Archive dans 1970

Ubisoft : comment le géant français du jeu vidéo est arrivé à un point de rupture, après des années de crise

Le logo Ubisoft lors du salon Paris Games Week en 2024.

Refonte radicale de son organisation, annulations et reports de jeux, fermetures de studios, plan d’économies à marche forcée, marche arrière sur le dossier très sensible du télétravail… Mercredi 21 janvier, Ubisoft a dévoilé une série d’annonces-choc censées redonner de l’élan à ce colosse du jeu vidéo européen, aujourd’hui à bout de souffle. Ce projet devrait entraîner une perte de plus d’un milliard d’euros sur l’année, selon le groupe français. Un signal d’alarme pour les marchés : jeudi en milieu d’après-midi, le cours de l’action Ubisoft décrochait de 38 % à la Bourse de Paris : une chute historique pour un titre qui a déjà perdu la moitié de sa valeur en 2025.

Le 22 janvier au matin, devant les locaux d’Ubisoft Paris, Chakib Mataoui, délégué syndical Solidaires Informatique, est en grève. « La colère a été instantanée parmi les employés, beaucoup ont juste besoin de parler un peu », confie celui qui est reconnaissable par son gilet rose sur les épaules. Le mouvement ne rassemble qu’une dizaine de personnes mais le syndicat promet une mobilisation plus large, y compris à l’international. En cause : le flou des annonces et l’absence de concertation, alors même que le studio parisien organisait, quelques heures avant d’annoncer cette réorganisation, une « journée pour soigner le blues hivernal ».

Il vous reste 82.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

La Société générale prévoit de supprimer 1 800 postes en France

Dans une agence de la Société générale, à Nantes, le 4 juillet 2024.

Après une année 2025 marquée par la modification des règles du télétravail, désormais limité à un jour par semaine, et la négociation d’un nouvel accord-cadre sur l’emploi, la Société générale entend bien poursuivre sa réorganisation en 2026. Le groupe bancaire a annoncé, jeudi 22 janvier, son intention de supprimer 1 800 postes en France, sur un total d’environ 40 000.

Les suppressions de postes devraient s’étaler sur deux ans au moins, sans que le groupe ait à recourir à des départs contraints ou à un plan de départs volontaires, donc en misant sur l’attrition naturelle, essentiellement le non-remplacement des départs en retraite, et la mobilité interne.

Confirmant les informations publiées mercredi 21 janvier par la CGT après une réunion avec Alexis Kohler, l’ex-secrétaire général de la présidence de la République devenu directeur général adjoint du groupe en juin 2025, la banque au logo rouge et noir explique dans un communiqué vouloir « simplifier ses modes de fonctionnement et les rendre plus efficaces, plus responsabilisants et plus agiles ». Cette réorganisation touchera à la fois le siège de la Défense (Hauts-de-Seine) et les activités de banque du quotidien en région, sans toutefois affecter le réseau d’agences.

Il vous reste 64.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Budget 2026 : les syndicats sceptiques sur la hausse de la prime d’activité annoncée par Sébastien Lecornu

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 14 janvier 2026.

Faire en sorte que « le travail paie plus ». Parmi les mesures que Sébastien Lecornu a dévoilées, vendredi 16 janvier, pour tenter de trouver un budget et éviter une potentielle censure, l’une d’elles vise à améliorer le pouvoir d’achat d’une partie des personnes exerçant un emploi. C’est, en effet, au nom de cet objectif que le premier ministre a annoncé une hausse de la prime d’activité – un complément de ressources octroyé à ceux qui se trouvent en bas de l’échelle des revenus alors qu’ils occupent un poste. Le geste répond à une des demandes du Parti socialiste, tout en étant souvent critiqué par les acteurs sociaux, non pas dans l’intention affichée, mais à cause des modalités retenues.

Dans la version initiale du projet de loi de finances pour 2026, il était prévu « un recentrage de la prime d’activité sur les travailleurs les plus modestes ». « Il faut le reconnaître, c’était une erreur », a déclaré, vendredi soir, M. Lecornu. Non seulement cette orientation est abandonnée, mais le dispositif est même amélioré. Plus de 3 millions de ménages, gagnant aujourd’hui entre un smic et 1,4 smic, vont ainsi voir cette prestation s’accroître « en moyenne de 50 euros par mois », a détaillé le chef du gouvernement, vendredi. Matignon a précisé qu’une telle décision coûterait environ 2 milliards d’euros en année pleine.

Il vous reste 68.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Capgemini accélère ses suppressions de postes

Devant des bureaux de Capgemini, à Nantes, le 13 février 2024.

Capgemini confirme les inquiétudes qui grandissaient depuis plusieurs mois au sein de l’entreprise. Le groupe français de services informatiques a informé ses représentants du personnel, mardi 20 janvier, de la mise en œuvre d’un « projet d’adaptation des compétences et des emplois exclusivement fondé sur le volontariat ». Celui-ci « pourrait entraîner jusqu’à 2 400 suppressions de postes » en France, soit un peu moins de 7 % de ses effectifs dans l’Hexagone (environ 35 000 personnes).

Des reconversions internes vers des « métiers d’avenir », selon les termes de la société, seront proposées aux salariés. Ces derniers pourront aussi quitter le groupe dans le cadre d’une future rupture conventionnelle collective. Ces « deux dispositifs sont fondés sur le volontariat », insiste Capgemini.

« Nous allons analyser le rapport entre mobilité interne (nombre d’ouvertures de postes) et la mobilité externe (rupture conventionnelle collective) dans ce projet. En clair, quelle est la réduction d’effectif visée par la direction, ce qui n’est pas clairement indiqué », a réagi la CFTC Capgemini sur son site Internet.

Il vous reste 74.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Capgemini envisage de supprimer jusqu’à 2 400 postes en France

Le logo de Capgemini devant son siège à Paris.

Capgemini envisage « jusqu’à 2 400 suppressions de postes » via des reclassements et des départs volontaires face au ralentissement de son activité en France, a annoncé, mardi 20 janvier, le géant français de l’informatique dans un communiqué à l’Agence France-Presse.

« Dans un environnement économique marqué par une croissance modérée et des défis majeurs pour certaines industries », le groupe « Capgemini en France doit se transformer pour répondre aux challenges et opportunités créés par l’accélération des mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle », ajoute l’entreprise.

Capgemini fait savoir qu’il proposera aux salariés concernés, sur la base du volontariat, une reconversion interne « vers des métiers d’avenir » au sein du groupe, qui se tourne de plus en vers l’IA et développe ses activités liées au cloud (informatique à distance) et à la data. L’entreprise de services numériques proposera également un dispositif de « rupture conventionnelle collective » à ceux qui préfèrent partir, là aussi sur la base du volontariat.

7 % des postes en France

Le projet pourrait entraîner « jusqu’à 2 400 suppressions de postes au sein de filières fortement impactées par l’évolution de la demande client et les mutations technologiques », soit près de 7 % des 35 000 postes de Capgemini en France, selon le groupe. Ce projet doit être présenté aux instances représentatives du personnel et fera l’objet d’une négociation avec les organisations syndicales afin de définir, par accord collectif, les modalités et mesures d’accompagnement.

Si l’entreprise a enregistré une progression de son chiffre d’affaires de 2,9 % au troisième trimestre et revu en hausse son objectif annuel de croissance, son activité marque le pas en France et dans le reste de l’Europe. Un ralentissement notamment lié à la « faiblesse persistante du secteur de l’industrie », y compris automobile, avait analysé le groupe en octobre.

Au 30 septembre, Capgemini comptait près de 355 000 salariés dans le monde.

Le Monde avec AFP

Formation des enseignants : à deux mois des premiers concours, le ministère continue d’apporter des modifications à la réforme

Des professeurs se préparent à distribuer les sujets de l’épreuve de philosophie, lors du baccalauréat, au lycée Edgar Quinet, à Paris, le 18 juin 2024.

Les premières épreuves des concours d’enseignants réformés doivent avoir lieu début mars, mais les contours de la nouvelle politique de recrutement et de formation ne sont toujours pas stabilisés. Un groupe de travail organisé mercredi 14 janvier au ministère de l’éducation nationale a ainsi présenté aux organisations syndicales plusieurs évolutions substantielles de la réforme, consistant à déplacer les concours de la fin du master 2 (bac + 5) à la fin de la licence 3 (bac + 3), afin que les lauréats puissent ensuite bénéficier d’une formation de deux ans rémunérée.

Le principal changement concerne le recrutement des enseignants de maternelle et d’élémentaire. La réforme telle qu’entérinée par les textes réglementaires publiés en avril 2025 prévoit la structuration d’un parcours de formation en cinq ans pour les futurs professeurs des écoles, avec la création d’une licence spécifique dont les étudiants seraient dispensés d’épreuves écrites au concours, pour passer directement les épreuves orales. Ce dispositif, baptisé « fast track » (« voie rapide ») par le ministère, est présenté depuis la première annonce de cette réforme, en 2024, comme un important vecteur d’attractivité dans le premier degré.

Il vous reste 73.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Les médias locaux confrontés à des agressions sur le terrain, malgré leur bonne image

Des journalistes lors d’une manifestation d’agriculteurs, à Paris, le 13 janvier 2026.

Au contact, dans tous les sens du terme. La presse régionale reste l’un des moyens préférés des Français pour s’informer, selon le 39e baromètre de confiance dans les médias, réalisé par la société de sondage Verian pour le quotidien La Croix, en partenariat avec La Poste, publié jeudi 15 janvier. Et pourtant, ces dernières semaines, les journaux de proximité n’ont été épargnés ni par les critiques ni par les violences.

La presse quotidienne régionale (PQR) ou hebdomadaire régionale (PHR) – en format papier, sur Internet ou sur les réseaux sociaux – figure toujours sur le podium des médias pour ce qui est de la consommation et de la confiance accordée par les Français. Ainsi, 72 % des 1 500 personnes interrogées en ligne du 24 au 30 novembre 2025 disent souvent la consulter pour suivre l’actualité. Seuls les chaînes d’information en continu (76 % des Français) et les journaux d’information (85 %) sont davantage consommés, selon les réponses récoltées par cette étude annuelle.

Surtout, la presse régionale conserve la confiance des Français (63 % des personnes interrogées). Elle est seulement devancée d’une courte tête par les journaux télévisés d’information, qui suscitent la confiance de 65 % des sondés, un ratio en baisse de quatre points par rapport au précédent baromètre. Pour 73 % de l’échantillon, PQR et PHR mettent en avant « les points essentiels de l’actualité » et, pour 57 %, ces médias locaux parlent « de personnes et d’événements qui [leur] sont proches ».

Il vous reste 75.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

SNCF : la direction veut faire accepter aux syndicats des augmentations très en deçà de leurs revendications

Un train-usine retire d’anciens tronçons de voie (rails et traverses en béton) pour les séparer du ballast avant leur remplacement lors de la rénovation de la ligne interurbaine Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, près d’Artenay (Loiret), le 16 septembre 2025.

Au terme de plusieurs semaines de négociations annuelles obligatoires (NAO), les premières depuis l’arrivée de Jean Castex à sa tête, la SNCF a proposé, mardi 13 janvier, aux organisations syndicales une augmentation pour 2026 qu’elle évalue à 2,56 % en moyenne. Ce chiffre est certes bien supérieur à l’inflation (1,3 %) mais il est très en deçà des revendications exprimées.

Les quatre centrales représentatives des cheminots (CGT, CFDT, SUD-Rail et UNSA) ont jusqu’au mardi 27 janvier pour se prononcer. L’accord entrera en vigueur si – et seulement si – deux d’entre elles le paraphent, prévient Philippe Bru, directeur des ressources humaines de la compagnie ferroviaire. Dans le cas contraire, aucune des mesures ne s’appliquera, à l’exception de la promesse qu’aucun salaire ne soit inférieur au smic plus 10 % (un peu plus de 2 000 euros brut mensuels).

A prendre ou à laisser, donc. Mais avant cela, les organisations doivent étudier en détail l’addition de mécanismes divers, certains déjà prévus par les grilles de salaires, permettant à la direction d’avancer ce chiffre de 2,56 %. Car, en guise d’augmentation générale, les cheminots ne pourront compter que sur 0,25 % en juillet et 0,25 % en octobre. Soit, selon les calculs de SUD-Rail, une hausse de 0,2 % lissée sur l’année complète.

Il vous reste 70.42% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

A New York, près de 15 000 infirmiers en grève dans les principaux hôpitaux privés pour dénoncer leurs conditions de travail

Lors de la grève de membres du syndicat des infirmières de l’Etat de New York, devant l’hôpital Mont Sinaï, à New York, le 12 janvier 2026.

C’est un bras de fer inédit dans l’histoire des hôpitaux new-yorkais. Près de 15 000 infirmiers sont en grève, lundi 12 janvier, dans trois des principaux hôpitaux privés de New York, aux Etats-Unis, pour dénoncer leurs conditions de travail, notamment en termes de sécurité et de prestations sociales, selon leur organisation syndicale.

« Après des mois de négociations », leurs employeurs « refusent de faire des progrès significatifs » pour « assurer une dotation en personnel suffisante, financer intégralement les prestations de santé des infirmiers et protéger ces derniers de la violence au travail », précise la New York State Nurses Association (Nysna – « Association des infirmiers de l’Etat de New York ») dans un communiqué. C’est la grève la plus importante pour cette profession dans l’histoire de la ville, assure le syndicat.

Dans un décret signé vendredi, la gouverneure de l’Etat de New York, Kathy Hochul, a estimé que ce mouvement social, en plein pic des maladies hivernales, risquait d’avoir « un impact sur la disponibilité et la prestation des soins, menaçant ainsi la santé publique ». Pour s’en prémunir, les trois groupes hospitaliers concernés ont libéré ou transféré des patients, annulé certaines procédures chirurgicales et ont eu recours à des recrutements temporaires.

« Nous sommes à vos côtés dans cette lutte »

« Avec 1 400 infirmiers qualifiés et spécialisés, nous sommes prêts à continuer à fournir des soins aux patients pendant toute la durée de cette grève », promet notamment le groupe Mount Sinai dans un communiqué lundi. Concernant les revendications de Nysna, il les juge « extrêmes » et ajoute « ne pas pouvoir [les] accepter ».

Le nouveau maire de New York, le démocrate Zohran Mamdani, est venu apporter son soutien aux grévistes lors d’une conférence de presse dans la matinée. « Nous voyons le travail que vous accomplissez, nous pensons que ce travail mérite d’être reconnu et nous sommes à vos côtés dans cette lutte », a-t-il lancé, appelant les parties à « immédiatement revenir à la table des négociations » et à « négocier de bonne foi ».

En janvier 2023, quelque 7 000 infirmiers avaient fait grève pendant trois jours, obtenant des mesures contre le manque de personnel.

Le Monde avec AFP