Bilan d’Elisabeth Borne à l’écologie : la poursuite de la « politique des petits pas »

Bilan d’Elisabeth Borne à l’écologie : la poursuite de la « politique des petits pas »

Elisabeth Borne, alors ministre de l’écologie, le 12 juin 2020.

Le passage à la tête du ministère de la transition écologique et solidaire d’Elisabeth Borne n’aura duré qu’une cinquantaine de jours de plus que celui de son prédécesseur, François de Rugy, 354 contre 300. Mais, à la différence de ce dernier, qui a dû démissionner pour « dépenses excessives » le 16 juillet 2019, ou encore de Nicolas Hulot, qui a quitté le navire gouvernemental à la fin d’août 2018, jugeant la politique écologique du gouvernement d’Edouard Philippe trop timide, Mme Borne quitte son poste à l’occasion d’un mouvement collectif, la démission de tout le gouvernement, vendredi 3 juillet. Elle reste néanmoins dans le nouveau gouvernement de Jean Castex, présenté lundi 6 juillet, comme ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion. La reconnaissance sans doute de ses capacités à se saisir de dossiers complexes, avec des oppositions importantes, ce qui sera nécessaire à cette polytechnicienne qui fut présidente de la RATP, et qui devra mener à leur terme les réformes des retraites ou de l’assurance-chômage.

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Au fil des changements dans le poste, qualifié de « ministère de l’impossible » par Robert Poujade – premier ministre de l’écologie sous la présidence de Georges Pompidou en 1971, décédé le 8 avril 2020 –, il se confirme que les marges de manœuvre du locataire de l’hôtel de Roquelaure sont limitées. Et que l’avancée des politiques écologiques dépend d’abord des capacités à gagner des arbitrages en réunions interministérielles, et de la confrontation avec des ministères toujours puissants, comme celui de l’économie ou celui de l’agriculture.

Elisabeth Borne a ainsi dû assumer le pataquès gouvernemental, et les rétropédalages consécutifs, à l’hiver 2019-2020, autour de l’amendement sur l’huile de palme, alors que les députés voulaient retirer à celle-ci le bénéfice des avantages fiscaux liés aux biocarburants. « C’était compliqué pour elle de peser face [au ministre de l’économie et des finances] Bruno Le Maire. Elle s’est retrouvée dans des contradictions qui montrent bien que l’on reste dans la politique des petits pas, comme l’avait dénoncé Nicolas Hulot. Elle a fait ce qu’elle a pu », observe ainsi Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

« Alors que l’écologiste le plus populaire de France n’a pas réussi et a démissionné, il est évident que ce ministère est d’une instabilité chronique, qui renvoie aux choix du président de la République et du premier ministre », juge aussi Delphine Batho, députée Ecologie Démocratie Solidarité (EDS) des Deux-Sèvres et ancienne ministre de l’écologie.

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LJD

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