Les suppressions de postes d’enseignants dans les écoles, collèges et lycées seront plus importantes qu’attendu pour la rentrée 2026

Dans une école primaire à Lille, en septembre 2021.

Les représentants de la communauté éducative avaient beau savoir que le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoyait des suppressions de postes d’enseignants titulaires, ils n’en ont pas moins été décontenancés par l’ampleur des retraits d’emplois pour la rentrée 2026. Avec un mois de retard sur le calendrier habituellement millimétré de l’éducation nationale, en raison de l’absence de budget, le ministère a présenté, lors d’un comité social d’administration organisé lundi 26 janvier, la traditionnelle répartition des moyens entre académies pour l’année scolaire à venir. Et le coup de rabot est plus important qu’attendu.

Selon les documents fournis aux organisations syndicales, que Le Monde a pu consulter, à la rentrée 2026, les écoles primaires publiques perdront ainsi 2 229 « moyens d’enseignement », ainsi que sont désignés les professeurs titulaires ou stagiaires chargés de classes. Les collèges et lycées, plus de 1 800. C’est davantage que ce que laissait présager le projet de loi de finances 2026, lequel prévoit 1 891 suppressions de postes de titulaires dans le premier degré public, 1 365 dans le second degré public.

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Economies sur la fonction publique : le retour d’une « obsession française »

La députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébault-Martinez, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 mai 2025.

Y a-t-il trop de fonctionnaires en France ? Le débat sur le budget 2026 n’a pas échappé à cette sempiternelle question de la maîtrise des effectifs publics. Le 6 décembre 2025, le Sénat a ainsi ressuscité le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire de l’Etat sur deux partant à la retraite. Une règle mise en place sous Nicolas Sarkozy (2007-2012), mais qui n’a pas passé le cap de l’article 49.3 de la Constitution, déclenché par le gouvernement Lecornu sur le projet de loi.

La rengaine est ancienne. En 1793, déjà, Saint-Just dénonçait la prolifération de « 20 000 sots », les accusant de « corrompre » la République. « Tous ceux qu’emploie le gouvernement sont paresseux », critiquait le révolutionnaire, en appelant la Convention à « diminuer partout le nombre des agents ». Sa dénonciation était alors bien plus politique qu’économique. L’argument budgétaire, en revanche, a bien traversé les époques. Au début du XXe siècle, Georges Clemenceau ironisait : « La France est un pays extrêmement fertile, on y plante des fonctionnaires, et il y pousse des impôts. » Des décennies plus tard, en 1996, le premier ministre Alain Juppé soulignait la « mauvaise graisse » de la fonction publique.

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Travail le 1ᵉʳ-Mai : incertitudes sur le calendrier de la réforme

Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 5 novembre 2025.

Est-ce que le texte s’appliquera dès cette année ? Jeudi 22 janvier, l’Assemblée nationale n’a pas pu débattre de la proposition de loi qui permet à certaines entreprises de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai. Bien qu’il figure à l’ordre du jour, le texte est resté en souffrance car les députés en ont examiné d’autres, qui ont capté l’intégralité du temps de discussion attribué aux élus du Palais-Bourbon.

L’une des questions qui se pose désormais est de savoir si une nouvelle date sera trouvée très prochainement dans l’agenda parlementaire afin que les mesures envisagées soient adoptées dans les délais souhaités par ceux qui les défendent. Pour le moment, Matignon affirme que ce point-là n’est pas encore arbitré.

Résultat d’une démarche des sénateurs centristes, la proposition de loi en question avait été votée, le 3 juillet 2025, en première lecture au Palais du Luxembourg. Elle a pour objectif, selon ses concepteurs, de clarifier les règles et de mettre fin à l’« insécurité juridique » dans laquelle vivent plusieurs professions.

La législation actuelle est, en effet, très évasive. Elle prévoit que le 1er-Mai est un jour férié et chômé, sauf pour les activités qui, de par leur « nature (…), ne peuvent interrompre le travail ». S’agissant des commerces de proximité, le fait d’employer des salariés ce jour-là est le fruit d’un usage nimbé d’incertitudes au regard du droit : il a donné lieu à interprétation par l’administration, si bien que des employeurs – des exploitants de boulangeries, par exemple – ont parfois été sanctionnés par l’inspection du travail.

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Ubisoft : après le plongeon en Bourse, l’avenir incertain du géant français du jeu vidéo

A Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 13 juillet 2020.

Malgré un net rebond, vendredi 23 janvier dans la matinée, l’action Ubisoft a clôturé à 4,06 euros (+ 1,78 %) à la Bourse de Paris. Le géant du jeu vidéo français est très loin d’avoir compensé la chute record de 40 % enregistrée la veille. En effet, la valeur du titre avait dévissé, jeudi, après l’annonce par le président de l’entreprise, Yves Guillemot, d’un gigantesque plan d’économies et de restructuration, incluant des fermetures de studios ainsi que l’annulation et le report de multiples titres.

Ce grand plan d’économies, qui, selon les calculs d’Ubisoft, se traduira par une perte d’exploitation de plus de 1 milliard d’euros en 2026, est la dernière tentative du groupe français pour rebondir après une série d’échecs commerciaux, combinés à des conflits sociaux et à l’absence de projets porteurs. La réaction des marchés laisse redouter de nouvelles difficultés pour la société, dont la valorisation est désormais dix fois inférieure à celle de CD Projekt, l’autre grand éditeur européen (The Witcher, Cyberpunk 2077).

Pour l’heure, les fermetures de studios et les suppressions de postes se feront à l’étranger : outre la fermeture du studio de Halifax (Canada), actée au début du mois de janvier, et celle du studio de Stockholm, les principales réorganisations annoncées concernent RedLynx (à Helsinki), Massive (à Malmö, en Suède) et Ubisoft-Abou ​Dhabi (Emirats arabes unis).

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Bosch va fermer son usine de Moulins-Yzeure, dans l’Allier, et supprimer 270 emplois

Des pièces de correcteurs électroniques de trajectoire, sur une chaîne de montage robotisée de l’usine Bosch de Moulins-Yzeure (Allier), en mai 2013.

L’usine Bosch de Moulins fermera avant la fin de l’année 2026, et ses 270 emplois seront supprimés dès la fin juin. L’annonce, inattendue, est tombée mardi 20 janvier, lors d’un comité social et économique extraordinaire sur le site de Moulins-Yzeure (Allier). Les investissements engagés ces dernières années par le groupe allemand, premier équipementier automobile mondial, semblaient pourtant ouvrir des perspectives à cette usine spécialisée dans une monoproduction de correcteurs électroniques de trajectoire (ESP), destinés aux constructeurs automobiles mondiaux. Cet équipement agit automatiquement sur le freinage en cas de risque de perte de contrôle. Celui de Tesla était fabriqué dans cette usine avant que les voitures électriques d’Elon Musk ne changent de système.

La fermeture est justifiée par le contexte de réduction des commandes du marché automobile, la concurrence chinoise et le choix de confier la production d’ESP aux établissements implantés en Allemagne. « L’activité en équipement automobile en France est confrontée à une pression croissante due au ralentissement économique persistant et aux défis majeurs liés à la transformation économique du secteur », indique Robert Bosch France, la filiale française de la firme allemande, qui précise également avoir « décidé d’anticiper une baisse de la demande dans les systèmes de freinage conventionnel avec un recul du marché, notamment en Europe, au cours des prochaines années ».

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Ubisoft : comment le géant français du jeu vidéo est arrivé à un point de rupture, après des années de crise

Le logo Ubisoft lors du salon Paris Games Week en 2024.

Refonte radicale de son organisation, annulations et reports de jeux, fermetures de studios, plan d’économies à marche forcée, marche arrière sur le dossier très sensible du télétravail… Mercredi 21 janvier, Ubisoft a dévoilé une série d’annonces-choc censées redonner de l’élan à ce colosse du jeu vidéo européen, aujourd’hui à bout de souffle. Ce projet devrait entraîner une perte de plus d’un milliard d’euros sur l’année, selon le groupe français. Un signal d’alarme pour les marchés : jeudi en milieu d’après-midi, le cours de l’action Ubisoft décrochait de 38 % à la Bourse de Paris : une chute historique pour un titre qui a déjà perdu la moitié de sa valeur en 2025.

Le 22 janvier au matin, devant les locaux d’Ubisoft Paris, Chakib Mataoui, délégué syndical Solidaires Informatique, est en grève. « La colère a été instantanée parmi les employés, beaucoup ont juste besoin de parler un peu », confie celui qui est reconnaissable par son gilet rose sur les épaules. Le mouvement ne rassemble qu’une dizaine de personnes mais le syndicat promet une mobilisation plus large, y compris à l’international. En cause : le flou des annonces et l’absence de concertation, alors même que le studio parisien organisait, quelques heures avant d’annoncer cette réorganisation, une « journée pour soigner le blues hivernal ».

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La Société générale prévoit de supprimer 1 800 postes en France

Dans une agence de la Société générale, à Nantes, le 4 juillet 2024.

Après une année 2025 marquée par la modification des règles du télétravail, désormais limité à un jour par semaine, et la négociation d’un nouvel accord-cadre sur l’emploi, la Société générale entend bien poursuivre sa réorganisation en 2026. Le groupe bancaire a annoncé, jeudi 22 janvier, son intention de supprimer 1 800 postes en France, sur un total d’environ 40 000.

Les suppressions de postes devraient s’étaler sur deux ans au moins, sans que le groupe ait à recourir à des départs contraints ou à un plan de départs volontaires, donc en misant sur l’attrition naturelle, essentiellement le non-remplacement des départs en retraite, et la mobilité interne.

Confirmant les informations publiées mercredi 21 janvier par la CGT après une réunion avec Alexis Kohler, l’ex-secrétaire général de la présidence de la République devenu directeur général adjoint du groupe en juin 2025, la banque au logo rouge et noir explique dans un communiqué vouloir « simplifier ses modes de fonctionnement et les rendre plus efficaces, plus responsabilisants et plus agiles ». Cette réorganisation touchera à la fois le siège de la Défense (Hauts-de-Seine) et les activités de banque du quotidien en région, sans toutefois affecter le réseau d’agences.

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Budget 2026 : les syndicats sceptiques sur la hausse de la prime d’activité annoncée par Sébastien Lecornu

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 14 janvier 2026.

Faire en sorte que « le travail paie plus ». Parmi les mesures que Sébastien Lecornu a dévoilées, vendredi 16 janvier, pour tenter de trouver un budget et éviter une potentielle censure, l’une d’elles vise à améliorer le pouvoir d’achat d’une partie des personnes exerçant un emploi. C’est, en effet, au nom de cet objectif que le premier ministre a annoncé une hausse de la prime d’activité – un complément de ressources octroyé à ceux qui se trouvent en bas de l’échelle des revenus alors qu’ils occupent un poste. Le geste répond à une des demandes du Parti socialiste, tout en étant souvent critiqué par les acteurs sociaux, non pas dans l’intention affichée, mais à cause des modalités retenues.

Dans la version initiale du projet de loi de finances pour 2026, il était prévu « un recentrage de la prime d’activité sur les travailleurs les plus modestes ». « Il faut le reconnaître, c’était une erreur », a déclaré, vendredi soir, M. Lecornu. Non seulement cette orientation est abandonnée, mais le dispositif est même amélioré. Plus de 3 millions de ménages, gagnant aujourd’hui entre un smic et 1,4 smic, vont ainsi voir cette prestation s’accroître « en moyenne de 50 euros par mois », a détaillé le chef du gouvernement, vendredi. Matignon a précisé qu’une telle décision coûterait environ 2 milliards d’euros en année pleine.

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Capgemini accélère ses suppressions de postes

Devant des bureaux de Capgemini, à Nantes, le 13 février 2024.

Capgemini confirme les inquiétudes qui grandissaient depuis plusieurs mois au sein de l’entreprise. Le groupe français de services informatiques a informé ses représentants du personnel, mardi 20 janvier, de la mise en œuvre d’un « projet d’adaptation des compétences et des emplois exclusivement fondé sur le volontariat ». Celui-ci « pourrait entraîner jusqu’à 2 400 suppressions de postes » en France, soit un peu moins de 7 % de ses effectifs dans l’Hexagone (environ 35 000 personnes).

Des reconversions internes vers des « métiers d’avenir », selon les termes de la société, seront proposées aux salariés. Ces derniers pourront aussi quitter le groupe dans le cadre d’une future rupture conventionnelle collective. Ces « deux dispositifs sont fondés sur le volontariat », insiste Capgemini.

« Nous allons analyser le rapport entre mobilité interne (nombre d’ouvertures de postes) et la mobilité externe (rupture conventionnelle collective) dans ce projet. En clair, quelle est la réduction d’effectif visée par la direction, ce qui n’est pas clairement indiqué », a réagi la CFTC Capgemini sur son site Internet.

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