John Santora, président-directeur général de WeWork, dans les nouveaux locaux de la société, avenue Trudaine, à Paris 9ᵉ, le 13 novembre 2025. AGNÈS DHERBEYS/MYOP POUR « LE MONDE »
Fini les excès. L’entreprise de coworking WeWork, qui a connu l’une des plus impressionnantes ascensions parmi les start-up américaines (valorisée jusqu’à 47 milliards de dollars, soit 40,5 milliards d’euros), est aussi devenue le symbole d’une nouvelle économie qui fonçait droit dans le mur, sans contrôle de ses actionnaires. Son succès rapide et sa dégringolade violente ont même donné lieu à une série, très fidèle au réel,WeCrashed,diffusée sur la plateforme Apple TV+.
Lorsque l’entreprise, soutenue en particulier par le fonds Vision Fund du japonais SoftBank, a dû ouvrir ses livres de comptes à la veille de son entrée en Bourse, en septembre 2019, les gabegies d’Adam Neumann, qui a cofondé l’entreprise en 2010, et de sa femme sont apparues au grand jour, au point de faire capoter l’opération.
Après des changements de direction et une cessation de paiements en novembre 2023, l’entreprise a effectué sa mue et trouvé un nouveau dirigeant plus consensuel. Venu de l’immobilier « classique », John Santora, un vétéran du secteur qui a passé quarante-sept ans ans de sa vie professionnelle chez Cushman & Wakefield, un géant de l’immobilier fondé en 1784, n’affiche pas les mêmes prétentions qu’Adam Neumann. « A l’époque, je ne pouvais pas comprendre une croissance aussi rapide [de sa valorisation] », admet-il, pensant à son arrivée dans l’entreprise.
Il vous reste 75.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Marguerite Bérard n’est pas partie aux Pays-Bas pour regarder pousser les tulipes. L’ancienne patronne de la banque commerciale de BNP Paribas en France avait pris, le 23 avril, les rênes d’ABN Amro, la troisième banque du pays, pour la revigorer. Et quoi de mieux pour y parvenir qu’une bonne taille automnale ? Sept mois après son arrivée, elle a annoncé, mardi 24 novembre, qu’elle comptait élaguer près de 20 % des effectifs de la banque.
Un cas d’école qui illustre la capacité de l’intelligence artificielle (IA) à ravager l’emploi dans les services financiers. Tandis que Wall Street s’interroge pour savoir si les tombereaux de dollars investis dans les data centers généreront des gains justifiant les valorisations des Nvidia, Google et autres Meta, les pertes en ligne s’accumulent chez les cols blancs.
A l’extérieur des bureaux de la banque ABN AMRO à La Haye, aux Pays-Bas, le 22 juin 2025. YVES HERMAN / REUTERS
Au nom de l’« efficacité », ABN Amro prévoit donc de supprimer 5 200 postes équivalent temps plein d’ici à 2028, ramenant à 22 300 le nombre de ses employés, contre 27 500 à la fin de 2024. Cette « stratégie courageuse », selon la direction, a cueilli à froid les salariés de la banque, mais enflammé la Bourse néerlandaise. ABN Amro, qui avait retrouvé la Bourse d’Amsterdam il y a dix ans, après son sauvetage par le gouvernement néerlandais durant la crise des subprimes, a vu son cours s’envoler à un niveau record. C’était sûrement l’objectif, les pouvoirs publics néerlandais souhaitant réduire leur participation résiduelle de 30 % au capital de la banque.
Il vous reste 45.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Lors d’une marche blanche organisée par les syndicats de médecins hospitaliers et libéraux, pour « exiger la protection des budgets de la santé » et « des réponses adaptées aux réels besoins de santé publique », à Paris, le 4 octobre 2025. ANNA KURTH/AFP
Les sept syndicats de médecins libéraux représentatifs ont lancé, mercredi 26 novembre, un mot d’ordre unitaire aux généralistes, spécialistes, internes et étudiants en médecine. Tous sont appelés « à se préparer à un mouvement de grève sans précédent à partir du 5 janvier », face à un projet de la Sécurité sociale 2026 « qui sonne le glas de la médecine libérale en France ».
Ils sont invités à « reporter dès aujourd’hui » tous les rendez-vous prévus à partir du 5 janvier, et à « soutenir et amplifier » les différentes actions d’ores et déjà lancées par différentes organisations et collectifs, comme un mouvement de grève dans le sud-est de la France le 3 décembre.
L’appel est signé par les sept syndicats de médecins représentatifs des médecins libéraux (MG France, CSMF, FML et UFML pour les généralistes, Avenir Spé/Le Bloc, UFML et SML pour les spécialistes), et par d’autres organisations comme Jeunes Médecins et Médecins pour demain. Il est destiné également à « tous les internes et étudiants en médecine ».
Les syndicats estiment que le projet de budget de la « Sécu » constitue une « attaque inédite depuis la création de la Sécurité sociale en 1945 » contre la médecine libérale.
Ils lui reprochent notamment de « supprimer la négociation conventionnelle », une allusion à l’article 24 du projet de loi qui prévoit la possibilité donnée à l’Assurance-maladie de revoir unilatéralement les tarifs de certains secteurs quand une rentabilité excessive est constatée.
Les syndicats dénoncent également l’article 26 qui prévoit l’instauration d’une surcotisation sur les suppléments d’honoraires des médecins du secteur 2 (conventionnés à dépassement d’honoraires) et sur les revenus du secteur 3 (non conventionnés).
Parmi les actions prévues, les syndicats demandent notamment aux médecins de ne pas « signer les contrats d’engagements France Santé » (labellisation de structures médicales capables notamment de proposer un rendez-vous en moins de quarante-huit heures) annoncé dès son arrivée à Matignon par Sébastien Lecornu.
A partir du 3 décembre, ils les appellent à ne plus alimenter le dossier médical partagé (DMP). Ils les invitent également à « systématiser la demande de validation des arrêts de travail par le service médical » de l’Assurance-maladie.
Une « grande manifestation nationale » est prévue le 7 janvier à Paris. L’ensemble des organisations syndicales représentatives de médecins rejoignent ainsi de premiers syndicats qui avaient commencé à s’élever contre le texte il y a plusieurs semaines.
Le syndicat Le Bloc, notamment, avait déjà annoncé que des milliers de chirurgiens feraient grève entre le 5 et 19 janvier. Les praticiens sont appelés à s’exiler à Bruxelles pendant la période pour ne pas être réquisitionnés par les autorités.
L’UFML avait déjà annoncé mercredi 26 novembre matin qu’elle rejoignait cet appel.
Deux livreuses de repas traversent une place tout en faisant la promotion de réductions sur les menus proposés par la plateforme Meituan, à Chongqing, dans la province du Sichuan, le 10 mars 2025. CHENG XIN/GETTY IMAGES
Sac rouge sur le dos, balais rétractable dépassant, Bao Bei (un nom d’emprunt), 30 ans, fait le ménage chez des particuliers à Pékin. Elle travaille pour JD.com, l’application du géant de l’e-commerce et des services à raison de 10,50 euros chaque mission de deux heures. « J’ai des habitués, dont le patron d’une usine d’appareils médicaux. Il a fusionné deux grands appartements et me réserve douze heures par semaine. Pour lui, c’est plus simple que d’embaucher quelqu’un. » Jusqu’à peu, Bao Bei enseignait dans une petite ville du Shanxi pour 550 euros par mois. Mais ses parents étaient noyés sous les dettes.
« Mon père tenait une belle agence de location d’engins de chantier. Mais l’un d’eux a provoqué un accident, cinq personnes sont mortes, et il a fallu indemniser les familles. Mes parents ont tout vendu, déménagé à la campagne et bâti une ferme. Au bout de sept ans, leurs vaches ont attrapé la grippe, et le troupeau a dû être abattu pour éviter une contagion. »
Un deuxième coup du sort qui a finalement chamboulé les trajectoires de leurs trois enfants, tous diplômés. La grande sœur de Bao Bei est partie au Qinghai, dans l’ouest du pays, pour travailler sur un champ de gaz de schiste. La petite sœur a ouvert un atelier de cosmétiques dans le Guangdong, dans le Sud. Et Bao Bei s’est mise au service de JD.com, sept jours sur sept, de 8 heures à 22 heures. Elle dort dans un dortoir décati à la périphérie de Pékin, pour 110 euros par mois.
Il vous reste 81.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Sous la mention « 20 génocidaires à boycotter en toutes circonstances », figuraient 20 noms, parmi lesquels ceux du présentateur Arthur ou des acteurs Charlotte Gainsbourg et Philippe Torreton, assortis de leur photo.
Un caméraman de la SRG SSR, à Wengen, en Suisse, le 13 janvier 2018. DENIS BALIBOUSE/REUTERS
La Société suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR), le groupe d’audiovisuel public qui gère des chaînes dans les quatre langues du pays, notamment la Radio-Télévision suisse (RTS) en français, a annoncé lundi 24 novembre dans un communiqué qu’elle « s’apprêt[ait] à supprimer 900 équivalents temps plein » d’ici à 2029 « pour réaliser son objectif d’économie fixé à 270 millions de francs » suisses (environ 290 millions d’euros).
Ces économies sont, selon la SRG SSR, destinées à faire face à des « défis majeurs » tels que « la décision du Conseil fédéral de réduire progressivement la redevance média » ou le fait que « le public se tourne de plus en plus vers le numérique », entraînant « un profond bouleversement pour les médias, en Suisse comme à l’étranger ».
« Les décisions politiques et le contexte dans lequel évolue notre entreprise ne nous laissent pas d’autre choix. La [SRG SSR] procédera de manière aussi responsable et socialement acceptable que possible », a relevé la directrice Susanne Wille, citée dans le communiqué.
En juin 2024, le gouvernement avait décidé d’abaisser la redevance en deux temps pour la ramener à 300 francs suisses (322 euros) d’ici 2029, estimant que la SRG SSR disposait de moyens suffisants. Elle s’élève actuellement à 335 francs (360 euros).
En mars, la population suisse doit à nouveau se prononcer sur un projet demandant de réduire encore la redevance à 200 francs (215 euros) alors que le sujet fait régulièrement polémique. En 2018, un texte qui visait purement et simplement à supprimer le financement de l’audiovisuel public avait été rejeté par près de 72 % des votants.
La SRG SSR est la plus grande entreprise de médias audiovisuels de Suisse, avec 7 130 employés et un chiffre d’affaires annuel de 1,56 milliard de francs. Le groupe compte 17 stations de radio et sept chaînes de télévision ainsi que plusieurs sites Web.
La ministre de la santé, Stéphanie Rist (au centre), avec le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, et la ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 4 novembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »
Le Sénat s’est opposé, lundi 24 novembre, à la limitation de la durée des arrêts de travail proposée par le gouvernement, dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale. Les sénateurs ont par ailleurs voulu interdire tout renouvellement de ces arrêts par télémédecine.
Plafonner la durée des arrêts de travail « mobiliserait plusieurs centaines de milliers d’heures de consultation dans un contexte d’accès aux soins déjà fragilisé », a affirmé la sénatrice (Les Républicains) Corinne Imbert, favorable à la « liberté de prescription » des médecins.
Cette dernière a fait adopter un amendement au budget de la Sécu pour s’opposer à ce plafonnement. Le gouvernement proposait initialement une limitation qui serait fixée par décret à quinze jours pour un premier arrêt de travail prescrit par un médecin de ville, et trente jours à l’hôpital. Lors des débats à l’Assemblée nationale, les députés avaient eux souhaité inscrire ce plafond directement dans la loi, le fixant à trente jours dans les deux cas.
L’exécutif entend légiférer face à la hausse des dépenses relatives aux arrêts de travail, qui représentent 11 milliards d’euros en 2024, une hausse de 6 % par an depuis cinq ans.
La ministre de la santé, Stéphanie Rist, a regretté ce choix. « On peut quand même se dire entre nous qu’au bout d’un mois on peut revoir le patient qui est en arrêt maladie. Ça ne paraît pas très choquant de demander au patient de revenir dans le cadre de son suivi », a-t-elle dit. Limiter la durée des arrêts de travail « n’aura pour effet que d’augmenter le non-recours et le présentéisme forcé », a pour sa part redouté la sénatrice Raymonde Poncet Monge (Les Ecologistes).
Les sénateurs ont par ailleurs voté un autre amendement au budget de la Sécu pour interdire tout renouvellement d’un arrêt de travail prononcé par une téléconsultation, malgré l’opposition du gouvernement, qui a jugé la mesure inconstitutionnelle. La loi prévoit déjà de limiter à trois jours tout arrêt de travail prescrit par la télémédecine.
Ces votes sont loin d’être définitifs, car les débats sur ce budget de la Sécu vont se poursuivre entre les deux chambres du Parlement.
Un nouveau-né à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis, en mars 2013. JOEL SAGET/AFP
Le Sénat a approuvé, lundi 24 novembre, la création d’un nouveau congé de naissance, permettant aux parents de prendre jusqu’à deux mois supplémentaires chacun pour accueillir leur enfant à partir du 1ᵉʳ janvier 2027.
Ce congé supplémentaire de naissance, qui s’ajouterait aux congés maternité et paternité existants, est l’une des mesures du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026. La date d’entrée en vigueur fait débat, le texte initial prévoyait une entrée en vigueur pour les enfants nés ou adoptés à partir de juillet 2027. Les députés ont voté pour avancer la date au 1ᵉʳ janvier 2026. Les sénateurs ont voté pour retarder cette date au 1ᵉʳ janvier 2027.
Annoncé en janvier 2024 par le président Emmanuel Macron en vue d’un « réarmement démographique » face à la baisse de la natalité, ce congé pourra être pris par chaque parent simultanément ou en alternance avec l’autre.
Les sénateurs sont revenus sur une disposition introduite par les députés qui prévoyait qu’au moins un mois du congé ne soit pas pris simultanément par les deux parents, avec notamment l’ambition d’une meilleure répartition des tâches, pour que le père ou l’autre passe du temps seul avec l’enfant. Ils ont également voté pour que ce congé ne puisse être fractionnable.
Un congé pensé pour plus de souplesse et d’égalité
Pour la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, il s’agit de « donner plus de souplesse » aux parents, évoquant par exemple les cas où la mère aurait besoin d’être soutenue au moment d’un post-partum, ces dépressions qui surviennent parfois chez les mères après la naissance.
La sénatrice socialiste Laurence Rossignol a salué une « bonne mesure », afin que le lien ne soit pas uniquement « entre la mère et l’enfant dans les deux premiers mois de la vie », une condition, selon elle, « pour une plus juste répartition de la charge mentale pour la suite ». Le montant de l’indemnisation doit être déterminé par décret, le gouvernement ayant indiqué qu’il serait indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second. Mme Rossignol a appelé à ce que la perte de revenu ne soit pas trop importante, afin que la mesure reste attractive pour les pères, alors que les hommes gagnent, en moyenne, toujours davantage que les femmes.
Ce nouveau congé ne remplacera pas le congé parental, pouvant être pris jusqu’aux trois ans de l’enfant et qui permet de toucher environ 400 euros par mois.
Le gouvernement prévoit de repousser de 14 à 18 ans l’âge à partir duquel intervient la majoration des allocations familiales pour le deuxième enfant, afin de financer ce nouveau congé de naissance. Mais les sénateurs s’y sont opposés en votant un amendement du sénateur centriste Olivier Henno (Hauts-de-France, Union des démocrates et indépendants), avec notamment le soutien de la gauche.
Marc Murtra, président-directeur général de Telefonica, au Mobile World Congress 2025, à Barcelone, en Espagne, le 3 mars 2025. ALBERT GEA/REUTERS
La multinationale espagnole Telefonica a annoncé, lundi 24 novembre, un plan social prévoyant jusqu’à 5 040 suppressions d’emplois dans trois de ses filiales espagnoles, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de l’Union générale des travailleurs (UGT). « L’impact global » du plan concerne 5 040 postes, parmi lesquelles 3 649 postes chez Telefonica de España (41 % de l’effectif total), 1 124 postes chez Telefonica Moviles (31 %) et 267 postes chez Telefonica Soluciones (24 %), détaille un communiqué de la confédération syndicale.
Un membre de l’UGT a par ailleurs expliqué à l’AFP que le groupe devrait également annoncer mardi au moins 279 autres suppressions de postes dans une autre de ses filiales espagnoles, Movistar Plus +, ce qui représente 32 % de l’effectif.
En pleine restructuration, l’opérateur espagnol historique, qui emploie quelque 100 000 personnes dans le monde, est engagé depuis le début d’année dans un important virage stratégique visant à se recentrer sur ses quatre principaux marchés (Espagne, Allemagne, Royaume-Uni et Brésil) et à accroître sa rentabilité.
Contacté par l’AFP, le groupe s’est refusé à tout commentaire.
Moment charnière
Telefonica, qui a annoncé au début de novembre une perte nette atteignant le chiffre astronomique de 1,08 milliard d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, a révélé dans la foulée prévoir des économies qui pourraient atteindre 3 milliards d’euros d’ici à 2030.
Signe de ses difficultés actuelles, le groupe a aussi annoncé baisser de moitié son dividende pour ses actionnaires en 2026, tout en maintenant ses objectifs annuels pour la fin d’année.
Le recentrage engagé par l’opérateur survient à un moment charnière pour la multinationale, au cœur de vastes manœuvres depuis l’entrée surprise de la compagnie saoudienne STC, qui a acquis 9,9 % du capital de l’entreprise en septembre 2023. Cela avait conduit l’Etat espagnol à prendre une participation de 10 % dans l’entreprise par le fonds public SEPI (Sociedad Estatal de Participaciones Industriales).
Amélie de Montchalin, ministre des comptes publics, et Sébastien Lecornu, premier ministre, lors du sommet Choose France, à Paris, le 17 novembre 2025. THOMAS SAMSON/AFP
Aurait-on pu imaginer pire calendrier ? Lundi 17 novembre, ouverture de la Semaine de l’industrie en France : le gouvernement réunit à Paris quelque 150 patrons pour annoncer 9 milliards d’euros d’investissements nouveaux (sur 30 milliards au total pour 2025), lors d’un sommet Choose France consacré aux entreprises tricolores.
Le même jour, le tribunal de Strasbourg décide de la « cession partielle » de l’aciériste NovAsco (ex-Ascometal), en difficulté depuis plusieurs mois. Ses trois sites industriels de Saint-Etienne, Custines (Meurthe-et-Moselle) et Hagondange (Moselle) sont liquidés, et seule l’usine de Leffrinckoucke (Nord) est reprise. Au total, 144 emplois seulement sont conservés sur les 693 du groupe.
Le télescopage de ces deux informations est un précipité de la situation actuelle de l’industrie française. D’un côté, à Choose France, on célèbre l’industrie du futur, avec près de la moitié des 9 milliards d’euros d’investissements annoncés qui concernent l’ouverture de data centers, indispensables pour développer l’intelligence artificielle mais peu pourvoyeurs d’emplois. De l’autre, on assiste à la crise continue de l’industrie traditionnelle, confrontée à la chute de la demande en Europe et à la concurrence chinoise. Les 549 emplois supprimés chez NovAsco s’ajoutent aux plans sociaux de ces derniers mois dans la sidérurgie (ArcelorMittal, avec plus de 600 postes), l’automobile (Michelin et Valeo, avec 1 254 et 866 emplois), la chimie (Vencorex, avec près de 400 emplois), ou l’agroalimentaire (Teisseire, avec plus de 200 emplois).
Il vous reste 70.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.