Avec plusieurs dizaines de milliers d’emplois détruits, la santé de l’économie américaine inquiète

UN cabinet de recrutement Workforce Solutions, à Plano (Texas), le 30 octobre 2025.

Donald Trump a beau focaliser toute son attention sur la guerre contre l’Iran, l’économie américaine ne cesse de le rattraper par la manche. Le Bureau des statistiques du travail (Bureau of Labor Statistics, BLS) a publié, vendredi 6 mars, de très mauvais chiffres de l’emploi pour le mois de février : 92 000 « jobs » ont été détruits par rapport à janvier, quand les analystes tablaient sur 50 000, et le taux de chômage a légèrement progressé, pour atteindre 4,4 %. La nouvelle est inquiétante pour l’administration américaine, alors que l’inflation, aujourd’hui de 2,4 %, pourrait remonter dans les semaines à venir, avec l’augmentation du baril de pétrole liée au conflit.

Ce plongeon de l’emploi en février suit un net rebond en janvier, qui avait été salué par la Maison Blanche comme une reprise annoncée du marché du travail, après une année 2025 plus que morose. Le président et son entourage ne se sont pas précipités vendredi pour commenter ce contrecoup. D’autant plus que les données des deux mois précédents sont revues nettement à la baisse. De 48 000 créations d’emplois en décembre, on passe désormais à 17 000 destructions de postes (soit une correction de 65 000 postes). L’excellent mois de janvier est revu plus modestement à la baisse, passant de 130 000 à 126 000 créations d’emplois (– 4 000).

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Transparence salariale : le gouvernement dévoile son projet

Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, lors d’une conférence sur le travail et les retraites, au ministère du travail, à Paris, le 4 novembre 2025.

La France est en retard, mais le gouvernement avance enfin sur la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale. Deux jours avant la Journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars, pour laquelle la CGT a appelé à manifester, le ministère du travail a envoyé une première version du projet de loi aux partenaires sociaux et aux parlementaires. Le texte fera encore l’objet d’une dernière réunion de concertation avec les organisations patronales et celles de salariés le 19 mars.

Afin de lutter contre les inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes, une directive européenne pour la transparence salariale a été adoptée en mai 2023. Les pays de l’Union européenne (UE) ont jusqu’au 7 juin pour la transposer. Il est d’ores et déjà acquis que la France ne pourra pas tenir les délais. Compte tenu de la pause liée aux élections municipales de mars et d’un calendrier parlementaire particulièrement embouteillé, aucune date n’a encore été communiquée pour le début de l’examen du projet de loi au Parlement. « On essaie de trouver un créneau pour être au plus proche des échéances de transposition de la directive », rapporte l’entourage du ministre du travail et des solidarités, Jean-Pierre Farandou.

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« C’est difficile d’admettre qu’il ne se fera bientôt plus de papier ici » : en Dorgogne, les Papeteries de Condat reprises par le groupe français SPB

Une manifestation devant les Papeteries de Condat, au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), le 4 février 2026.

A l’entrée des Papeteries de Condat, au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), l’agent de sécurité est toujours à son poste, mais il n’a plus souvent l’occasion d’en relever les barrières de sécurité. Les dernières bobines de papier glassine, qui servaient à fabriquer les étiquettes adhésives, ont quitté l’usine le 27 février, quelques heures avant que le tribunal de commerce de Bordeaux n’acte la reprise du site, pour 1 million d’euros, par la Société de participation de la Braye (SPB). Le groupe basé à Evreux a une activité qui s’apparente à celle d’un courtier en immobilier industriel.

Deux entreprises étaient en lice pour reprendre les Papeteries de Condat, mises en vente le 13 octobre 2025 par Lecta, un groupe papetier européen, dont le siège est à Barcelone, en Espagne : SPB, donc, et le groupe international Finesta. Cette holding tchèque, spécialisée dans le développement d’activités industrielles et énergétiques, avait été approchée par Condat Papers, la société coopérative d’intérêt collectif lancée par la CGT trois jours après l’annonce de Lecta. Elle envisageait de maintenir la production de papier glassine sur le site et de reprendre les 200 salariés qui y travaillaient. Et évoquait même la possibilité de relancer la ligne 4, sur laquelle était fabriqué le papier couché jusqu’à sa fermeture en décembre 2023.

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Pour sauver l’industrie européenne, la Commission propose le « made in Europe »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors du Sommet européen de l’industrie, à Anvers (Belgique), le 11 février 2026.

Après en avoir repoussé la présentation à plusieurs reprises, la Commission européenne a, enfin, mercredi 4 mars, dévoilé le contenu du projet de loi sur l’accélération industrielle (IAA, pour Industrial Accelerator Act). Alors que l’Union européenne (UE) est en plein décrochage économique par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, alors que Washington comme Pékin n’hésitent plus à instrumentaliser ses dépendances, ce texte doit lui donner les moyens de commencer à reprendre l’initiative. Avec l’objectif de voir l’industrie remonter à 20 % du produit intérieur brut de l’UE d’ici à 2035 (contre 14 % aujourd’hui), un niveau comparable à celui du début des années 1990. « Sans base industrielle forte, pas de modèle social européen, pas de transition climatique, pas d’autonomie stratégique », résume Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission.

Mais parce qu’il introduit de la préférence européenne dans l’attribution des marchés publics comme dans le déploiement des aides sous toutes les formes des Etats membres et qu’il renforce le contrôle des investissements étrangers, l’IAA a déclenché une bataille intense à Bruxelles. Sous pression du monde économique et de pays tiers, comme les Etats-Unis, le Japon, le Canada ou le Royaume-Uni, qui défendent leurs intérêts, elle a eu lieu aussi bien au sein de la Commission qu’entre les Etats membres. Ces débats vont se poursuivre, dès lors que les Vingt-Sept et le Parlement européen doivent désormais trouver un compromis.

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Aux Etats-Unis, le Buy American Act pour préserver l’emploi

Des drapeaux américains au pied du Washington Monument, le 17 novembre 2025.

En matière de libéralisme et de capitalisme, les Etats-Unis sont la référence dans le monde entier, mais ils le sont aussi en matière de protectionnisme. Au moment où les Européens s’interrogent sur la mise en place de règles de préférence communautaire dans les commandes publiques ou l’attribution d’aides publiques, les regards se tournent inévitablement de l’autre côté de l’Atlantique.

Voté par le Congrès américain en 1933, alors que la Grande Dépression faisait rage, le Buy American Act (« la loi pour acheter américain ») régit les contrats conclus par l’Etat fédéral. Le texte a été ratifié par Herbert Hoover, le président républicain, le dernier jour de sa présidence, avant d’être appliqué par son successeur démocrate Franklin Delano Roosevelt. Il a été codifié plus précisément sous Dwight Eisenhower. Barack Obama, Donald Trump et Joe Biden l’ont tous trois renforcé lors de leurs présidences successives. Au pays du libéralisme, le protectionnisme est la valeur la mieux partagée entre démocrates et républicains.

Le principe d’origine du Buy American Act est relativement simple. Le gouvernement fédéral doit accorder la priorité dans ses achats à des produits fabriqués aux Etats-Unis, le but étant de préserver l’emploi local, d’éviter les délocalisations d’industries et de réduire la dépendance aux importations dans certains secteurs stratégiques.

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Le Royaume-Uni suspend les visas étudiants pour quatre nationalités et les visas de travail pour les Afghans

La ministre de l’intérieur britannique, Shabana Mahmood, à Londres, le 3 mars 2026.

Le gouvernement britannique a annoncé, mardi 3 mars, qu’il allait cesser d’accorder des visas étudiants aux Afghans, Camerounais, Birmans et Soudanais, et des visas de travailleur qualifié aux Afghans, en raison d’« abus » de personnes qui entrent au Royaume-Uni avec ces visas et demandent ensuite l’asile.

« Notre système de visas ne doit pas faire l’objet d’abus. C’est pourquoi je prends la décision sans précédent de refuser les visas aux ressortissants qui cherchent à exploiter notre générosité », a déclaré la ministre de l’intérieur britannique, Shabana Mahmood, citée dans un communiqué du Home Office. Cette décision entrera en vigueur le 26 mars, précise le ministère.

Cette annonce intervient alors que le gouvernement travailliste de Keir Starmer a promis de réduire l’immigration légale et illégale au Royaume-Uni, dans un contexte de montée dans les sondages d’intentions de vote du parti anti-immigration Reform UK. Les demandes d’asile ont atteint un niveau record en 2024 (108 138 demandes), avant de légèrement reculer en 2025 (100 625). Londres justifie sa décision par le fait que les demandes d’asile de personnes entrées par des voies légales « ont plus que triplé depuis 2021 ». Les demandes effectuées par des étudiants en provenance d’Afghanistan, du Cameroun, de Birmanie et du Soudan ont bondi de 470 % entre 2021 et 2025, selon le Home Office.

« Une action drastique est nécessaire » alors que le soutien financier aux demandeurs d’asile, dont 16 000 personnes venues des quatre pays visés, coûte « plus de 4 milliards de livres » par an au contribuable britannique, fait valoir le ministère. Entre septembre 2024 et septembre 2025, 2 900 visas d’étude ont été accordés à des ressortissants des quatre pays ciblés, ainsi que 90 visas de travailleur qualifié à des Afghans, pour 1 210 demandes d’asile déposées par des titulaires de tels visas.

Le gouvernement précise que, depuis 2021, le Royaume-Uni a accueilli plus de 37 000 Afghans dans le cadre de dispositifs mis en place après le retour des autorités talibanes au pouvoir en 2021, et que 190 000 visas au total ont été accordés pour des raisons « humanitaires » en 2025.

Un durcissement progressif de la politique migratoire

En novembre, le gouvernement travailliste a annoncé une réforme d’ampleur de la politique d’asile, visant à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations.

La réforme, dont d’autres dispositions devront faire l’objet d’un vote au Parlement, prévoit notamment que les réfugiés devront attendre vingt ans avant de pouvoir bénéficier d’un permis de résidence permanente.

Depuis lundi, le statut de réfugié n’est accordé que pour une durée de trente mois renouvelable, au lieu de cinq ans précédemment, pour tous les nouveaux demandeurs. Le gouvernement s’est par ailleurs engagé à ouvrir davantage de voies d’accès légales pour les demandeurs d’asile, sans préciser à ce stade de dispositif.

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Ce n’est pas la première fois que le pays utilise l’arme des visas dans sa stratégie de durcissement de sa politique migratoire. En novembre 2025, il a menacé de ne plus accorder de visas aux ressortissants d’Angola, de Namibie et de République démocratique du Congo, afin de pousser leurs gouvernements à accepter les expulsions par le Royaume-Uni de migrants illégaux originaires de ces pays.

« Quatre mois plus tard, une coopération a été mise en place avec ces trois pays. Des vols décollent et des migrants illégaux, ainsi que des criminels étrangers, sont renvoyés » dans leur pays, se félicite le Home Office.

Le Monde avec AFP

Axelle Arquié, économiste : « Une catastrophe sociale causée par l’IA fait partie des scénarios possibles »

Economiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales, Axelle Arquié anime l’Observatoire des emplois menacés et émergents, qui s’efforce d’anticiper l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le travail. Selon elle, il faut se préparer aux scénarios les plus sombres si on veut éviter qu’ils ne se réalisent.

Faut-il prendre au sérieux les propos de Mustafa Suleyman, patron de Microsoft AI, qui prédit que « la plupart, sinon toutes des tâches » accomplies dans les bureaux pourraient être remplacées par l’IA dans les dix-huit mois à venir ?

Il faut prendre avec des pincettes les discours des constructeurs de modèles d’IA. Ils sont biaisés, car ils ont tout intérêt à vanter les prouesses disruptives de leurs technologies.

A l’inverse, j’ai le sentiment que les responsables politiques et les économistes ne prennent pas la mesure de ce qui pourrait se passer sur le marché du travail. Ils n’abordent la question que sous l’angle des gains productivité, et minimisent les effets potentiels sur l’emploi. Ce que l’on vit est pourtant peut-être un phénomène comparable à la révolution industrielle. Evidemment, il est impossible d’avoir des certitudes sur son ampleur. Mais une catastrophe sociale, susceptible d’entraîner des répercussions politiques majeures, fait partie des scénarios possibles. Je trouve étonnant d’écarter ce risque d’un revers de main.

De nombreux économistes décrivent l’IA comme une bonne nouvelle économique. Elle va certes détruire des emplois, mais aussi stimuler l’innovation ; d’autres emplois que l’on n’imagine même pas aujourd’hui vont émerger… C’est notamment le discours du Prix Nobel 2025, Philippe Aghion. Ont-ils tort ?

Ils ont raison de dire que de nouveaux métiers vont émerger. La question est de savoir s’il y en aura assez pour remplacer ceux qui sont détruits.

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Aluminium Dunkerque, la plus grande aluminerie d’Europe, va à nouveau changer de propriétaire

La fonderie d’aluminium primaire Aluminium Dunkerque, à Loon-Plage (Nord), le 11 mars 2024.

Aluminium Dunkerque a forcé son destin en quelques années. Au moment de son acquisition en 2021 par le fonds American Industrial Partners (AIP), la plus grande aluminerie d’Europe, qui s’étend sur une partie du port de Dunkerque (Nord), ne dégageait plus que 48 millions d’euros de résultat net. En 2024, le bénéfice grimpait à 186 millions, pour un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros et une production annuelle de 300 000 tonnes de plaques ou de lingots d’alliages d’aluminium. Sa vente était dans l’air depuis plusieurs mois. « On s’y attendait, expliquait en décembre 2025 au Monde Johan Vlietinck, le délégué CGT de l’entreprise. AIP a toujours dit qu’il avait racheté l’entreprise pour la remettre en état et la vendre. Comme tout fonds d’investissement, il recherche le gain financier rapide, pas le temps long industriel. »

On y est donc. Parmi les six candidats au rachat d’Aluminium Dunkerque, le groupe Aluminium Bahrain (dit « Alba ») est entré en négociations exclusives avec AIP. Sa fonderie d’aluminium à Bahreïn, créée en 1968, a multiplié depuis les lignes de production jusqu’à pouvoir sortir plus de 1,62 million de tonnes d’aluminium par an. C’est, en site unique, le plus grand producteur au monde. Pour Kim Marvin, associé gérant chez AIP, « Alba sera un excellent propriétaire. Leur spécialité, c’est l’aluminium. Ils n’ont pas d’autres activités. Et ils opèrent la plus grande fonderie au monde ».

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SEB, qui va licencier 500 personnes en France, doit délocaliser sa recherche et développement face à la concurrence d’Asie

Sur une ligne de montage de la friteuse Actifry à l’usine SEB d’Is-sur-Tille (Côte-d’Or), le 6 juillet 2021.

Qu’arrive-t-il à SEB ? Le spécialiste du petit électroménager a précisé, mercredi 25 février, les contours de son plan de redressement économique à occasion de ses résultats annuels. Et les annonces sont tombées comme un couperet. Une réduction d’effectif conséquente est dans les tuyaux, pouvant aller jusqu’à 2 100 postes à l’échelle mondiale. En Europe, « jusqu’à 1 400 postes seraient concernés dont potentiellement 500 en France sur la base du volontariat », a fait savoir, dans un communiqué, le groupe qui emploie 32 000 personnes dans le monde, dont 6 200 dans l’Hexagone.

Le groupe qui commercialise plus de 40 marques (Tefal, SEB, Rowenta, Moulinex, Krups, Supor…) dans 150 pays avait, il est vrai, annoncé, le 23 octobre 2025, le lancement d’un plan de « retour à une croissance rentable », incluant « environ 200 millions d’euros d’économies récurrentes à horizon 2027 ». Mais le plan de suppressions de postes annoncé est conséquent. Il a, comme c’est souvent le cas, satisfait les investisseurs, l’action de l’entreprise ayant bondi de 4,9 % mercredi 25 février.

Pourtant, en France, SEB évolue dans un marché qui se porte bien : les ventes de petit électroménager ont progressé de 2,9 % en 2025, à 4,41 milliards d’euros, contrairement au gros électroménager, en chute de 4,5 %. Mais celles de SEB auprès du grand public (88 % de son chiffre d’affaires) ne sont faites qu’à 36 % en Europe occidentale, ce qui le rend très dépendant du reste du monde et des soubresauts géopolitiques. Ainsi, le groupe doit faire face à des conditions économiques bouleversées par les mouvements tectoniques des droits de douane américains, lesquels ont accentué de façon dramatique la concurrence asiatique.

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« A la fin, on ne gagne pas plus de 1 000 euros par mois » : dans l’Ariège, la vie à crédit des agriculteurs

Ils sont arrivés dans ces plaines d’Ariège, au pied des Pyrénées, en 2009. Lui, ancien architecte en provenance de Dordogne ; elle, du Centre-Val de Loire, après un passage au centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Pamiers (Ariège). Armand Pein, 48 ans, et sa compagne, Aude-Lise Lemercier, 30 ans, achètent alors 10 hectares de terres près du village de Saint-Félix-de-Rieutord (Ariège), à 10 kilomètres à vol d’oiseau de Foix, la préfecture. « On a eu de la chance de trouver des terres, car quand on n’est pas du coin, c’est pas facile », souligne Armand Pein. Pas d’eau ni électricité pendant sept ans « à cause de blocages administratifs », des circuits de vente à trouver, une place à se faire et une passion pour la production certifiée de légumes bio.

Avec leurs deux enfants, de 3 ans et 1 an, le couple dit aujourd’hui gagner « entre 600 et 900 euros chacun par mois, selon la saison ». En 2021, selon l’Insee, le revenu moyen agricole dans l’Ariège s’élevait à 765 euros. Soit l’un des trois plus faibles de France. Avec ce salaire, quelques aides de la Mutualité sociale agricole, la prime d’activité (220 euros environ pour deux), et 600 euros de la Caisse d’allocations familiales. « Interdiction d’être malade, précise l’agriculteur. On prend parfois une semaine de vacances par an, mais on reste ici. »

Armand Pein et sa compagne Aude-Lise Lemercier, maraîchers bio, sur leur champ d'artichauts, à Saint-Félix-de-Rieutord (Ariège), le 20 février 2026.

Le modèle a été long à trouver : « Au début, on faisait les marchés et l’on vendait à une plateforme de distribution. Mais on a eu beaucoup de mal à trouver des saisonniers ou quelqu’un à plein temps sur l’exploitation », explique Armand Pein. En 2023, le couple réalisait un chiffre d’affaires de 130 000 euros par an. Avec la naissance des enfants, ils ont changé de stratégie : « On a décidé d’abandonner un peu les marchés et de s’orienter vers le demi-gros. »

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