La RATP veut recruter plus de 5 500 personnes en Ile-de-France en 2025

Le logo de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), sur un wagon de métro à la station Front-Populaire, le 24 janvier 2025.

Le groupe RATP compte recruter plus de 5 500 personnes en Ile-de-France en 2025, dont 3 800 en contrat à durée indéterminée (CDI), afin de « maintenir » l’offre de transport en commun francilien, a annoncé la régie de transports parisiens, mercredi 29 janvier.

Les besoins de l’entreprise concernent des profils « très divers », dont « des techniciens de maintenance », des « agents de sûreté » ou encore « des ingénieurs », a déclaré Marie Cosson, directrice du développement des compétences à la RATP.

Parmi les CDI, la RATP veut notamment recruter 1 600 conducteurs de bus et 600 agents de gares et stations. Pour « répondre aux besoins dans les métiers en tension », le groupe prévoit d’embaucher 420 opérateurs de maintenance, 140 agents de sûreté ou encore 107 contrôleurs, détaille le communiqué.

La maintenance est « primordiale pour le bon fonctionnement » du réseau francilien, insiste François Platel, directeur de l’unité de maintenance des matériels sur pneumatique à la RATP.

Depuis l’arrivée de Jean Castex à la tête de l’organisation, la RATP a lancé des campagnes massives de recrutement qui ont permis à l’entreprise de transporter sans couac majeur les millions de visiteurs pendant les Jeux olympiques de Paris 2024.

Avec cette nouvelle vague d’embauches, la RATP veut poursuivre sur « sa lancée » après le « succès » de l’année 2024, lors de laquelle elle a recruté 3 650 personnes en CDI, signe selon elle de « l’attractivité croissante de l’entreprise ».

Des milliers de recrutements prévus aussi à RATP Dev

Ces recrutements visent également à « relever les défis liés à l’exploitation, la sûreté et la maintenance des infrastructures », notamment dans le cadre du Grand Paris Express, et l’ouverture de la ligne 15 Sud, prévue à l’été 2026, ajoute l’entreprise.

En plus de ces recrutements, la RATP promet qu’elle « proposera au moins » 1 000 contrats d’alternance et 500 contrats d’insertion en 2025.

Filiale de la régie des transports parisiens, pour ses activités en dehors de la région parisienne, RATP Dev prévoit elle aussi de recruter plusieurs milliers de personnes : 3 800 CDI, dont 970 en France (en grande partie à Lyon, selon le groupe), 1 080 aux Etats-Unis, 370 en Italie ou encore 280 en Arabie saoudite.

Le Monde avec AFP

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Plans sociaux, les visages de la crise : « Les secrétaires ont été les premières à partir »


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Emilie Dougnac dans son salon, à Castelmaurou (Haute-Garonne), le 23 janvier 2025.

​Assise à la table de son salon, Emilie Dougnac tapote nerveusement les touches de son ordinateur portable pour occuper ses mains. Sur la page d’accueil de l’écran, son curriculum vitae s’affiche. Le document, mis à jour, a déjà été envoyé à une centaine d’entreprises. Mais cette secrétaire administrative​ de 43 ans​, diplômée en 2005 d’un brevet de technicien supérieur d’assistante de direction, a reçu dix réponses​ seulement, toutes négatives. De quoi faire flancher son moral. « Je suis complètement “down”. Je fais une dépression », admet-elle, séchant les larmes qui coulent sur ses joues.

Depuis le 31 décembre 2024, date de fin de son contrat de travail à durée déterminée (CDD) de secrétaire administrative polyvalente à la maison des solidarités​​ Pont-Vieux, à Toulouse, rattachée au conseil départemental de la Haute-Garonne, cette mère de famille est sans emploi : « Les secrétaires​ ont été les premières à partir. Alors je me suis dit que je n’avais pas de bol ​et que c’était pour ma pomme. » Comme elle, ils sont 167 à s’être vu notifier, fin 2024, le non-renouvellement de leur contra​t par la collectivité présidée par le socialiste Sébastien Vincini​.

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Dans les restaurants, l’événementiel ou les hôtels, des autoentrepreneurs plus nombreux

Place du Capitole, à Toulouse, le 25 février 2022.

Pascal Mousset, patron de quatre restaurants parisiens, le reconnaît avec un soupir : bien sûr qu’il fait appel, de manière occasionnelle, à des microentrepreneurs, en cuisine ou en salle. « Il y a quelques années, aucun restaurateur ne voulait aller là-dedans, parce que c’est une zone grise. Mais, au vu de la pénurie de personnel, on y est tous obligés », estime le propriétaire de Chez Françoise ou du Petit Marguery.

En cas de pic d’activité, ou d’absence inopinée de salariés le matin, il lui arrive ponctuellement d’utiliser ces applications de mise en relation avec des microentrepreneurs, qui ont fleuri ces dernières années : Brigad, Extracadabra, Onestaff… « Ça prend deux clics, et j’ai 50 candidats, puis une facture qui arrive par e-mail. Si je passe par une boîte d’intérim pour un CDD, c’est une déclaration préalable, un bulletin de salaire, un certificat de travail, une attestation employeur… », explique M. Mousset, par ailleurs président du Groupement national des indépendants Ile-de-France, l’un des gros syndicats patronaux du secteur.

Dans l’hôtellerie et la restauration, le nombre de microentrepreneurs est en croissance continue. Il est passé de 99 000, en 2018, à 150 000, en 2023 (des chiffres qui ne comptent pas les livreurs de repas), selon les données de l’Urssaf, tandis que le chiffre d’affaires global déclaré par ces travailleurs a doublé au cours de cette période. Une goutte d’eau dans un secteur qui compte plus de 1,3 million d’employés, mais qui témoigne de changements culturels en cours dans cet univers.

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Intérim et microentreprises se partagent le marché de l’emploi externalisé

Dans le BTP, il est fréquent que des salariés « passent en indépendant », pour réaliser des petits chantiers notamment. « Entre 60 % et 70 % des inscrits en chambre des métiers sont des autoentrepreneurs, on l’accepte, mais on le déplore car cela génère des travailleurs socialement précaires », explique Jean-Claude Rancurel, président des métiers de la couverture et plomberie-chauffage à la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), le syndicat patronal du bâtiment. « On voit des chefs d’entreprise avec un surplus de commandes avoir recours à des autoentrepreneurs, tout simplement car pas mal de salariés s’en vont (…). Ils ne peuvent pas faire autrement, ou alors ils ont eu l’expérience de personnes moins compétentes en intérim. » De mission en mission, la population des travailleurs indépendants investit les entreprises à la place de salariés ou d’intérimaires.

Les plateformes de mise en relation qui ont émergé ces dix dernières années – StaffMe, Yoss, Malt, Upwork, Brigad… –, « se rapprochent d’un marché qui appartient d’ordinaire aux agences d’intérim traditionnelles, notamment vis-à-vis des jeunes », observe Grégoire Leclercq, fondateur de la Fédération nationale des autoentrepreneurs. « Les plateformes approchent le besoin de leurs clients de la même manière que les entreprises de travail temporaire, avec un modèle d’affaires extrêmement dynamique, ce qui est susceptible de poser un problème de concurrence avec l’emploi salarié en général », confirme Isabelle Eynaud-Chevalier, déléguée générale de Prism’emploi, la fédération des professionnels de l’intérim.

Les chiffres de l’évolution de la création d’entreprise, ceux de l’activité des microentrepreneurs et ceux de l’intérim dessinent deux tendances qui se croisent : celle de la croissance de la microentreprise (le terme officiel pour désigner ce régime, depuis 2016 et la fusion avec l’autoentreprise) pendant que l’intérim recule, dans des proportions quasi équivalentes. En progression annuelle, le nombre de créations de microentreprises a augmenté de 7,3 % en 2024, selon l’Insee, et celui des autoentrepreneurs actifs de 8 %, selon l’Urssaf, tandis que le nombre de contrats intérimaires et CDI intérimaires baissait de 6,2 %, selon Prism’emploi. La catégorie socioprofessionnelle la plus gourmande en intérimaires, les ouvriers qualifiés (40,8 % du total), est en baisse de 6,9 %.

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Les nouvelles règles de l’apprentissage

Carnet de bureau. L’apprentissage a beau satisfaire les entreprises et près de 1 million d’apprentis, comme le confirme chaque année l’Observatoire de l’alternance, son encadrement est toujours complexe. Les nouvelles règles d’aide qui entreront en vigueur au lendemain de la publication du décret attendue pour la fin du mois de janvier, et dont le projet a été transmis aux partenaires sociaux le 17 janvier, ne dérogent pas à ce constat.

L’aide aux entreprises est de deux natures : tout d’abord, une aide unique, versée chaque mois durant plusieurs années pour le recrutement d’un apprenti sous condition. Existe également une aide exceptionnelle, versée seulement la première année en remplacement de l’aide unique.

La complexité reflète à la fois l’intention de s’ajuster au plus près d’une réalité complexe et de corriger les dérives des réformes successives aux dépens des jeunes. Après le relèvement de l’âge d’accès à l’apprentissage de 25 à 29 ans, introduit par la loi sur l’avenir professionnel de 2018 qui a profondément réformé le système, c’est le dispositif d’aides qui a été révisé en 2020 pour élargir l’éligibilité aux étudiants du supérieur.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Coup de frein sur les primes à l’embauche des apprentis

C’est ainsi que l’aide exceptionnelle a été instaurée dans le cadre du dispositif « 1 jeune, 1 solution » pour que les entreprises embauchent davantage de jeunes jusqu’au niveau master, malgré la morosité du contexte économique d’alors.

Un effet d’aubaine

A ce niveau de qualification, les grandes entreprises sont souvent réticentes à recruter des débutants. L’aide exceptionnelle les incite à le faire, quitte à créer un effet d’aubaine pour les employeurs tentés d’embaucher à bas prix des jeunes mis en situation de production, alors qu’ils sont venus pour apprendre.

Trois entreprises sur dix se sont tournées vers l’apprentissage après la mise en place de ce dispositif, indique le Baromètre de l’alternance 2024. Le nombre d’apprentis qui préparent un diplôme du supérieur a ainsi quasi triplé entre 2019 (203 846) et 2023 (635 825), selon les chiffres de la direction de l’évaluation, de la perspective et de la performance de l’éducation nationale.

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Formation professionnelle : un rapport fait un bilan sévère du plan d’investissement dans les compétences

Des élèves participent à un programme de formation « Cuisine mode d’emploi » pour les demandeurs d’emploi, à La Bresse (Vosges), le 24 octobre 2019.

Un projet ambitieux qui n’a pas tenu ses promesses. La Cour des comptes dresse un bilan très critique du plan d’investissement dans les compétences (PIC). Dans un rapport publié mardi 28 janvier, la haute juridiction constate que celui-ci n’a pas transformé le système de formation et n’a pas non plus atteint les publics qu’il visait. Un constat sévère pour un programme d’envergure emblématique du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

Présenté fin 2017, le PIC, déployé entre 2018 et 2022 − prorogé d’un an, jusqu’en 2023 −, était censé former un million de demandeurs d’emploi ayant un niveau de qualification très bas et un million de jeunes éloignés du monde du travail. Près de 15 milliards d’euros ont été consacrés à ce dispositif d’envergure, qui devait répondre au manque de compétences de la population française, mis en avant par l’économiste Jean Pisani-Ferry dans son rapport, remis en 2017 au premier ministre d’alors, Edouard Philippe. Le PIC s’est traduit par la mise en place de plusieurs « programmes nationaux » d’accompagnement et des volets territoriaux, les « pactes régionaux d’investissement dans les compétences ».

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L’intelligence artificielle, Janus et le manageur RH

Pour redresser notre productivité en berne, ce qui peut être automatisé le sera. Et avec l’intelligence artificielle (IA)…

Certes, le soufflé ChatGPT 2023 semble retombé : si essayer cette IA si interactive, c’est l’adopter, l’adopter coûte cher et ne garantit rien. Car une innovation technique accroît la productivité lorsqu’elle est accompagnée d’innovations organisationnelles, aujourd’hui les moins verticales et les plus consensuelles possibles.

Or l’IA ressemble à Janus, le dieu aux deux visages : instrument d’autonomie ou de sursubordination… A l’instar de chaque manageur ou responsable des ressources humaines (RH) devant se préoccuper de ses conséquences pour les collaborateurs, mais inquiet aussi pour son poste.

Une vocation transverse

Son propre sort ? Si chaque manageur est un cas particulier, le RH chargé de l’administration du personnel, avec ses procédures « standards », peut se sentir littéralement « dépossédé », et un junior moins « capé » maîtrisant l’outil peut concurrencer un senior bien installé. L’IA risque moins de supprimer des postes que de mettre sur la touche des manageurs dépassés, le niveau de qualification n’étant plus l’essentiel. De quoi demain écraser les niveaux hiérarchiques.

Darwin ? Survivront ceux qui sauront s’adapter à l’IA, mais aussi à ses usages évoluant rapidement, en entraînant leur équipe.

A l’égard des collaborateurs ? Architecte de cette transformation organisationnelle, le manageur RH a une vocation transverse. L’acculturation passant par un « essayer pour apprendre » général, y compris à la maison, poussés par nos ados. Avec une belle opportunité de transformation si tous les acteurs, du directeur des systèmes d’information au comité social et économique, y sont associés, afin que l’IA soit mise au service de l’organisation, non l’inverse. Et toujours le principe de proximité : les formations partent ainsi de besoins identifiés par les intéressés.

En matière de conditions de travail, le gain peut alors être considérable, permettant aux collaborateurs de pivoter vers des tâches plus exaltantes… et parfois plus intenses.

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Le plein-emploi, l’objectif inaccessible d’Emmanuel Macron

Dans une agence France Travail, à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), le 23 avril 2024.

Si Bruno Le Maire n’avait pas anticipé le dérapage du déficit public, il avait su, en revanche, se montrer visionnaire sur un autre point. Le plein-emploi, « on n’y arrivera pas », professait-il, en mars 2024. Pour l’ancien ministre de l’économie (2017-2024), il s’agissait surtout, à l’époque, de fustiger le modèle social français, qu’il considérait comme un frein pour atteindre cet objectif fixé par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2022, un taux de chômage autour de 5 % de la population active – contre 7,4 % actuellement.

Les chiffres donnent corps à sa prédiction. Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) inscrits à France Travail (hors Mayotte) a augmenté de 3,5 % en 2024, selon les données publiées par le ministère du travail, lundi 27 janvier. Au total, ce sont 117 000 chômeurs de plus qui sont venus grossir les rangs de l’opérateur public, pour atteindre 3,14 millions de personnes. Au quatrième trimestre, le bond est de 3,9 % par rapport au trimestre précédent.

« Ce qui est inquiétant, c’est que la hausse est généralisée, explique Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Toutes les catégories augmentent, toutes les tranches d’âge. C’est le signal que le marché du travail est en train de se retourner. » Toutes catégories confondues, ce sont plus de 6,2 millions de personnes qui sont enregistrées à l’ex-Pôle emploi. Les jeunes de moins de 25 ans sont particulièrement touchés (+ 7 % sur un an). Signe que les effets de la conjoncture économique se sont clairement fait sentir en 2024, le nombre d’inscrits à France Travail à la suite d’un licenciement économique a augmenté de 26 % par rapport à fin 2023.

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Marché du travail : la fête est finie

Une manifestation devant l’usine de l’entreprise PPG, à Genlis (Côte-d’Or), pour dire non à la fermeture du site.

Sur le marché du travail, la fête est finie. « L’exubérance » consécutive à la crise sanitaire du Covid-19, qui a permis de créer près d’un million et demi d’emplois entre 2020 et 2024 – et environ deux millions depuis 2017 – est retombée tout au long de l’année écoulée. Désormais les clignotants s’allument un à un sur le front des recrutements. Et les plans sociaux se préparent : à l’automne 2024, la CGT en recensait 250, avec entre 170 000 et 200 000 pertes d’emplois potentielles à la clé.

Les défaillances d’entreprises, elles, sont bel et bien là : la Banque de France en a décompté 65 764 en 2024 – soit 16,8 % de plus qu’en 2023 –, et elle n’entrevoit pas de ralentissement notable en 2025. Surtout, les sociétés concernées sont plus grosses, ce qui alourdit le coût social des faillites. Environ 260 000 emplois sont concernés par une procédure judiciaire, qu’il s’agisse de prévention, de sauvegarde ou de liquidation. « On constate aussi un effet domino, souligne un expert de la Banque de France. La défaillance des entreprises impacte à son tour les fournisseurs. »

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