Baisse record des recrutements de cadres en 2020

A la Défense, près de Paris, en novembre 2017.

« L’emploi des cadres marquera un nouveau record en 2020 », annonçait en février 2020 l’Association pour l’emploi des cadres (APEC). Record il y aura, mais pas celui attendu : « Sur les recrutements, le choc est de 30 % à 40 %. Le niveau d’incertitude sur la fin d’année laisse présager un recul de 40 % plutôt que de 30 % par rapport à 2019 », analyse Gilles Gateau, le directeur général de l’APEC.

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L’association qui ajuste habituellement ses prévisions de recrutements annuels au cours de l’été a réinterrogé les entreprises en septembre, pour faire un bilan qui tienne compte des conséquences économiques de la pandémie. L’enquête révèle que seuls 170 000 à 200 000 cadres seraient recrutés en 2020. Entre 37 000 et 47 000 recrutements sont encore prévus pour le quatrième trimestre, mais ils restent à confirmer, l’enquête ayant été faite avant la nouvelle dégradation de la situation sanitaire.

« Il faut remonter à la guerre du Golfe pour retrouver une baisse similaire, étalée sur quatre ans »

La forte progression des embauches ininterrompue depuis 2016 était pourtant appelée à se poursuivre durant plusieurs années. L’emploi cadre porté par la transformation numérique et l’investissement des entreprises n’avait d’ailleurs pas ressenti l’essoufflement de la croissance en 2019. « Les entreprises savent que la pénurie des cadres sur le marché peut constituer un frein à leur croissance », explique Gaël Bouron, responsable adjoint du pôle études de l’APEC. Un dépassement du seuil de 300 000 recrutements était même annoncé pour 2022, lors de la présentation en février des intentions d’embauches. Mais l’investissement des entreprises a reculé de 14,9 % au deuxième trimestre et les offres d’emploi se sont effondrées, passant dès le mois d’avril de 90 000 à moins de 50 000. La perspective de 296 600 embauches prévues en février pour 2020 n’a pas survécu au Covid.

Les précédentes crises économiques n’avaient pas eu le même impact : la baisse des recrutements enregistrée en 2013 avait été de 10 %, et même la crise financière de 2008 n’avait provoqué qu’un recul de 28 % en 2009. « Il faut remonter à la guerre du Golfe pour retrouver une baisse similaire, étalée sur quatre ans. De 1991 à 1994, le nombre de recrutements de cadres avait reculé de 13 % par an en moyenne, et sur des volumes qui n’ont rien à voir. Le point bas avait été de 76 000 embauches en 1993, contre 170 000 attendues cette année », explique M. Gateau.

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