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Inégalité salariale entre les femmes et les hommes : les sanctions contre les patrons jugées « trop limitées »

Frapper au portefeuille pour changer les pratiques. Si les décideurs publics veulent gommer les écarts de rémunérations entre les femmes et les hommes, les coups de bâton à l’égard des entreprises fautives font partie du panel de mesures à déployer. C’est l’une des idées fortes qui émergent d’un rapport parlementaire transpartisan rendu public mardi 27 janvier. Il se présente comme une boîte à outils placée à la disposition du législateur au moment où une directive européenne poursuivant cet objectif d’égalité salariale doit être transposée dans le droit français.

Le rapport diffusé mardi après-midi a été réalisé par trois députées de sensibilités différentes : Virginie Duby-Muller (Les Républicains, Haute-Savoie), Agnès Firmin Le Bodo (Horizons, Seine-Maritime), Karine Lebon (groupe communiste, La Réunion). Ces élues se penchent, à leur tour, sur une « problématique » qui peut se résumer en quelques chiffres. En 2023, dans le privé, la fiche de paie des femmes était, en moyenne, inférieure de 22,2 % à celle des hommes. Cet écart est imputable, pour une grande partie, au nombre d’heures de travail effectuées et au type de postes occupés. En comparant la situation des femmes et des hommes occupant le même métier, ayant le même âge et étant employés dans la même société, il subsistait toujours « un différentiel de l’ordre de 4 %, qui relève de la discrimination pure », rappellent les trois parlementaires.

Pourtant, les gouvernements successifs au cours du demi-siècle écoulé ne sont pas restés les bras ballants. Le principe d’égalité de rémunération entre les deux sexes a été inscrit dans une loi de décembre 1972. Par la suite, les textes se sont empilés – mais « sans grande portée pratique ». L’un des derniers en date, promulgué en septembre 2018, a instauré un « index », qui calcule les disparités entre les femmes et les hommes. Obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 personnes, le dispositif prévoit, sous certaines conditions, des pénalités financières si aucune disposition n’est prise pour mettre fin aux injustices.

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Le congé de paternité plébiscité par les hommes

Un père et sa fille, quelques instants après la naissance, dans le service de maternité d’un hôpital parisien, le 29 juin 2022.

Créé en 2002 et passé de onze à vingt-cinq jours en juillet 2021, le congé de paternité est très populaire chez les hommes. Un nombre croissant d’entre eux y a recours, et encore plus depuis son allongement, conclut une étude de l’Institut national d’études démographiques publiée, mercredi 28 janvier, dans la revue Population et sociétés.

Plus de huit hommes sur dix (81 %) le prennent au-delà de la part obligatoire de quatre jours – qui s’ajoutent aux trois jours obligatoires du congé de naissance prévus au moment de l’arrivée de l’enfant. Autrement dit, « plus de quatre enfants sur cinq nés entre juillet 2021 et décembre 2023 ont vu leur père prendre tout ou partie de leur congé de paternité au-delà de la semaine obligatoire », relèvent les auteurs de l’article, qui se sont appuyés sur des données de l’enquête « Familles et employeurs » menée en 2024.

« Les trois quarts des pères utilisateurs le prennent pour vingt jours ou plus », explique au Monde la chercheuse Anne Solaz, l’une des auteurs. Et ils sont 59 % à y recourir pleinement, pendant les vingt-cinq jours prévus par la loi, ce qui les conduit à passer vingt-huit jours de congé auprès de leur nourrisson lors de ses six premiers mois. L’allongement du dispositif n’a donc pas eu d’effet dissuasif ; au contraire, le taux de recours est même plus élevé qu’avant la réforme.

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Rachat de SFR : la perspective d’une offre améliorée fait surface, les salariés des boutiques s’inquiètent

Devant une boutique de l’opérateur de téléphonie SFR, à Paris, le 15 octobre 2025.

La vente de SFR est relancée. Orange, Bouygues Telecom et Free passent désormais au crible les comptes de l’opérateur au carré rouge, qu’ils rêvent de racheter afin de le faire disparaître pour réduire la concurrence et doper leurs profits. Préalable indispensable à toute offre ferme, cette analyse minutieuse des informations commerciales, financières, contractuelles et fiscales d’Altice France, la maison mère de SFR, a débuté début janvier, a précisé le trio, jeudi 22 janvier, dans un communiqué commun.

Cette étape témoigne, au minimum, d’un certain réchauffement des relations entre Patrick Drahi, le propriétaire du numéro deux français des télécoms, et ses rivaux : le milliardaire franco-israélien s’était refusé, jusqu’alors, à leur ouvrir ses comptes, après avoir balayé leur première offre, non engageante, de 17 milliards d’euros, le 14 octobre 2025, jugée très en deçà de ses attentes. Or, selon une source proche des négociations, Orange, Bouygues Telecom et Free (dont le propriétaire, Xavier Niel, est actionnaire à titre individuel du Groupe Le Monde) ont toujours considéré ce travail d’analyse comme essentiel pour envisager une éventuelle offre améliorée. L’objectif de ces audits : se rassurer – ou se protéger – de la présence d’éventuels « contrats, litiges ou autres éléments comportant des risques », faisait valoir cette même source, en novembre 2025.

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Autorisations d’absence des fonctionnaires : la réforme du gouvernement se précise

Le ministre délégué chargé de la fonction publique David Amiel, au ministère du travail à Paris, le 4 novembre 2025.

C’est la réponse du gouvernement à une injonction du Conseil d’Etat et elle promet de susciter de vifs débats avec les syndicats. Le ministère de la fonction publique présentera, mardi 27 janvier, ses pistes de réforme concernant le régime des autorisations spéciales d’absence, rémunérées, dont peuvent bénéficier les agents publics au titre de la parentalité et d’événements familiaux. Ces mesures, dont Le Monde a eu connaissance, doivent alimenter un décret attendu depuis plus de six ans. Le 10 décembre 2025, le Conseil d’Etat a effectivement enjoint à l’exécutif de prendre un tel texte dans un délai de six mois, conformément à la loi de transformation de la fonction publique de 2019.

Cette loi avait renvoyé à un décret le soin de fixer la liste de ces autorisations d’absence autour d’un référentiel commun. Le législateur souhaitait alors remédier aux pratiques hétérogènes des administrations, l’octroi de ces autorisations étant en grande partie laissé à leur discrétion. Pour expliquer son retard dans la publication de ce décret, l’Etat a invoqué la nécessité d’un « dialogue approfondi » avec les syndicats mais aussi la crise du Covid-19 et ses impacts sur le déroulé des discussions. Des arguments insuffisants pour le Palais-Royal.

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Crise à Ubisoft : le numéro un français du jeu vidéo envisage de supprimer jusqu’à 200 postes en France

Le siège d’Ubisoft à Saint-Mandé (Val-de-Marne), en janvier 2025.

Dans la tourmente, Ubisoft envisage 200 suppressions de postes sur les 1 100 que compte son siège, basé à Saint-Mandé (Val-de-Marne), soit 5 % de l’ensemble de ses salariés en France. La direction va proposer un projet de rupture conventionnelle collective, sur la base du volontariat, à des salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) répondant à des critères définis avec les syndicats.

Seuls les employés du siège du groupe (dénommé « Ubisoft International ») sous contrat français sont concernés par cette proposition, a précise Ubisoft à l’Agence France-Presse (AFP). Les autres entités, notamment les studios de création de jeux situés ailleurs en France ne sont pas concernés. C’est la première fois que le champion français du jeu vidéo propose un plan de départs de ce type en France, qui n’a pas à être justifié par un motif économique.

Créateur d’Assassin’s Creed, Ubisoft compte 17 000 salariés dans le monde, dont 4 000 en France, où l’entreprise a été fondée en 1986 par la fratrie Guillemot. La gestion du groupe, dirigé par Yves Guillemot depuis ses débuts, est de plus en plus critiquée en interne.

Les difficultés s’accumulent

L’action Ubisoft a chuté à un niveau record jeudi après l’annonce de l’annulation de projets, comme le remake de Prince of Persia : les sables du temps, la fermeture d’un studio et une révision à la baisse de ses prévisions financières. L’entreprise a également dévoilé une profonde réorganisation, qui débutera à partir d’avril, afin de se relancer. Elle s’accompagne d’un plan de réduction des coûts d’au moins 200 millions d’euros sur deux ans et une perte opérationnelle prévue à un milliard d’euros pour l’exercice en cours, qui se clôt à la fin de mars.

Ubisoft, autrefois considéré comme l’un des éditeurs de jeux vidéo les plus plébiscités et influents du secteur, a subi une série de revers ces dernières années. L’entreprise a enchaîné des contre-performances commerciales sur des jeux très attendus, comme Avatar : Frontiers of Pandora et Star Wars Outlaws, dans un marché de plus en plus concurrentiel. Il a aussi connu de fortes difficultés pour diversifier son catalogue.

L’éditeur français a ainsi fermé plusieurs de ses studios à l’étranger, notamment à San Francisco (Etats-Unis), Osaka (Japon), Leamington Spa (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) et Halifax (Canada).

En octobre 2025, il s’est également associé à Tencent pour créer une nouvelle filiale, Vantage Studios, regroupant ses franchises les plus iconiques (Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six) afin d’obtenir de la trésorerie de la part du géant chinois des télécommunications et des nouvelles technologies, qui en détient désormais 25 %.

Le Monde avec AFP et Bloomberg

Les suppressions de postes d’enseignants dans les écoles, collèges et lycées seront plus importantes qu’attendu pour la rentrée 2026

Dans une école primaire à Lille, en septembre 2021.

Les représentants de la communauté éducative avaient beau savoir que le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoyait des suppressions de postes d’enseignants titulaires, ils n’en ont pas moins été décontenancés par l’ampleur des retraits d’emplois pour la rentrée 2026. Avec un mois de retard sur le calendrier habituellement millimétré de l’éducation nationale, en raison de l’absence de budget, le ministère a présenté, lors d’un comité social d’administration organisé lundi 26 janvier, la traditionnelle répartition des moyens entre académies pour l’année scolaire à venir. Et le coup de rabot est plus important qu’attendu.

Selon les documents fournis aux organisations syndicales, que Le Monde a pu consulter, à la rentrée 2026, les écoles primaires publiques perdront ainsi 2 229 « moyens d’enseignement », ainsi que sont désignés les professeurs titulaires ou stagiaires chargés de classes. Les collèges et lycées, plus de 1 800. C’est davantage que ce que laissait présager le projet de loi de finances 2026, lequel prévoit 1 891 suppressions de postes de titulaires dans le premier degré public, 1 365 dans le second degré public.

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Economies sur la fonction publique : le retour d’une « obsession française »

La députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébault-Martinez, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 mai 2025.

Y a-t-il trop de fonctionnaires en France ? Le débat sur le budget 2026 n’a pas échappé à cette sempiternelle question de la maîtrise des effectifs publics. Le 6 décembre 2025, le Sénat a ainsi ressuscité le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire de l’Etat sur deux partant à la retraite. Une règle mise en place sous Nicolas Sarkozy (2007-2012), mais qui n’a pas passé le cap de l’article 49.3 de la Constitution, déclenché par le gouvernement Lecornu sur le projet de loi.

La rengaine est ancienne. En 1793, déjà, Saint-Just dénonçait la prolifération de « 20 000 sots », les accusant de « corrompre » la République. « Tous ceux qu’emploie le gouvernement sont paresseux », critiquait le révolutionnaire, en appelant la Convention à « diminuer partout le nombre des agents ». Sa dénonciation était alors bien plus politique qu’économique. L’argument budgétaire, en revanche, a bien traversé les époques. Au début du XXe siècle, Georges Clemenceau ironisait : « La France est un pays extrêmement fertile, on y plante des fonctionnaires, et il y pousse des impôts. » Des décennies plus tard, en 1996, le premier ministre Alain Juppé soulignait la « mauvaise graisse » de la fonction publique.

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Travail le 1ᵉʳ-Mai : incertitudes sur le calendrier de la réforme

Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 5 novembre 2025.

Est-ce que le texte s’appliquera dès cette année ? Jeudi 22 janvier, l’Assemblée nationale n’a pas pu débattre de la proposition de loi qui permet à certaines entreprises de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai. Bien qu’il figure à l’ordre du jour, le texte est resté en souffrance car les députés en ont examiné d’autres, qui ont capté l’intégralité du temps de discussion attribué aux élus du Palais-Bourbon.

L’une des questions qui se pose désormais est de savoir si une nouvelle date sera trouvée très prochainement dans l’agenda parlementaire afin que les mesures envisagées soient adoptées dans les délais souhaités par ceux qui les défendent. Pour le moment, Matignon affirme que ce point-là n’est pas encore arbitré.

Résultat d’une démarche des sénateurs centristes, la proposition de loi en question avait été votée, le 3 juillet 2025, en première lecture au Palais du Luxembourg. Elle a pour objectif, selon ses concepteurs, de clarifier les règles et de mettre fin à l’« insécurité juridique » dans laquelle vivent plusieurs professions.

La législation actuelle est, en effet, très évasive. Elle prévoit que le 1er-Mai est un jour férié et chômé, sauf pour les activités qui, de par leur « nature (…), ne peuvent interrompre le travail ». S’agissant des commerces de proximité, le fait d’employer des salariés ce jour-là est le fruit d’un usage nimbé d’incertitudes au regard du droit : il a donné lieu à interprétation par l’administration, si bien que des employeurs – des exploitants de boulangeries, par exemple – ont parfois été sanctionnés par l’inspection du travail.

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Ubisoft : après le plongeon en Bourse, l’avenir incertain du géant français du jeu vidéo

A Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 13 juillet 2020.

Malgré un net rebond, vendredi 23 janvier dans la matinée, l’action Ubisoft a clôturé à 4,06 euros (+ 1,78 %) à la Bourse de Paris. Le géant du jeu vidéo français est très loin d’avoir compensé la chute record de 40 % enregistrée la veille. En effet, la valeur du titre avait dévissé, jeudi, après l’annonce par le président de l’entreprise, Yves Guillemot, d’un gigantesque plan d’économies et de restructuration, incluant des fermetures de studios ainsi que l’annulation et le report de multiples titres.

Ce grand plan d’économies, qui, selon les calculs d’Ubisoft, se traduira par une perte d’exploitation de plus de 1 milliard d’euros en 2026, est la dernière tentative du groupe français pour rebondir après une série d’échecs commerciaux, combinés à des conflits sociaux et à l’absence de projets porteurs. La réaction des marchés laisse redouter de nouvelles difficultés pour la société, dont la valorisation est désormais dix fois inférieure à celle de CD Projekt, l’autre grand éditeur européen (The Witcher, Cyberpunk 2077).

Pour l’heure, les fermetures de studios et les suppressions de postes se feront à l’étranger : outre la fermeture du studio de Halifax (Canada), actée au début du mois de janvier, et celle du studio de Stockholm, les principales réorganisations annoncées concernent RedLynx (à Helsinki), Massive (à Malmö, en Suède) et Ubisoft-Abou ​Dhabi (Emirats arabes unis).

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