Après l’échec Mercier, le fabricant de vélos Cibox s’installe sur le site industriel de Revin

Après de longs mois d’attente, la ville de Revin (Ardennes) peut enfin se réjouir. Après concertation avec l’Etat et les collectivités locales, l’entreprise spécialisée dans la micromobilité Cibox a annoncé, jeudi 2 juin, la création d’une usine sur la friche industrielle Porcher, pour y fabriquer à terme 150 000 engins électriques par an (majoritairement des vélos). Cette installation devrait créer 300 emplois d’ici quatre à cinq ans, dont une première centaine après la première année d’exploitation.

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Ce site de 16 000 mètres carrés laisse un mauvais souvenir aux habitants de la région, aussi bien qu’à l’Etat : à l’été 2021, le ministère de l’économie puis les collectivités s’étaient retirés d’un projet de relocalisation des Cycles Mercier dans cette ville au chômage dépassant les 20 %, après avoir annoncé quelques mois auparavant la création de 270 emplois. L’Etat s’était alors justifié par des soupçons de malversations financières à l’égard de Jean-Marc Seghezzi, dirigeant des Cycles Mercier.

N’oubliant pas le fiasco Mercier, les élus locaux affichent un soulagement teinté de vigilance : « Je me réjouis mais je suis prudent, comme tous les habitants. Je ne serai convaincu de l’effectivité des choses que lorsque les engins viendront sur cette friche pour la réhabiliter, quand les ouvriers auront leur première paie, et quand les vélos sortiront, juge Pierre Cordier, député (LR) des Ardennes. Ça a révolté du monde ici, je pense que ça a bien secoué l’Etat. »

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Nombreuses subventions promises

Contrairement à Mercier, Cibox est une jeune société, créée en 1995, et qui mise depuis une dizaine d’années sur le fructueux marché des trottinettes et vélos électriques. Jusqu’alors, elle faisait assembler ses produits en Chine, en Roumanie et au Portugal. « Nous concevons et développons déjà nos produits. Désormais nous allons les fabriquer en France pour améliorer notre compétitivité, a expliqué dans un communiqué Georges Lebre, son PDG. Grâce à des machines automatisées, nous sortirons de notre usine des produits de mobilité compétitifs et nous optimiserons notre trésorerie grâce à des cycles d’approvisionnement plus courts. »

L’entreprise a sans doute été convaincue par les nombreuses subventions promises au repreneur de la friche : le site, propriété de la communauté de communes, sera réhabilité avec le concours de l’Etat et de la région Grand-Est pour un coût global estimé de 16 millions d’euros, subventionné à hauteur de 50 %. « Toutes les aides peuvent permettre que le prix de revient de la pièce terminée soit plus intéressant, précise Pierre Cordier. Et les clients auront peut-être plus envie d’acheter un produit qui permet de soutenir une région en difficulté. » Cibox bénéficiera également des allègements de charges et d’exonération de l’impôt sur les sociétés pendant cinq ans, grâce au dispositif « bassin d’emploi à redynamiser » (BER).

Cerise sur le gâteau, l’entreprise va bénéficier des équipements clés en main mis en service par Mercier, et qui n’ont donc jamais servi. Après des travaux de réhabilitation d’ici quelques mois, l’industriel commencera début 2023 par installer un atelier de service après-vente, avant de lancer la production au premier trimestre 2024. Le député prévient : « L’Etat est condamné à réussir sur le territoire de Revin, s’il veut retrouver une crédibilité auprès des Ardennais. »

Dans le monde, la reprise du marché du travail piétine

Si le marché du travail a repris des couleurs en France, une bonne partie du monde se relève difficilement des dommages causés par la pandémie. Dans un rapport sur les évolutions de l’emploi après la crise du Covid-19, publié fin mai (Observatoire de l’OIT sur le monde du travail. Neuvième édition), l’Organisation internationale du travail (OIT) s’inquiète de la reprise inégale du marché du travail.

Malgré la sortie de la crise sanitaire dans de nombreux pays, l’emploi marque globalement le pas : « Le nombre d’heures travaillées dans le monde a connu une détérioration au premier trimestre 2022 et demeure 3,8 % au-dessous de son niveau au quatrième trimestre 2019 », alerte l’agence des Nations unies.

Depuis cette période précédant la crise, l’équivalent de cent douze millions d’emplois à plein temps s’est évaporé. Au sortir de la pandémie, la reprise de l’activité a été affectée par la guerre russo-ukrainienne et le maintien de mesures strictes de confinement en Chine : à lui seul, ce pays a vu disparaître, en nombre d’heures travaillées, l’équivalent de soixante-dix millions d’emplois à temps plein depuis le début de la crise sanitaire.

« Grand écart »

Loin d’être circonscrites, les difficultés de ces pays laissent craindre un « effet papillon » durable sur le marché de l’emploi, pointe l’OIT : « Non seulement le conflit en Ukraine a eu des conséquences sur le plan régional, mais il a également touché l’économie mondiale en générant une hausse de l’inflation (notamment sur les prix des produits alimentaires et de l’énergie) et en perturbant les chaînes d’approvisionnement mondiales. » Alarmiste, le rapport s’inquiète d’un possible « retour en arrière » avec une nouvelle détérioration du nombre d’heures travaillées en 2022. Au demeurant, le mois d’avril a enregistré en France une légère hausse du nombre de demandeurs d’emploi.

Autre source d’inquiétude : le « grand écart » qui se creuse entre les pays à revenu élevé et les pays moins développés, en particulier les économies intermédiaires comme la Chine : « Fin 2021, l’emploi était revenu aux niveaux d’avant la crise dans la plupart des pays à revenu élevé, tandis que les déficits persistaient dans la plupart des économies à revenu intermédiaire », note le rapport.

Portés par la reprise relative de l’emploi informel, les pays les moins développés s’en sortent légèrement mieux, mais devraient connaître une stagnation des heures travaillées dans les prochains mois, prédit l’OIT.

Tandis que les économies de l’Union européenne ont bénéficié des « effets stabilisateurs des programmes de maintien de l’emploi », les autres pays, « déjà contraints par un espace budgétaire réduit et par un déploiement limité des vaccins », subissent en plus « l’impact des chocs subis en matière financière, alimentaire et énergétique » de ces derniers mois.

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« Dans son management, Elon Musk n’a jamais agi comme ses pairs des Big Tech »

La brutalité du management d’Elon Musk est légendaire, et le fameux « vous êtes viré » lancé par Donald Trump dans l’émission de télé-réalité « The Apprentice » lui va bien. C’est par un courriel interne que le patron de Tesla a annoncé, jeudi 2 juin, qu’il envisage une réduction d’environ 10 % de ses effectifs en raison de son « très mauvais pressentiment » sur les perspectives économiques.

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Ce n’est là que le dernier e-mail d’un homme qui n’enrobe pas ses annonces de propos sucrés. Il y a quelques jours, il a signifié qu’il voulait avoir ses employés sous la main. Il a donc demandé à tout le monde, chez Tesla et le fabricant de fusées SpaceX, d’arrêter le télétravail. « Toute personne qui souhaite faire du travail à distance doit être au bureau pour un minimum (et je dis bien un minimum) de quarante heures par semaine ou quitter Tesla », sauf exception, indique-t-il dans sa note interne.

Contraintes industrielles

Ce n’est que justice par rapport aux ouvriers et aux techniciens des chaînes de montage, a-t-il justifié. Dans sa gigafactory de Shanghaï, il a même imposé à ses ouvriers de dormir sur place pour pouvoir reprendre la production arrêtée plusieurs semaines en raison du Covid-19. Et il y va aussi, selon lui, de l’« excellence » des produits. Elon Musk ne croit pas que le télétravail améliore les performances de l’entreprise.

De grandes sociétés comme Amazon, Google ou Apple en reviennent, après l’emballement constaté lors de la crise sanitaire dans la Silicon Valley, qui expérimentait ainsi les outils élaborés dans leurs laboratoires. Seul Twitter, convoité par le patron de Tesla, veut maintenir le télétravail total pour certains de ses employés, si l’on en croit son directeur général, Parag Agrawal. Avec les quarante heures imposées sur le lieu de travail, on est loin des formules hybrides (bureau-domicile) qui se sont développées dans les firmes technologiques et financières.

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Elon Musk n’a jamais agi comme ses pairs des Big Tech. Cela vient peut-être de l’éducation à la dure reçue dans son enfance sud-africaine et décrite par son père, Errol, dans un récent entretien accordé à l’Agence France-Presse. Et plus sûrement d’une réalité : considéré par la Bourse comme une valeur technologique, Tesla est d’abord un constructeur automobile, soumis aux contraintes des processus industriels et aux aléas de la demande. Chez Elon Musk, il y a autant d’Henry Ford que de Steve Jobs.

A Reims, la grève des « gilets jaunes » d’Orpea

Les aides-soignantes et auxiliaires de vie de l’Ehpad Saint-André du groupe Orpea, à Reims (Marne), en grève, le 27 mai 2022. L’Ehpad accueille 98 résidents et emploie 18 aides-soignantes diplômées.

Dès l’aube, distribuer les plateaux de petits déjeuners, beurrer les tartines, enchaîner six à neuf toilettes, faire les lits, le ménage dans les chambres, laver les sanitaires et, si possible, servir le midi et le soir, au restaurant… Ne leur dites pas qu’elles sont aides-soignantes diplômées d’Etat ! Elles disent qu’elles ont perdu « le sens de leur travail » pour devenir « couteaux suisses ». Faute de personnel suffisant, « le soir, on jette les résidents au lit souvent à l’arrache ! Dans la journée, on les speed. Ou bien on fait tout à leur place. Le peu d’autonomie qu’ils ont, du coup on leur enlève ! », confient-elles. A force de « tout faire », elles ont fini par faire grève.

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En cette fin mai, à Reims (Marne), le ciel est bas. Un thermos de café, des chips, des gâteaux pour tenir le siège jusqu’au soir, des plaids sur les épaules, elles sont une bonne quinzaine de salariées devant la porte de l’Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Saint-André qui accueille 98 résidents. Aides-soignantes, aides médico-psychologiques ou simples auxiliaires de vie, elles forment une équipe soudée dans cette maison de retraite prisée par les bonnes familles champenoises. « On a été les premières en France à lancer le mouvement. On nous appelle les “gilets jaunes” d’Orpea », s’enorgueillit sur les marches Zara Chiki, auxiliaire de vie avec onze ans de maison. Depuis leur premier piquet de grève, le 18 mai, d’autres Ehpad du groupe ont débrayé, à leur tour, de façon spontanée.

Vendredi 3 juin, la CGT a pris le relais. Pour la première fois, la centrale a lancé un mot d’ordre national auprès des 227 Ehpad du groupe. Une bonne trentaine d’établissements devaient cesser le travail. De l’inédit dans l’histoire d’Orpea.

Des dirigeants « paumés »

Le déclic remonte au 17 mai. Dans un hôtel chic du quartier de la Défense, à deux pas du siège d’Orpea, à Puteaux (Hauts-de-Seine). Jean-Christophe Romersi pressentait qu’il allait mettre le feu aux poudres. « Il y a des matins où je préférerais ne pas me lever », a glissé le directeur général France du groupe, avant d’annoncer aux représentants syndicaux que les 14 000 salariés d’Orpea ne recevraient pas de prime d’intéressement en 2022.

A Reims (Marne), le 27 mai 2022. Les aides-soignantes et auxiliaires de vie de l’Ehpad Saint-André réclament à Orpea le versement de leur prime d’intéressement.

La suppression de la prime était inéluctable, se défend la direction. Les inspections des affaires sociales et des finances ont établi, en mars, que des détournements d’argent public avaient été orchestrés au siège du groupe, confirmant les révélations de Victor Castanet, auteur du livre Les Fossoyeurs (Fayard, 400 pages, 22,90 euros). L’entreprise est sous la menace de devoir rembourser les fonds subtilisés. La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie est chargée d’évaluer à quelle hauteur.

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Les discriminations persistent envers les salariés LGBT

La tendance n’est pas à la baisse pour les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle au travail.

Alors que vient de s’ouvrir le Mois des fiertés, consacré à la visibilité des personnes LGBT + (personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes et toutes les personnes ne se reconnaissant pas comme hétérosexuelles et/ou cisgenres), la troisième édition du baromètre LGBT+, organisée par l’institut de sondage IFOP et l’association L’Autre Cercle, révèle qu’un salarié LGBT sur trois a été victime d’au moins une agression « LGBT-phobe » au sein de son organisation. Cela représente une hausse de 4 % par rapport au dernier baromètre, publié début 2020.

Cette étude comprend deux échantillons : le premier, représentatif de la population française, interrogé entre avril et mai 2021, est composé de 1 068 salariés LGBT (homosexuels, bisexuels et transgenres – les termes inclus dans le « + » étant encore trop difficiles à identifier au niveau statistique), et le second, interrogé début 2022, comprend près de 30 000 salariés et agents de 53 organisations ayant signé la charte d’engagement LGBT+ (sur 180), lancée il y a neuf ans par L’Autre Cercle.

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« La principale conclusion, c’est que l’on a en France une proportion non négligeable de salariés LGBT qui rapportent tout un ensemble de discriminations, de l’agression physique à une “LGBT-phobie” qui peut être d’ambiance, mais aussi une discrimination plus structurelle par rapport à l’environnement professionnel et l’impact sur leur carrière », résume François Kraus, directeur du pôle genre, sexualités et santé sexuelle de l’IFOP.

Autocensure écrasante

Ainsi, 25 % des salariés de l’échantillon national disent avoir subi des discriminations verbales de la part d’autres salariés, mais aussi de clients ou fournisseurs, et 16 % disent avoir été mis à l’écart du fait de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle. Ils sont un quart à dénoncer des discriminations de la part de leur direction (26 %, soit + 6 points par rapport à 2020).

Si cette augmentation peut témoigner d’une augmentation du climat de violence global à l’égard des personnes LGBT, elle peut être atténuée par le fait que les victimes ne se seraient pas forcément déclarées comme telles lors des derniers baromètres : « Il y a une prise de conscience récente du caractère intolérable de certains comportements », explique François Kraus. « Les personnes LGBT sont beaucoup moins dans la résignation et considèrent moins que c’est la norme d’être LGBT-phobe, confirme Alain Gavand, administrateur et coresponsable de l’Observatoire de L’Autre Cercle. Il y a vingt ans, on aurait peut-être intégré “c’est pas un truc de pédé” en fermant les yeux. »

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« Laurent Wauquiez, ce n’est pas sérieux de mettre en péril des lieux et des emplois culturels, sans projet et sans concertation »

Le 26 mai, à l’occasion de la commission plénière de l’assemblée régionale, vous avez, monsieur le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, fait entériner par un vote des coupes budgétaires sans précédent pour plus de 140 structures culturelles réparties sur tout le territoire aurhalpin.

Ces coupes, qui n’ont fait l’objet d’aucune concertation avec les directions des structures concernées, ni même avec les cofinanceurs de ces structures que sont l’Etat et les autres collectivités territoriales, ont provoqué la stupeur dans le secteur de la culture et dans la classe politique jusque dans les rangs de votre majorité.

Pour faire face à ces critiques et pour justifier ces arbitrages, vous avez rétorqué dans la presse que la région était souveraine et qu’il n’y avait pas de « rente ». Si votre légitimité à faire des choix n’est pas contestable, l’emploi de ce terme de « rente » est pour le moins questionnant.

Ce que vous qualifiez de « rente »

Je m’étonne d’avoir à vous le rappeler, mais pour la plupart des structures que vous avez décidé d’amputer de tout ou partie de leurs subventions, ce que vous qualifiez de « rente » se nomme en réalité « subvention d’équilibre ». C’est-à-dire qu’il s’agit d’un financement reconductible qui contribue à garantir les conditions du bon fonctionnement d’un équipement culturel.

Ce que vous nommez « rente » est en réalité un investissement fait par la collectivité dans des outils qui représentent un bien commun. Par l’usage de ce terme, vous laissez volontairement entendre que nos structures tireraient un bénéfice particulier de la subvention. Vous feignez d’ignorer qu’elles sont redistributrices de cet argent public, en générant des emplois pérennes et intermittents, en soutenant la création de projets artistiques et en conduisant des missions de service public auprès de l’ensemble de nos concitoyens.

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Voilà donc ce qui inquiète particulièrement à travers vos propos. Ces mots sont choisis pour désinformer l’opinion et pour disqualifier abusivement ceux qui s’opposent à vous. Ils sèment alors un doute profond sur votre conception de l’action publique, de la gouvernance des politiques culturelles et de l’usage du pouvoir.

Si vous êtes souverain, le dialogue social, lui, est un droit et un devoir en démocratie, que vous avez ici clairement piétiné. Un droit auquel les directions des structures les plus durement touchées par vos décisions se conformeront au moment de répercuter l’impact de vos décisions sur leurs activités et sur leurs équipes.

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Sur Parcoursup, la multiplication du nombre de formations en apprentissage

Paris-I-Panthéon-Sorbonne souhaite accroître le nombre de ses formations ouvertes à l’alternance.

Sur Parcoursup, les formations proposées en apprentissage n’ont jamais été aussi nombreuses : la plate-forme en recense 7 400, parmi les 21 000 proposées aux lycéens sur tout le territoire. Elles n’étaient que 2 600 en 2018, année du lancement de Parcoursup.

La plupart de ces formations en apprentissage sont des BTS – brevet de technicien supérieur –, suivis par les bachelors universitaires de technologie (BUT). Mais il existe aussi des cycles préparatoires aux écoles d’ingénieurs dispensés en apprentissage (au CESI) des licences (par le CNAM), des cursus spécialisés dans les métiers du sport, des Deust dans le domaine du médical ou du social… L’apprentissage fait l’objet d’un délai spécifique sur Parcoursup : les néobacheliers peuvent formuler dix vœux, jusqu’au 14 septembre 2022.

Depuis la réforme de son système de financement à la fin de 2018, l’apprentissage dans l’enseignement supérieur a connu une vraie accélération, en particulier pour les cursus de niveau licence et master. La part des apprentis qui ont un niveau équivalent ou supérieur à bac + 2 est passée de 37 % en 2017 à 60 % en 2021. En 2020, 526 418 nouveaux contrats ont été signés. La dynamique se poursuit et accélère encore en 2021 : 731 785 contrats d’apprentissage ont été conclus, secteurs privé et public compris, selon les dernières données du ministère du travail (Dares). En un an, l’augmentation se chiffre à + 39 %. Sur une période de dix ans, cet accroissement s’élève à 140 %.

Sécuriser un revenu tout au long de l’année

« Les domaines du conseil et de l’ingénierie ont vu leur nombre d’apprentis exploser », relève Alain Druelles, ex-conseiller à la formation professionnelle et à l’apprentissage au ministère du travail, associé chez Quintet, un cabinet de conseil en stratégie sociale.

Le ministre du travail, Olivier Dussopt, a annoncé que les aides publiques versées aux entreprises pour l’embauche d’apprentis, mises en place durant la crise sanitaire, seront maintenues « au moins jusqu’à la fin de l’année ». Ces aides publiques annuelles peuvent aller jusqu’à 8 000 euros par an par apprenti. Sans préciser d’échéance, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’élever encore le nombre de contrats d’apprentissage à 1 000 000. « Il faudra tenir compte de la conjoncture économique. Mais au rythme où l’on va aujourd’hui, cet objectif est réalisable dans les deux années », estime Alain Druelles.

Ancien boursier échelon 5, Gabin Denoyelle, 23 ans, étudiant au sein d’un master « contrôle de gestion » et apprenti à la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) du Val-d’Oise, voit notamment dans l’apprentissage l’opportunité de « gagner en autonomie financière ». En formation initiale, il percevait chaque mois 450 euros de bourse. Aujourd’hui, c’est un salaire de 860 euros qu’il empoche.

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Si l’apprentissage a la cote chez les étudiants, c’est que bon nombre d’entre eux ont été traumatisés par les effets de la crise sanitaire, « et la suppression des petits boulots étudiants », estime Alain Druelles. Le système leur permet ainsi de sécuriser un revenu tout au long de l’année. Et de mieux s’insérer : une étude du ministère de l’enseignement supérieur montre que les diplômés de licences ou masters universitaires en apprentissage s’insèrent plus facilement que les autres sur le marché du travail.

« Apprendre par la pratique »

Pour certains jeunes, la voie de l’apprentissage constitue aussi une pédagogie plus adaptée à leurs attentes. « Je voulais me forger une expérience professionnelle le plus tôt possible, apprendre par la pratique », relate Bastien Riccio, qui a passé sept années d’études supérieures en apprentissage : depuis son DUT jusqu’à ses deux masters, dont le dernier à l’Edhec. Son dernier contrat d’apprentissage s’est clôturé à la fin de décembre 2021. Aujourd’hui employé dans un cabinet de conseil, le jeune homme de 27 ans affirme qu’il gagne un salaire supérieur à celui qu’il aurait perçu s’il n’était pas passé par la voie de l’alternance, en raison de ses années d’expérience professionnelle.

« L’apprentissage constitue un outil d’égalité des chances, observe Olivier Gauvin, fondateur de WALT, une association assurant le développement et la promotion de l’alternance

Jérôme Glachant, vice-président chargé de la formation à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, évoque les aspects positifs de l’apprentissage pour les étudiants, mais aussi pour les établissements d’enseignement supérieur. Son université reçoit en effet une dotation comprise entre 7 000 et 8 000 euros par étudiants, versée au centre de formation d’apprentis par France compétences. Au total et après déductions de certains coûts, cet argent représente un apport de 1,5 million à 2 millions d’euros en 2021 pour l’université Panthéon-Sorbonne. « Cette dimension et autant de moyens supplémentaires permettent à notre université d’alimenter nos formations. »

L’apprentissage constitue un moteur pour les écoles privées de l’enseignement supérieur, qui y voient l’occasion d’assurer leur développement. Elles peuvent ainsi attirer un public plus large, dans la mesure où le système permet aux élèves de ne pas payer de frais de scolarité. « L’apprentissage constitue un outil d’égalité des chances, observe Olivier Gauvin, fondateur de Walt, une association assurant le développement et la promotion de l’alternance. Certains jeunes n’auraient pas accès aux formations s’ils n’étaient pas apprentis. »

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Mais si le système se développe à vive allure, ses finances apparaissent fragiles. L’organisme France compétences accuse un lourd déficit de près de 4 milliards d’euros, qui devrait encore s’amplifier en 2022. Pour les défenseurs de ce système professionnalisant, les apprentis rapporteraient toutefois plus qu’ils ne coûtent, notamment parce qu’ils sont moins sujets au chômage en sortie d’étude. « Dans la cohorte de 2020, on a chiffré que 1 euro placé dans l’apprentissage rapportait 1,21 euro aux finances publiques », affirme Olivier Gauvin, qui a participé, en février, à la création de l’Observatoire de l’alternance avec l’association Walt, le cabinet Quintet et la fondation The Adecco Group.

Symbole de cet engouement pour l’apprentissage, Paris-I – qui compte près de 1 000 apprentis – veut encore accélérer. A la rentrée prochaine, une dizaine de parcours de master et deux nouvelles licences professionnelles vont ainsi voir le jour avec l’option apprentissage.

Rémunérations : les actionnaires plus regardants face aux patrons trop gourmands

Sonné, Didier Truchot, le président d’Ipsos, n’a pas caché son amertume, à l’issue de l’assemblée générale de son groupe, le 17 mai : 58 % de ses actionnaires se sont opposés à la rémunération prévue au titre de 2021 pour le fondateur du spécialiste des études de marché. Ce score en forme de gifle bloque le versement de tout variable en cash pour M. Truchot. « Je serai le seul chez Ipsos à ne pas toucher de bonus lié aux bonnes performances » de 2021, a-t-il lâché, dépité. Les investisseurs ont voulu le priver d’une prime de vrai-faux départ. Une indemnité de 1,1 million d’euros que le conseil d’administration lui avait attribuée pour avoir abandonné ses fonctions de directeur général en 2021.

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Ces primes exceptionnelles sont peu goûtées par les actionnaires, qui considèrent les dirigeants suffisamment bien rémunérés pour ne pas avoir à en rajouter. Antoine Frérot est prévenu. Les actionnaires de Veolia devront se prononcer le 15 juin sur le versement au PDG de trente mille actions gratuites (soit environ 780 000 euros au cours de mercredi 1er juin), censées récompenser « le succès lié à l’acquisition du groupe Suez ». Même si le conseil d’administration du géant de l’environnement ne manque pas de rappeler que M. Frérot n’a jamais bénéficié de prime exceptionnelle en treize ans de mandat, les agences de vote ISS et Proxinvest ont appelé à s’opposer à cette résolution.

Pour éviter le désaveu de ses actionnaires, Stéphane Richard, le président d’Orange, a renoncé in extremis récemment à une indemnité de départ de 500 000 euros, quelques jours avant une assemblée générale délicate. Grâce aux votes reçus en amont de cette grand-messe, le groupe de télécoms avait pu mesurer l’ampleur de la levée de boucliers suscitée par cette gratification. En catastrophe, l’entreprise a fait le tour des sociétés de gestion pour inverser la tendance. Ces efforts ont porté leurs fruits : la rémunération des dirigeants d’Orange pour 2022 a été approuvée à 50,55 %. Se voyant également mal embarqué, Publicis a décidé de « surseoir », trois semaines avant l’assemblée générale du 25 mai, à la mise en place d’un mécanisme de retraite supplémentaire au bénéfice d’Arthur Sadoun, le président du directoire.

Forte hausse des profits en 2021

Il faut dire que, après s’être quelque peu serré la ceinture en 2020, les dirigeants de grandes entreprises ont vu leurs rémunérations s’envoler en 2021, année marquée par une forte hausse des profits. Selon les calculs de la fintech consacrée aux sociétés cotées Scalens, la rémunération moyenne allouée aux patrons du CAC 40 a bondi à 8,7 millions d’euros, soit près du double des 4,5 millions de 2020. L’opinion publique s’en émeut ; les investisseurs sont plus partagés. Un fonds souverain du Moyen-Orient, un gérant américain ou une mutuelle de Niort n’auront pas la même sensibilité. « Du point de vue des apporteurs de capitaux, il n’existe pas de chiffre magique, de montant socialement acceptable pour le salaire du patron », souligne un expert en matière de gouvernance.

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Après une phase d’euphorie, le monde de la tech est à l’heure des économies

L’heure n’est plus à l’optimisme sur les marchés financiers du numérique. Malgré un rebond ces derniers jours, le Nasdaq a clôturé vendredi 27 mai sur sa sixième baisse hebdomadaire consécutive. Ce n’était plus arrivé depuis l’éclatement de la bulle Internet, en 2000. Le décrochage de l’indice américain des valeurs technologiques remonte à plus tôt encore. Depuis la mi-novembre 2021, quand il avait atteint un plus haut historique, c’est une dégringolade régulière : il a perdu près de 25 %.

Personne n’est épargné. Pour avoir émis un avertissement sur ses résultats trimestriels – et failli jusqu’ici à dégager régulièrement des bénéfices –, le réseau social Snapchat a vu son action perdre 35 % le 24 mai. Même de solides géants sont pénalisés par les investisseurs. Depuis le début de l’année, le titre Meta (Facebook, Instagram…) a perdu plus de 40 %, celui d’Amazon plus de 30 %… Symbole : le 11 mai, Apple a perdu sa couronne de première capitalisation mondiale au profit du pétrolier Saudi Aramco.

Pour justifier ces revers boursiers, analystes et dirigeants avancent des causes multiples : la guerre en Ukraine, la crise du Covid, un environnement macroéconomique défavorable avec le retour de l’inflation et le relèvement des taux, la pénurie de composants électroniques…

Ce mouvement de recul peut aussi s’assimiler à une forme de retour à la normale après une période d’euphorie. Avec les mesures de confinement, les entreprises du numérique avaient bénéficié de l’explosion de l’e-commerce, du télétravail, des loisirs numériques… Entre mars 2020 et novembre 2021, le Nasdaq a crû de 170 %. Ces gains hors norme sont encore loin d’avoir été effacés.

Coup de frein sur les recrutements

Le changement de climat économique pousse toutefois déjà les entreprises à prendre certaines mesures. « Malheureusement, nous nous séparons aujourd’hui de cent cinquante employés », a annoncé Netflix le 17 mai, tout en précisant : « Ces changements sont liés à des impératifs économiques et pas à des problèmes de compétence individuelle. » Ces licenciements ne représentent que 1 % environ des 11 000 salariés, mais ils incarnent un changement d’ambiance chez le leader de la vidéo à la demande, qui a perdu 200 000 abonnés au premier trimestre, dans un secteur devenu très concurrentiel.

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En mai, les licenciements dans la tech auraient bondi à 15 600, soit, de loin, leur plus haut niveau depuis mars-avril 2020 et le début de la pandémie, selon le site Layoffs.fyi, qui recense les suppressions de postes. Parmi les sociétés américaines touchées : Carvana (vente de voitures d’occasions), Reef (cuisine à emporter)…

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Enseignant-chercheur en gestion, une profession en observation

La disputatio est un art du débat, de la controverse qui nous renvoie aux universités du Moyen Age, où elle était une méthode d’enseignement et de recherche. La section du Conseil national des universités (CNU) consacrée aux sciences de gestion et du management se propose de la remettre au goût du jour à travers un ouvrage paru aux Presses universitaires de Provence : La Disputatio au cœur du management.

D’actuels et d’anciens membres de cette institution se retrouvent ainsi pour mener au fil des pages « une discussion entre pairs mobilisant arguments et contre-arguments ». L’ouvrage collectif, réalisé sous la direction d’Aude Deville, professeure des universités en sciences de gestion et du management à l’université Côte d’Azur-IAE de Nice, est l’occasion pour eux de mettre en relief les enjeux, qui touchent aujourd’hui l’enseignement et la recherche de leur discipline. Ils ne manquent pas.

« La Disputatio au cœur du management. Débats et contoverses », ouvrage collectif, sous la direction d’Aude Deville, Presses universitaires de provence, 270 pages, 21 euros.

De fait, l’ouvrage est publié alors que « de multiples débats se font jour sur la gouvernance du système universitaire, notamment dans le processus de recrutement et de promotion des enseignants-chercheurs », soulignent les auteurs. Des débats qui font tout particulièrement écho à la promulgation, en décembre 2020, de la loi de programmation de la recherche (dite « LPR »), évoquée à de nombreuses reprises dans l’ouvrage et source d’inquiétudes au sein du CNU.

Malaise

Le conseil a pour mission de se prononcer sur la qualification, le recrutement et la carrière des professeurs des universités et des maîtres de conférences. Or, rappelle l’ouvrage, la LPR « vient bouleverser les pratiques de recrutement des enseignants-chercheurs puisque, désormais, il est possible de [les] recruter sans passer par la qualification du CNU », qui se voit, par conséquent, « remis en cause ».

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Sur cette thématique du recrutement, comme sur beaucoup d’autres égrainées au fil des chapitres, c’est un sentiment de malaise qui domine. Le livre concentre ainsi les inquiétudes qui parcourent aujourd’hui la profession d’enseignant-chercheur en sciences de gestion et du management. Les problèmes d’effectifs et de « sous-encadrement » sont par exemple évoqués : « Le ratio enseignants-chercheurs/étudiants est de un pour 53 en économie et gestion, contre un pour 25 en moyenne dans l’université. »

L’évolution du métier est, dans le même temps, soulignée. « Un malaise est observé dans la profession en raison de la dégradation des conditions de travail : mécontentements dus à la bureaucratisation croissante du métier, à la dévalorisation de la pédagogie, à la difficulté à rechercher des financements de travaux de recherche, à la difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle qui s’est accélérée depuis la crise liée à l’épidémie », expliquent plusieurs des auteurs.

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