, que nous lirons avec attention, pourra être utilisé dans le cadre d’un article à paraître dans Le Monde sur ce sujet. N’oubliez pas de mentionner un numéro de téléphone, ainsi qu’une adresse électronique que vous consultez souvent, nous pourrions être amenés à vous contacter pour des précisions. Votre anonymat pourra être préservé, si vous en faites la demande.

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Mal-être dans les réseaux bancaires, les démissions se multiplient

Aujourd’hui, la majorité des salariés du secteur ne quittent plus leur banque au moment de la retraite, mais parce qu’ils vont voir ailleurs.

Depuis que, le 7 décembre 2020, la Société générale a acté la fusion de son réseau de banques de proximité avec celui de sa filiale du Crédit du Nord, pour réaliser des économies, Elodie (le prénom a été changé), conseillère clientèle dans une agence bancaire des Hauts-de-France, espère que son poste sera supprimé. « Cela me permettrait de partir avec une enveloppe. On est plusieurs à le souhaiter », assure-t-elle. « Je n’aime plus du tout mon métier, je me sens en permanence sous pression, celle de la direction et celle des clients », poursuit la jeune femme de 36 ans, entrée à la Société générale en 2004.

« Il ne faut pas se voiler la face, nous sommes des vendeurs, pas des conseillers », déplore-t-elle, en pointant la grille d’objectifs de produits d’assurance, de prévoyance, d’épargne ou de crédits à placer et de comptes à ouvrir. « On ne touche plus de commissions à l’unité, mais, naturellement, on oriente les clients vers les produits pour lesquels nous sommes en retard sur nos objectifs. »

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Elodie consulte déjà une conseillère en réorientation professionnelle de Pôle emploi et n’attendra peut-être pas la fusion des réseaux pour démissionner. Elle n’est pas un cas isolé. « Ma mission est de préserver l’emploi, c’est triste d’observer que de plus en plus de salariés viennent me voir pour savoir comment quitter la banque avec un chèque », constate Marc Durand représentant du syndicat FO pour la Société générale.

« On est pris entre le marteau et l’enclume »

Installé dans l’est de la France, Thomas (son prénom a été changé), la trentaine, vient de démissionner de son poste de directeur d’agence chez LCL pour devenir conseiller en gestion de patrimoine dans une banque mutualiste. Lui non plus ne supportait plus la course aux objectifs. « Dix-huit rendez-vous clients par semaine, et il va de soi qu’un client ne peut pas repartir sans rien, ou alors c’est qu’on ne sait pas faire notre job et susciter le besoin, dit-il. Sans tenir compte du poids croissant des tâches administratives. »

Comme de nombreux confrères, le jeune banquier compose avec les bogues et les lenteurs informatiques. « Il y a encore deux ans, on fonctionnait encore au fax dans l’agence, affirme-t-il. Le vernis des belles applis, c’est pour le client, mais, en interne, les procédures sont complexes dès qu’on sort des cases, et cela arrive souvent. Les dossiers que l’on envoie pour un traitement en back-office tombent dans une boîte collective, on ne peut pas faire de suivi. »

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Hôpital, télétravail, santé au travail… comment l’épidémie de Covid-19 a ranimé le dialogue social

Analyse. Avec la violence de la crise sanitaire, doublée d’une crise économique d’ampleur inédite, les syndicats sont sur la défensive. Face à l’avalanche de licenciements et de plans sociaux dans les entreprises, ils se retrouvent le dos au mur et cherchent d’abord à limiter la casse. « Nous avons impulsé une “boîte à outils”, assure Frédéric Homez, secrétaire général de la fédération FO des métaux, avec un ensemble de mesures pour aider les entreprises et les salariés à passer ce mauvais cap conjoncturel. »

Mais alors que les accords nationaux interprofessionnels (ANI), qui ont illustré les grandes heures de la démocratie sociale, ont disparu du paysage depuis celui du 22 février 2018 sur la formation professionnelle, ils ont resurgi en 2020. Effet paradoxal de la crise, on a assisté au niveau national à une amorce de déconfinement du dialogue social. « La négociation collective et le dialogue social sont les meilleurs outils pour redonner de l’espoir aux salariés et aux entreprises », plaide M. Homez.

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Le mythe des accords de Grenelle

Trois grands accords – chacun d’une nature différente – ont été signés en 2020. Depuis cinquante ans, tous les gouvernements, de droite comme de gauche, se sont inspirés de la conférence de Grenelle, qui, en mai 1968, sous la houlette de Georges Pompidou, avait réuni pendant vingt-cinq heures, les syndicats et le patronat pour sortir de la crise sociale. Ils ont ainsi entretenu le mythe des accords de Grenelle, alors que le relevé de conclusions issu de ces discussions n’avait recueilli aucune signature syndicale.

La crise sanitaire a mis en lumière le malaise de l’hôpital public et les souffrances des soignants. Il y avait urgence à agir. Emmanuel Macron a donc sorti de sa hotte un Ségur de la santé, un Grenelle au format long qui s’est traduit par une concertation entre le gouvernement et les syndicats, du 25 mai au 10 juillet 2020, animée par Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, afin de « poursuivre la modernisation du système de santé et améliorer le quotidien des soignants ».

Les syndicats non représentatifs dans l’hôpital public, comme la CFTC, ont été tenus à l’écart. Fruit de ces échanges, un texte a été mis sur la table, prévoyant notamment une revalorisation de 8,2 milliards d’euros pour les métiers des établissements de santé. A la différence du Grenelle de mai 1968, il a été signé par le premier ministre, Jean Castex, le ministre de la santé, Olivier Véran, une majorité de syndicats – CFDT, FO et UNSA – et des représentants des personnels médicaux de l’hôpital public. Sa mise en œuvre fait l’objet de critiques mais il a répondu en partie aux attentes des soignants.

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Dans les restaurants clandestins : « Il fait gaffe quand même, y a toujours quelques poucaves »

Dans un restaurant parisien, le 14 octobre 2020.

En janvier 2021, pas besoin d’aller chercher bien loin pour jouer les gangsters : il suffit de commander un couscous merguez et un bordeaux qui râpe dans un troquet de la banlieue ouest. Quartier pavillonnaire, pas rebelle pour deux sous mais où l’on peut revivre la vie d’avant et qui reviendra bien un jour. Pas avant mi-février, soit au moins quinze semaines de fermeture.

Pour « Tonton Hakim » − les prénoms ont été changés −, l’échéance est trop lointaine. C’est un taxi rencontré avant les fêtes, quand l’on se languissait déjà d’une pause déjeuner. Des « restos clandestins », il pourrait en faire un guide − cela pourrait fâcher. Il faut appeler de sa part. Au téléphone, on décline identité et profession, et l’on réserve pour quatre.

Le bistrot, à quelques minutes d’une station de RER, affiche « Vente à emporter ». Mais le vendredi et samedi midi, c’est aussi couscous sur place. « Tonton Hakim » est là, comme une douzaine de personnes massées dans la petite salle au carrelage blanc. Chacun porte un masque qui protège très bien le menton, moins le reste du visage. On se serre la main et c’est le grand frisson.

Pas de frites, pour éviter les odeurs

Derrière le comptoir s’active Sofiane, seul aux commandes. C’est un zinc pas branché mais fidèle au poste, où chaque chose est à sa place, des bouteilles d’apéritifs à la calculette posée à côté de la caisse. Pour la forme, il a scotché l’arrêté CAB/DS/BSI n° 2020-812, portant sur le renforcement du protocole sanitaire dans les établissements. On avait oublié ces bruits réconfortants, la sous-tasse que l’on pose sur le zinc, le café que l’on moud, les rires gras nourris au ballon d’aligoté. Sofiane n’a jamais fermé : durant le premier confinement, ses tabourets hauts étaient toujours debout face au comptoir.

« Il y a un moment, il faut les soutenir, sinon il y aura une révolution » Une cliente clandestine

Entre deux murs, il a tendu un drap noir comme un cache-sexe, tenu par trois pinces à linge mais entrouvert sur le saint des saints : l’arrière-salle, où l’on peut poser ses fesses sur une banquette en Skaï et son assiette sur une table en bois. Ce midi, Sofiane servira huit couscous généreux. Deux amis que l’on devine retraités partagent une bouteille de champagne, puis deux. Que fêtent-ils ? « La Saint-Bonheur ! » Ils se régalent là plusieurs fois par semaine, sans règle fixe ni mauvais prétexte.

Il dit que, en ville, « ça parle » : son nom circule. Plutôt en bien, assure-t-il, même si « Tonton Hakim » s’inquiète parfois pour lui : « Il fait gaffe quand même, y a toujours quelques poucaves [délateurs] qui vivent en 1939-45. » Le propriétaire des murs est dans le coup, il passe parfois. Pour se protéger des indésirables, le cuisinier, serveur et gérant ne fait pas de frites : trop d’odeurs.

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Covid-19 : le couvre-feu à 18 heures alarme les commerçants

Un magasin de fleurs à Paris, le 24 décembre 2020.

Mauvaise nouvelle pour les commerces. Le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, jeudi 14 janvier, que sur tout le territoire « le couvre-feu s’appliquera[it] à compter de 18 heures à partir de ce samedi pour au moins quinze jours ». Tous les lieux recevant du public, dont les commerces, devront fermer à 18 heures, a-t-il déclaré. Comme depuis le 28 novembre, ces derniers ne pourront pas accueillir plus d’un client pour 8 m² de surface de vente.

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Le secteur est déjà affaibli par deux confinements en 2020 et une diminution de l’envie de consommer chez les Français. « Nous comprenons les raisons sanitaires, mais il y aura un impact fort sur un certain nombre de commerces », estime Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). « C’est une nouvelle mesure qui va d’autant plus affecter la consommation dans son ensemble qu’elle s’étend aujourd’hui à des grandes agglomérations », renchérit Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce.

Une autre clientèle

« Les enseignes de l’habillement réalisent jusqu’à 20 % de leur chiffre d’affaires au-delà de 18 heures », explique M. Petiot. Les grandes surfaces alimentaires considèrent quant à elles que la nouvelle mesure pénalisera les « 30 % du chiffre d’affaires qui se font après 17 heures », selon M. Creyssel. Car le temps que les gens rentrent chez eux avant le couvre-feu, les enseignes estiment que la fréquentation des magasins baissera dès 17 heures.

Frédéric Merlin, président de la Société des grands magasins, propriétaire de centres commerciaux, explique que ses « centres de Mulhouse et Châlons-en-Champagne sont déjà touchés par des mesures de couvre-feu depuis quelques jours. Nous nous sommes adaptés en proposant à nos commerçants d’ouvrir plus tôt le matin et en communiquant avec les villes sur nos offres, mais cela ne compense pas la fermeture à 18 heures, ni en fréquentation ni en chiffre d’affaires ».

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Car en fin de journée, c’est une tout autre clientèle : « Ce sont souvent des clients qui viennent après leur travail, non pas pour flâner comme en journée, mais pour faire des achats, souvent “plaisir” et généralement plus importants une bouteille de vin, un plat au rayon traiteur, un cadeau ou une urgence avant de rentrer… Et ils ne vont pas pouvoir quitter le bureau plus tôt pour passer. » Frédéric Merlin s’inquiète également du « climat de morosité qui s’installe avec chaque période de couvre-feu, inscrivant nos clients dans un schéma de travail uniquement, où les loisirs et les achats “plaisir” ne font plus partie du quotidien ».

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L’éditeur de « Cyberpunk 2077 » présente ses excuses et promet d’améliorer les conditions de travail de ses salariés

Le cofondateur de CD Projekt, Marcin Iwinski.

Un peu plus d’un mois après la sortie de la superproduction Cyberpunk 2077, jeu vidéo le plus attendu de 2020 et ayant créé la polémique en raison de nombreux problèmes techniques, le studio CD Projekt a de nouveau présenté ses excuses aux consommateurs.

Dans une vidéo publiée mercredi 13 janvier, le PDG de l’entreprise polonaise, Marcin Iwinski, a reconnu que « la version console de Cyberpunk 2077 n’a pas atteint le standard de qualité que l’on voulait ».

Sorti le 10 décembre sur PC et console après plus de cinq ans de développement, Cyberpunk 2077 a fait l’objet de nombreuses critiques en raison du grand nombre de ses bugs et problèmes techniques. Sur les anciennes générations de consoles, et notamment sur les premières PS4 et Xbox One, Cyberpunk 2077 rencontre une foule de défauts techniques, alors même que ces consoles sont parmi les plus vendues et utilisées par les joueurs. Cette situation a conduit Sony a retirer le jeu du Playstation Store, son magasin en ligne pour acheter des jeux dématérialisés. Plusieurs magasins, dont la boutique en ligne de Microsoft, ont même proposé un remboursement sans condition aux joueurs qui avaient acheté le jeu sur PS4 ou Xbox One. « Moi-même et toute l’équipe dirigeante sommes profondément désolés », a assuré mardi Marcin Iwinski.

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Des versions console montrées au dernier moment

Avant la sortie d’un jeu, le studio envoie généralement en avance des copies à la presse afin que les journalistes spécialisés puissent publier une critique de l’œuvre le jour de la sortie. Dans le cas de Cyberpunk 2077, les premières copies envoyées par CD Projekt étaient exclusivement les versions PC du jeu, qui rencontraient assez peu de problèmes. Les journalistes n’ont reçu que plus tardivement les versions pour consoles, sur lesquels les défauts techniques étaient bien plus importants.

Dans sa vidéo d’excuse, Marcin Iwinski a reconnu que les copies des versions pour consoles (comme la PS4 et la Xbox One) n’ont été envoyées que deux jours avant la sortie du jeu car le studio continuait de travailler dessus « jusqu’au dernier moment ». Cependant, comme le souligne la presse spécialisée, le cofondateur de CD Projekt ne mentionne pas le fait que, deux semaines avant la sortie du jeu, l’entreprise assurait aux investisseurs que Cyberpunk 2077 fonctionnait « très bien » sur les machines d’anciennes générations.

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CD Projekt s’engage de nouveau à éliminer le « crunch »

Dans la vidéo publiée mercredi, le PDG du studio confirme que le studio va travailler sur les futures mises à jour de Cyberpunk 2077 prévues pour l’année 2021, à la fois pour corriger les problèmes techniques du jeu et pour ajouter du contenu additionnel. Marcin Iwinski a prévenu mercredi que certaines de ces mises à jour ont été retardées de quelques mois.

Dans un communiqué publié le même jour, le cofondateur de CD Projekt a assuré que ce travail s’effectuera sans que les employés aient à faire « des heures supplémentaires obligatoires », ajoutant qu’éviter « le crunch pour nos futurs projets est une de nos principales priorités ». Le studio polonais est réputé pour imposer des conditions de travail éprouvantes à ses employés, et à pratiquer un « crunch » intensif, nom donné dans l’industrie du jeu vidéo à ces périodes où les développeurs peuvent enchaîner de longues journées et faire des semaines de six ou sept jours de travail pour terminer un jeu.

En 2019, déjà, Marcin Iwinski avait promis, auprès du site spécialisé Kotaku, d’améliorer les conditions de travail de ses salariés, en ne rendant plus le « crunch » obligatoire. L’année suivante, le site Bloomberg révélait cependant que le studio imposait des semaines de six jours aux employés travaillant sur Cyberpunk 2077.

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« Il s’agit de permettre une nouvelle implication pour les “décrocheurs de la citoyenneté” »

Tribune. La fracture de confiance démocratique que nous traversons résulte d’un phénomène que l’on pourrait qualifier de « décrochage citoyen ». Ne se sentant pas entendue, une part grandissante de l’électorat se persuade que le système fonctionne contre ses intérêts et cesse de participer à la vie démocratique de la nation.

Face à ce phénomène de désaffection, les pouvoirs publics multiplient les tentatives de démocratie directe… avec un succès mitigé. Ainsi, les déboires du président de la République avec la convention citoyenne pour le climat ont mis en évidence toutes les difficultés de marier la démocratie directe avec l’affirmation d’un pouvoir exécutif efficace.

Des participants frustrés

Les dirigeants publics, qui utilisent sans modération le terme de « pédagogie », semblent aujourd’hui découvrir des sujets pourtant largement théorisés dans les écoles et maîtrisés dans les entreprises – et frustrent ainsi les attentes des participants. Faisons donc un peu de pédagogie !

La convention citoyenne reposait sur une construction bien connue que l’on nomme « apprentissage par les pairs ». Cette approche est effectivement très puissante pour faire émerger des solutions dites « en dehors de la boîte ». Dans ce cas, les différents métiers de l’entreprise (commerciaux, opérationnels, support…) sont sollicités pour résoudre un problème global et faire émerger des approches innovantes.

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Le management s’efface d’abord pour encourager la créativité, mais prend ensuite appui sur ces précieux apports pour initier le changement et, surtout, engager les collaborateurs dans la transformation ainsi dessinée. Il s’agit là de la seconde vertu de cette approche, sans doute la plus essentielle.

La limite bien connue de cette pédagogie est toutefois que les solutions proposées peuvent être contraires aux principes fondamentaux de l’entreprise, voire tout simplement illégales. Il est donc nécessaire de ne pas recourir à l’apprentissage par les pairs lorsque les finalités sont normatives, ou alors de poser clairement en amont le principe d’une régulation ex post par la direction. Le « sans filtre » ne saurait donc convenir.

Adapter le message

Cette régulation est d’ailleurs le plus souvent bien comprise des collaborateurs de l’entreprise, comme elle le serait sans doute des citoyens. L’essentiel est que les contributeurs acquièrent la conviction qu’ils ont effectivement et utilement contribué, ce qui rejaillira sur leur propre appropriation de la transformation. Le sujet est bien connu de toutes les directions des ressources humaines d’entreprises, qui mobilisent ensuite ces relais internes pour diffuser la dynamique du changement.

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Le Covid-19 provoque le retour en force des préretraites

Maudit Covid-19. A cause des restrictions sanitaires pour juguler l’épidémie, Dominique a dû abandonner l’idée d’un pot de départ digne de ce nom, le jour où il a définitivement arrêté de travailler. C’était le 8 décembre 2020. Une consolation, tout de même : un petit-déjeuner a été organisé dans son service avec « dix à douze » collègues. On lui a remis des bons-cadeaux et le directeur des ressources humaines s’est fendu d’un discours pour le saluer. « C’était fort agréable », confie-t-il.

Alors qu’il fêtera ses 60 ans dans quelques mois, Dominique quitte l’usine Bosch d’Onet-le-Château (Aveyron), à la lisière de Rodez, où il avait été embauché comme technicien de maintenance en 1986. De son parcours chez le fabricant de pièces automobiles pour moteur diesel, il parle avec enthousiasme : « Je me suis éclaté », lance-t-il en évoquant plusieurs déplacements professionnels à l’étranger et l’autonomie dont il jouissait pour accomplir ses tâches.

Mais des nuages menaçants ont grossi au-dessus du site aveyronnais de Bosch. Année après année, la production a décliné avec l’érosion des ventes de véhicules roulant au gasoil. Et la récession en cours n’a rien arrangé. L’hypothèse d’une fermeture a même été évoquée, il y a quelques mois.

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Dominique n’a donc pas hésité longtemps quand la direction a présenté, à la mi-2020, un dispositif dit d’« aménagement de fin de carrière ». Fondé sur le volontariat, celui-ci permet aux salariés les plus âgés de stopper leur activité, tout en continuant d’être payés par Bosch à hauteur, environ, de 80 % de leur rémunération, et d’avoir droit à divers avantages octroyés à l’ensemble du personnel : mutuelle d’entreprise, offre de loisirs et de voyages à tarifs réduits, proposée par le comité social et économique (CSE), etc.

Séduire le plus grand nombre

Le mécanisme fonctionne jusqu’au jour où les intéressés ont suffisamment cotisé pour partir à la retraite, au taux plein. Y sont éligibles tous ceux qui sont nés avant le 1er janvier 1963 et qui se trouvent à 48 mois ou à moins de 48 mois de l’âge auquel ils peuvent prétendre à une pension sans décote. « La mesure pourrait concerner jusqu’à 130 postes, en équivalent temps plein, précise une porte-parole de la direction. Les départs s’effectueront en deux vagues durant l’année 2021, en fonction de l’âge des bénéficiaires. »

Tout a été fait « pour que les gens acceptent », résume Dominique en décrivant un dispositif qui cherche à séduire le plus grand nombre. « Je suis très content de m’en aller et de démarrer une nouvelle vie », poursuit-il, sachant que ses liens avec l’usine ne sont pas entièrement rompus : élu du personnel sous la casquette CFE-CGC, il continuera d’exercer son mandat jusqu’en novembre 2022.

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Le personnel du quotidien « L’Equipe » entre dans son cinquième jour de grève

Dans d’autres circonstances, les lecteurs de L’Equipe auraient ouvert leur quotidien sportif, ce mercredi 13 janvier, avec la certitude d’y faire le plein d’infos au sujet de l’affiche du soir, la finale du Trophée des champions qui oppose, en football, le Paris-Saint-Germain à l’Olympique de Marseille. Au lieu de quoi ils constateront que, pour la cinquième journée consécutive, leur journal n’est pas sorti. Lancée vendredi 8 janvier à l’appel de l’intersyndicale (SNJ, SNJ-CGT, UFICT-CGT, SGLCE-CGT) et reconduite chaque jour à 16 heures depuis lors, une grève se poursuit, sans qu’il soit encore possible d’entrevoir son issue.

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Les salariés (plus des trois quarts parmi les effectifs permanents hors hiérarchie ont cessé le travail, selon les syndicats) protestent contre le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) lancé cet automne au sein de la SAS L’Equipe, la société par actions simplifiée qui rassemble L’Equipe, L’Equipe Magazine, Lequipe.fr, France Football, Vélo Magazine – mais pas la chaîne de télévision L’Equipe. Entre 50 et 60 emplois sont menacés, tandis qu’une douzaine de postes devraient être créés afin d’accélérer le recrutement d’abonnés payants.

La direction estime que « l’impact social net » se limitera ainsi à 35 postes de journalistes en CDI et 8 postes administratifs (sur un effectif total d’environ 350 personnes), mais les syndicats rappellent que les cinq permanents du supplément Sport & Style (qui relève d’une autre entité juridique), condamné à la disparition, vont également être licenciés, et que des dizaines de pigistes seront touchés.

« Mesurettes »

Au total, ce PSE est censé susciter entre 5 et 6 millions d’euros d’économies et pallier une situation financière dégradée par les circonstances de l’année 2020. « Si rien ne devait être fait, rappelle ainsi la direction, les projections de pertes pour les quatre années à venir seraient de 6 millions d’euros pour 2021, 7 millions pour 2022, et à plus de 10 millions pour 2023 et 2024. » Des prévisions qui tiennent compte du calendrier d’événements sportifs des années à venir, réputé favorable, souligne-t-elle.

Le plan de relance éditorial qui accompagne ce PSE ne convainc pas davantage les salariés. Ils l’ont fait savoir la semaine dernière par le biais de lettres envoyées, service par service, à leur hiérarchie. A leurs yeux, l’ambition affichée se résume à « faire mieux avec moins ». « Les gens lisent L’Equipe parce qu’ils y trouvent des articles de spécialistes, estime Francis Magois, délégué syndical SNJ. Si on écrabouille la force de production, et si on supprime les petits sports, c’est la mort ! »

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