A Paris, les salariés de Norwegian luttent pour faire respecter leurs droits

Un avion de la compagnie Norwegian s’apprête à atterrir à l’aéroport d’Arlanda, près de Stockholm, le 16 mars 2020.

Après avoir lancé le long-courrier à bas coûts, Norwegian pourrait bien être la championne de la liquidation low cost. La compagnie aérienne norvégienne a engagé une double procédure de liquidation judiciaire, en France et en Irlande, de sa filiale française. Cette démarche fait suite à l’arrêt des vols long-courriers, y compris au départ de Paris.

Pour faire respecter leurs droits, les 286 salariés de la compagnie étaient appelés par les syndicats à manifester, mercredi 24 février, devant l’ambassade de Norvège à Paris. Les 145 pilotes, les 136 hôtesses et stewards ainsi que les 5 personnels administratifs ont de quoi être inquiets. La filiale française, baptisée Norwegian Air Ressources France (NAR), n’est pas directement rattachée à la maison mère, sise en banlieue d’Oslo. Elle dépend d’une entité juridique dénommée NAR Irlande.

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Cette dernière a demandé au tribunal de Dublin de faire constater son insolvabilité pour être placée en liquidation. Une décision qui serait tout à l’avantage de Norwegian, car elle « ferait supporter le coût du plan social par l’assurance garantie des salaires », note Fiodor Rilov, avocat du comité social et économique (CSE) de Norwegian France. Si la compagnie norvégienne obtenait gain de cause, elle ferait une économie substantielle d’une vingtaine de millions d’euros. Une somme qui, en revanche, serait payée par les contribuables français.

Les syndicats de la compagnie dénoncent « les méthodes de voyous » de la direction. Depuis des semaines, cette dernière est, selon eux, aux abonnés absents. « Nous sommes coupés de tout, se désole Jordan Passelecq, délégué du Syndicat national des pilotes de ligne. La direction des ressources humaines ne répond plus, et l’on nous a coupés de l’intranet. Pour eux, nous n’existons plus. » Les salaires de janvier ont été versés avec une dizaine de jours de retard et l’inquiétude règne pour ceux de février. Pire, signalent les syndicats, « depuis le début de la crise, Norwegian a triché sur le calcul du montant de l’indemnité de chômage partiel ». Ils rappellent qu’un jugement du tribunal des référés en date du 20 décembre 2020 « a statué en faveur des salariés ». Le montant du litige s’élèverait à 5 millions d’euros.

« Un gigantesque flou »

Pourtant, le CSE n’est pas convaincu de l’insolvabilité de la compagnie. Les caisses seraient loin d’être vides. Aux 2,5 millions d’euros avancés par la direction, les syndicats opposent un véritable pactole de « 120 millions d’euros ». C’est peut-être la raison pour laquelle la direction laisse planer « un gigantesque flou » sur la véritable situation financière de sa filiale. L’information du CSE, pourtant prévue par la législation, serait « très incomplète », dénoncent les syndicats, qui affirment que « Norwegian ne cesse de violer la législation ».

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