Le logo d’Electricité de France (EDF), le 2 mars 2021. BENOIT TESSIER / REUTERS
Un salarié d’Electricité de France (EDF) a été contaminé lors d’une récente opération de maintenance à la centrale de Cruas-Meysse (Ardèche), son exposition radiologique ayant été supérieure à la limite réglementaire annuelle, a-t-on appris samedi 4 septembre auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
Le gendarme du secteur a classé l’incident au niveau 2 (sur 7) de l’échelle internationale des événements nucléaires (échelle INES). Ce type d’incident est assez rare, seuls quelques cas surviennent chaque année.
Le 24 août, deux intervenants vérifiaient, dans le bâtiment du réacteur 2 de cette centrale, l’étanchéité des alimentations d’air de robinets pneumatiques. Lors du contrôle réalisé à la sortie de zone contrôlée, une contamination a été détectée au niveau de la nuque d’un des salariés et la particule radioactive a été retirée, relate l’ASN, confirmant des informations du Dauphiné libéré.
Origine de contamination inconnue
L’exposition radiologique de l’agent a cependant été supérieure à la limite réglementaire annuelle fixée pour chaque centimètre carré de peau, mais « sans conséquence pour la santé du salarié », selon EDF, cité par le quotidien régional.
Le salarié concerné n’a pas été arrêté et poursuit son activité à la centrale, mais il ne pourra pas revenir en zone nucléaire avant un an, a précisé samedi un représentant d’Eléctricité de France à l’AFP. Il bénéficiera « d’un suivi médical par la médecine du travail, complémentaire au suivi classique des personnes intervenant en zone contrôlée », a précisé ce représentant.
EDF et l’ASN ont fait savoir que l’origine de la contamination n’était pas connue. « Malgré les investigations menées sur le parcours suivi par l’intervenant, les zones ou les points de contamination qui ont pu être à l’origine de cette contamination n’ont pas pu être déterminés », écrit l’Autorité de sûreté nucléaire sur son site internet. Un rapport d’analyse de l’incident est attendu sous deux mois.
Cet incident de contamination est le quatrième depuis fin juillet en France, selon Franceinfo, qui a évoqué l’affaire samedi. Les précédents ont eu lieu à Cattenom (Moselle), Fessenheim (Haut-Rhin) et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher).
Les chiffres de l’électricité en France
67 %
Telle est, en 2020, la part du nucléaire dans la production annuelle, contre 70 % en 2019, un plus bas historique, selon les données du réseau de transport d’électricité (RTE).
56
C’est le nombre de réacteurs en activité en France, depuis la fermeture des deux équipant la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) en 2020. Un seul réacteur, de type EPR, est en construction, à Flamanville (Manche), depuis 2007.
25 %
C’est la part dans la production d’électricité atteinte par les énergies renouvelables en 2020, soit un niveau record. Mais cela cache des réalités très différentes. L’essentiel est assuré par les barrages (13 %), puis arrivent l’éolien (7,9 %), le solaire (2,5 %) et les bioénergies (2 %).
8 %
C’est ce que représentent encore les énergies fossiles dans le réseau électrique français, largement décarboné. Il s’agit essentiellement de gaz. Le charbon n’a représenté que 0,3 % de la production.
460
C’est, en térawattheures, la consommation électrique française en 2020, en baisse de 3,5 % par rapport à 2019, en raison des conséquences de la pandémie de Covid-19.
Tribune. La rentrée professionnelle s’amorce et, déjà, il est clair que plus rien ne sera comme avant la pandémie due au Covid-19. Un constat est que le « contrat psychologique » devient le nouveau moteur des relations au travail.
Ce n’est pas le grand soir annoncé du « monde d’après », mais une métamorphose du monde du travail est en cours. La question du télétravail est au centre de cette évolution, mais ce serait un tort de ne voir que cela, et de considérer qu’il n’y a que des problèmes d’organisation à résoudre. Une erreur de penser qu’une fois les nouveaux horaires établis, les alternances présentiel-distanciel adoptées, la mise à disposition du matériel faite, le retour au travail s’effectuera sans heurt.
Certes, il est important de s’atteler très vite à ces questions, mais si les réponses apportées par l’aspect légal sont nécessaires, elles ne seront pas suffisantes longtemps. Pourquoi ? Parce que les salariés ont changé, profondément changé, et si une de leurs premières attentes porte effectivement sur une meilleure conciliation de leur vie privée et de leur vie professionnelle, il ne faut pas que cela cache leur véritable aspiration : celle à travailler autrement.
Cet « autrement » est un véritable changement de paradigme, en gestation depuis des années, mais qui éclôt véritablement à cette rentrée, avec cette reprise de l’activité que nous voulons pérenne.
Popularisé par Denise Rousseau
Quelles en sont les manifestations ? Un rejet du management par le contrôle, un souhait d’autonomie dans son organisation personnelle, une attente de développement professionnel, une aspiration à la réalisation de soi. Les études montrent que les salariés veulent mettre à profit ce qu’ils ont appris pendant les mois de télétravail forcé et que, forts de ces apprentissages, ils se sentent plus à même de dialoguer avec leur management.
Le contrat de travail ne suffit plus, dans le sens où il ne peut apporter de réponses à ces changements, ce qui laisse beaucoup de directeurs des ressources humaines (DRH) ou de manageurs désemparés, s’ils ne comprennent pas ce qui est à l’œuvre.
Ils doivent intégrer que le contrat psychologique prévaut désormais dans la relation professionnelle. Qu’est-ce que le contrat psychologique et qu’apporte -t-il ?
Ce concept a été mis au jour dès les années 1960 par des chercheurs se penchant sur la relation de travail, mais c’est Denise Rousseau, professeure à l’université Carnegie Mellon (Pennsylvanie), qui l’a vraiment défini, analysé et popularisé. Son article « Psychological and Implied Contracts in Organizations »publié en 1989 est une véritable révolution dans la compréhension de la relation de travail.
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Une boutique proposant une offre d’emploi, à Times Square, à New York, le 6 août 2021. EDUARDO MUNOZ / REUTERS
Le chiffre, franchement mauvais, va tourner au casse-tête pour le président Joe Biden et la Réserve fédérale américaine (Fed). Les Etats-Unis n’ont créé en août que 235 000 emplois. C’est beaucoup moins que les 725 000 attendus par les économistes sondés par l’agence Bloomberg. Et c’est aussi une forte chute par rapport aux excellents chiffres, d’ailleurs révisés à la hausse, de juin et juillet, où 962 000 et 1,05 million d’emplois avaient été créés. Le taux de chômage, qui suscite moins d’attention politique, est tombé de 5,4 % de la population active à 5,2 %, mais il manque toujours 5,3 millions d’emplois par rapport à février 2020.
La Maison Blanche a accusé la reprise de la pandémie de Covid-19 pour expliquer ce retournement de tendance sur le front du marché du travail. « Il ne fait aucun doute que le variant Delta explique pourquoi les chiffres de l’emploi d’aujourd’hui ne sont pas meilleurs, a déploré Joe Biden. J’espérais un chiffre plus élevé. »
L’été devait signer le retour à la normale de l’économie. Il a en réalité été marqué par un renfermement : le port du masque est de nouveau imposé en intérieur, parfois en extérieur ; les tests Covid-19 sont exigés de plus en plus souvent, y compris pour les personnes complètement vaccinées.
L’emploi a reculé de 29 000 postes dans le commerce de détail, dans un pays où les caisses sont désormais automatiques, tandis que les secteurs des loisirs, de l’hôtellerie et de la restauration n’ont pas créé de jobs : il en manque pourtant encore 1,7 million par rapport à début 2020 dans ces activités.
Le président a réitéré la nécessité pour davantage d’Américains de se faire vacciner afin que les choses reviennent à la normale, affirmant que les Etats-Unis n’étaient « pas là où nous devons être dans notre rétablissement » ;52,7 % de la population seulement est complètement vaccinée, tandis que 62 % ont reçu au moins une dose.
L’affaire va rapidement devenir brûlante politiquement. Les allocations-chômage fédérales, qui atteignent 300 dollars (252 euros) par semaine, arrivent à expiration ce week-end. Quelque 10 millions d’Américains devraient perdre tout ou partie de ces versements – il existe aussi des aides au niveau des Etats.
Ces aides fédérales ont été accusées par les républicains et une partie des employeurs, à la peine pour trouver de la main-d’œuvre, notamment dans la restauration, de favoriser le chômage volontaire. A gauche, au contraire, les démocrates progressistes s’inquiètent, tandis que les équipes de la Maison Blanche sont divisées, selon une enquête du Washington Post.
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Une boutique SFR, à Paris, le 29 novembre 2019. SAMEER AL-DOUMY / AFP
La parenthèse estivale est déjà loin pour les salariés de SFR. En pleine rentrée, se profile déjà une vague de départs qui cible environ 1 700 postes, soit près d’un salarié du groupe sur cinq.
Les représentants des personnels des différentes entités de l’opérateur doivent rendre leurs avis sur le plan social d’ici au lundi 6 septembre. Celui-ci pourra ensuite être formellement déposé à la direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Drieets, anciennement la Direccte), un préalable avant l’ouverture du guichet des départs dans les semaines qui viennent.
Surpris par l’annonce du plan social au mois de mars, les syndicats de SFR le contestent tant sur la forme que sur le fond. Sur la forme, d’abord, parce que la procédure est selon eux entachée d’irrégularités. Les secrétaires du comité social et économique (CSE) central de l’opérateur ont ainsi refusé, mercredi 1er septembre, de rendre un avis sur le plan de restructuration au motif qu’il serait affecté d’« illégalités manifestes », écrivent-ils dans une résolution adoptée à l’unanimité, que Le Monde a pu consulter.
Une direction « en mode rouleau compresseur »
L’intersyndicale, qui réunit les syndicats majoritaires de l’entreprise (UNSA, CFDT et CFTC), accuse notamment la direction d’avoir violé les accords pris en parallèle du précédent plan de départs de 5 000 postes en 2017.
A l’époque, SFR s’était engagé sur un « new deal », qui garantissait la protection des emplois jusqu’à fin 2020. Selon les syndicats, le nouveau plan social a été décidé pendant cette période, ce qui pourrait constituer une fraude à ces accords. D’autant qu’en octobre 2020, les dirigeants de SFR se montraient encore optimistes quant au maintien des emplois dans les années à venir. L’affaire a été portée devant le tribunal judiciaire de Paris, qui doit se prononcer le 21 septembre.
Autre grief : le plan de départs volontaires en cours de préparation ciblerait à mots couverts des postes précis ; « 43 % des salariés visés [par le plan] sont seuls dans leurs catégories [d’emplois] et 27 % des postes supprimés appartiennent à des catégories totalement supprimées », observent ainsi les élus sur la base du rapport du cabinet Sextant, qui les a assistés. Ils expriment également leurs inquiétudes quant aux conditions de travail des salariés qui resteront dans le groupe après la prochaine baisse des effectifs.
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Manifestation pour l’augmentation du salaire minimum, à Madrid, le 14 juillet. EUROPA PRESS NEWS / EUROPA PRESS VIA GETTY IMAGES
Pour la troisième année consécutive et après une hausse cumulée de 31,8 % depuis 2018, l’Espagne s’apprête à augmenter de nouveau le salaire minimum (SMI). Mercredi 1er septembre, le ministère du travail, les principaux syndicats et les organisations patronales ont maintenu une réunion pour aborder la question. A défaut d’accord, ils se sont donné rendez-vous, lundi 6 septembre, pour reprendre les négociations.
« Il n’y aura pas de reprise économique si elle n’est pas juste, et ne parvient pas à toutes les strates de notre société, a d’ores et déjà défendu le chef du gouvernement de gauche, le socialiste Pedro Sanchez, qui a promis, ce 1er septembre lors d’une conférence de rentrée, « une augmentation immédiate du salaire minimum ». Il a confirmé son objectif : « Qu’il atteigne 60 % du salaire moyen en 2023, à la fin de la législature, comme le fixe la charte sociale européenne. » A cause de la pandémie, cette hausse du SMI, retardée de neuf mois, devrait toutefois être bien plus modérée que celles de 2019 (+ 22,3 %) et de 2020 (+ 5,5 %). Pour ne pas dire purement symbolique.
Durant la réunion de mercredi, le ministère du travail a proposé aux partenaires sociaux une augmentation de 1,6 %, soit 17 euros mensuels. Celle-ci porterait le SMI à 1 125 euros par mois (payé 965 euros en 14 mensualités par an). Elle serait suivie d’une augmentation de 36 euros mensuels en 2022, ainsi qu’en 2023. Près de 1,6 million de travailleurs seraient concernés.
Jugeant la hausse insuffisante, les syndicats demandent « plus de courage » au gouvernement
Jugeant la hausse insuffisante, les syndicats demandent « plus de courage » au gouvernement, au vu de l’inflation, qui dépasse les 3 %, et à la flambée des prix de l’électricité, tandis que le patronat est opposé à toute revalorisation. « Ce n’est pas le moment : nous sortons d’une année et demie horrible », a rappelé mercredi le président de la Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales (CEOE), Antonio Garamendi, qui a rapporté l’inquiétude des petits agriculteurs et chefs d’entreprise. « Dans certaines régions, [cette mesure] va condamner les gens au travail au noir » et « constituer une barrière pour l’emploi des jeunes ».
Quant à l’exécutif, il s’est montré divisé sur la question. Ces derniers mois, la ministre de l’économie, l’orthodoxe Nadia Calviño, ex-directrice générale des budgets à la Commission européenne, s’était opposée à l’augmentation du SMI défendue par la ministre du travail communiste Yolanda Diaz, devenue la principale ministre issue de la gauche radicale Unidas Podemos depuis le départ du gouvernement de Pablo Iglesias. La vigueur de la reprise économique, avec une croissance du PIB attendue de 6,5 % en 2021 et 7 % en 2022 et le retour au nombre de travailleurs affiliés à la Sécurité sociale antérieur à la pandémie, auraient vaincu ses réticences.
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Le livre. Les confinements imposés par la crise du Covid-19 ont provoqué un retournement brutal des habitudes de travail, ancrées depuis la fin du XVIIIe siècle : une majorité de personnes n’allant plus au travail mais le travail venant à elles. Le modèle qui a prévalu depuis le premier âge des machines instauré par la révolution industrielle va-t-il se transformer avec l’affirmation d’un deuxième âge des machines ? interroge Pascal Picq dans Les Chimpanzés et le télétravail (Eyrolles).
« Les Chimpanzés et le télétravail. Vers une (r)évolution anthropologique », de Pascal Picq. Eyrolles, 256 pages, 18 euros.
« Par-delà la règle empirique qui fait que l’Histoire pas plus que l’évolution ne reviennent en arrière, nos sociétés vont changer avec les nouvelles formes de travail et ses conséquences à peine esquissées sur la vie privée, les transports, la ville et à l’échelle mondiale. Ni plus ni moins qu’une nouvelle phase de l’évolution de l’humanité, comme ça a toujours été le cas avec le déploiement de nouvelles technologies généralisées, le feu il y a deux millions d’années, aujourd’hui le numérique », affirme le paléoanthropologue au Collège de France. Son essai propose un regard évolutionniste sur les transformations du travail, en s’appuyant sur l’anthropologie et l’éthologie.
Après une brève histoire de l’évolution du travail, des moyens de production et de leur impact sur la vie des personnes, l’ouvrage dresse un bilan de l’expérience du télétravail massif dans le monde pendant la pandémie pour ensuite replacer les bouleversements actuels dans une perspective évolutionniste.
Les femelles se distinguent
Dans une période de crise, la sélection naturelle sélectionne. « Pardon pour la tautologie, pourtant nécessaire tellement l’idée dominante est celle de la loi du plus fort et de l’élimination des autres. Plus encore, elle ne crée rien, elle sélectionne ! Il faut donc analyser les changements actuels au regard de ce qui se faisait en termes de travail à distance avant la pandémie, sélectionner les bonnes pratiques, réduire si ce n’est éliminer les pratiques obsolètes et certainement en inventer d’autres. »
Une nouvelle écologie du travail et des tâches va se mettre en place, qui doit s’inscrire dans les tendances déjà engagées des entreprises dans leur numérisation, leur automation, leurs problématiques sociales et environnementales dans une perspective écosystémique.
Et les chimpanzés dans tout ça ? Les changements d’organisation du travail impliquent de nouvelles formes de vie individuelle, en groupes et entre groupes que l’on rencontre chez différentes espèces de singes et de grands singes. Comment passer d’organisations du travail verticales et descendantes, où l’erreur n’est pas tolérée, comme chez les macaques, à des organisations de type chimpanzé ?
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Une pancarte « Les médias sont le virus » lors une manifestation contre le passe sanitaire, à Perpignan, le 7 août 2021. JC MILHET / HANS LUCAS VIA AFP
« Traité deux fois de collabo et une fois de traître en une après-midi. Des broutilles. » Samedi 28 août, pour la première fois de l’été, aucun journaliste n’a été molesté lors d’une manifestation des opposants au passe sanitaire.
Comme en témoigne ce SMS de Julien Pain, reporter pour la chaîne de télévision Franceinfo, les insultes n’ont cependant pas manqué de fuser. Mais « je ne me suis senti à aucun moment en danger. J’ai travaillé comme d’habitude », insiste celui qui préparait alors son magazine « Vrai ou fake », qui sera diffusé dimanche à 21 h 15. « Comme d’habitude », c’est-à-dire avec un agent de sécurité dans son sillage, prêt à intervenir en cas de problème.
Depuis les mobilisations contre la loi travail en 2016, et plus certainement depuis celles des « gilets jaunes », couvrir les manifestations n’est pas sans risque.
La liste des incidents, plus ou moins graves, qui ont émaillé l’été, le prouve : personne n’y échappe. Ni les journalistes des stations locales – jet d’œufs sur la vitrine de France Bleu Belfort-Montbéliard le 31 juillet, insultes proférées devant France Bleu Roussillon à Perpignan, ainsi qu’au siège de France 3 Caen le 14 août –, ni ceux de France Télévisions – coups de pied donnés à des reporters de France 2 à Marseille, le24 juillet–, ni la presse écrite –tentative d’intrusion dans les bureaux de L’Est républicain, locaux du Dauphiné libéré tagués le 31 juillet, éparpillement de journaux devant L’Indépendant, à Perpignan, le 21 août, ni les agences de presse – crachats et insultes à deux consœurs de l’Agence France-Presse (AFP) à Paris, le 31 juillet.
Des brutalités récurrentes, décomplexées, avec lesquelles les rédactions ont appris à composer. Jusqu’au 22 juillet, où, à BFM-TV, on a décidé de dire stop.
« Jusque-là, nous mettions un point d’honneur à ne pas parler de ces violences, car nous ne voulons pas devenir acteurs des événements, raconte Céline Pigalle, la directrice de la rédaction. Mais, ce jour-là, on s’est dit que ne pas en parler, c’était passer sous silence une composante de ces manifestations. Le grand public ne mesure pas qu’il y a cette dureté-là à notre encontre, qui n’est pas tolérable. »
Le rédacteur Igor Sahiri et la journaliste reporter d’images Philippine David, pourtant accompagnés chacun d’un garde du corps, venaient d’être pris pour cible par des antipasses rassemblés devant le Sénat, insultés et poursuivis jusqu’à devoir être exfiltrés. Une scène sidérante d’agressivité collective, spontanée et incontrôlable.
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Si les gestes barrières continuent de prévaloir, il souffle sur cette rentrée 2021 un vent de retour à la normale d’avant Covid-19 au bureau. Le ministère du travail a dévoilé le nouveau protocole sanitaire qui s’applique en entreprise à partir du mercredi 1er septembre, un document d’une trentaine de pages consultable en ligne. Fin du télétravail obligatoire dans les entreprises privées, retour sur site, permission de pots… Tour d’horizon des nouvelles mesures qui s’appliquent.
Fin du télétravail obligatoire dans les entreprises privées ; trois jours de télétravail possibles pour les fonctionnaires
N’en déplaise aux salariés qui avaient pris le pli du bas de pyjama-pantoufles, adeptes des visio Zoom ne dévoilant que leur chemise, ce 1er septembre signe la fin du « nombre de jours minimal » de télétravail requis par l’Etat dans les entreprises privées : le télétravail n’y est plus obligatoire et il revient désormais à la direction, en discussion avec les représentants des salariés, de définir les règles, ainsi que l’avait annoncé lundi la ministre du travail, Elisabeth Borne. Le nouveau protocole sanitaire donne ainsi aux dirigeants qui le souhaiteraient la possibilité de faire revenir leurs salariés en présentiel cinq jours sur cinq.
En pratique, près de 75 % des salariés étaient déjà revenus totalement sur le site de leur entreprise en juillet, selon une étude de la Dares, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques.
Du côté de la fonction publique, les agents pourront télétravailler à raison de trois jours par semaine maximum en vertu d’un accord-cadre signé à la mi-juillet par les neuf organisations syndicales, les employeurs publics et le gouvernement. Cet accord a la particularité d’être contraignant pour les employeurs, ce qui n’est pas le cas de l’accord national interprofessionnel signé dans le privé.
Pour les fonctions publiques d’Etat et hospitalière, l’accord prévoit une indemnisation forfaitaire des frais de télétravail à hauteur de « 220 euros annuels maximum ». Les collectivités territoriales ont jusqu’au 31 décembre pour négocier localement.
Port du masque et distance physique d’au moins un mètre maintenus
Si cette rentrée sonne le retour au bureau, elle ne sera pas celle de la fin du port du masque dans les lieux collectifs clos, et ce même si tous les collaborateurs sont vaccinés. Outre le port du masque, qui demeure la règle, une « distance physique d’au moins un mètre entre les personnes » devra continuer à être respectée, rappelle le protocole.
L’employeur devra « revoir l’organisation de l’espace de travail et au besoin des tranches horaires pour éviter ou limiter, les regroupements et les croisements ». Ainsi, en matière de réunions, l’audio et la visioconférence « restent à privilégier ». Et lorsqu’elles se tiennent en présentiel, elles devront continuer de respecter les gestes barrières (port du masque, les mesures d’aération et de ventilation, règles de distanciation…).
Un assouplissement est néanmoins prévu pour ceux qui disposent d’un bureau ou d’une pièce individuelle : le masque peut y être retiré. De même dans les ateliers, « dès lors que les conditions de ventilation et d’aération fonctionnelles sont conformes à la réglementation, que le nombre de personnes présentes dans la zone de travail est limité, que ces personnes respectent la plus grande distance possible entre elles, au moins deux mètres, y compris dans leurs déplacements, et portent une visière ».
Pour les personnes travaillant en extérieur, le port du masque n’est nécessaire qu’« en cas de regroupement ou d’incapacité de respecter la distance de deux mètres entre personnes ».
Dans les lieux ayant le statut d’établissements recevant du public, où s’applique désormais le passe sanitaire, les obligations de port du masque ne sont plus applicables, sauf si le préfet de département, l’exploitant ou l’organisateur de l’événement l’exigent.
Pas de passe sanitaire nécessaire en entreprise, sauf exceptions
Excepté dans les entreprises spécifiquement visées par la loi dont les personnes travaillent en contact avec le public (notamment dans les restaurants, cinémas, musées et dans les trains des grandes lignes), pour lesquelles le passe sanitaire est obligatoire depuis lundi, ce dernier ne peut pas être demandé.
Un employeur ne peut pas demander à connaître le statut vaccinal ni exiger le fameux document pour autoriser les salariés à travailler. Le passe sanitaire peut, en revanche, être nécessaire dans le cadre de déplacements professionnels (TGV, repas d’affaires dans un restaurant, séminaire en dehors de l’entreprise avec plus de 50 personnes…).
Et les pots au bureau ?
Cela motivera peut-être les réfractaires au retour en présentiel, même s’il faudra demeurer vigilant et continuer de respecter les gestes barrières : il est possible d’organiser des « moments de convivialité réunissant notamment les salariés en présentiel dans le cadre professionnel ». Si la nature de ces moments n’est pas précisée, on peut imaginer : pot d’arrivée ou de départ. Outre les gestes barrières à respecter, « il est fortement recommandé que ces moments de convivialité se tiennent dans des espaces extérieurs ». Reste à espérer que la météo de septembre sera clémente.
Le cas du retour des personnes vulnérables en entreprise
Le retour en présentiel des personnes vulnérables est autorisé, avec des mesures de protection renforcées : « isolement du poste de travail notamment avec mise à disposition d’un bureau individuel, adaptation des horaires ou encore mise en place de protection matérielle »…
Pour les salariés considérés comme « à risque des formes graves de Covid-19 » mais qui n’ont pas la possibilité de télétravailler, ils pourront, à compter du 15 septembre, bénéficier d’une indemnisation. Pour cela, ils devront justifier d’un critère de vulnérabilité, ou d’une affectation à un poste susceptible de les exposer à de fortes densités virales, ou « être atteints d’une immunodépression sévère », ou encore « justifier, par la présentation d’un certificat médical, d’une contre-indication à la vaccination ».
Concrètement, « ces personnes doivent demander à bénéficier d’un certificat d’isolement à leur médecin traitant, de ville ou du travail. Ce certificat est alors à présenter à leur employeur afin [qu’ils soient placés] en activité partielle. Pour les salariés qui ont déjà fait l’objet d’un certificat d’isolement entre mai 2020 et août 2021, un nouveau justificatif est nécessaire », détaille le protocole.
Le cas de la garde d’enfant si sa classe est fermée
Si le protocole ne détaille pas la situation où un salarié ne pourrait pas télétravailler et devrait garder son enfant dont la classe serait fermée, deux solutions existent, selon le quotidien Le Télégramme, qui a soulevé le cas de figure : se placer en activité partielle permettant de percevoir une indemnité équivalente à 70 % de son salaire antérieur brut. « Le salarié doit justifier de cette situation vis-à-vis de son employeur et être le seul parent à bénéficier de ce dispositif », précise Anne-Lise Castell, juriste aux Editions Tissot, au Télégramme.
Seconde option : l’arrêt de travail. « Il est possible pour les salariés ayant un enfant testé positif au Covid-19. Cet arrêt est en principe de sept jours. Le salarié concerné bénéficie des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale et du complément employeur sans condition d’ouverture du droit et sans application des délais de carence jusqu’au 30 septembre 2021. » Si l’enfant est vacciné et a plus de 12 ans, il peut continuer à aller à l’école même s’il est cas contact : les mesures ne s’appliquent pas dans ce cas.
Selon le CNRS, les stratégies les plus efficaces pour limiter la propagation sont en ordre décroissant : la rotation des équipes semaine par semaine, la rotation jour par jour, le on-off semaine par semaine et le on-off au jour le jour. DPA / PHOTONONSTOP
Carnet de bureau. Parfois le télétravail est salvateur, mais tout dépend du mode d’organisation qui réduit plus ou moins le risque de propagation du Covid-19 dans l’entreprise. C’est ce qu’a prouvé le CNRS en construisant un modèle statistique à partir des caractéristiques de circulation du virus : durée de l’infection, durée d’incubation, etc. « Notre modèle a permis pour chaque personne infectée d’observer combien elle risquait de contaminer de collègues en fonction du mode d’organisation du télétravail », explique Simon Maurras, coauteur de l’étude « Mitigating COVID-19 outbreaks in workplaces and schools by hybrid telecommuting », publiée jeudi 26 août.
De la généralisation du travail à distance aux déconfinements successifs, les entreprises n’ont eu de cesse d’améliorer la sécurité sanitaire de leurs salariés. Une fois les mesures de distanciation établies, elles ont adapté les organisations de télétravail à leurs besoins, en tenant compte des métiers plus ou moins éligibles, de la maîtrise du poste et de l’environnement numérique, et évidemment de la nécessité d’assurer la continuité de l’activité.
Ce qui a produit tantôt des systèmes de rotation des salariés, avec le partage des équipes en deux groupes distincts A et B qui se succèdent sur une base quotidienne ou hebdomadaire, comme dans l’industrie chezRémy-Cointreau par exemple ; tantôt des systèmes où toute l’équipe se retrouve régulièrement, en alternant des périodes « on » d’interactions de travail normal avec du « off » en 100 % télétravail, le désormais fameux « full remote » (télétravail systématique).
Stratégies les plus efficaces
« L’ensemble des collaborateurs de Nespresso France sont deux jours par semaine présents tous ensemble et ceci jusqu’au 1er octobre. Les trois autres jours sont en télétravail », indique ainsi la DRH Hélène Gemähling.La préoccupation des manageurs étant que tout le monde se croise afin de préserver la cohésion d’équipe mise à mal par l’isolement à domicile. Dans les deux cas, le temps de présence sur le lieu de travail est partagé, mais en rotation, le salarié ne croise que la moitié des gens, tandis qu’en alternance « on-off », il contacte tous ses collègues.
Les conclusions de l’étude du CNRS révèlent que les stratégies les plus efficaces pour limiter la propagation sont en ordre décroissant : la rotation des équipes semaine par semaine, la rotation jour par jour, le on-off semaine par semaine et le on-off au jour le jour.
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La rentrée 2021 rime avec hausse des prix réglementés du gaz (+ 8,7 % HT en moyenne). CÉCILE BERTRAND/CARTOONBASE / PHOTONONSTOP
Ce mois de rentrée est notamment marqué par une forte hausse des tarifs réglementés du gaz ainsi que par de nouvelles modalités d’indemnisation de l’activité partielle.
Les tarifs réglementés du gaz augmentent de près de 9 %
Les hausses se succèdent pour les tarifs réglementés du gaz commercialisés par Engie, qui croissent à nouveau fortement en ce 1er septembre, de 8,7 % (HT) en moyenne. Dans le détail, l’augmentation « est de 2,7 % pour les clients qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 5,5 % pour ceux qui ont un double usage, cuisson et eau chaude, et de 9,0 % pour les foyers qui se chauffent au gaz », a précisé la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Depuis le 1er août 2020, les évolutions mensuelles se sont toutes traduites par des hausses (près de 10 % en juillet 2021, notamment), à une exception près, le 1er avril 2021 (– 4,1 %). Au final, la hausse moyenne des tarifs est de près de 16 % depuis le 1er janvier 2019, de 31 % depuis le 1er janvier 2020 et de presque 40 % depuis le 1er janvier 2021.
« Cette hausse d’une ampleur inédite est observée dans tous les pays européens et asiatiques, indique la CRE. Elle s’explique par la reprise économique mondiale (…) et par la forte augmentation des prix du gaz sur le marché mondial. » En cause : « des prix asiatiques en hausse continue, conduisant à diminuer fortement l’offre en Europe », mais aussi les « niveaux des stockages européens au plus bas depuis des années », qui « doivent être reconstitués rapidement pour l’hiver » et qui rendent le marché très « sensible aux problèmes de maintenance ».
Les titres-restaurant 2020 sont périmés, mais les 38 euros sont prolongés
« Les surstocks de titres épargnés du fait des restrictions sanitaires de ces derniers mois ne sont pas encore complètement résorbés », précise le communiqué. « Le stock (…) détenu par les salariés est, d’après les émetteurs, supérieur de plusieurs centaines de millions d’euros par rapport à la normale. »
Ce 1er septembre marque toutefois la fin de la validité des titres-restaurant estampillés 2020, qui avait été exceptionnellement prolongée. Les salariés disposant de titres « papier » ont jusqu’au 15 septembre pour rendre ces titres périmés à leur employeur et obtenir en échange des tickets « 2021 ».
L’indemnisation du chômage partiel diminue pour certains
Le 1er juillet, les salariés en activité partielle ont vu leur indemnité passer de 70 % à 60 % du salaire brut (d’environ 84 % à 72 % du salaire net) dans le cas général et en l’absence d’accord d’activité partielle de longue durée (sauf pour les rémunérations au smic, pour lesquelles l’indemnité est toujours de 100 %). Les salariés des entreprises des secteurs dits « protégés », les plus touchés par la crise sanitaire, n’étaient toutefois jusqu’ici pas concernés par cette baisse. Ils doivent l’être à partir de ce 1er septembre.
Le taux de 70 % doit néanmoins être maintenu pour l’heure dans certaines situations, en cas de forte chute du chiffre d’affaires de l’entreprise, si elle relève des secteurs protégés, et dans les entreprises administrativement fermées.
Impôts : un nouveau taux de prélèvement à la source
Ne soyez pas surpris quand vous recevrez votre paie de septembre : à partir de ce mois-ci, votre taux de prélèvement à la source pourra avoir changé, en fonction de vos revenus 2020, que vous avez déclarés avant l’été. La substitution se fait automatiquement.
Si en début d’année vous étiez intervenu dans votre espace personnel du site des impôts pour modifier votre taux, celui-ci continuera à s’appliquer, sauf si le taux issu de votre dernière déclaration est supérieur.
SNCF : un « forfait télétravail »
Un nouvel abonnement SNCF est utilisable à compter de ce 1er septembre sur les TGV et les trains Intercités : le « forfait annuel télétravail ». S’adressant à ceux qui voyagent sur la même ligne deux à trois fois par semaine, il permet de réserver jusqu’à 250 trajets, « avec un tarif 40 % inférieur au forfait annuel classique », annonce la SNCF. Attention toutefois à ne pas télétravailler le vendredi car le forfait est valable du lundi au jeudi.
Les tarifs dépendent de la ligne. Exemple donné par la SNCF pour le trajet Paris-Lille : 351 euros par mois avec cet abonnement, contre 586 euros avec le forfait annuel classique.
Autre nouveauté dans les transports en commun ce 1er septembre : en Provence-Alpes-Côtes d’Azur, les trains et bus du réseau « Zou » seront gratuits durant quatre mois pour les 18-26 ans domiciliés dans la région (l’offre ne concerne ni les bus de transport scolaire, ni les trains sortant de la région, ni les transports urbains – les modalités ici).
Aide au logement et contrats de professionnalisation
A compter de septembre, les personnes en contrat de professionnalisation bénéficieront, pour le calcul de leur aide au logement, d’un abattement de leurs revenus équivalent au smic. Cette mesure a été instaurée pour contrer les effets, sur cette population, de la réforme du mode de calcul des aides au logement intervenue le 1er janvier 2021 (le « calcul en temps réel). « Cela porte sur les droits de septembre payés en octobre », précisent les services de la ministre déléguée au logement, Emmanuelle Wargon.
Pas de « forfait urgences » avant 2022
Le 1er septembre devrait être marqué par l’entrée en vigueur d’une modification de la tarification des services d’urgences, prévue dans le budget 2021 de la Sécurité sociale : l’instauration d’un « forfait patient urgences » facturé aux patients dont la prise en charge par ces services n’est pas suivie d’une hospitalisation. Ce tarif forfaitaire, qui doit remplacer le système de tarification actuel, avait été annoncé d’un montant proche de 18 euros, et de 8 euros pour le tarif réduit (montants non encore confirmés par arrêté).
Les dates à retenir en septembre
– 13 septembre. La SNCF a assoupli ses conditions de remboursement et d’échange et il est actuellement possible, jusqu’au 12 septembre, de se faire rembourser ou d’échanger sans frais son billet de TGV ou de train Intercités avant le départ, et jusqu’à 1 heure 30 avant le départ pour les trains Ouigo. Pour les voyages à partir du 13 septembre, les conditions normales devraient toutefois s’appliquer à nouveau.
– 27 septembre. Date du prélèvement par l’administration fiscale de l’impôt sur la fortune immobilière (dans le cas général) et du solde de l’impôt dû au titre des revenus 2020, s’ils sont prélevés automatiquement. Sinon, la date limite est fixée au 20 septembre pour payer en ligne, et au 15 septembre pour payer de façon non dématérialisée.
En cas de solde de l’impôt sur le revenu supérieur à 300 euros, la somme sera étalée sur quatre prélèvements, du 27 septembre au 27 décembre.
Cette réforme serait toutefois reportée au 1er janvier 2022, selon les informations de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir.