A l’usine Renault de Flins, la transition des salariés vers la ReFactory : « C’est la fin d’une époque » et une « deuxième jeunesse »

Dans l’atelier ReFactory de Renault, à Flins (Yveslines), le 30 novembre 2021.

Un vaste bâtiment repeint de frais. Sur le mur blanc immaculé, le logo « ReFactory » noir et vert combine, en un frappant symbole, les couleurs du deuil et de l’espoir. Nous sommes à l’usine Renault de Flins (Yvelines), mardi 30 novembre, où le groupe Renault a convoqué une centaine de journalistes pour assister à l’inauguration de la nouvelle activité de reconditionnement des véhicules d’occasion qui préfigure l’avenir du site historique.

L’événement marque le début d’une nouvelle vie pour ce haut lieu de l’histoire industrielle française. Fondée en 1952, l’usine a fait naître par millions les icônes populaires de l’ex-Régie Renault : la Dauphine, la 4L, la R16, la R5… Elle fabrique aujourd’hui la Zoé, le best-seller électrique du Losange ainsi que la Micra pour son allié japonais Nissan. 129 000 véhicules sont sortis de ses hangars l’an dernier.

Immense tableau lumineux

Cette époque est révolue. Les dirigeants de Renault − Jean-Dominique Senard, son président, et Luca de Meo, le directeur général − l’ont décidé en 2020 : Flins n’assemblera plus de voitures à la fin de vie de Zoé et Micra, au plus tard en 2024. Mais Flins ne disparaîtra pas. L’usine sera transformée en ReFactory, « la plus grande usine d’économie circulaire d’Europe dédiée à la mobilité », selon M. Senard. Elle combine réparation et réemploi de batteries, recyclage de pièces détachées, formation et c’est cette activité véhicules d’occasion (VO) qui fait l’objet de l’inauguration du jour.

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A l’intérieur des 11 000 m2 de la « Factory VO », voici donc l’avenir de Flins. Ici, point de chaîne de montage qui avance en continu avec son fourmillement d’opérateurs mais une sorte d’immense garage propre comme un sou neuf où s’alignent les Renault et Dacia de seconde main qu’ont envoyé les concessionnaires du réseau Renault et qui sont remises à neuf.

« Les carrossiers, par exemple, sont fiers d’amener un véhicule du début à la fin du processus et même de signer électroniquement leur travail » Jean-Philippe Billai, directeur de l’usine

« On retrouve quand même des traces de nos métiers industriels », note Eric Ametller en désignant l’immense tableau lumineux qui indique l’avancement du travail de chaque opérateur. Cet ancien ouvrier de l’emboutissage s’est porté, volontaire pour la ReFactory, à 56 ans dont vingt-neuf années à Flins. « Nous appliquons les méthodes des usines de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, confirme M. de Meo. Et la production monte en puissance. Cette fin d’année, 700 collaborateurs de Flins auront rejoint la ReFactory. Nous allons être en mesure, en 2023, de reconditionner 180 véhicules par jour, soit 45 000 par an. »

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