Après un recul de 9,5 % en 2020, l’économie française rebondirait de 7,1 % en 2021, selon l’OFCE

Dans un hypermarché, à Illiers-Combray (Eure-et-Loir), le 16 mars.

Selon les estimations de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), publiées vendredi 11 décembre, la crise liée au Covid-19 aura entraîné, sur l’année 2020, une « perte, jamais observée depuis la fin de la seconde guerre mondiale », de 191 milliards d’euros pour l’économie française. Elle se traduira par un recul du PIB de 9,5 % sur l’ensemble de l’année, un chiffre légèrement plus pessimiste que l’hypothèse établie par l’Insee. Les statisticiens nationaux estimaient, en effet, dans une note publiée le 2 décembre le recul du produit intérieur brut (PIB) à 9 % sur l’ensemble de l’année.

Cette perte d’activité historique pèse de manière très inégale sur les agents économiques. L’Etat et les administrations publiques absorbent environ les deux tiers de cette baisse d’activité. Arrivent ensuite les entreprises, qui subissent un peu moins d’un tiers du choc. Les ménages et les entrepreneurs individuels sont plus préservés (4 % du choc).

Perte de plus de 790 000 emplois salariés fin 2021

L’OFCE table sur l’hypothèse – fragile compte tenu de la situation très évolutive – qu’il n’y aura pas de nouveau confinement, et que la vaccination permettra de revenir à une situation quasi normale à compter du second semestre 2021. Dans ce scénario « idéal » et compte tenu de l’impact attendu du plan de relance, le rebond de l’activité atteindrait 7,1 %. Un chiffre qui ne permettra pas toutefois de revenir au niveau d’avant-crise. « Le PIB, au quatrième trimestre 2021, serait encore inférieur de 1,4 % à celui de fin 2019, et ce, malgré le plan de relance qui contribue à améliorer le PIB de 1,1 % en moyenne en 2021 », soulignent les économistes de l’OFCE. Si l’on compare le niveau du PIB à la fin 2021 à celui issu de la trajectoire potentielle tracée avant la crise, l’écart de production négatif approche les 5 % au quatrième trimestre 2021.

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Ce « retard de production » se traduira par la perte de plus de 790 000 emplois salariés fin 2021, dont 180 000 seraient associés à l’accroissement des faillites d’entreprises. Le taux de chômage atteindra 10,6 % de la population active fin 2021, soit une hausse de 1,1 point sur un an, et de 2,5 points par rapport au dernier trimestre de 2019.

Les ménages continuent à épargner

L’année 2020, elle, devrait se solder sur une hausse du taux de chômage de 0,5 point au quatrième trimestre, pour atteindre 9,5 % de la population active. Mais cette hausse contenue du chômage cache des phénomènes inédits : le chômage partiel limite les inscriptions au chômage, tandis que de très nombreuses personnes renoncent à chercher du travail, soit en raison d’une forte vulnérabilité à la maladie, soit en raison des fermetures administratives des entreprises susceptibles de les embaucher et qui les incitent à se retirer temporairement du marché du travail. L’OFCE estime que ces phénomènes améliorent artificiellement le taux de chômage de 0,6 point.

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Du côté des finances publiques, avec une perte de PIB de 9,5 % et des mesures d’urgence représentant 3,3 points de PIB, le déficit public s’établirait à 9,8 % du PIB en 2020 et la dette publique atteindrait 117 % du PIB. En 2021, sous l’effet d’un rebond de l’activité et de mesures budgétaires moins coûteuses qu’en 2020, le déficit public se redresserait à 6,5 % du PIB, et la dette publique serait quasiment stable, pour s’établir à 116 % du PIB.

Par ailleurs, les ménages continuent à épargner. Après avoir accumulé 62 milliards d’euros supplémentaires au premier semestre, ils devraient mettre de côté 27 milliards de plus au second, pour atteindre 89 milliards sur l’ensemble de l’année.

« Eloge de la grève », ce formidable levier capable de soulever le monde

Livre. Il est bien des façons de glorifier la grève. Retour historique, essai sociologique, biographies express de héros minuscules de cette mise en pause qui déjoue les pouvoirs en place et laisse entrevoir un autre monde. Utopie fugitive dont la trace s’efface sitôt repris le cours ordinaire du quotidien, elle se lit comme une saynète prolétarienne récurrente, une émotion populaire souvent printanière dont ne subsiste au mieux qu’une poésie éphémère, de tracts en affiches, de slogans en graffitis. Comme l’indice d’une conjuration impuissante de l’ordre du monde.

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Pour le journaliste Léonard Vincent, aucune de ces options ne peut seule rendre compte de ce formidable levier capable de « soulever le monde », pour reprendre le projet d’Archimède. Aussi multiplie-t-il les approches et conjugue-t-il les registres, toujours sensibles, pour célébrer ce « geste de haute civilisation » réduit aujourd’hui souvent à la perception d’« une procédure réglementée, une péripétie mesurable de l’actualité ».

Le ton est donné et le projet clairement établi : voici « un livre Molotov à l’usage des timides, des affligés et des gueulards ». A l’origine, une commande traitée en une variation poétique que Léonard Vincent publia en mai 2018 et dont la lecture filmée de Jean-Pierre Darroussin assura la large diffusion dès l’hiver suivant, quand le pays s’enflamma autour du projet de réforme des retraites.

D’Achille à Gandhi

Aujourd’hui, voici sa reprise en volume qui donne une nouvelle vigueur à cette défense et illustration du retrait civique dont le but avoué, dans le blog de l’auteur, n’est rien moins que de « mettre le feu au sein des foules sentimentales, allumer la mèche d’une guirlande de pétards dans les jambes des flics et des ministres ». L’épisode du Covid-19 est passé par là et avec lui, après l’acceptation des restrictions drastiques des libertés individuelles pour urgence sanitaire, la tentation de la grève du consentement. Celle dont Gandhi fit naguère le ciment d’une masse invisible et sans voix jusqu’à ébranler les inoxydables certitudes des aspirants à l’Olympe.

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Ouvrant sa célébration de la grève par la voix de Rabelais et l’épisode des paroles gelées du Quart Livre paru en 1552 (paroles vives de l’expérience vécue face à celles gelées du livre où les couleurs fascinent mais peinent à se faire comprendre), Léonard Vincent se fait l’aède d’une épopée millénaire. L’évocation commence sagement par une quête des origines. Attestées ou mythiques. Eloge des anonymes, ces cent-vingt ouvriers attachés à monter la tombe royale de Ramsès II qui cessèrent le travail parce qu’on ne les avait pas payés depuis près de vingt jours – ils obtinrent gain de cause et même l’éphémère recul de la corruption, sans pour autant mériter de figurer dans l’histoire au côté des princes qui les exploitaient (« il aurait fallu que les maçons se fassent assassins, créatures sacrificielles, traîtres à la patrie » pour avoir ce douteux privilège).

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Mobilisation contre « Hercule », le projet de réorganisation d’EDF

Les quatre fédérations syndicales viennent en outre d’écrire aux grandes associations d’élus du pays « pour les alerter sur les multiples dangers du projet de démantèlement d’EDF ».

Alors que les salariés ne désarment pas contre le projet « Hercule » de scission d’EDF en trois entités, plus de 27,3 % de l’effectif total d’EDF étaient en grève, jeudi 10 décembre à la mi-journée, à l’appel des syndicats de l’énergie, selon la direction de l’électricien. « La proportion de grévistes dans les équipes de conduite de la nuit et du matin des centrales nucléaires (environ 900 salariés) est de 90 % », a indiqué Thierry Zehnder, coordinateur des luttes à la Fédération nationale des mines et de l’énergie CGT.

Des barrages filtrants ont été mis en place tôt jeudi matin dans plusieurs centrales, dont celle de Penly (Seine-Maritime), où une cinquantaine de grévistes ont organisé un cortège funèbre avec cercueil et couronne pour « Hercule ».

Selon Sébastien Michel, secrétaire fédéral FCE-CFDT, la mobilisation est également importante chez Engie dans les infrastructures gazières, qui craignent l’impact d’une future réglementation excluant le gaz des bâtiments neufs. CGT, CFE-CGC, CFDT et FO avaient mobilisé fortement le 26 novembre, avec 23 % de grévistes chez EDF à la mi-journée (31,56 % en fin de journée), selon la direction.

« Alerter sur les multiples dangers du projet de démantèlement d’EDF »

Alors que la presse fait état d’un accord entre l’Elysée et Bruxelles sur la scission d’EDF, les fédérations syndicales ont interpellé, la semaine dernière, les députés et les sénateurs dans une lettre ouverte. Dans une rare unanimité, des députés des groupes socialiste, Les Républicains, La France insoumise et Liberté et Territoires ont rejoint mardi une conférence de presse des élus communistes pour s’opposer à ce projet de réorganisation de l’électricien.

Les quatre fédérations syndicales viennent, en outre, d’écrire aux grandes associations d’élus du pays « pour les alerter sur les multiples dangers du projet de démantèlement d’EDF ».

Le projet « Hercule » prévoit de scinder EDF en trois entités : une entreprise publique (EDF bleu) pour les centrales nucléaires, une autre (vert) cotée en Bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables et une troisième (azur) qui coifferait les barrages hydroélectriques dont les concessions seraient remises en concurrence sous la pression de Bruxelles.

« Total, Engie et les grands énergéticiens européens sont déjà en embuscade », selon le quotidien Libération, qui, mercredi, assure que les négociations avec Bruxelles sont terminées. Interrogée mercredi au Sénat, la secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la transition écologique, Bérangère Abba, a assuré que la négociation se poursuivait :

« Le souhait du gouvernement n’est évidemment pas de déstabiliser un des fleurons industriels français (…). Seulement nous devons nous assurer que le groupe dispose d’un cadre de régulation adapté et de capacités d’investissements qui sont accrues pour participer pleinement à la transition. »

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Le Monde avec AFP

Covid-19 : les « travailleurs-clés » du premier confinement surreprésentés en Seine-Saint-Denis

Dans un centre de dépistage du Covid-19, à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, le 4 novembre.

Les travailleurs franciliens n’ont pas été tous égaux face au premier confinement et à l’exposition aux risques de contracter le Covid-19. C’est ce que documente une étude publiée, mercredi 9 décembre, par l’observatoire régional de santé (ORS) d’Ile de France. Si, mi-mars, une partie de la population a basculé en télétravail ou au chômage partiel, l’ORS estime que plus de 700 000 travailleurs d’Ile-de-France ont continué à se rendre sur leur lieu de travail « au bénéfice de la collectivité, mais au risque de leur santé ».

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« Qui sont ces travailleurs-clés ? », s’est interrogé l’ORS, qui a retenu 35 métiers, dont 20 « particulièrement exposés », parce qu’au contact direct de malades du Covid-19, ou parce qu’ils engendrent « de nombreux contacts sociaux ». Parmi eux, les travailleurs de la santé, à l’hôpital et en ville, le personnel funéraire, les commerçants désignés comme « essentiels » bouchers, boulanger, buralistes et leurs personnels, mais aussi les livreurs, agents de propreté, facteurs, conducteurs de transport public, les pompiers et forces de l’ordre.

« Inégalités face à l’épidémie »

Ainsi, sur les 700 000 Franciliens qui ont continué à se rendre à leur travail, 500 000 ont été « plus particulièrement exposés », soit 9 % des actifs d’Ile-de-France, mais qui se répartissent de façon hétérogène sur le territoire. Ainsi, la Seine-Saint-Denis est le département où ils sont les plus nombreux en proportion des actifs (12 %). A l’inverse, ils ne sont que 7 % à Paris.

Par ailleurs, si 38 % des « travailleurs-clés » franciliens travaillent dans un département différent de celui de leur résidence, ils sont 49,4 % en Seine-Saint-Denis.

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Or, en Ile-de-France, c’est ce département qui a connu le taux de surmortalité le plus fort durant le pic de l’épidémie (entre le 1er mars et le 19 avril), à 130 % contre 74 % à Paris. Si ces données ne suffisent pas à établir un lien de causalité, précise l’ORS, prudent, le nombre de travailleurs-clés particulièrement exposés au risque sanitaire et à la forte mobilité pourrait être un facteur parmi de nombreux autres « ayant pu contribuer à des inégalités face à l’épidémie ». Ce que d’autres études en cours tenteront de mettre en évidence.

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Les salariés de la raffinerie Total de Grandpuits en grève contre le projet de reconversion

La raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne, le 6 janvier 2020.

Les salariés de la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-et-Marne) ont entamé, jeudi 10 décembre à 6 heures du matin, une grève de quarante-huit heures pour protester contre le projet de reconversion du site lancé par le groupe pétrolier, lequel prévoit notamment la suppression de 150 emplois directs.

« Aucun carburant ne sortira d’ici à samedi 6 heures. Il n’y aura pas d’expédition de camions de la plate-forme de Grandpuits ni du dépôt de Gargenville (Yvelines) », affirme Adrien Cornet, délégué CGT (majoritaire). L’appel à la grève a été voté par l’intersyndicale CGT, FO et la CFDT lors d’une assemblée générale qui s’est tenue mercredi après-midi. Jeudi, les organisations syndicales du site revendiquent plus de 70 % de grévistes chez les personnels postés. Les expéditions de carburant avaient déjà été bloquées le 13 et 29 octobre.

Lire le détail du projet : Grandpuits : Total ferme la raffinerie et promet une plate-forme « zéro pétrole »

Total a annoncé fin septembre son intention de cesser le raffinage sur son site historique dès le début de 2021 et son projet d’investir 500 millions d’euros pour le reconvertir d’ici à 2024 en « plate-forme zéro pétrole » destinée à la production d’agrocarburants. Une usine de « bioplastique », fabriqué à partir de sucre, biodégradable et recyclable, sera également implantée, ainsi qu’une usine de recyclage de plastique et deux centrales photovoltaïques. Le projet prévoit de maintenir 250 postes sur les 400 que compte aujourd’hui Grandpuits. Total a assuré qu’il n’y aurait aucun licenciement sec, mais des départs à la retraite anticipée et des mobilités internes vers d’autres sites.

« Nos mots d’ordre sont clairs : c’est zéro suppression d’emplois et un projet d’ampleur pour la transition écologique. On veut sortir des énergies fossiles, mais on ne le fera pas contre l’emploi », précise Adrien Cornet, qui s’inquiète notamment de l’impact chez les sous-traitants. « Pour un emploi chez nous, c’est 4 ou 5 en sous-traitance, estime le délégué CGT. Donc selon nous, ce sont 700 emplois en tout, chez Total et dans la sous-traitance, qui sont menacés ! » Le groupe pétrolier assure en outre que le chantier créera 1 000 emplois au niveau local au cours des trois années à venir. Mais les syndicats estiment cette annonce « pipeau » : ces emplois « ne dureront que trois ans, le temps de transformer la plate-forme ! »

« Fermer, c’est augmenter les importations »

Le 19 novembre, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s’était rendu à Grandpuits pour une heure d’information syndicale avec les travailleurs du site. « Il faut réussir à contredire les propos de la direction de Total qui se présente comme championne de l’environnement, déclarait-il ce jour-là au Monde. C’est d’abord de la communication, d’un groupe qui continue de privilégier les actionnaires au détriment de l’emploi. Il nous faut travailler sur un projet alternatif pour le site, qui conjugue au contraire l’industriel et le social. »

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En France, le dessin animé recrute toujours

« Cherche une centaine de techniciens pour réaliser des séries d’animation. Lieux de travail : Paris ou Angoulême. Prise de fonction immédiate. » Eh oui ! Dans ce marasme culturel où des pans entiers de l’économie restent à l’arrêt, le dessin animé recrute toujours.

Le studio Superprod va augmenter ses effectifs de 150 à 250 salariés. Selon son cofondateur, Jérémie Fajner, ces embauches permettront d’honorer les deux dernières commandes signées avec Netflix : une série d’animation d’aventure fantastique, Spirit Rangers, sur les Amérindiens ; et Ghee Happy, signée par le réalisateur-illustrateur Sanjay Patel, qui réinterprète avec humour les superpouvoirs des divinités hindoues.

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« Nous avons un studio intégré, avec une trentaine de contrats à durée indéterminée et des intermittents qui travaillent au long cours, de dix-huit à vingt-quatre mois pour une série et bien davantage pour un film », détaille M. Fajner. De son côté, Jacques Bled, président d’Illumination Mac Guff, filiale d’Universal Pictures et principal employeur du secteur en France avec 850 personnes, cherche aussi « 70 à 80 techniciens pour le début de l’année prochaine à Paris ».

« Tendance à moyen et long terme »

Ses équipes travaillent déjà sur quatre films destinés à la major hollywoodienne et vont en démarrer un cinquième. « Pendant les confinements, les équipes ont pu faire du télétravail. Nous n’avons pas été coincés par des problèmes de tournage. Au pire, les dates de sortie des films seront un peu décalées, mais cela n’affecte pas le processus de production », explique-t-il.

Selon Stéphane Le Bars, délégué général d’AnimFrance – qui fédère plus de 60 sociétés de production et studios d’animation –, « c’est parce que notre secteur obéit à des cycles longs, avec deux ans pour financer les projets, autant pour réaliser une série, qu’il n’a pas été trop touché par la crise sanitaire ». A ses yeux, « la création d’emplois dans le secteur restera la tendance à moyen et long terme ».

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Mercredi 9 décembre, lors de rencontres organisées par Magelis, le pôle image d’Angoulême (Charente), Philippe Degardin, responsable des statistiques du groupe de protection sociale de la culture Audiens, a affirmé que « l’emploi a atteint dans l’animation française son plus haut niveau l’an dernier dans les 133 studios spécialisés en films d’animation ». Selon Audiens, le secteur compte près de 7 700 salariés (+ 4 %). Signe de dynamisme, en cinq ans (2015-2019), 2 300 emplois ont été créés. Les salariés engagés en contrat à durée déterminée d’usage (CDUU) représentent 85 % des effectifs.

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« Le chemin a été long et semé d’embûches » : les partenaires sociaux parviennent à un compromis sur la santé au travail

La négociation entre partenaires sociaux sur la santé au travail s’est finalement soldée par un compromis. Dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 décembre, le Medef a annoncé avoir trouvé un terrain d’entente avec la CFDT, la CFE-CGC et FO pour conclure un nouvel accord national interprofessionnel (ANI) consacré à cette thématique. La CFTC, elle, se prononcera la semaine prochaine. Quant à la CGT, elle a, d’ores et déjà, manifesté sa désapprobation. Côté patronal, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a reporté sa « décision définitive » au 15 décembre mais son chef de file sur le dossier, Eric Chevée, a émis « un avis favorable ». Les protagonistes ont jusqu’au 8 janvier 2021 pour signer le texte.

Engagées dans des discussions depuis la mi-juin, les organisations d’employeurs et de salariés ont respecté le calendrier fixé par l’exécutif. Le ministère du travail leur avait demandé de boucler les tractations d’ici à la fin 2020. Depuis le début de la législature, le gouvernement voulait que ce sujet soit traité, afin d’améliorer un dispositif jugé très complexe, trop peu axé sur la prévention et insuffisamment ouvert aux PME. Autant de défauts accentués par la pénurie grandissante de médecins du travail.

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L’ANI permettra d’assurer une « prévention renforcée » des risques professionnels et de garantir une « offre renouvelée » de services, affirme Diane Deperrois, la négociatrice du Medef. C’est « un changement de paradigme », confie-t-elle. A ses yeux, le système sera « plus proche, plus efficace et plus opérationnel », grâce, en particulier, à une « collaboration » accrue « entre médecine du travail et médecine de ville ». Mme Deperrois met également en avant la création des « cellules de prévention de la désinsertion professionnelle », appelées à trouver des solutions pour que le salarié puisse rester à son poste, quitte à ce que celui-ci soit aménagé.

Pour M. Chevée, l’accord propose « une vraie révolution » dans l’approche de la santé au travail, notamment « en ouvrant le suivi médical du salarié à la médecine de ville ». Autre point important, d’après lui : le texte « mentionne la jurisprudence qui limite aux “moyens renforcés” la responsabilité des employeurs et de leurs délégataires ». En revanche, nuance-t-il, la disposition relative au financement de jours de formation supplémentaires pour les élus du personnel dans les entreprises « mérite une confirmation du comité exécutif de la CPME ».

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Santé au travail : les partenaires sociaux ont trouvé un accord

Les partenaires sociaux sont tombés d’accord, dans la nuit de mercredi à jeudi 10 décembre, pour signer un accord national interprofessionnel (ANI) sur la santé au travail, axé sur la prévention, après que la CFDT, FO et la CFE-CGC, ont donné leur avis favorable, a-t-on appris de sources concordantes.

« Cet accord est novateur avec comme colonne vertébrale la prévention, il comptera dans l’histoire de la santé au travail », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Diane Deperrois, cheffe de file des négociateurs pour le Medef, évoquant « trois avis favorables, ceux de la CFDT, de FO et de la CFE-CGC, la CGT ayant donné un avis défavorable et la CFTC s’étant réservée ». Ces trois avis favorables représentent une majorité large, compte tenu de la représentativité nationale des organisations syndicales qui les portent.

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Côté patronat, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) sursoit à son accord dans l’immédiat, se « réservant quelques jours », a assuré Mme Deperrois, qui a précisé que les parties avaient jusqu’au 8 janvier pour signer formellement le texte. La CFE-CGC a confirmé à l’AFP avoir donné son accord « en tant que négociatrice », laissant à ses instances confédérales le soin de le valider.

La CGT, qui avait prévenu qu’elle ne signerait pas un texte entérinant « de nouveaux reculs en matière de santé et sécurité » n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat. L’ensemble de ses homologues ont annoncé qu’ils s’exprimeraient jeudi.

La prévention au centre

L’ANI, le premier sur la santé au travail depuis treize ans, vise à mettre la prévention au centre et à améliorer les dispositifs existants notamment pour les moyennes et petites entreprises. Selon le Medef, il « réforme et modernise les services de santé au travail (SST) qui deviennent des services de prévention et de santé au travail (SPST) » axés sur « une offre socle » consacrant « la prévention, le suivi médical et la prévention de la désinsertion professionnelle [le maintien en emploi des salariés ayant été touchés par des problèmes de santé] ».

Pour maintenir les délais et le suivi des visites médicales des salariés « dans un contexte de pénurie », cet ANI « crée une collaboration entre la médecine du travail et la médecine de ville », un point sur lequel les syndicats s’étaient montrés très sceptiques voire opposés.

Le texte qui entendait aussi initialement inscrire dans le code du travail une disposition limitant à une stricte obligation de moyens de prévention la responsabilité des employeurs sur la santé de leurs salariés, conserve un « rappel » de la « jurisprudence » qui « a admis qu’un employeur et ses délégataires pouvaient être considérés comme ayant rempli leurs obligations s’ils ont mis en œuvre des actions de prévention ».

La santé au travail, dont la réforme est reportée depuis des années malgré la pénurie de médecins du travail et la dégradation de la santé des salariés selon plusieurs études, reste le parent pauvre des politiques publiques françaises. Parallèlement à cet ANI, une proposition de loi, portée par la députée La République en marche Charlotte Lecocq, pourrait être déposée à l’Assemblée d’ici à la fin de l’année.

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Le Monde avec AFP

Les syndicats d’ADP signent un accord pour 1 150 départs volontaires

Le groupe ADP, qui gère Paris – Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget, et emploie 6 250 salariés en France, a été très durement touché par la chute de l’activité due à la crise sanitaire. La direction du gestionnaire des aéroports parisiens a annoncé, mercredi 9 décembre, la signature à l’unanimité par les organisations syndicales du groupe d’un accord de rupture conventionnelle collective.

Cet accord fixe à 1 150 le nombre maximal de départs volontaires – dont 700 ne seront pas remplacés –, ce qui permet d’éviter des départs contraints. « La direction s’engage à ce qu’aucun départ contraint pour motif économique n’ait lieu jusqu’au 1er janvier 2022 », a indiqué la direction, ajoutant que l’accord vise à « sauvegarder durablement l’entreprise ».

Un ensemble de trois accords indissociables – rupture conventionnelle collective (RCC), accord de performance collective (APC) et activité partielle de longue durée (APLD) – avait été proposé à la négociation des organisations syndicales représentatives d’ADP SA le 31 août. La direction avait pris acte, le 5 novembre, de la non-signature par la majorité des organisations syndicales des accords proposés.

« Donner une nouvelle chance au dialogue social »

« Afin de donner une nouvelle chance au dialogue social, et d’éviter toute suppression d’emploi contrainte au sein d’ADP SA, la direction a souhaité proposer un nouveau projet d’accord de rupture conventionnelle collective », selon le communiqué, précisant que cet accord avait recueilli « les signatures à l’unanimité des organisations syndicales représentatives » (CFE-CGC, CGT, UNSA). La rupture conventionnelle collective (RCC) permet des départs volontaires négociés par les syndicats.

Comme l’ensemble du secteur aérien, ADP a été frappé de plein fouet par la crise du Covid-19. En octobre, le trafic des aéroports parisiens a atteint à peine le quart de celui de l’an dernier.

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Le Monde avec AFP

L’emploi rebondit au 3e trimestre, mais l’année s’annonce sombre

C’est un soulagement pour le gouvernement. Après le tsunami du premier confinement qui a conduit à la destruction de 687 100 emplois, la reprise de l’activité au printemps et durant l’été a permis de recréer 401 100 emplois salariés au cours du troisième trimestre (+ 1,6 %), indique l’Insee dans une note parue mardi 8 décembre. Des chiffres légèrement meilleurs que l’estimation donnée le 8 septembre, avec 11 000 emplois supplémentaires créés. Et qui témoignent, s’il en était encore besoin, des évolutions erratiques du marché du travail, au gré de l’évolution de la situation sanitaire, de confinement en déconfinement.

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Le rebond exceptionnel de l’activité au troisième trimestre (+ 18,7 %), pour autant, ne s’accompagne pas d’une reprise des embauches de même ampleur. « Le rebond de l’emploi est beaucoup moins spectaculaire que celui du PIB, décrypte Hélène Baudchon, économiste France chez BNP Paribas. On s’y attendait, car déjà la baisse au printemps avait été moins impressionnante que celle de l’activité économique : il faut y voir l’effet du recours massif au chômage partiel. »

Malgré cet effet « amortisseur », l’emploi salarié en France a retrouvé selon l’Insee un niveau « comparable à celui de fin 2018 ». Il reste inférieur à celui de fin 2019 – 295 900 emplois manquent encore à l’appel pour retrouver la même situation – mais il est vrai qu’il s’agissait d’une année particulièrement faste pour le marché du travail. Cela ne préjuge toutefois en rien du bilan qui pourra être fait à la fin de l’année 2020. Le second confinement, débuté le vendredi 30 octobre, « a produit un nouveau choc sur l’activité d’environ 10 % », rappelle Mathieu Plane, économiste à l’OFCE.

Eléments inquiétants

« A priori, on pourrait penser que l’impact sera moins important, puisque la baisse d’activité est plus faible », décrypte l’économiste. « Mais c’est oublier le fait que les effets du second confinement sont plus durs dans certains secteurs, comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration… qui sont durablement pénalisés », poursuit-il. Après avoir opéré un ajustement de court terme au printemps, ces entreprises vont peut-être procéder à un ajustement plus durable en supprimant non pas des contrats courts (CDD, missions d’intérim) comme lors du premier confinement, mais plutôt des CDI. « Le risque est donc, résume M. Plane, que les contrats courts se substituent à l’emploi à durée indéterminée. »

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