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Retraites : la réforme de 2023 définitivement enterrée ?

Une manifestation contre la réforme des retraites, à Rennes, le 5 juin 2025.

Un coup d’arrêt synonyme de coup de grâce ? Sauf retournement de situation, l’Assemblée nationale devrait définitivement adopter, mardi 16 décembre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Sous réserve qu’elle soit respectée, la logique voudrait, en effet, que les députés votent dans ce sens, tout comme le 9 décembre en seconde lecture. Après deux mois de tractations au couteau, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, est parvenu à construire une majorité de circonstance sur ce texte en faisant plusieurs concessions de taille, dont l’une a joué un rôle déterminant dans le ralliement du Parti socialiste (PS) : la « suspension » de la réforme des retraites de 2023. Ceux qui, sur la scène politique comme dans le monde du travail, réclamaient cette décision y voient à la fois une victoire et l’amorce d’un processus susceptible, à terme, de jeter aux oubliettes une loi combattue – en particulier – par tous les syndicats et par la gauche, il y a un peu plus de deux ans et demi.

Une personnalité exprime avec netteté cette position : Marylise Léon. Dans un entretien publié, le 4 décembre, par le quotidien Les Echos, la secrétaire générale de la CFDT considère que la loi du 14 avril 2023, sur le report graduel de 62 à 64 ans de l’âge d’ouverture des droits à une pension, « est enterrée, finie ». Le relèvement de cette borne paramétrique, interrompu jusqu’en 2028, doit pourtant recommencer ensuite, en vertu d’un nouveau calendrier inscrit dans le PLFSS.

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Contre les fausses évidences, Thomas Snégaroff et Benjamin Stora signent un précis d’histoire sur l’Algérie française

Livre. Voici un petit livre éminemment salutaire par les temps qui courent. A l’heure où les agoras grondent de fausses évidences, la modeste pédagogie du savoir étayé et accessible au plus grand nombre tient de l’urgence citoyenne. En ce sens, le précis d’histoire signé par Thomas Snégaroff et Benjamin Stora France/Algérie. Anatomie d’une déchirure (Les Arènes/France Inter, 190 pages, 17 euros) est une heureuse surprise.

L’ouvrage ne s’adresse pas aux spécialistes, qui n’y trouveront nulle nouveauté historiographique. Il cible d’abord et avant tout le large public, néophytes avides de repères comme aînés aux souvenirs chancelants, qui disposeront là d’un outil didactique percutant sur ce sujet hautement inflammable, celui d’une relation franco-algérienne en crise perpétuelle, ainsi que le rappelle l’actualité. Au-delà d’un texte ramassé, le propos est servi par une infographie originale – cartes et frises chronologiques – et un appareillage de notes, fiches et verbatim, accroissant le confort de lecture.

« L’Algérie est une blessure, une obsession, un miroir déformant dans lequel la France n’a jamais cessé de se chercher. Et réciproquement. Un miroir à double face. » Radiologues de cette « blessure », Thomas Snégaroff et Benjamin Stora en dessinent les contours en remontant aux origines. Le choc inaugural de 1830 y est utilement documenté, lésion fondatrice dont tout découle.

Lire le décryptage (en 2021) : Article réservé à nos abonnés France-Algérie : la difficile quête d’une réconciliation des mémoires

L’étonnante polémique soulevée en février par les propos du journaliste Jean-Michel Aphatie, comparant la violence coloniale au massacre commis par les nazis en juin 1944 à Oradour-sur-Glane, aura montré combien cette période demeure mal connue du public français, mauvaise foi mise à part. Alors, il faut inlassablement rappeler les faits, fussent-ils dérangeants : les « enfumades » du maréchal Bugeaud (« Fumez-les à outrance, comme des renards ! ») ciblant les résistants algériens, les « colonnes infernales » du général de Saint-Arnaud (« Je vois brûler les villages arabes, j’espère que la leçon sera bonne et leur profitera »), etc.

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Au Louvre, la grève votée « à l’unanimité » par les salariés ; le musée fermé à partir de ce lundi matin

Des employés du musée du Louvre, en grève, à Paris, le 15 décembre 2025.

Les salariés du Musée du Louvre ont voté « à l’unanimité » en faveur d’un mouvement de grève, lundi 15 décembre, ont annoncé la CGT et la CFDT. Réunis en assemblée générale, les salariés se sont prononcés sur l’appel lancé par les syndicats à une « grève reconductible » contre des « conditions de travail toujours plus dégradées » et la détérioration de l’accueil du public dans le musée. e Musée, qui n’avait pas ouvert ses portes lundi matin en raison de l’assemblée générale, restera donc fermé pour une durée indéterminée.

« On se prépare lundi à une mobilisation puissante. On aura beaucoup plus de grévistes que d’habitude », avait prédit auprès de l’AFP, Christian Galani de la CGT, syndicat majoritaire au Louvre, qui dénonce, comme les autres organisations professionnelles, des problèmes de sous-effectifs.

Pour tenter d’éviter une fermeture du musée à l’approche des vacances de Noël, des réunions ont eu lieu la semaine dernière au ministère de la culture avec les syndicats, dont une avec Rachida Dati en personne.

Réorganisation à marche forcée

Face aux syndicats, la ministre s’était engagée à revenir sur la baisse de 5,7 millions d’euros de dotation publique au Louvre prévue dans le projet de loi de finances 2026, a appris l’AFP auprès de sources concordantes. En 2024, le musée a perçu 98,2 millions d’euros de subventions de l’Etat. Il n’y a eu « aucune autre avancée significative », selon la CGT, mais la CFDT assure que les discussions se sont déroulées de « façon intelligente et apaisée ». « Pas d’annonce tonitruante, pas de colère, chacun comprend les deux parties », a assuré sa déléguée Valérie Baud, interrogée la semaine dernière par l’AFP.

En parallèle de ce conflit social, le musée doit faire face à une réorganisation à marche forcée et continuer de répondre aux interrogations sur les failles qui ont permis à un commando, le 19 octobre, de s’emparer de huit joyaux de la Couronne, toujours introuvables.

Fragilisée, la présidente du Louvre Laurence des Cars devra, l’espace de quelques mois, travailler en tandem avec Philippe Jost, le haut fonctionnaire chargé du chantier de reconstruction de Notre-Dame, à qui Rachida Dati a confié vendredi la mission de « réorganiser en profondeur le musée ». « Des mesures indispensables sont à prendre, bien au-delà de la sûreté et de la sécurité », a déclaré la ministre, sans donner plus de détails.

« Toute réflexion sur l’avenir du Louvre ne saurait se limiter à une approche technico-organisationnelle », a réagi la CFDT, demandant de connaître le « périmètre exact » de cette mission.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Depuis le cambriolage au Louvre, les musées français sous tension

Le Monde avec AFP

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L’humoriste Guillaume Meurice aux prud’hommes face à son ancien employeur Radio France

Guillaume Meurice réagit à son arrivée au conseil des prud’hommes de Paris, mercredi 10 décembre 2025

Liberté d’expression ou devoir de fidélité à l’employeur ? Pendant plus de deux heures, le débat a été vif devant le conseil de prud’hommes de Paris, mercredi 10 décembre. Licencié par Radio France en juin 2024 pour « faute grave », l’humoriste Guillaume Meurice a, par la voix de son avocat, demandé l’annulation de sa rupture de contrat anticipée et près de 400 000 euros à son ancien employeur.

Tout était parti d’une blague de l’ancien trublion de France Inter, le 29 octobre 2023. Au cours d’un sketch portant sur « les déguisements qui font peur » pour Halloween, l’humoriste avait proposé celui du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qu’il avait qualifié de « sorte de nazi mais sans prépuce ». Trois semaines après l’attaque du Hamas du 7-Octobre, la polémique avait rapidement enflé. La direction de Radio France avait alors demandé au salarié de présenter ses excuses, ce qu’il avait refusé de faire, avant de lui notifier un avertissement, au début de novembre. Quelques jours plus tard, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique avait adressé une mise en garde à l’entreprise publique.

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Avec la chute d’IKKS, la crise textile gagne la mode milieu de gamme

Devant une boutique de la marque IKKS, à Paris, le 3 octobre 2025.

A la veille de Noël, plus de 250 boutiques IKKS tirent le rideau. Le tribunal des activités économiques de Paris a décidé, vendredi 12 décembre, d’attribuer l’enseigne française de mode fondée en 1987 à deux entrepreneurs, Santiago Cucci, actuel président de la holding HoldIKKS, et Michaël Benabou, cofondateur du site Vente-privée, devenu Veepee en 2019.

Ces deux spécialistes de la mode et du commerce faisaient partie des trois candidats à avoir déposé un dossier définitif auprès des administrateurs judiciaires dans le cadre d’une procédure de cession. Une dizaine de candidats s’étaient initialement dits intéressés mi-novembre pour reprendre partiellement ou très partiellement la chaîne placée en redressement judiciaire à l’automne. Verdoso, fonds d’investissement qui a repris l’enseigne The Kooples début 2025, avait finalement jeté l’éponge peu avant la date butoir.

MM. Cucci et Benabou se sont engagés à reprendre une centaine de succursales et ont obtenu l’aval de 120 de ses boutiques affiliées, sur un total de 473 magasins IKKS. Et ils maintiendront les « postes d’environ 520 salariés », dont 400 titulaires de contrat à durée indéterminée, parmi les 1 094 emplois. Tous deux entendent relancer la marque sur le seul créneau de la mode pour hommes et femmes. Aux dépens donc de plus de la moitié du personnel IKKS en France.

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Budget 2026 : le Sénat vote un geste en faveur des fonctionnaires enceintes

La mesure aurait sans aucun doute été saluée par la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, Mylène Jacquot, décédée brutalement vendredi 12 décembre à l’âge de 60 ans. Fidèle entre autres à la défense des droits des femmes fonctionnaires, elle l’aurait toutefois certainement jugée insuffisante. Dans le cadre de l’examen du budget 2026, le Sénat a adopté un amendement, samedi, visant à compenser la baisse de l’indemnisation des arrêts maladie pour les femmes enceintes du service public. En partie seulement, regrettent les syndicats. La mesure doit encore être définitivement approuvée par le Parlement.

La baisse décidée début 2025 de l’indemnisation des arrêts de courte durée « a pu avoir des conséquences défavorables » pour les femmes enceintes contraintes de s’arrêter de travailler, a concédé le gouvernement Lecornu. Depuis la réforme et comme l’ensemble des agents publics, celles-ci ne bénéficient désormais que d’un maintien de rémunération à 90 % en cas d’arrêt maladie contre 100 % jusqu’alors. Cela « les fragilise pendant la période de grossesse où l’arrêt peut être nécessaire pour la santé de la femme comme de l’enfant à naître », a reconnu l’exécutif.

L’amendement adopté allonge ainsi de deux à trois semaines la durée maximale du « congé pathologique prénatal » que les fonctionnaires enceintes peuvent prendre dès la déclaration de leur grossesse jusqu’au début de leur congé de maternité et qui, lui, prévoit une indemnisation à 100 %. Le coût de la mesure est estimé à 4 millions d’euros en année pleine. « Cette disposition permet de mieux les protéger », a expliqué le ministre délégué chargé de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, David Amiel.

Tout en empêchant une perte de revenus, elle permet de mieux coller à la réalité, a-t-il ajouté : les fonctionnaires enceintes font en moyenne l’objet de sept jours d’arrêt en plus de leurs deux semaines actuelles de congé pré-accouchement. « Nous avons beaucoup travaillé avec les syndicats sur ce sujet », a ajouté la ministre de l’action et des comptes publics, Amélie de Montchalin, avant de rendre hommage à la leader de la CFDT Fonctions publiques. « La mesure est née d’un dialogue social approfondi que Mylène Jacquot apportait, elle lui doit beaucoup et les femmes de la fonction publique lui devront beaucoup », a-t-elle souligné.

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L’ouverture du Musée du Louvre menacée lundi, les salariés appelés à une « grève reconductible »

Devant le Musée du Louvre, à Paris, le 12 décembre 2025.

Le Musée du Louvre va-t-il ouvrir ses portes ce lundi 15 décembre ? La question reste en suspens, alors que les salariés doivent se réunir à partir de 9 heures en assemblée générale pour se prononcer sur l’appel lancé par les syndicats à une « grève reconductible » contre des « conditions de travail toujours plus dégradées » et la détérioration de l’accueil du public dans le musée.

En fonction de l’ampleur du vote, qui devrait être connue vers 10 heures, le Louvre pourrait, faute d’agents suffisants, fermer certains de ses espaces voire l’ensemble du bâtiment. Seule certitude : le musée n’ouvrira pas comme prévu à 9 heures en raison de l’assemblée générale. « On se prépare lundi à une mobilisation puissante. On aura beaucoup plus de grévistes que d’habitude », prédit auprès de l’Agence France-Presse (AFP), Christian Galani de la CGT, syndicat majoritaire au Louvre, qui dénonce, comme les autres organisations professionnelles, des problèmes de sous-effectifs.

Pour tenter d’éviter une fermeture du musée à l’approche des vacances de Noël, des réunions ont eu lieu la semaine dernière au ministère de la culture avec les syndicats, dont une avec Rachida Dati en personne.

Réorganisation à marche forcée

Face aux syndicats, la ministre s’est engagée à revenir sur la baisse de 5,7 millions d’euros de dotation publique au Louvre prévue dans le projet de loi de finances 2026, a appris l’AFP auprès de sources concordantes. En 2024, le musée a perçu 98,2 millions d’euros de subventions de l’Etat. Il n’y a eu « aucune autre avancée significative », selon la CGT, mais la CFDT assure que les discussions se sont déroulées de « façon intelligente et apaisée ». « Pas d’annonce tonitruante, pas de colère, chacun comprend les deux parties », a assuré sa déléguée Valérie Baud, interrogée la semaine dernière par l’AFP.

En parallèle de ce conflit social, le musée doit faire face à une réorganisation à marche forcée et continuer de répondre aux interrogations sur les failles qui ont permis à un commando, le 19 octobre, de s’emparer de huit joyaux de la Couronne, toujours introuvables.

Fragilisée, la présidente du Louvre Laurence des Cars devra, l’espace de quelques mois, travailler en tandem avec Philippe Jost, le haut fonctionnaire chargé du chantier de reconstruction de Notre-Dame, à qui Rachida Dati a confié vendredi la mission de « réorganiser en profondeur le musée ». « Des mesures indispensables sont à prendre, bien au-delà de la sûreté et de la sécurité », a déclaré la ministre, sans donner plus de détails.

« Toute réflexion sur l’avenir du Louvre ne saurait se limiter à une approche technico-organisationnelle », a réagi la CFDT, demandant de connaître le « périmètre exact » de cette mission.

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Le Monde avec AFP

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La liquidation de Brandt, nouvel épisode de la désindustrialisation en France

Devant l’usine Brandt, à Vendôme (Loir-et-Cher), le 11 décembre 2025.

La France vit-elle un hiver industriel ? La liquidation de Brandt, décidée jeudi 11 décembre par le tribunal des activités économiques de Nanterre, avec la suppression de 750 emplois, est un nouvel exemple de la crise économique et sociale qui frappe l’industrie tricolore. Ces derniers mois, les plans sociaux et les fermetures se multiplient, tous secteurs confondus : métallurgie (ArcelorMittal, NovAsco, Erasteel), automobile (Valeo, Forvia, Michelin, Stellantis), verrerie (Verallia), pharmaceutique (Sanofi), agroalimentaire (Teisseire, Ynsect, Blédina)…

A chaque fois, les mêmes raisons ou presque sont invoquées : concurrence féroce des pays asiatiques, notamment de la Chine, coût de l’énergie élevé, baisse de la demande… Dans le cas de Brandt, la marque fondée en 1924 est confrontée à la concurrence de l’électroménager chinois, coréen ou turc, et à la crise du marché de l’immobilier, qui provoque celle de l’équipement des foyers.

Le nombre de sites industriels en difficulté grimpe depuis septembre. Selon un comptage du cabinet privé Trendeo, publié dans Les Echos mercredi, 165 sites industriels sont menacés depuis la rentrée dans le pays, contre 120 en septembre 2024. Une centaine de ces dossiers concernent près de 10 000 emplois. Les régions les plus touchées sont le Grand Est (2 726 emplois perdus en un an), la Bourgogne-Franche-Comté (2 649 emplois) et les Hauts-de-France (2 280 emplois).

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Brandt, le dernier fabricant de gros électroménager en France, est mis en liquidation ; plus de 700 emplois supprimés

Devant l’usine Brandt, à Vendôme (Loir-et-Cher), le 11 décembre 2025.

Nouveau choc industriel pour la France. L’avenir du dernier fabricant français de gros appareil d’électroménager, propriété depuis 2014 du conglomérat algérien Cevital, de ses marques emblématiques (Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich), et de près de 750 employés était suspendu à une décision du tribunal des activités économiques de Nanterre. Tous redoutaient le scénario d’un arrêt définitif de l’activité et d’une mise en liquidation du groupe Brandt, depuis sa mise en redressement judiciaire le 1er octobre.

Le tribunal a finalement décidé, jeudi 11 décembre, de prononcer la liquidation judiciaire de l’entreprise, a indiqué François Bonneau, le président socialiste de la région Centre-Val de Loire qui en a donné la nouvelle à l’Agence France-Presse. « C’est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l’industrie française », a-t-il réagi. Bercy a aussi exprimé sa « profonde tristesse » après la liquidation d’un « fleuron français ».

Les juges n’ont donc pas retenu le seul dossier socialement porteur d’espoir pour le groupe d’électroménager. Parmi les offres présentées, le projet de société coopérative et participative (SCOP) portée par les salariés promettait de sauver 295 emplois sur les deux sites de production, à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret), près d’Orléans, et à Vendôme (Loir-et-Cher), qui emploient au total 443 salariés. Il était surtout le seul, parmi les offres, à pouvoir sauver les deux usines du groupe, dont le siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Le groupe possède par ailleurs un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise).

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ACI Group : le tribunal accorde un sursis au repreneur ; des centaines d’emplois en jeu

Un employé du groupe ACI accroche une banderole sur une clôture, lors d’un rassemblement devant le tribunal de commerce de Lyon, le 9 décembre 2025.

Le tribunal des affaires économiques de Lyon a accordé mardi 9 décembre un nouveau sursis, d’une semaine, au groupe ACI, repreneur en série de sites industriels, lui-même en redressement judiciaire, laissant encore en suspens le sort de quelque 1 300 salariés.

Pour la holding, le tribunal a renvoyé son jugement au 16 décembre, ont annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) les avocats de son cofondateur et actionnaire majoritaire, Philippe Rivière, après trois heures d’audience à huis clos.

Devant ce même tribunal, le 25 novembre, M. Rivière s’était engagé à trouver « les fonds suffisants » pour la sauver. Juste avant l’ouverture de l’audience, ses avocats ont présenté une nouvelle proposition de refinancement sans en révéler la teneur. « Nous avons une ou deux propositions de refinancement qui nous permettraient déjà de financer la période d’observation. Et le tribunal – et le procureur, qui est allé dans le même sens – les a prises suffisamment au sérieux pour nous accorder ce délai de respiration », a déclaré à l’AFP MJean-Marie Chanon. Se disant « optimiste », Philippe Rivière a assuré qu’il avait proposé des « solutions pérennes et de long terme » pour sauver son groupe et ses salariés.

En revanche, la juridiction commerciale, qui examinait en parallèle la situation de plusieurs filiales du groupe, en a placé au moins quatre nouvelles en redressement a indiqué la CGT au Monde, toutes dans la Loire (AMM42 à Champdieu, MCA à Roche-la-Molière, Somer et MDV à La Ricamarie). Selon la même source, il a également prononcé la liquidation de Tôle et Design à Saint-Etienne, avec trois mois de continuation.

Ces procédures viennent s’ajouter à celles déjà ouvertes pour une quinzaine de sociétés du groupe depuis le passage en redressement de la holding en septembre. Selon le bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc), sont déjà en redressement judiciaire LBY Meca à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Lorentz à Isle-lès-Villenoy (Seine-et-Marne), Lacroix-Poncet à Marignier (Haute-Savoie), Molliex Frères à Thyez (Haute-Savoie), MPM et ACI D & N à Saint-Pierre-en-Faucigny (Haute-Savoie), MPR à Scionzier (Haute-Savoie), Roche Mecatech (RMT) à Roche-la-Molière (Loire), SDML à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Pôle mobilité à Saint-André-lez-Lille (Nord), New Effigear à Maclas (Loire), ce qui représenterait au total près de 300 salariés.

Et cinq petites sociétés ont déjà été liquidées : SV Industries et Vissal Manufacturing à Saint-Vit (Doubs), Qarboon à Clermont-Ferrand, Berthier-Alpes à La Bâthie (Savoie) et ACI Maintenance à Roche-La-Molière (Loire), représentant au total une soixantaine de salariés.

« Boulimie »

Après plusieurs promesses non tenues de la part de cet homme également visé par une enquête pénale pour des soupçons de malversations et d’abus de bien sociaux, les juges risquent de se montrer méfiants, et la menace de liquidation de la holding n’est pas levée. Les syndicats n’ont pas plus confiance en leur patron, déchu du mandat de gestion de sa société, confiée à des administrateurs judiciaires.

Philippe Rivière « achetait, achetait, achetait, avec boulimie » et « siphonnait les trésoreries des entreprises pour pouvoir se repositionner en sauveur », assène Fabrice Fort, coordinateur de la CGT Métallurgie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui parle d’un « Bernard Tapie bis ».

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Devant le tribunal de Lyon, où la CGT avait organisé une manifestation, le syndicaliste accuse aussi l’Etat d’être « responsable » de la situation, « avec le scandale des aides publiques accordées à ce genre de montage avec nos impôts, sans contrepartie, sans contrôle, sans transparence ».

Créé en 2019 par Philippe Rivière et Patrice Rives, ACI Group a racheté très rapidement une trentaine d’entreprises, sous-traitantes de grandes entreprises de la défense, de l’aéronautique et du nucléaire civil. Son patron, friand des médias et des réseaux sociaux, se posait volontiers en défenseur de la « souveraineté industrielle française ».

Une dette de 55,7 millions d’euros

Selon Bercy, la holding ACI Group, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros en 2024, compte à ce jour 33 entités et 1 327 salariés. Mais ses comptes sociaux font état d’une dette de 55,7 millions d’euros.

Le ministre de l’économie, Roland Lescure, qui suit de près ce dossier, a promis que l’Etat se pencherait sur « toutes les filiales, les unes après les autres », dont certaines « vont bien », et d’autres, « moins bien », pour « tenter de trouver des repreneurs ».

La CGT a accusé mardi, lors d’un point presse à Paris, le gouvernement et la Banque publique d’investissement (BPI) de « dérouler le tapis rouge aux fonds vautours » pour reprendre les entreprises industrielles en difficulté. Le syndicat a dressé un état des lieux des plans sociaux dans l’industrie, et sa secrétaire générale, Sophie Binet, a énuméré les exemples de projets de reprise d’entreprises industrielles en proie à des difficultés, comme l’aciériste Novasco (ex-Ascometal), où plus de 500 emplois vont être supprimés.

Le Monde avec AFP

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