Capgemini accélère ses suppressions de postes

Devant des bureaux de Capgemini, à Nantes, le 13 février 2024.

Capgemini confirme les inquiétudes qui grandissaient depuis plusieurs mois au sein de l’entreprise. Le groupe français de services informatiques a informé ses représentants du personnel, mardi 20 janvier, de la mise en œuvre d’un « projet d’adaptation des compétences et des emplois exclusivement fondé sur le volontariat ». Celui-ci « pourrait entraîner jusqu’à 2 400 suppressions de postes » en France, soit un peu moins de 7 % de ses effectifs dans l’Hexagone (environ 35 000 personnes).

Des reconversions internes vers des « métiers d’avenir », selon les termes de la société, seront proposées aux salariés. Ces derniers pourront aussi quitter le groupe dans le cadre d’une future rupture conventionnelle collective. Ces « deux dispositifs sont fondés sur le volontariat », insiste Capgemini.

« Nous allons analyser le rapport entre mobilité interne (nombre d’ouvertures de postes) et la mobilité externe (rupture conventionnelle collective) dans ce projet. En clair, quelle est la réduction d’effectif visée par la direction, ce qui n’est pas clairement indiqué », a réagi la CFTC Capgemini sur son site Internet.

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Capgemini envisage de supprimer jusqu’à 2 400 postes en France

Le logo de Capgemini devant son siège à Paris.

Capgemini envisage « jusqu’à 2 400 suppressions de postes » via des reclassements et des départs volontaires face au ralentissement de son activité en France, a annoncé, mardi 20 janvier, le géant français de l’informatique dans un communiqué à l’Agence France-Presse.

« Dans un environnement économique marqué par une croissance modérée et des défis majeurs pour certaines industries », le groupe « Capgemini en France doit se transformer pour répondre aux challenges et opportunités créés par l’accélération des mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle », ajoute l’entreprise.

Capgemini fait savoir qu’il proposera aux salariés concernés, sur la base du volontariat, une reconversion interne « vers des métiers d’avenir » au sein du groupe, qui se tourne de plus en vers l’IA et développe ses activités liées au cloud (informatique à distance) et à la data. L’entreprise de services numériques proposera également un dispositif de « rupture conventionnelle collective » à ceux qui préfèrent partir, là aussi sur la base du volontariat.

7 % des postes en France

Le projet pourrait entraîner « jusqu’à 2 400 suppressions de postes au sein de filières fortement impactées par l’évolution de la demande client et les mutations technologiques », soit près de 7 % des 35 000 postes de Capgemini en France, selon le groupe. Ce projet doit être présenté aux instances représentatives du personnel et fera l’objet d’une négociation avec les organisations syndicales afin de définir, par accord collectif, les modalités et mesures d’accompagnement.

Si l’entreprise a enregistré une progression de son chiffre d’affaires de 2,9 % au troisième trimestre et revu en hausse son objectif annuel de croissance, son activité marque le pas en France et dans le reste de l’Europe. Un ralentissement notamment lié à la « faiblesse persistante du secteur de l’industrie », y compris automobile, avait analysé le groupe en octobre.

Au 30 septembre, Capgemini comptait près de 355 000 salariés dans le monde.

Le Monde avec AFP

Formation des enseignants : à deux mois des premiers concours, le ministère continue d’apporter des modifications à la réforme

Des professeurs se préparent à distribuer les sujets de l’épreuve de philosophie, lors du baccalauréat, au lycée Edgar Quinet, à Paris, le 18 juin 2024.

Les premières épreuves des concours d’enseignants réformés doivent avoir lieu début mars, mais les contours de la nouvelle politique de recrutement et de formation ne sont toujours pas stabilisés. Un groupe de travail organisé mercredi 14 janvier au ministère de l’éducation nationale a ainsi présenté aux organisations syndicales plusieurs évolutions substantielles de la réforme, consistant à déplacer les concours de la fin du master 2 (bac + 5) à la fin de la licence 3 (bac + 3), afin que les lauréats puissent ensuite bénéficier d’une formation de deux ans rémunérée.

Le principal changement concerne le recrutement des enseignants de maternelle et d’élémentaire. La réforme telle qu’entérinée par les textes réglementaires publiés en avril 2025 prévoit la structuration d’un parcours de formation en cinq ans pour les futurs professeurs des écoles, avec la création d’une licence spécifique dont les étudiants seraient dispensés d’épreuves écrites au concours, pour passer directement les épreuves orales. Ce dispositif, baptisé « fast track » (« voie rapide ») par le ministère, est présenté depuis la première annonce de cette réforme, en 2024, comme un important vecteur d’attractivité dans le premier degré.

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Les médias locaux confrontés à des agressions sur le terrain, malgré leur bonne image

Des journalistes lors d’une manifestation d’agriculteurs, à Paris, le 13 janvier 2026.

Au contact, dans tous les sens du terme. La presse régionale reste l’un des moyens préférés des Français pour s’informer, selon le 39e baromètre de confiance dans les médias, réalisé par la société de sondage Verian pour le quotidien La Croix, en partenariat avec La Poste, publié jeudi 15 janvier. Et pourtant, ces dernières semaines, les journaux de proximité n’ont été épargnés ni par les critiques ni par les violences.

La presse quotidienne régionale (PQR) ou hebdomadaire régionale (PHR) – en format papier, sur Internet ou sur les réseaux sociaux – figure toujours sur le podium des médias pour ce qui est de la consommation et de la confiance accordée par les Français. Ainsi, 72 % des 1 500 personnes interrogées en ligne du 24 au 30 novembre 2025 disent souvent la consulter pour suivre l’actualité. Seuls les chaînes d’information en continu (76 % des Français) et les journaux d’information (85 %) sont davantage consommés, selon les réponses récoltées par cette étude annuelle.

Surtout, la presse régionale conserve la confiance des Français (63 % des personnes interrogées). Elle est seulement devancée d’une courte tête par les journaux télévisés d’information, qui suscitent la confiance de 65 % des sondés, un ratio en baisse de quatre points par rapport au précédent baromètre. Pour 73 % de l’échantillon, PQR et PHR mettent en avant « les points essentiels de l’actualité » et, pour 57 %, ces médias locaux parlent « de personnes et d’événements qui [leur] sont proches ».

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SNCF : la direction veut faire accepter aux syndicats des augmentations très en deçà de leurs revendications

Un train-usine retire d’anciens tronçons de voie (rails et traverses en béton) pour les séparer du ballast avant leur remplacement lors de la rénovation de la ligne interurbaine Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, près d’Artenay (Loiret), le 16 septembre 2025.

Au terme de plusieurs semaines de négociations annuelles obligatoires (NAO), les premières depuis l’arrivée de Jean Castex à sa tête, la SNCF a proposé, mardi 13 janvier, aux organisations syndicales une augmentation pour 2026 qu’elle évalue à 2,56 % en moyenne. Ce chiffre est certes bien supérieur à l’inflation (1,3 %) mais il est très en deçà des revendications exprimées.

Les quatre centrales représentatives des cheminots (CGT, CFDT, SUD-Rail et UNSA) ont jusqu’au mardi 27 janvier pour se prononcer. L’accord entrera en vigueur si – et seulement si – deux d’entre elles le paraphent, prévient Philippe Bru, directeur des ressources humaines de la compagnie ferroviaire. Dans le cas contraire, aucune des mesures ne s’appliquera, à l’exception de la promesse qu’aucun salaire ne soit inférieur au smic plus 10 % (un peu plus de 2 000 euros brut mensuels).

A prendre ou à laisser, donc. Mais avant cela, les organisations doivent étudier en détail l’addition de mécanismes divers, certains déjà prévus par les grilles de salaires, permettant à la direction d’avancer ce chiffre de 2,56 %. Car, en guise d’augmentation générale, les cheminots ne pourront compter que sur 0,25 % en juillet et 0,25 % en octobre. Soit, selon les calculs de SUD-Rail, une hausse de 0,2 % lissée sur l’année complète.

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A New York, près de 15 000 infirmiers en grève dans les principaux hôpitaux privés pour dénoncer leurs conditions de travail

Lors de la grève de membres du syndicat des infirmières de l’Etat de New York, devant l’hôpital Mont Sinaï, à New York, le 12 janvier 2026.

C’est un bras de fer inédit dans l’histoire des hôpitaux new-yorkais. Près de 15 000 infirmiers sont en grève, lundi 12 janvier, dans trois des principaux hôpitaux privés de New York, aux Etats-Unis, pour dénoncer leurs conditions de travail, notamment en termes de sécurité et de prestations sociales, selon leur organisation syndicale.

« Après des mois de négociations », leurs employeurs « refusent de faire des progrès significatifs » pour « assurer une dotation en personnel suffisante, financer intégralement les prestations de santé des infirmiers et protéger ces derniers de la violence au travail », précise la New York State Nurses Association (Nysna – « Association des infirmiers de l’Etat de New York ») dans un communiqué. C’est la grève la plus importante pour cette profession dans l’histoire de la ville, assure le syndicat.

Dans un décret signé vendredi, la gouverneure de l’Etat de New York, Kathy Hochul, a estimé que ce mouvement social, en plein pic des maladies hivernales, risquait d’avoir « un impact sur la disponibilité et la prestation des soins, menaçant ainsi la santé publique ». Pour s’en prémunir, les trois groupes hospitaliers concernés ont libéré ou transféré des patients, annulé certaines procédures chirurgicales et ont eu recours à des recrutements temporaires.

« Nous sommes à vos côtés dans cette lutte »

« Avec 1 400 infirmiers qualifiés et spécialisés, nous sommes prêts à continuer à fournir des soins aux patients pendant toute la durée de cette grève », promet notamment le groupe Mount Sinai dans un communiqué lundi. Concernant les revendications de Nysna, il les juge « extrêmes » et ajoute « ne pas pouvoir [les] accepter ».

Le nouveau maire de New York, le démocrate Zohran Mamdani, est venu apporter son soutien aux grévistes lors d’une conférence de presse dans la matinée. « Nous voyons le travail que vous accomplissez, nous pensons que ce travail mérite d’être reconnu et nous sommes à vos côtés dans cette lutte », a-t-il lancé, appelant les parties à « immédiatement revenir à la table des négociations » et à « négocier de bonne foi ».

En janvier 2023, quelque 7 000 infirmiers avaient fait grève pendant trois jours, obtenant des mesures contre le manque de personnel.

Le Monde avec AFP

Dumarey Powerglide, équipementier automobile, va fermer son usine de Strasbourg ; 320 emplois supprimés

Des employés de Dumarey lors d’une grève après l’annonce d’un premier plan social, le 8 novembre 2024.

La direction de l’équipementier automobile Dumarey Powerglide, qui avait déjà supprimé plus de 200 emplois récemment, a annoncé mercredi aux représentants du personnel son intention de fermer son usine strasbourgeoise en 2026, entraînant la suppression de 320 autres emplois, ont déclaré des responsables syndicaux jeudi 8 janvier.

« Il y a cessation d’activité pour l’usine », a déclaré jeudi à l’Agence France-Presse (AFP) Malek Kirouane, délégué syndical CGT, confirmant une information des Dernières Nouvelles d’Alsace. « Là, c’est la liquidation de 320 salariés directs. Je ne compte pas les indirects parce qu’on a des prestataires aussi. L’impact va être énorme. Sachant qu’il n’y a même pas un an il y a eu déjà un PSE », supprimant 234 emplois.

Le client principal de l’usine – « à 95 % » selon les syndicats – était l’équipementier allemand ZF, qui a choisi d’internaliser sa production de composants et de boîtes de vitesses, mettant fin prématurément au contrat qui le liait à Dumarey. Cela a entraîné une perte de chiffre d’affaires de l’entreprise de l’ordre de 84 %, a dit à l’AFP Laurent Julien, secrétaire CFDT du CSE.

« Crise structurelle »

Contactée par l’AFP, l’entreprise n’a pas répondu pour l’instant. Le président de Dumarey Powerglide Strasbourg, Arnaud Bailo, a toutefois confirmé aux Dernières Nouvelles d’Alsace ce projet qui « devient “inévitable et s’impose à [eux]” dans un contexte de “crise structurelle majeure” du secteur automobile ».

Après le PSE de l’an dernier, la direction du site avait évoqué des pistes pour de nouveaux projets, mais la société était « tellement endettée » qu’elle ne pouvait plus « être crédible pour quoi que ce soit », a souligné M. Kirouane.

« Ils disent qu’ils n’ont plus d’argent, qu’il y a une crise automobile, que les Chinois ont pris tous les marchés… Tous les arguments sont bons. Mais le problème, c’est que stratégiquement ils ont merdé », même quand la santé financière de l’entreprise était bonne, a encore estimé le responsable syndical.

Concrètement, « trois vagues » de licenciements auront lieu en 2026, selon lui : une centaine le 1er juin, environ 200 le 1er août, et les derniers en fin d’année.

« On avait des gens en larmes en face de nous » à l’annonce de la nouvelle aux salariés mercredi, a-t-il rapporté.

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L’entreprise, qui appartient au groupe belge Dumarey (anciennement Punch), produit historiquement des composants et des boîtes de vitesses pour différents équipementiers automobiles.

Les plans sociaux se sont multipliés ces dernières années chez les fabricants de pièces automobiles en France et en Allemagne. Le secteur de l’industrie automobile et des équipementiers est en proie à une crise, déclenchée par une baisse des ventes de voitures, notamment en Europe et en Chine, qui constitue le marché principal des fabricants européens.

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Le Monde avec AFP

Après un an de Trump, l’économie américaine crée beaucoup moins d’emplois que sous Biden

Lors d’un salon de l’emploi, à Sunrise (Floride, Etats-Unis), le 28 août 2025.

Presque douze mois après l’investiture de Donald Trump, les chiffres de l’emploi offrent un tableau pour le moins mitigé. Les données pour le mois de décembre, publiées vendredi 9 janvier par le bureau des statistiques du travail, confirment la tendance entrevue ces derniers mois : l’économie américaine crée un nombre relativement faible d’emplois, signe d’une activité morose dans nombre de secteurs, mais le taux de chômage (4,4 %) ne s’en ressent que légèrement, probablement à cause de la réduction drastique de l’immigration.

En décembre, 50 000 emplois ont été créés et les chiffres des mois précédents ont été revus sévèrement à la baisse avec 76 000 emplois de moins que ce qui avait été précédemment évalué. En tout, l’économie américaine a créé 584 000 emplois en 2025, bien loin des 2 millions de l’année 2024. L’essentiel de la croissance a été porté par les secteurs comme la santé, l’assistance sociale et le tourisme. A l’inverse, l’industrie, les transports ou la construction perdent des jobs en continu depuis plusieurs mois.

Le nombre d’employés fédéraux, qui avait atteint un pic en janvier 2024 à la fin du mandat de Joe Biden, est en fort déclin : – 277 000 postes sur un an, soit une baisse de 9,2 %. Donald Trump avait missionné Elon Musk à la tête du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) pour réaliser de vastes coupes dans les programmes fédéraux. Les effets de cette politique, qui s’est poursuivie après le départ du milliardaire, devraient encore se faire sentir dans les statistiques à venir.

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Matthieu Cortier, atteint de paralysie cérébrale : « Mes atypies n’ont jamais semblé être un obstacle »

Matthieu Cortier, interviewé par une chaîne de télévision locale, à Bar-sur-Seine (Aube), le 18 novembre 2025.

Ce matin de novembre, dans les brumes de l’Aube, Matthieu Cortier, 29 ans, a donné rendez-vous au pressing Clean de Bar-sur-Seine (Aube). Ce contractuel de la communauté de communes du Barséquanais en Champagne présente à la presse locale l’opération Barséquanoël, une collecte de peluches et de jouets destinée aux enfants défavorisés. Une caméra braquée sur lui, il se raidit légèrement. Son élocution, marquée par un accent singulier, témoigne de l’hémiplégie congénitale droite partielle avec laquelle il vit depuis sa naissance.

A l’issue de la cérémonie, le jeune homme presse le pas dans les rues de cette cité de caractère qui enjambe la Seine. Il rejoint son bureau installé dans un hôpital d’après-guerre. Sa démarche est irrégulière, mais l’allure soutenue. « Faut y aller, j’ai du boulot ! »

Depuis mai 2021, Matthieu Cortier dirige le service communication de la deuxième intercommunalité de l’Aube après Troyes, qui réunit 53 communes. Recruté à mi-temps (dix-sept heures trente par semaine), il informe les 19 000 habitants et élus des projets engagés : collecte des déchets, petite enfance, tourisme. Il alimente le site, les réseaux sociaux, prépare les supports imprimés, assure la relation avec les médias.

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