« L’Etat pourrait-il organiser la recherche, la production et la distribution de vaccins ? »

Entreprises. Les profits exceptionnels que les firmes pharmaceutiques retirent des vaccins anti-Covid-19 les plus innovants sont ouvertement contestés. Soit au nom des recherches publiques qui auraient contribué à ces innovations, soit parce que la vaccination serait un bien public universel. Mais aurait-on pu procéder autrement ? L’Etat pourrait-il organiser la recherche, la production et la distribution de vaccins comme il le fait pour ses armements stratégiques ?

Une enquête du New York Times révèle que les Etats-Unis ont tenté, depuis longtemps, de mettre en place une telle politique nationale. L’analyse de cette expérience et de ses difficultés pourrait éclairer la réflexion à engager pour mieux se préparer aux futures épidémies (« Beneath a Covid Vaccine Debacle, 30 Years of Government Culpability », The New York Times, 23 décembre 2021).

C’est avec la première guerre d’Irak (1990) que le département de la défense américain (DoD) découvre qu’il n’est pas en mesure de protéger ses troupes contre l’anthrax, une maladie infectieuse grave. Certes, il détient les vaccins, mais ses appels aux grands laboratoires pharmaceutiques pour les produire en masse restent vains. Le projet d’une unité de production nationale gérée par une entreprise experte voit alors le jour, mais se heurte au gigantesque investissement public nécessaire et au même désintérêt des grands du secteur.

Dans l’urgence, le DoD se tourne alors vers un nouvel investisseur qui, bénéficiant d’aides fédérales massives, rachète un centre de vaccins du Michigan et développe une usine pour le vaccin anti-anthrax. Mais cette entreprise, l’actuelle Emergent BioSolutions, n’atteindra qu’avec retard la qualité nécessaire. En 2006, les Etats-Unis créent une agence pour soutenir la recherche biomédicale et susciter des partenariats avec les Big Pharma. Mais ces dernières restent réticentes, et les contrats iront surtout à la firme Emergent BioSolutions.

Nouvelle débâcle médicale

Avec l’irruption de la grippe H1N1 (2009), de grands laboratoires comme Novartis et GlaxoSmithKline répondent cette fois à l’appel, mais de manière temporaire. Le projet d’un centre national de production, à but non lucratif, est à nouveau relancé avec le laboratoire Merck, mais sans succès.

Quand l’épidémie due au coronavirus explose, les Etats-Unis ne disposent donc que de l’entreprise Emergent BioSolutions pour faire fabriquer les vaccins classiques, et peu coûteux, de Johnson & Johnson et d’AstraZeneca-Oxford. Mais sa production n’obtient pas l’aval des autorités de santé, forçant l’administration Biden à annuler ces contrats, en donnant le sentiment d’une – nouvelle – débâcle médicale.

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« La liberté académique n’est nullement en cause dans l’affaire de l’IEP de Grenoble »

Après la suspension d’un professeur ayant accusé Sciences Po Grenoble d’être un institut « de rééducation politique », certains y ont vu une attaque contre la liberté académique. Olivier Beaud, professeur de droit public spécialiste de la question, estime que l’affaire relève de la liberté d’expression ordinaire attribuée à tout citoyen.

« Sous couvert de liberté d’expression, il semble devenu possible de dénigrer librement Sciences Po Grenoble »

Un collectif d’enseignants-chercheurs de l’Institut d’études politiques entend rappeler qu’ils se sont mobilisés pour défendre tant leur collègue victime d’injures publiques que la neutralité scientifique. Ils demandent dans une tribune au « Monde » à ce que cesse le tourbillon médiatique qui tend à faire de leur institution un foyer de « wokisme ».

L’argot de bureau : l’« ikigaï », l’empire du sens au travail

C’est l’heure des bonnes résolutions pour Florian, qui sort tout juste d’un réveillon catastrophique. La mine de plus en plus déconfite au fil des heures, il a dû répondre aux traditionnelles questions des inconnus : « Tu fais quoi sinon toi, dans la vie ?Euh… Je gère des projets data pour upgrader le marketing d’une start-up.Non mais concrètement tu fais quoi, ça te plaît ? » Puis le trou noir : c’est décidé, Florian changera de vie en 2022. Rencontrée à la soirée, Victoria le guidera dans sa quête de soi : ex-success custom manager (son travail consistait en fait à relancer des clients par téléphone), elle a tout plaqué pour alterner en free-lance deux activités de professeure de yoga et de coach en ikigaï.

Ce mot japonais est l’objectif vers lequel chacun devrait tendre : il s’agit littéralement d’une vie (le verbe ikiru signifiant « vivre ») qui vaut la peine (gaï signifiant « raison, sens »). Trouver son ikigaï, c’est redessiner sa vie sur mesure pour avoir une raison de se lever le matin. Vaste projet.

Les origines du concept font l’objet de débats : il viendrait de l’île d’Okinawa, réputée pour ses villages de centenaires, pratiquant leurs nombreuses activités en communauté comme la danse ou la gestion de potagers. Après tout, « il faut cultiver notre jardin », disait le Candide de Voltaire.

« La méthode démocratisée dans nombre d’entreprises est souvent représentée par un diagramme de Venn, fait de cercles qui s’entrecroisent. »

L’ikigaï à la sauce professionnelle est une véritable méthode, dont les étapes varient au gré des livres de développement personnel. Pour mieux prendre de grandes décisions, il s’agit de se connaître : au commencement se trouve donc une introspection profonde. Ce cher Florian abandonnera toute certitude : « Qui suis-je ? Que suis-je ? Où vais-je ? » Il sera aussi invité par Victoria à demander l’avis sincère de ses proches, notamment de ses parents qui ne comprennent pas ce que fait leur fils dans sa start-up.

« Vocation avec du pognon »

La méthode démocratisée dans nombre d’entreprises est souvent représentée par un diagramme de Venn, fait de cercles qui s’entrecroisent. Si l’étape précédente a été réalisée avec succès, le salarié en quête de sens devrait pouvoir remplir d’idées les quatre cercles de base : ce qu’il aime faire, ce pour quoi il est doué, ce pour quoi il peut être payé, et ce dont le monde a besoin. A titre d’exemple, si, comme le François Pignon du Dîner de cons (film de Francis Veber, 1998), vous aimez faire des maquettes de monuments avec des allumettes, c’est un point de départ pour vous relancer dans le BTP (le monde n’a pas besoin de vos maquettes, et il est difficile d’espérer en tirer un revenu).

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Jours fériés en 2022, ponts, vacances… Le calendrier de vos congés

Au minimum sept, au maximum 10 : c’est le nombre de jours fériés qui tombent hors week-end chaque année. En mai 2018, la séquence de deux jours fériés tombant un mardi et un jeudi de la même semaine (un mardi 8 mai et un jeudi de l’Ascension) était une rareté : elle ne se présente que quatre fois par siècle. La prochaine occurrence de ce hasard calendaire ne se produira qu’en… 2029, puis en 2035, 2040, 2046, et ne réapparaîtra plus jusqu’à la fin du XXIsiècle.

Des années avec dix jours fériés hors week-end

Le calendrier ne se montre pas toujours clément pour les salariés : quatre fois tous les cent ans environ, le 8 mai, anniversaire symbolique de la capitulation de l’Allemagne nazie, est aussi le jour de l’Ascension. Ce fut le cas en 1975, 1986, 1997 et 2008. Qu’on se rassure, la prochaine séquence n’est pas prévue avant 2059, elle aura lieu ensuite en 2070, puis en 2081 et 2092.

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Télétravail : le nouveau protocole national en entreprise dévoilé

Un homme participe à une vidéoconférence alors qu’il travaille depuis son domicile, le 14 mai 2020 à Vertou, en périphérie de Nantes.

« Trois jours de télétravail minimum par semaine pour les postes qui le permettent, quatre si possible, et pour trois semaines minimum à compter du 3 janvier. » Publiée jeudi 30 décembre en milieu de journée sur le site du ministère du Travail, la nouvelle version du « Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise (PNE) » ne retient pas l’idée d’une « moyenne » de trois jours, évoquée lundi par le ministère.

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Les autres dispositions de ce protocole, qui portent sur le port du masque, la distanciation physique et la prévention des contaminations par la désinfection n’ont pas été modifiées par rapport à la version précédente du document. Il faudra donc se passer cette année de cérémonies des vœux ou autres galettes des rois avec les collègues, puisque « les moments de convivialité réunissant les salariés en présentiel dans le cadre professionnel » restent « suspendus » en attendant que la vague Omicron reflue.

« Rapide et dissuasif »

Ce grand retour du télétravail, accueilli avec pragmatisme par les partenaires sociaux, autant du côté du patronat que des syndicats, s’accompagne, fait nouveau, de sanctions pour les entreprises qui ne joueraient pas le jeu. La ministre a précisé jeudi 30 décembre le prix de la désobéissance : 1 000 euros par salarié concerné, dans la limite de 50 000 euros par entreprise. Un dispositif qui doit être « plus rapide et dissuasif » que la procédure qui prévalait jusqu’à présent et qui pouvait s’achever devant une juridiction pénale.

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La réactivité va donc être de mise pour mettre en place une nouvelle organisation dans les entreprises d’ici à la reprise du 3 janvier. « La difficulté est d’aligner sous la même règle toutes les entreprises, tous secteurs confondus », fait valoir Catherine Pinchaut, secrétaire nationale de la CFDT. « Il va être nécessaire de faire énormément de pédagogie pour savoir qui peut télétravailler et qui ne le peut pas ». Les chefs d’entreprise se montrent cependant confiants sur leur capacité à s’adapter rapidement. « En 2020, il a fallu mettre 5 millions de salariés en télétravail, et on a su le faire », rappelle Dominique Carlac’h, vice-présidente du Medef.

« Passer à trois jours aujourd’hui, c’est donc praticable ». « Déjà avant la crise nous organisions régulièrement des exercices de continuité de service en fermant nos agences, pour vérifier que nous étions en mesure de faire face à toute situation à distance », témoigne Carlos Fontelas De Carvalho, président d’ADP pour la France et la Suisse, un groupe spécialisé dans la gestion de la paie.

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Plusieurs centaines de salariés des hypermarchés Cora en grève pour réclamer une hausse des salaires

Face à l’inflation galopante et à la perte de pouvoir d’achat, plusieurs centaines de salariés du groupe d’hypermarchés Cora réclament des salaires permettant de « vivre dignement ». Les salariés, issus, selon les syndicats, de plus d’une douzaine des 61 magasins français, se sont rassemblés, jeudi 30 décembre, dans quelques hypermarchés, comme à Rennes, Bruay-la-Buissière, Mundolsheim-Strasbourg et Alès, à l’appel de la CFTC (46 % de représentativité dans le groupe) et de la CGT (13 %).

Le mouvement est « assez limité » et « sans grosse perturbation », a réagi la direction, qui recense « entre 250 et 300 salariés » mobilisés.

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« Sous-effectif en permanence »

« Aujourd’hui, le smic a rattrapé bon nombre de salariés et on est en sous-effectif en permanence, déplore Cyrille Lechevestrier, délégué central CFTC. Le PDG nous a répété mi-décembre qu’il ne voulait négocier ni augmentation ni prime. On a donc lancé un mouvement de grève nationale. La CGT nous a rejoints aujourd’hui et plusieurs centaines de salariés sont en grève. »

« Chez Cora, le groupe et les magasins se renvoient à chaque fois la balle pour les NAO [négociations annuelles obligatoires] », enchaîne Julien Aquilina, délégué CGT. « Mais en vingt ans, je n’ai jamais vu une augmentation décidée par le groupe. En 2021, en moyenne, on a eu entre 0 et 0,5 % d’augmentation. » « Avec la nouvelle direction, les effectifs se sont mis à dégringoler en 2016 », ajoute-t-il en précisant que les effectifs d’Alès, son magasin, sont passés de 385 salariés en 2015 à 289 aujourd’hui.

« Nous réclamons 50 euros brut mensuels d’augmentation », poursuit M. Lechevestrier, alors que la direction a finalement donné rendez-vous le 6 janvier pour négocier. « On veut 5 % d’augmentation et une prime de pouvoir d’achat comme en 2020 [1 000 euros alors par salarié]. Si quelque chose de correct n’est pas mis sur la table en janvier, le mouvement s’amplifiera », prévient-il.

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« Contexte inédit et incertain »

« Nous espérons pouvoir retourner au bon dialogue social qui caractérise habituellement Cora », ajoute l’enseigne familiale et indépendante. Dans le cadre des NAO 2021, « nous n’avons pas pu trouver d’accord, mais dire que l’augmentation de la rémunération est inférieure à l’inflation, ce n’est pas vrai ».

« Ces derniers mois, nous avons été particulièrement attentifs aux préoccupations des salariés dans un contexte inédit et incertain », assure encore l’enseigne dans un communiqué. La filiale française du groupe belge Louis Delhaize, qui « appelle à la responsabilité » en cette fin d’année, emploie désormais moins de 18 000 salariés sur le territoire après diverses réorganisations.

Depuis la mi-décembre, des débrayages, des barrages filtrants et des blocages d’entrepôts ont également visé Carrefour et Action, à l’initiative d’intersyndicales ou de la CGT. Auchan, Leroy Merlin ou Decathlon, propriétés de la famille Mulliez, ont aussi connu depuis novembre des grèves sur fond de NAO, sans obtenir toujours les résultats espérés. A l’appel de la CGT, quelques dizaines de salariés ont notamment participé le 21 décembre à des débrayages et des blocages des hypermarchés Carrefour de Bercy, à Paris, et d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Ces travailleurs précaires, en « deuxième ligne » pendant la crise sanitaire, ont subi de plein fouet l’inflation (+ 2,8 % sur un an en novembre) et la flambée des prix de l’énergie. Les entreprises assurent avoir réagi, avec le versement de primes ou le doublement de l’indemnité inflation de 100 euros versée par l’Etat. Pas suffisant, toutefois, aux yeux de beaucoup de ceux qui étaient cités en exemple au plus fort de l’épidémie de Covid-19.

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Le Monde avec AFP

Télétravail : avec l’amende jusqu’à 1 000 euros , Elisabeth Borne veut un « système plus rapide et dissuasif »

La ministre du travail, Elisabeth Borne, à la sortie du conseil des ministres, à l’Elysée, le 15 décembre 2021.

La mesure avait été présentée comme l’un des principaux tours de vis du gouvernement face à la déferlante du variant Omicron : le télétravail obligatoire devait pouvoir être assorti de sanctions pécuniaires à l’encontre des entreprises récalcitrantes, avait annoncé la ministre du travail, Elisabeth Borne, mardi 28 décembre, lors de sa réunion sur le sujet avec les syndicats. Cette amende administrative pourra aller jusqu’à 1 000 euros par salarié « dont la situation n’est pas conforme », dans la limite de 50 000 euros par entreprise, a-t-elle précisé jeudi matin sur LCI.

Lundi, le premier ministre, Jean Castex, avait annoncé le grand retour du télétravail, à raison de trois, voire quatre, jours par semaine, « rendu obligatoire, je dis bien obligatoire, dans toutes les entreprises et pour tous les salariés pour lesquels il est possible ». Ce à compter de lundi 3 janvier, et pour une durée de trois semaines.

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Concernant la sanction financière, un amendement au projet de loi sur le passe vaccinal va être déposé d’ici à la fin de semaine, a précisé l’entourage de Mme Borne. « On constate que la plupart des entreprises jouent très bien le jeu (…). On a quelques entreprises qui ne le font pas, qui ne suivent pas les recommandations de l’inspection du travail, et qui profitent de la longueur de la procédure de sanction pour ne pas respecter les règles, a expliqué Mme Borne. Je souhaite un système plus rapide, et donc plus dissuasif, en permettant à l’inspection du travail de pouvoir prononcer des sanctions sans attendre la procédure judiciaire. »

Le recours au télétravail obligatoire ne sera en revanche pas du ressort d’une loi. Il doit être défini par un nouveau « protocole national en entreprise » traduisant ce changement, qui devait être publié « jeudi en fin de journée » sur le site du ministère du travail, précisait ce dernier jeudi matin.

Protocole provisoire

La ministre du travail a fait savoir qu’actuellement environ « 5 000 contrôles par mois » avaient lieu, ajoutant que « l’objectif est de faire de la pédagogie, et on constate que la plupart des entreprises jouent très bien le jeu ». « Nous nous attendions à cette annonce depuis mardi, même si le fait que le gouvernement nous ait dit dans le même temps “on renonce au passe vaccinal obligatoire en entreprise” et “on va sanctionner”, ça fait beaucoup, réagit François Asselin, le patron de la Confédéation générale des petites et moyennes entreprises. Mais, sur le fond, nous sommes bien conscients qu’il faut mettre en place toutes les mesures possibles pour lutter contre la pandémie. »

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Télétravail obligatoire : jusqu’à 1 000 euros d’amende par salarié pour les entreprises récalcitrantes

Face au constat que « certaines entreprises restent réfractaires » à la mise en œuvre du télétravail, rendu obligatoire « quand cela est possible » pour faire face à la pandémie, le gouvernement avait annoncé mardi vouloir sévir.

Leur montant est désormais connu : jeudi 30 décembre, la ministre du travail, Elisabeth Borne, a annoncé sur LCI qu’une amende administrative s’élevant jusqu’à 1 000 euros par salarié « dont la situation n’est pas conforme » pourra être infligée. Et ce « dans la limite de 50 000 euros » a ajouté la ministre, qui précise que cette sanction sera introduite via un amendement dans le projet de loi sur le passe vaccinal d’ici la fin de la semaine.

« Faire de la pédagogie »

La ministre du travail a fait savoir qu’actuellement environ « 5 000 contrôles par mois » avaient lieu, ajoutant que « l’objectif est de faire de la pédagogie, et on constate que la plupart des entreprises jouent très bien le jeu ».

Dans la nouvelle version du protocole national en entreprise, qui s’appliquera à compter du 3 janvier, figurera en effet une « obligation de télétravail (…) pour les postes qui le permettent, pendant trois semaines », à raison de « trois jours minimum par semaine et quatre jours quand cela est possible » comme l’a annoncé lundi le premier ministre, Jean Castex.

L’« obligation » de mise en œuvre du télétravail découle de la nécessité pour l’employeur de veiller à la santé de ses salariés, inscrite dans le code du travail, même si sa traduction concrète dans chaque entreprise relève des directions des entreprises, si possible dans le cadre du dialogue social.

Le Monde avec AFP

A l’usine de la Monnaie de Paris, à Pessac, « le passage du franc à l’euro nous a amenés à nous moderniser »

Dans un atelier de l’usine de la Monnaie de Paris, à Pessac (Gironde), en mars 2016.

Au milieu d’une zone industrielle, le bâtiment de l’usine de la Monnaie de Paris, à Pessac (Gironde), est resté figé. Intact, dans son architecture de 1973, époque de sa création. De longs couloirs rectilignes, vitrés sur le reste de l’usine. Si le site parisien, situé quai de Conti, et son musée sont hébergés dans le somptueux bâtiment voulu par Louis XV, l’usine pessacaise a un tout autre visage. En 1958, Charles de Gaulle approuve un rapport du comité de décentralisation selon lequel les installations monétaires doivent être éloignées de la région parisienne. Le projet girondin est lancé.

Aujourd’hui encore, Paris conserve les productions d’art, la frappe de l’or, ou encore de collections de prestige, quand Pessac produit les frappes industrielles. « On fait de la dentelle à Paris, et l’usine est à Pessac », explique en souriant Nicolas Cozon, 59 ans, maître graveur de l’usine girondine. Le 1er janvier, l’euro fêtera les vingt ans de sa mise en circulation. Et c’est ici, à Pessac, qu’ont été – et sont encore – frappées les pièces destinées au grand public.

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A l’époque, ce projet met l’usine en effervescence, des nouvelles machines sont installées, et près de soixante-dix personnes sont embauchées. Quatre ans avant le lancement de l’euro, les ouvriers s’affairent, raconte fièrement Eric Putcrabey, 55 ans et monnayeur depuis quinze ans à l’usine de la Monnaie de Paris, à Pessac. « Le passage du franc à l’euro nous a amenés à nous moderniser », se souvient-il.

Si les anciennes machines réalisaient la frappe des pièces à 260 coups par minute, les nouvelles le font au rythme de 800 coups par minute. Une véritable révolution. « Ça a changé le métier, il fallait être plus précis car, quand on gagne de la vitesse, on doit gagner de la précision, poursuit-il. Le passage à l’euro nous a tirés vers le haut. Par exemple, nous avons commencé à faire de la fleur espagnole [sept cannelures profondes] sur la tranche des pièces de 20 centimes, ce que nous ne faisions pas avant. »

En juin 1998, les machines se mettent en marche : 2 à 2,5 milliards de pièces sont fabriquées chaque année pendant quatre ans, afin d’être prêt à temps. Aujourd’hui, l’usine produit, sur l’euro et les monnaies courantes étrangères, environ 1,2 milliard de pièces. Des commandes spéciales sont également passées à la Monnaie de Paris, comme des pièces de collection, ou commémoratives.

Minutie d’un geste réalisé à la main

Dans son atelier, situé à l’étage de l’usine, Nicolas Cozon raconte son métier « passion », la minutie d’un geste réalisé à la main, qu’il accomplit chaque jour, aux côtés de trois autres maîtres graveurs. Dans l’atelier de production, Arthur Mouline, 26 ans, fait partie de la nouvelle génération. Arrivé il y a six ans, son poste à l’atelier d’outillage utilise une technologie nouvelle, le laser, « un nouveau métier », explique-t-il. « Ce qu’on arrivait à faire en vingt-quatre heures auparavant, on le réalise en trois heures aujourd’hui », avec notamment une autre pratique innovante pour l’usine pessacaise, l’utilisation de la couleur.

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