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L’ouverture du Musée du Louvre menacée lundi, les salariés appelés à une « grève reconductible »

Devant le Musée du Louvre, à Paris, le 12 décembre 2025.

Le Musée du Louvre va-t-il ouvrir ses portes ce lundi 15 décembre ? La question reste en suspens, alors que les salariés doivent se réunir à partir de 9 heures en assemblée générale pour se prononcer sur l’appel lancé par les syndicats à une « grève reconductible » contre des « conditions de travail toujours plus dégradées » et la détérioration de l’accueil du public dans le musée.

En fonction de l’ampleur du vote, qui devrait être connue vers 10 heures, le Louvre pourrait, faute d’agents suffisants, fermer certains de ses espaces voire l’ensemble du bâtiment. Seule certitude : le musée n’ouvrira pas comme prévu à 9 heures en raison de l’assemblée générale. « On se prépare lundi à une mobilisation puissante. On aura beaucoup plus de grévistes que d’habitude », prédit auprès de l’Agence France-Presse (AFP), Christian Galani de la CGT, syndicat majoritaire au Louvre, qui dénonce, comme les autres organisations professionnelles, des problèmes de sous-effectifs.

Pour tenter d’éviter une fermeture du musée à l’approche des vacances de Noël, des réunions ont eu lieu la semaine dernière au ministère de la culture avec les syndicats, dont une avec Rachida Dati en personne.

Réorganisation à marche forcée

Face aux syndicats, la ministre s’est engagée à revenir sur la baisse de 5,7 millions d’euros de dotation publique au Louvre prévue dans le projet de loi de finances 2026, a appris l’AFP auprès de sources concordantes. En 2024, le musée a perçu 98,2 millions d’euros de subventions de l’Etat. Il n’y a eu « aucune autre avancée significative », selon la CGT, mais la CFDT assure que les discussions se sont déroulées de « façon intelligente et apaisée ». « Pas d’annonce tonitruante, pas de colère, chacun comprend les deux parties », a assuré sa déléguée Valérie Baud, interrogée la semaine dernière par l’AFP.

En parallèle de ce conflit social, le musée doit faire face à une réorganisation à marche forcée et continuer de répondre aux interrogations sur les failles qui ont permis à un commando, le 19 octobre, de s’emparer de huit joyaux de la Couronne, toujours introuvables.

Fragilisée, la présidente du Louvre Laurence des Cars devra, l’espace de quelques mois, travailler en tandem avec Philippe Jost, le haut fonctionnaire chargé du chantier de reconstruction de Notre-Dame, à qui Rachida Dati a confié vendredi la mission de « réorganiser en profondeur le musée ». « Des mesures indispensables sont à prendre, bien au-delà de la sûreté et de la sécurité », a déclaré la ministre, sans donner plus de détails.

« Toute réflexion sur l’avenir du Louvre ne saurait se limiter à une approche technico-organisationnelle », a réagi la CFDT, demandant de connaître le « périmètre exact » de cette mission.

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Le Monde avec AFP

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La liquidation de Brandt, nouvel épisode de la désindustrialisation en France

Devant l’usine Brandt, à Vendôme (Loir-et-Cher), le 11 décembre 2025.

La France vit-elle un hiver industriel ? La liquidation de Brandt, décidée jeudi 11 décembre par le tribunal des activités économiques de Nanterre, avec la suppression de 750 emplois, est un nouvel exemple de la crise économique et sociale qui frappe l’industrie tricolore. Ces derniers mois, les plans sociaux et les fermetures se multiplient, tous secteurs confondus : métallurgie (ArcelorMittal, NovAsco, Erasteel), automobile (Valeo, Forvia, Michelin, Stellantis), verrerie (Verallia), pharmaceutique (Sanofi), agroalimentaire (Teisseire, Ynsect, Blédina)…

A chaque fois, les mêmes raisons ou presque sont invoquées : concurrence féroce des pays asiatiques, notamment de la Chine, coût de l’énergie élevé, baisse de la demande… Dans le cas de Brandt, la marque fondée en 1924 est confrontée à la concurrence de l’électroménager chinois, coréen ou turc, et à la crise du marché de l’immobilier, qui provoque celle de l’équipement des foyers.

Le nombre de sites industriels en difficulté grimpe depuis septembre. Selon un comptage du cabinet privé Trendeo, publié dans Les Echos mercredi, 165 sites industriels sont menacés depuis la rentrée dans le pays, contre 120 en septembre 2024. Une centaine de ces dossiers concernent près de 10 000 emplois. Les régions les plus touchées sont le Grand Est (2 726 emplois perdus en un an), la Bourgogne-Franche-Comté (2 649 emplois) et les Hauts-de-France (2 280 emplois).

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Brandt, le dernier fabricant de gros électroménager en France, est mis en liquidation ; plus de 700 emplois supprimés

Devant l’usine Brandt, à Vendôme (Loir-et-Cher), le 11 décembre 2025.

Nouveau choc industriel pour la France. L’avenir du dernier fabricant français de gros appareil d’électroménager, propriété depuis 2014 du conglomérat algérien Cevital, de ses marques emblématiques (Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich), et de près de 750 employés était suspendu à une décision du tribunal des activités économiques de Nanterre. Tous redoutaient le scénario d’un arrêt définitif de l’activité et d’une mise en liquidation du groupe Brandt, depuis sa mise en redressement judiciaire le 1er octobre.

Le tribunal a finalement décidé, jeudi 11 décembre, de prononcer la liquidation judiciaire de l’entreprise, a indiqué François Bonneau, le président socialiste de la région Centre-Val de Loire qui en a donné la nouvelle à l’Agence France-Presse. « C’est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l’industrie française », a-t-il réagi. Bercy a aussi exprimé sa « profonde tristesse » après la liquidation d’un « fleuron français ».

Les juges n’ont donc pas retenu le seul dossier socialement porteur d’espoir pour le groupe d’électroménager. Parmi les offres présentées, le projet de société coopérative et participative (SCOP) portée par les salariés promettait de sauver 295 emplois sur les deux sites de production, à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret), près d’Orléans, et à Vendôme (Loir-et-Cher), qui emploient au total 443 salariés. Il était surtout le seul, parmi les offres, à pouvoir sauver les deux usines du groupe, dont le siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Le groupe possède par ailleurs un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise).

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ACI Group : le tribunal accorde un sursis au repreneur ; des centaines d’emplois en jeu

Un employé du groupe ACI accroche une banderole sur une clôture, lors d’un rassemblement devant le tribunal de commerce de Lyon, le 9 décembre 2025.

Le tribunal des affaires économiques de Lyon a accordé mardi 9 décembre un nouveau sursis, d’une semaine, au groupe ACI, repreneur en série de sites industriels, lui-même en redressement judiciaire, laissant encore en suspens le sort de quelque 1 300 salariés.

Pour la holding, le tribunal a renvoyé son jugement au 16 décembre, ont annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) les avocats de son cofondateur et actionnaire majoritaire, Philippe Rivière, après trois heures d’audience à huis clos.

Devant ce même tribunal, le 25 novembre, M. Rivière s’était engagé à trouver « les fonds suffisants » pour la sauver. Juste avant l’ouverture de l’audience, ses avocats ont présenté une nouvelle proposition de refinancement sans en révéler la teneur. « Nous avons une ou deux propositions de refinancement qui nous permettraient déjà de financer la période d’observation. Et le tribunal – et le procureur, qui est allé dans le même sens – les a prises suffisamment au sérieux pour nous accorder ce délai de respiration », a déclaré à l’AFP MJean-Marie Chanon. Se disant « optimiste », Philippe Rivière a assuré qu’il avait proposé des « solutions pérennes et de long terme » pour sauver son groupe et ses salariés.

En revanche, la juridiction commerciale, qui examinait en parallèle la situation de plusieurs filiales du groupe, en a placé au moins quatre nouvelles en redressement a indiqué la CGT au Monde, toutes dans la Loire (AMM42 à Champdieu, MCA à Roche-la-Molière, Somer et MDV à La Ricamarie). Selon la même source, il a également prononcé la liquidation de Tôle et Design à Saint-Etienne, avec trois mois de continuation.

Ces procédures viennent s’ajouter à celles déjà ouvertes pour une quinzaine de sociétés du groupe depuis le passage en redressement de la holding en septembre. Selon le bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc), sont déjà en redressement judiciaire LBY Meca à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Lorentz à Isle-lès-Villenoy (Seine-et-Marne), Lacroix-Poncet à Marignier (Haute-Savoie), Molliex Frères à Thyez (Haute-Savoie), MPM et ACI D & N à Saint-Pierre-en-Faucigny (Haute-Savoie), MPR à Scionzier (Haute-Savoie), Roche Mecatech (RMT) à Roche-la-Molière (Loire), SDML à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Pôle mobilité à Saint-André-lez-Lille (Nord), New Effigear à Maclas (Loire), ce qui représenterait au total près de 300 salariés.

Et cinq petites sociétés ont déjà été liquidées : SV Industries et Vissal Manufacturing à Saint-Vit (Doubs), Qarboon à Clermont-Ferrand, Berthier-Alpes à La Bâthie (Savoie) et ACI Maintenance à Roche-La-Molière (Loire), représentant au total une soixantaine de salariés.

« Boulimie »

Après plusieurs promesses non tenues de la part de cet homme également visé par une enquête pénale pour des soupçons de malversations et d’abus de bien sociaux, les juges risquent de se montrer méfiants, et la menace de liquidation de la holding n’est pas levée. Les syndicats n’ont pas plus confiance en leur patron, déchu du mandat de gestion de sa société, confiée à des administrateurs judiciaires.

Philippe Rivière « achetait, achetait, achetait, avec boulimie » et « siphonnait les trésoreries des entreprises pour pouvoir se repositionner en sauveur », assène Fabrice Fort, coordinateur de la CGT Métallurgie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui parle d’un « Bernard Tapie bis ».

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Devant le tribunal de Lyon, où la CGT avait organisé une manifestation, le syndicaliste accuse aussi l’Etat d’être « responsable » de la situation, « avec le scandale des aides publiques accordées à ce genre de montage avec nos impôts, sans contrepartie, sans contrôle, sans transparence ».

Créé en 2019 par Philippe Rivière et Patrice Rives, ACI Group a racheté très rapidement une trentaine d’entreprises, sous-traitantes de grandes entreprises de la défense, de l’aéronautique et du nucléaire civil. Son patron, friand des médias et des réseaux sociaux, se posait volontiers en défenseur de la « souveraineté industrielle française ».

Une dette de 55,7 millions d’euros

Selon Bercy, la holding ACI Group, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros en 2024, compte à ce jour 33 entités et 1 327 salariés. Mais ses comptes sociaux font état d’une dette de 55,7 millions d’euros.

Le ministre de l’économie, Roland Lescure, qui suit de près ce dossier, a promis que l’Etat se pencherait sur « toutes les filiales, les unes après les autres », dont certaines « vont bien », et d’autres, « moins bien », pour « tenter de trouver des repreneurs ».

La CGT a accusé mardi, lors d’un point presse à Paris, le gouvernement et la Banque publique d’investissement (BPI) de « dérouler le tapis rouge aux fonds vautours » pour reprendre les entreprises industrielles en difficulté. Le syndicat a dressé un état des lieux des plans sociaux dans l’industrie, et sa secrétaire générale, Sophie Binet, a énuméré les exemples de projets de reprise d’entreprises industrielles en proie à des difficultés, comme l’aciériste Novasco (ex-Ascometal), où plus de 500 emplois vont être supprimés.

Le Monde avec AFP

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Brandt en redressement judiciaire : près de Vendôme, l’« espoir d’une dernière chance »

Dans l’usine Brandt de Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret), le 16 janvier 2025.

Entre le portail menant à l’usine et les quais de chargement, ils ont installé quelques drapeaux, de larges bâches barrées de slogans et une dizaine de bennes à rebut, destinées habituellement aux chutes de tôle, dans lesquelles un feu a été allumé à la hâte. Devant eux, le long de la route nationale ralliant Paris, des palettes s’empilent, pour filtrer le passage des véhicules. Sur l’une d’elles, écrit à la bombe de peinture en lettres noires, un message : « 93 licenciés à Noël ».

Ce matin du lundi 8 décembre, une vingtaine de salariés de l’usine Brandt de Saint-Ouen, située près de Vendôme (Loir-et-Cher), gravitent autour des braseros. On y devise des jours qui s’annoncent, déterminants pour l’entreprise placée en redressement judiciaire début octobre. Et des perspectives d’avenir incertaines, alors que se profile la décision du tribunal des activités économiques de Nanterre, attendue jeudi 11 décembre.

Au milieu de plusieurs offres, un projet de reprise de Brandt France par ses salariés – sous forme de société coopérative et participative (SCOP) – soutenu par le groupe Revive, promet de sauver 295 emplois sur les deux sites de production, à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret) et en Loir-et-Cher, sur un total de 443.

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Plongée dans le système du « serial repreneur » Philippe Rivière, dont le groupe ACI et ses 1 500 salariés sont en sursis

Mobilisation des salariés du groupe ACI devant le tribunal judiciaire de Lyon, le 25 novembre 2025.

De la quarantaine de sites que compte le groupe industriel ACI combien passeront en redressement judiciaire ou en liquidation dès mardi 9 décembre ? Le tribunal des affaires économiques de Lyon doit rendre son jugement sur la holding du groupe, maison mère placée en redressement judiciaire le 25 septembre, et devrait au passage ouvrir une procédure collective pour certaines des petites et moyennes entreprises qui en font partie, la plupart étant déjà en cessation de paiements.

En jeu, le devenir des savoir-faire industriels de ces sous-traitants de secteurs stratégiques (nucléaire, aéronautique, défense), dont certains aux carnets de commandes pleins, et l’avenir des quelque 1 450 salariés éparpillés sur le territoire.

ACI (Alliance pour les compétences industrielles), c’est le groupe de Philippe Rivière, qui, de conférences en plateaux de télé, s’est fait le chantre de la souveraineté. Il se présente comme « un industriel qui a commencé sa carrière chez Aubert & Duval en France, avant de partir en Asie ». Ministre de l’industrie, Marc Ferracci s’est laissé convaincre par « cet entrepreneur qui séduit en promettant de reconstituer des chaînes de valeurs entières » et qui « a sans doute eu les yeux plus gros que le ventre ».

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A Chalon-sur-Saône, une réindustrialisation réussie qui pourrait faire école

Charlotte en tissu sur la tête et blouse de protection, Sébastien Martin passe en revue les deux lignes de production flambant neuves qui fabriquent à la chaîne des pains à burger et des pains de mie. Ce 27 novembre au matin, le ministre délégué à l’industrie visite la nouvelle usine de Vicky Foods, un groupe espagnol spécialisé dans la boulangerie industrielle qui compte 3 800 salariés répartis dans 54 pays et pesait 707 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, installé depuis peu à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire.

Accompagné par Rafael Juan, le PDG de Vicky Foods, le ministre est un peu chez lui dans ce bâtiment de 23 000 mètres carrés tout juste sorti de terre, qui devrait doubler ses effectifs (de 100 à 200 employés) d’ici à deux ans. Si l’industriel a investi 100 millions d’euros pour l’implantation de sa première usine en France, son installation à Chalon-sur-Saône est le dernier épisode de la réindustrialisation de cette ville moyenne de 45 000 habitants – 120 000 dans l’agglomération – située non loin du Creusot.

Rafael Juan (deuxième à gauche), PDG de Vicky Foods, et Sébastien Martin (deuxième à droite), ministre de l’industrie, lors de l’inauguration de l’usine de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 27 novembre 2025.

En cinq ans, la communauté du Grand Chalon, présidée par M. Martin de 2014 à son entrée au gouvernement en octobre, a créé la zone industrielle SaôneOr, en lieu et place de l’ancienne friche Kodak. Cette réussite, marquée par la création d’une dizaine de nouveaux sites industriels, a pesé dans le choix de l’exécutif de confier à ce quadragénaire venu du parti Les Républicains (LR) le portefeuille de l’industrie. Désormais à Bercy, ce dernier compte bien dupliquer ce modèle local à l’échelle nationale. « La réussite de SaôneOr prouve que la réindustrialisation de la France ne se fait pas à Paris mais dans les territoires », a-t-il déclaré, le 27 novembre, devant les salariés de Vicky Foods et les partenaires locaux venus assister à l’inauguration de l’usine.

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Négociations sur les salaires : les premiers accords prévoient une hausse de 1,7 % en moyenne pour 2026

Mécontent du résultat des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui se sont terminées sur une décision unilatérale de la direction d’augmenter les salaires de 0,7 % en 2026, un syndicaliste de Leroy-Merlin, pour qui cette hausse correspond à une augmentation de 21 euros brut mensuels, se met en scène sur les réseaux sociaux, en train de faire ses courses. « Merci Leroy-Merlin, grâce à tes 21 euros, j’ai pu mettre 12,77 litres d’essence dans ma voiture », ironise l’élu CFTC devant une pompe à essence, avant d’essayer de passer commande dans un fast-food : « Deux menus, c’est 26,60 euros… Dommage… Pas merci Leroy-Merlin. »

Avec cette hausse de 0,7 %, l’entreprise est, en tout cas, en dessous de la moyenne de 1,7 % des augmentations constatée dans les premiers accords NAO signés pour 2026, selon une enquête du centre études & data du groupe Alpha, qui se fonde sur les 143 premiers accords publiés cet automne. Un net recul par rapport au relèvement des salaires de 2,3 % en 2025 et de 3,5 % pour 2024.

« Cette diminution peut s’expliquer par un moindre pouvoir de négociation des salariés (en raison d’un relâchement des tensions sur le marché du travail et des difficultés économiques des entreprises) ainsi que par la forte désinflation en cours depuis deux ans », indique l’étude publiée vendredi 28 novembre, qui rappelle que l’inflation n’a atteint, en octobre, que 0,9 % en glissement annuel – elle pourrait rebondir à 1,3 % en 2026 selon la Banque de France.

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Ruptures conventionnelles : la négociation entre les syndicats et le patronat démarre mal

Jean-Pierre Farandou, ministre du travail, à Paris, le 13 octobre 2025.

Rarement une négociation entre partenaires sociaux aura démarré dans un tel flou. Mercredi 3 décembre, ceux-ci se sont réunis au siège de l’Unédic, l’organisme paritaire qui gère l’assurance-chômage, pour une première séance de discussion autour des ruptures conventionnelles et des contrats courts. Le Mouvement des entreprises de France (Medef) et l’Union des entreprises de proximité (U2P) n’étaient pas présents.

L’invitation avait été lancée par la CFDT. Elle faisait suite à une lettre envoyée, le 14 novembre, à Sébastien Lecornu par les syndicats et le patronat – exception faite du Medef, qui n’avait pas souhaité la cosigner –, dans laquelle ils exhortaient le premier ministre à renoncer au document de cadrage que son prédécesseur, François Bayrou, leur avait envoyé, le 8 août. Celui-ci leur avait alors proposé d’engager une négociation afin de durcir les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi, avec pour finalité d’atteindre 4 milliards d’euros d’économies.

Samedi 29 novembre, c’est Jean-Pierre Farandou qui leur a répondu. Le ministre du travail a écrit aux organisations d’employeurs et de salariés – excepté le Medef – pour leur annoncer que ce projet de réforme sera retiré dès qu’elles auront « formalisé » leur « engagement » de négocier sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles, ce qu’elles avaient proposé dans leur courrier du 14 novembre. Jean-Pierre Farandou leur demande toutefois de trouver « au moins 400 millions d’euros par an ». Et les met en garde : si un accord n’est pas trouvé, d’ici au 31 janvier 2026, l’Etat « serait conduit à prendre à nouveau ses responsabilités ».

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Sophie Binet : « Ce budget sacrifie l’avenir, il signe le déclassement du monde du travail et du pays »

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 3 avril 2024.

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, explique qu’il faut taxer les patrimoines et les successions et passer en revue les aides aux entreprises qui « coûtent un pognon de dingue » afin d’éviter de laisser filer le déficit. Elle appelle à revenir sur le gel des prestations sociales et la revalorisation inférieure à l’inflation des retraites prévus dans les budgets étudiés actuellement au Parlement.

La mobilisation du mardi 2 décembre à l’appel de votre organisation, de la FSU et de Solidaires est passée presque inaperçue. Faut-il y voir une démonstration de faiblesse du mouvement syndical ?

Nous n’avons jamais dit qu’il s’agirait d’une grande journée d’action et de grèves. Nous savions qu’elle serait limitée par le contexte d’attentisme et de flou organisé. Mais si nous ne faisons rien, le débat budgétaire se tiendra sans les salariés, à coups d’arrangements politiciens. Il ne faut surtout pas arriver après la bataille, mais au contraire la mener maintenant, au moment où se prennent les décisions.

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