L’Urssaf relance le débat sur le statut des travailleurs Uber

Des chauffeurs VTC défilent devant la gare de Bordeaux, lors d’une manifestation pour de meilleurs droits au travail, le 26 novembre 2024.

Les chauffeurs VTC et les livreurs à vélo doivent-ils être considérés comme des salariés ? Si la question revient souvent devant les tribunaux français depuis près de dix ans, c’est parce que la réponse peut faire vaciller toute l’économie des plateformes. En témoigne le montant demandé par l’Urssaf à Uber, dans une lettre envoyée à la filiale française du géant américain, en décembre 2024 : 1,7 milliard d’euros.

Dans un document de 142 pages révélé par la Revue21, le service de lutte contre le travail illégal de l’Urssaf Ile-de-France a rassemblé les éléments prouvant, selon lui, que les 71 194 chauffeurs ayant travaillé pour Uber entre 2019 et 2022 n’étaient pas de vrais travailleurs indépendants. Uber aurait « maquillé sciemment une relation salariale en contrat d’entreprise pour échapper à ses obligations d’employeur », et « fraudé la loi en dissimulant l’emploi des chauffeurs ».

Or, si les chauffeurs avaient été salariés, Uber aurait dû payer 1,2 milliard d’euros de cotisations sociales sur cette période, auxquels s’ajoutent 512 millions d’euros de « majorations de redressement », est-il écrit dans le courrier, selon la Revue21. Des montants que l’Urssaf n’a pas souhaité commenter.

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Création d’un CDI jeunes : la proposition du Medef n’est « pas à l’ordre du jour », selon Matignon

Un étudiant de l’Ecole d’application aux métiers des travaux publics d’Egletons, en Corrèze, en octobre 2017.

La proposition du Mouvement des entreprises de France (Medef) de créer un contrat à durée indéterminée (CDI) pouvant être rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes « n’est pas à l’ordre du jour » des travaux du gouvernement, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de Matignon, lundi 2 février.

« La priorité du premier ministre est que les négociations des partenaires sociaux en cours sur les ruptures conventionnelles se terminent », a ajouté la même source. « L’urgence est de faire atterrir les négociations. » Syndicats et patronat ont entamé en janvier une négociation, à la demande du gouvernement, pour chercher 400 millions d’économies sur l’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle. Elle doit se conclure fin février.

Selon des documents remis mercredi aux organisations syndicales, à l’occasion d’une autre réunion entre patronat et syndicats, le Medef a proposé la création d’un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années », avec « une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture ». Cette idée a suscité samedi le c×ourroux de la CGT et du syndicat étudiant UNEF, qui a brandi la menace d’une « mobilisation massive » contre cette demande patronale.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le Medef exhume le smic-jeunes et le contrat première embauche

Ce dispositif comporte des similitudes avec le contrat de première embauche (CPE), créé en 2006 par Dominique de Villepin alors premier ministre, qui avait généré une mobilisation historique et amené le gouvernement à le supprimer avant son application. « Alors que nous fêtons cette année les vingt ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert » et « réussit à faire pire que le CPE, qui avait deux ans de période d’essai », a réagi samedi la CGT dans un communiqué.

Joint par l’AFP vendredi, le Medef avait expliqué qu’il ne s’agissait pour l’heure que de « nourrir le débat » pour s’attaquer à la problématique des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.

Le Medef reste absent par ailleurs de la conférence « Travail emploi retraites », commencée elle aussi par le gouvernement, qui s’est fixé vendredi un programme de travail jusqu’au mois de juin, pour dégager non pas un accord mais des « points de convergence ».

Le Monde avec AFP

Paris 2024 : un montage pour dissimuler du travail illégal et l’emploi de sans-papiers sur un chantier des JO devant la justice

Un ouvrier devant le chantier du village olympique de Paris 2024, qui se situe à cheval sur trois communes : Saint-Ouen-sur-Seine, L’Ile-Saint-Denis et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ici à Saint-Ouen, le 27 février 2024.

Une nébuleuse de sociétés, des « gérants de paille », des travailleurs non déclarés et sans-papiers, un donneur d’ordre qui dit n’avoir rien vu et, pour décor, la construction d’un village olympique où des athlètes du monde entier se sont retrouvés à l’été 2024 pour l’une des plus grandes compétitions sportives internationales.

Les Jeux olympiques (JO) de Paris ne sont plus qu’un souvenir, mais lundi 2 février, devant le tribunal de Bobigny, un procès s’ouvre, qui doit durer jusqu’au 20 février, et au cours duquel 21 personnes et trois sociétés seront jugées, notamment pour avoir exécuté du travail dissimulé, employé des étrangers sans titre en bande organisée, ou avoir eu recours à des entreprises qui s’en chargeaient.

C’est le cas de GCC, l’une des « dix premières entreprises du secteur BTP », ainsi qu’elle le revendique sur son site Internet. Le groupe s’était vu attribuer la construction de six bâtiments dans le village olympique. La justice lui reproche d’avoir manqué à son obligation de vigilance, en ayant sous-traité des marchés de travaux pour plusieurs millions d’euros à des entreprises qui « dissimulaient une part très conséquente de leurs salariés », pour beaucoup dépourvus de titres de séjour. Comparaîtront notamment devant le tribunal, outre la personne morale de GCC, un directeur d’agence, un directeur de travaux et un chef de chantier du groupe. Sollicité dans le cadre d’un précédent article sur le sujet, en décembre 2022, GCC avait écrit au Monde que la situation s’était « réalisée à [son] insu ».

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Le nombre de demandeurs d’emploi augmente au quatrième trimestre 2025 et sur l’ensemble de l’année

Le contexte économique morose, la forte instabilité politique qui a marqué la fin d’année 2025, notamment l’absence de budget en décembre, ainsi que les tensions géopolitiques, commencent à se faire sentir sur le marché du travail.

Selon les statistiques diffusées, jeudi 29 janvier, par France Travail et la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), rattachée au ministère du travail, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a connu une hausse sensible au quatrième trimestre, de 2,6 %, pour s’établir à 3,3 millions de personnes sur l’ensemble du territoire (outre-mer compris, sauf Mayotte). Ce sont 84 200 inscrits de plus qu’au trimestre précédent.

Sur un an, sans surprise, les effectifs de cette catégorie, la plus scrutée, augmentent de manière bien plus forte, de 6,8 %. Si l’on ajoute les personnes en catégorie B, en activité réduite courte (moins de soixante-dix-huit heures par mois), et C (plus de soixante-dix-huit heures), la croissance du nombre de demandeurs d’emploi est de 1 % sur ce trimestre et de 4,8 % sur l’année 2025, pour s’établir à près de 5,7 millions de personnes.

Comme chaque trimestre depuis un an, ces données sont à prendre avec des pincettes. Les chiffres sont devenus assez complexes à analyser depuis la promulgation de la loi « pour le plein-emploi », qui a, entre autres, généralisé l’inscription de tous les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) auprès de France Travail le 1er janvier 2025. A cela s’est ajoutée, début juin, l’application du nouveau régime de sanctions pour les chercheurs d’emploi ayant manqué à leurs obligations qui a fait chuter le nombre de radiations, passées de 45 000 en moyenne au premier trimestre 2025 à seulement 2 300 sur les trois derniers mois de l’année.

Prévisions pessimistes

Sans ces effets particuliers, le nombre d’inscrits à France Travail en catégorie A augmente toutefois de 2 % sur le trimestre et de 1,7 % sur un an (+ 40 000 personnes). Pour l’ensemble de ceux tenus de chercher un emploi (catégories A, B et C) la hausse est de 1,6 % sur un an (stable sur la dernière période de 2025). « Ce sont ces évolutions qui reflètent le mieux la situation conjoncturelle du marché du travail », précise une nouvelle fois la Dares.

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Inégalité salariale entre les femmes et les hommes : les sanctions contre les patrons jugées « trop limitées »

Frapper au portefeuille pour changer les pratiques. Si les décideurs publics veulent gommer les écarts de rémunérations entre les femmes et les hommes, les coups de bâton à l’égard des entreprises fautives font partie du panel de mesures à déployer. C’est l’une des idées fortes qui émergent d’un rapport parlementaire transpartisan rendu public mardi 27 janvier. Il se présente comme une boîte à outils placée à la disposition du législateur au moment où une directive européenne poursuivant cet objectif d’égalité salariale doit être transposée dans le droit français.

Le rapport diffusé mardi après-midi a été réalisé par trois députées de sensibilités différentes : Virginie Duby-Muller (Les Républicains, Haute-Savoie), Agnès Firmin Le Bodo (Horizons, Seine-Maritime), Karine Lebon (groupe communiste, La Réunion). Ces élues se penchent, à leur tour, sur une « problématique » qui peut se résumer en quelques chiffres. En 2023, dans le privé, la fiche de paie des femmes était, en moyenne, inférieure de 22,2 % à celle des hommes. Cet écart est imputable, pour une grande partie, au nombre d’heures de travail effectuées et au type de postes occupés. En comparant la situation des femmes et des hommes occupant le même métier, ayant le même âge et étant employés dans la même société, il subsistait toujours « un différentiel de l’ordre de 4 %, qui relève de la discrimination pure », rappellent les trois parlementaires.

Pourtant, les gouvernements successifs au cours du demi-siècle écoulé ne sont pas restés les bras ballants. Le principe d’égalité de rémunération entre les deux sexes a été inscrit dans une loi de décembre 1972. Par la suite, les textes se sont empilés – mais « sans grande portée pratique ». L’un des derniers en date, promulgué en septembre 2018, a instauré un « index », qui calcule les disparités entre les femmes et les hommes. Obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 personnes, le dispositif prévoit, sous certaines conditions, des pénalités financières si aucune disposition n’est prise pour mettre fin aux injustices.

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Le congé de paternité plébiscité par les hommes

Un père et sa fille, quelques instants après la naissance, dans le service de maternité d’un hôpital parisien, le 29 juin 2022.

Créé en 2002 et passé de onze à vingt-cinq jours en juillet 2021, le congé de paternité est très populaire chez les hommes. Un nombre croissant d’entre eux y a recours, et encore plus depuis son allongement, conclut une étude de l’Institut national d’études démographiques publiée, mercredi 28 janvier, dans la revue Population et sociétés.

Plus de huit hommes sur dix (81 %) le prennent au-delà de la part obligatoire de quatre jours – qui s’ajoutent aux trois jours obligatoires du congé de naissance prévus au moment de l’arrivée de l’enfant. Autrement dit, « plus de quatre enfants sur cinq nés entre juillet 2021 et décembre 2023 ont vu leur père prendre tout ou partie de leur congé de paternité au-delà de la semaine obligatoire », relèvent les auteurs de l’article, qui se sont appuyés sur des données de l’enquête « Familles et employeurs » menée en 2024.

« Les trois quarts des pères utilisateurs le prennent pour vingt jours ou plus », explique au Monde la chercheuse Anne Solaz, l’une des auteurs. Et ils sont 59 % à y recourir pleinement, pendant les vingt-cinq jours prévus par la loi, ce qui les conduit à passer vingt-huit jours de congé auprès de leur nourrisson lors de ses six premiers mois. L’allongement du dispositif n’a donc pas eu d’effet dissuasif ; au contraire, le taux de recours est même plus élevé qu’avant la réforme.

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Rachat de SFR : la perspective d’une offre améliorée fait surface, les salariés des boutiques s’inquiètent

Devant une boutique de l’opérateur de téléphonie SFR, à Paris, le 15 octobre 2025.

La vente de SFR est relancée. Orange, Bouygues Telecom et Free passent désormais au crible les comptes de l’opérateur au carré rouge, qu’ils rêvent de racheter afin de le faire disparaître pour réduire la concurrence et doper leurs profits. Préalable indispensable à toute offre ferme, cette analyse minutieuse des informations commerciales, financières, contractuelles et fiscales d’Altice France, la maison mère de SFR, a débuté début janvier, a précisé le trio, jeudi 22 janvier, dans un communiqué commun.

Cette étape témoigne, au minimum, d’un certain réchauffement des relations entre Patrick Drahi, le propriétaire du numéro deux français des télécoms, et ses rivaux : le milliardaire franco-israélien s’était refusé, jusqu’alors, à leur ouvrir ses comptes, après avoir balayé leur première offre, non engageante, de 17 milliards d’euros, le 14 octobre 2025, jugée très en deçà de ses attentes. Or, selon une source proche des négociations, Orange, Bouygues Telecom et Free (dont le propriétaire, Xavier Niel, est actionnaire à titre individuel du Groupe Le Monde) ont toujours considéré ce travail d’analyse comme essentiel pour envisager une éventuelle offre améliorée. L’objectif de ces audits : se rassurer – ou se protéger – de la présence d’éventuels « contrats, litiges ou autres éléments comportant des risques », faisait valoir cette même source, en novembre 2025.

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Autorisations d’absence des fonctionnaires : la réforme du gouvernement se précise

Le ministre délégué chargé de la fonction publique David Amiel, au ministère du travail à Paris, le 4 novembre 2025.

C’est la réponse du gouvernement à une injonction du Conseil d’Etat et elle promet de susciter de vifs débats avec les syndicats. Le ministère de la fonction publique présentera, mardi 27 janvier, ses pistes de réforme concernant le régime des autorisations spéciales d’absence, rémunérées, dont peuvent bénéficier les agents publics au titre de la parentalité et d’événements familiaux. Ces mesures, dont Le Monde a eu connaissance, doivent alimenter un décret attendu depuis plus de six ans. Le 10 décembre 2025, le Conseil d’Etat a effectivement enjoint à l’exécutif de prendre un tel texte dans un délai de six mois, conformément à la loi de transformation de la fonction publique de 2019.

Cette loi avait renvoyé à un décret le soin de fixer la liste de ces autorisations d’absence autour d’un référentiel commun. Le législateur souhaitait alors remédier aux pratiques hétérogènes des administrations, l’octroi de ces autorisations étant en grande partie laissé à leur discrétion. Pour expliquer son retard dans la publication de ce décret, l’Etat a invoqué la nécessité d’un « dialogue approfondi » avec les syndicats mais aussi la crise du Covid-19 et ses impacts sur le déroulé des discussions. Des arguments insuffisants pour le Palais-Royal.

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Crise à Ubisoft : le numéro un français du jeu vidéo envisage de supprimer jusqu’à 200 postes en France

Le siège d’Ubisoft à Saint-Mandé (Val-de-Marne), en janvier 2025.

Dans la tourmente, Ubisoft envisage 200 suppressions de postes sur les 1 100 que compte son siège, basé à Saint-Mandé (Val-de-Marne), soit 5 % de l’ensemble de ses salariés en France. La direction va proposer un projet de rupture conventionnelle collective, sur la base du volontariat, à des salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) répondant à des critères définis avec les syndicats.

Seuls les employés du siège du groupe (dénommé « Ubisoft International ») sous contrat français sont concernés par cette proposition, a précise Ubisoft à l’Agence France-Presse (AFP). Les autres entités, notamment les studios de création de jeux situés ailleurs en France ne sont pas concernés. C’est la première fois que le champion français du jeu vidéo propose un plan de départs de ce type en France, qui n’a pas à être justifié par un motif économique.

Créateur d’Assassin’s Creed, Ubisoft compte 17 000 salariés dans le monde, dont 4 000 en France, où l’entreprise a été fondée en 1986 par la fratrie Guillemot. La gestion du groupe, dirigé par Yves Guillemot depuis ses débuts, est de plus en plus critiquée en interne.

Les difficultés s’accumulent

L’action Ubisoft a chuté à un niveau record jeudi après l’annonce de l’annulation de projets, comme le remake de Prince of Persia : les sables du temps, la fermeture d’un studio et une révision à la baisse de ses prévisions financières. L’entreprise a également dévoilé une profonde réorganisation, qui débutera à partir d’avril, afin de se relancer. Elle s’accompagne d’un plan de réduction des coûts d’au moins 200 millions d’euros sur deux ans et une perte opérationnelle prévue à un milliard d’euros pour l’exercice en cours, qui se clôt à la fin de mars.

Ubisoft, autrefois considéré comme l’un des éditeurs de jeux vidéo les plus plébiscités et influents du secteur, a subi une série de revers ces dernières années. L’entreprise a enchaîné des contre-performances commerciales sur des jeux très attendus, comme Avatar : Frontiers of Pandora et Star Wars Outlaws, dans un marché de plus en plus concurrentiel. Il a aussi connu de fortes difficultés pour diversifier son catalogue.

L’éditeur français a ainsi fermé plusieurs de ses studios à l’étranger, notamment à San Francisco (Etats-Unis), Osaka (Japon), Leamington Spa (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) et Halifax (Canada).

En octobre 2025, il s’est également associé à Tencent pour créer une nouvelle filiale, Vantage Studios, regroupant ses franchises les plus iconiques (Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six) afin d’obtenir de la trésorerie de la part du géant chinois des télécommunications et des nouvelles technologies, qui en détient désormais 25 %.

Le Monde avec AFP et Bloomberg

Les suppressions de postes d’enseignants dans les écoles, collèges et lycées seront plus importantes qu’attendu pour la rentrée 2026

Dans une école primaire à Lille, en septembre 2021.

Les représentants de la communauté éducative avaient beau savoir que le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoyait des suppressions de postes d’enseignants titulaires, ils n’en ont pas moins été décontenancés par l’ampleur des retraits d’emplois pour la rentrée 2026. Avec un mois de retard sur le calendrier habituellement millimétré de l’éducation nationale, en raison de l’absence de budget, le ministère a présenté, lors d’un comité social d’administration organisé lundi 26 janvier, la traditionnelle répartition des moyens entre académies pour l’année scolaire à venir. Et le coup de rabot est plus important qu’attendu.

Selon les documents fournis aux organisations syndicales, que Le Monde a pu consulter, à la rentrée 2026, les écoles primaires publiques perdront ainsi 2 229 « moyens d’enseignement », ainsi que sont désignés les professeurs titulaires ou stagiaires chargés de classes. Les collèges et lycées, plus de 1 800. C’est davantage que ce que laissait présager le projet de loi de finances 2026, lequel prévoit 1 891 suppressions de postes de titulaires dans le premier degré public, 1 365 dans le second degré public.

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