Au ministère du travail, Elisabeth Borne devrait hériter de la réforme des retraites

La tâche s’annonce rude pour Elisabeth Borne. Nommée, lundi 6 juillet, ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, en remplacement de Muriel Pénicaud qui quitte le gouvernement, elle va affronter les conséquences ravageuses de la récession entraînée par l’épidémie de Covid-19. Et un dossier explosif devrait tomber dans son escarcelle : la réforme des retraites, qui avait été suspendue au début de la crise sanitaire et que l’exécutif vient de relancer, avec l’intention d’aller vite.
Sa désignation constitue une surprise pour tous ceux qui voyaient Gérald Darmanin occuper le poste – avec des responsabilités très larges couvrant tout le spectre des affaires sociales. Lundi soir, sur Twitter, cette polytechnicienne, qui avait intégré l’équipe d’Edouard Philippe, dès mai 2017, après avoir été la collaboratrice de personnalités socialistes (dont Ségolène Royal), s’est dite « déterminée à relever les défis économiques et sociaux des mois à venir ».
Fière d’avoir contribué à la transformation écologique du pays. Déterminée à relever les défis économiques et socia… https://t.co/OwqkZQ4pST
— Elisabeth_Borne (@Elisabeth BORNE)
Mme Borne n’arrive pas en terrain complètement inconnu. Avant d’être ministre des transports (de mai 2017 à juillet 2019), puis chargée de la transition écologique et solidaire au sein du gouvernement, elle avait exercé des responsabilités importantes dans des entreprises publiques : à la SNCF, tout d’abord, de 2002 à 2007, en tant que directrice de la stratégie, puis à la RATP, dont elle a pris la présidence en 2015. Une expérience qui lui a permis de se frotter à des syndicats exigeants.
Si « elle ne s’est pas beaucoup occupée de sujets d’emplois » jusqu’à présent, « elle a une grande habitude des relations sociales », résume Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy à l’Elysée et président de la société de conseil Alixio. Un atout, à l’heure où les organisations d’employeurs et de salariés attendent que les décisions soient le fruit d’une réelle concertation et non plus dictées par un pouvoir « jupitérien ».
A ce stade, les leaders patronaux et syndicaux se montrent peu diserts sur elle. « Nous avons bien travaillé avec Muriel Pénicaud, et nous espérons faire de même avec Elisabeth Borne », réagit Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef. « Elle connaît les sujets », dit François Asselin, le numéro un de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). « On jugera aux actes », indique, pour sa part, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.
« Elle a une grosse aptitude de travail et se montre plutôt ouverte au dialogue social », selon Cyril Chabanier, le patron de la CFTC. « Il n’y a qu’une seule chose qui pèsera, ce sera sa capacité à instaurer un lien de confiance, souligne François Hommeril, président de la CFE-CGC. On a toujours été bien reçus par Mme Pénicaud, mais les partenaires sociaux n’étaient pas sa priorité. »
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